Du 29. Novembre i665 (Robinet
Il auroit , dans sa Conjonaure , Beaucoup moins senti la froidure Qu'il ne fera , gisant tout seul , Enveloppé dans son Linceul ; 145 Mais , grâce à ce Sort imriacable Dont TArrest est irrévocaole , Il sera , non pas sans souci , Tout ce temps Amoureux transi.
Nôtre Louis Quatorzième ,
150 Qui sçait porter le Diadème Si noblement, si dignement, Reveid encor dernièrement Les Gardes , dedans une Plaine , Pour tenir toujours en haleine
155 Ces belles Milices , en cas Qu'avecque quelques Potentats (Que sçait-on ?j il arrivât Rixe , Car du Sort tel est le Caprice Que , dans \ïn instant & pour rien ,
160 II tranche le Nœud Gordien De l'Alliance plus durable Et cjui doit estre inaltérable.
D'ailleurs, & sans plus long discours, Nôtre Roy, donnant des Secours
165 A ceux qu'il aime, qu'il protège.
Et qui par un beau Privilège Sont ses glorieux Aluez , Il veut estre dessus ses Pieds, Id est tout prest à les défendre,
170 Et cela , vraiment . c'est l'entendre.
A la fin , sans aucun hazard , Le Corps de l'illustre Cezar Est arrivé dedans Vandôme Et (je ne sçai si c'est sous Dôme)
175 Repose là dans son Tombeau Qu'on a placé dans un Caveau , Où , parmi l'ombre & le Silence , Il doit faire sa Rèsidance Avec d'autres illustres Morts ,
180 Qui sont ses Parens & Consorts.
Son CœuR , qui cherissoit la Gloire , Est aux Prêtres de T Oratoire , Gens bien vivans , bien craignans Et demeurans au même Lieu; [Dieu,
ch * ^7 ^^ ^^^^ ^^ P^^* disertes Langues fïS^ra' Firent les lugubres Harangues , 1 Oratoire O^ ^^^ beaux Faits & les beaux Dits
Du Défunt furent bien déduis.
Le CoNVOY , qui , bien que funèbre , 190 Fut tres-pompeux & tres-cèlèbre ,
Se veid incessamment grossi
Depuis qu'il fut parti d'Ici »
Ou , si vous voulez , de Lux»
Par le Concours de la Nobles
19^ D*Officiers , Magistrats, Cun Et d'autres Gens non Tonsur Si bien que le Mémoire porte Qu'on ne veid jamais telle Es En nule Pompe de Tombeaux
200 Les plus fameux & les plus bc
Darnansac , jeune Damoîse Belle & de plus spirituelle , Suivant l'Exemple de sa Sœui A fEiit un Présent de son Cœu
205 A l'Epous qui brûle les Ames De pures & divines flftmes , Prenant l'Habit dernièrement Dans le Monastère charmant Des dignes Nonnes Carmeuti
a 10 En qm l'on void tant de mèri Elle ètoît , ce m'a-t'on dît , lo Toute couverte des Trésors Que produit l'Inde Orientale Si bien que la tendre Vestale
215 Brilloit dessous cet Ornement Qu'elle quitta tres-gayement, Plus que du Jour la belle Eto La Reyne lui donna le Voile De sa propre & sa blanche Mi
220 Présent Monseigneur le Daui Et d'ALENÇON la jeune Altess Et mainte autre Dame & Prin
Dimanche , on fit pompeus Et processionnellement
225 Le saint Transport d'une Rel Qui parétra fort énergique A nous défendre, entr'autres 1 Du plus terrible des Fléaux Qui partent du Courroux cék
230 Et que Ton craint comme rla F C'est un Bras du fameux Saint Qui jadis , plus ferme qu'un ï Au milieu des tristes Victimes Que ce Fléau, vangeur des Cri
235 Alloit immolant à ses Yeux , Les secouroit tout de son miei Ce fut Ici que dans l'Eglise Où sa Mémoire on éternise On porta donc avec honneur
240 Le Saint Bras de ce bon Seign Apres l'avoir en mainte rue , Comme à la Feste-Dieu tendi