‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 163 sur 317 · Du 29. Novembre i665 (Matolas · texte numérisé non relu

Du 29. Novembre i665 (Matolas

Ecrit un jour auparavant Le graixd Dimanche de l'Avant.

A Paris , Che^ C. ChMauUJmp, à Ub., Aux Armes duRcy.ruedeU HuekeiU. Avec Frivil^ S. M.

(Biblioth. nat., Lc^, ai. Rés. — Biblioth. de TArsenal, B. L. 1 1800. — Biblktiu M. le baron Jamea de Rothachild. — Ce dernier eiemplaire porte b date da novembre [sic] et l'adresae auivante : Et à Lyon, Cke^ CkarUs Maikevet, Mârek. Vèrm me Mereiè'e, à Samt Thomas tTAquin. — L'adretae du libraire parîaien a Hé «otièremi aupprimée.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Par Crailbs ROBINET.]

Du 29. Novembre i665.

Je l'ay beau louanger, cette Altesse adorable , Cette jeune Héroïne , en tout incomparable Et dont l'auguste Nom fait l'honneur de mes Vers ; Ses rares Attribus , si grands & si divers , Me rendront sur son Los toujours inépuisable.

Ai-je encor remarqué combien Elle est affable Et combien aux Grands Dieux Elle est par là semblable ? Ah I que dessus ce Point , Princesse que je sers ,

Je l'ay beau !

Ai-je dit que Pallas est moins que Vous capable Pour raisonner & faire un Ouvrage admirable Et que de vos beaux doigts , au Clavessin experts , Vous surpassez Cécile en ses plus doux Concerts ? Ah I que sur tout cela , Princesse inimitable ,

Je l'ay beau !

Les HoLANDois & les Anglois , Fatiguez de leurs longs Explois , Et de crainte que leurs Armées En Mer ne fussent enrhumées , Sont enfin rentrez dans leurs Ports , Remettans leurs nouveaux efforts Alors (jue les Pleurs de l'Aurore Au Prin-temps rajeuniront Flore , Et que ses Amans , les Zéphirs , 25 Feront entendre leurs Soupirs Autour d'Elle, en Un beau Parterre, Car c'est la Saison de la Guerre.

Mais, suivant les communs Souhait Le bon Dieu veuille que la Paix

30 Avant ce temps-là les accorde Et remette entr'eux la Concorde!

Autrement , j'oserois prévoir, Ce que je ne voudrois pas voir, Une autre Guerre de leur Guerre,

35 Tant sur l'Onde que sur la Terre.

Cinquante des Gens de Mumsib».

Plus malins que Gens de Luths».

Pensoyent, amsi qu'on nous le conte,

Du zg. Novembre i665 (Robinet).

»!• Surprendre un jeune & brave Comte, M, Qui . pour toui dire rie à rie .

■jy Venoii. dit-on , de Muestric i Voir le Duc de Bouillon, son Frère. ■ ^ Mais , d'une façon noble & fiere , JJ, Avec seulement six des Siens , Il receur ces Munsteriens 43 A ta porte de son Auberge , Kstolet en main & flamherge , Si bravement , si vertement , Qu'ils furent assez longuement Avant que sur lui d'avoir barre.

y> Mais quoy ! malgré sa valeur rare . Comme il n'eut plus de quoi tirer Et qu'il ne pût se retirer , Apres plus d'une heure & demie , De cette Cohorte Ennemie Sj II se rendit le Prisonnier.

Et. moyennant un beau Denier.

C'est-à-dire une bonne Somme .

Pour achever l'histoire en somme , Il recouvra sa liberté 6o Et revint dedans la Cité

Qui , je croy, Bergopsom s'appelle , Avec sa petite Séquelle.

Mais je lerois un bon serment Qu'ils paieront . & promptement , 6} Le Principal & l'Arrérage De ce mince & foible avantage , Et je m'en fie , en bonne foy.

Tout à fait aux Troupes du Roy, Qui , certes , belles à merveille .

70 Leur mettent la Puce à l'Oreille Et leur font mêmement. de peur, A leur approche perdre cœur.

Le Ciel a banni la Chicane Entre le Prince de Toscane

75 Et sa noble & belle MomÉ .

Et . par une juste amitié .

A si bien rejoini les Parties Qu'éloignoyent les Antipathies Que ce n'est plus qu'un Tout, bien [cher,

Bo De Deux en une seule Chair.

Les petits Dédains, les Ombrages .

Les Dépits . qui font des Orages Par des Resentimens secrets . Les Emponcmens. les Regrets

S^ Et tous tes Suppôts du Divorce Ont esté détruis par l'amorce Des doux Plaisirs de l'Union , Et que produit l'Affection.

Le beau Prince, qui. dans son Ame, 90 A toujours conservé sa flàme .

Poussoit sans cesse des soupirs .

Témoins de ses ardans désirs , Pour attendrir la Destinée Qui de son aimable Hyménée 95 Lui ravissoit les Fruits charmans Qu'aiment tant les jeunes amans ; Mais la Divine Providence , Voulant couronner sa Constance Et le rendre enfin bien-heureux .

ioo Selon ses souhais & ses voeux .

Permit qu'un Jour cette Pr.'ncesse Qui causait toute sa Tristesse S'y réfléchît profondement Et mêmes éficacement ,

105 En faisant de sa rêverie

Eclore , en son Ame attendrie .

Des Effets nobles & chrétiens Des saints & doctes Entretiens Qu'elle eut avec le Grand Doh Côhe,

iioQui lîjt choisi pour l'Econome Des Sentimens de son beau Cœur, Lorsqu'il fut, comme Ambassadair Et mêmes aussi comme Nonce [Vous s^vez ce qu'Ici j'annonce) .

1 15 Envoyé par sa Majesté Et le Chef de la Chhestienté Vers cette illustre & jeune Altesse Pour qui la France s'intéresse.

Ainsi , dans cet heureux moment

120 Par un rapide mouvement Elle se sentit transportée Et joyeusement reportée Entre les Bras de son Epoux , Qui, surpris d'un Bon-heur si doux,

115 En pâma de joye & de zélé Aussi dans les Bras de sa Belle , Et l'on sçaura quelque jour mieux Ce qui se passa lors entr'Eux.

Du double Sommet du Parnasse , ijoJe donne à tous avis qu'IcNACE

'C'estcomme on nomme I'Empereur;

Aura , sauf de Calcul erreur,

La chère Infante . que I'Espagne

Lui destine pour sa Compagne , IJ5 Environ vers ce Mois si gay

Où bien des Gens plantent le May.

Si . par un Sort plus favorable .

Il eusl eu cette Infante aimable

Avant le glacial Janvier 140 Ou , du moins . avant Février,

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