‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 167 sur 317 · Sçavez vous ce qu'on dit de vous · texte numérisé non relu

Sçavez vous ce qu'on dit de vous

Que vous estes d'une race

A fiûre cent Roys jalons ,

Et qu'outre cet avantage

Vous avez receu le jour ao D'un Princb au'en son bas âge

On prit pour le Dieu d^ Amour

Et oui £ut encore rage

A cnarmer toute la Cour.

La Princessb qui vous aime 25 Et vous porta dans ses flancs

Est moins Mère, dit-on, d'un Prince des plus grands Que Mère de l'Amour même.

Ce Dieu tremble à vostre Nom ; Vostre Beauté l'épouvente ; 30 Et quand on dit encor que vostre Gouvernants

Est la charmante Sainct Chaumon , O que ce grand Prince , dit-on , Sous cette Dame sans seconde Apprendra quelque jour à charmer bien du Monde !

35 J'avois besoin de vos yeux

Pour cette seule Nouvelle , Le reste sera leu par d'autres Curieux ; Vous pouvez à présent reprendre la Mammelle.

Le Roy, qui comme le Soleil , 40 Sans qu'il augmente ou souille sa Itfmiere ,

Peut jetter également l'œil Sur la pourpre & sur la poussière.

Luy, qui met ordre à tout en digne Potentat , Qui tranche les abus & que la France avoue 43 Pour celuy de ses Roys qui fait le plus d'éclat ,

N'excepte pas mesme la boue De la reforme de l'Estat.

Depuis huit jours quatre mille hommes Ont commencé de tous costez 30 A purger de ses saletez

La superbe Ville où nous sommes.

Page 1