Du 19. Novembre i665 'Subligny
Toutes les nuits on en doit faire autant . Et . devant (]ue le mois se passe , On veut que le matm le Bourgeois en sortant Trouve Paris aussi net qu'une glace.
Ses Places . ses rares Palais .
Ses Arcs triomphaux , ses Statues N'auront plus honte désormais Des immondices de ses Rues.
Son Prince . au retour des combats Qu'il aura faits en diverses contrées , Ne craindra plus de voir la fange sous ses pas Dans ses magnifiques Entrées.
Tous les Amans de pied . qu'un destin plus charmant
N'a point fait Amans à Calèches ,
Ravis de pouvoir proprement
Entrer chez ces Esprits revesches Qui , si le pied n'est sec , siflent un compliment . En galantiseront beaucoup plus hardiment , Et Nous tous les premiers, qui dispensons la gloire
Aux Eminentes qualitcz.
On ne nous croira plus des Poëtes crottez . A la confusion des Filles de mémoire.
Mais tremblez , malheureux Filous , Car ce Monarocb politique A fait d'une pierre deux coups Par cette entreprise publique , Et . si j'ay tant soit peu compris Un dessem de cette nature .
Vous estes la plus grosse ordure Que les Boueurs auront à tirer de Paris.
Un Marquis de haute importance , Le Marquis d'AKGKLY, que vous connotssez tous. A qui tous les Marquis de France 'oseroient s'égaler à moins que d'estre fous . S'est enfin résolu de faire une alliance.
Il a fiancé l'autre jour , ce que l'on m'a dit . une femme opulente Et . de l'air qu'il luy (an l'amour, C'est la chose la plus galante Que l'on puisse voir à la Cour.
Que les railleurs qui nous décrient Me viennent dire qu'aujourd'huy Ce sont tous fous qui se Marient .
Puisque ce grand Marquis fait l'exemple d'autruy ; Depuis le temps que l'on soupire .
.amais l'Amour sous son Empire N'en vit de plus sages que luy.
^^Fin
4^ . 64.. — Du :19. Novembre i665 (SuBuaNY;
La Malade qu'on a donnée 100 Au Gentûfiomme Milanois
Pour éprouyer son ai^t tout à la fois Et guierii: cette infortunée Se porte mieux de jour en jour.
Au grand contentement de coûte noçtiè Gova. 105 Achevé^ Dmn XientiUiomffle',
Achevé cette Cuxeagreafak^anzrFrançob '
Afin que leur MvrsB-te nonunet La consolation du meilleur de leurs Roys. Mérite de Lom» l'amitié toute entièlie 1 10 Et fids tûen au^urd'buy, si jamais- tu ie fis.
Jamais ilojr n'noÉtantisa Mère' Et Reyne îMiiia tant 'son fiti ; . Et, si tu mrantb cett^ Teste si chère. Tdft'tx>nHaêur est plus ^nd que tu ne t'es promis.
1 1 5 DedfttK^ta^kane <le Grehdlë *
' Le<Rérrfiti' iMsanche dernier.
Une Rè^em -splratielie.
PsmOfliie fie«çtoiroit ùier Qu'à voir agir ce Princk- redoutable il I so Aller de rang4àn rang eonnoistre ses toldats ,
Tantost fier ft^tantosi' affable , Suivant que les sujets s'en trouvent sur ses pas , On prendra quelque jour pour foble Ce qu'on dira de ses coml^ts.
125 GsAiDiOHT , qui si souvent l'admire
Dans ces Exercices guerriers.
Ce fameux Marbsgeal qu'accablent les Lauriers .
Ne sçavoit Dimanche qu'en dire , Accoustumé qu'il est à forcer un Rampart ; 130 Et, quoy que pour la guerre il ait de suffisance ,
U confMse, sans ccmiplaisance , Que ce que ie Roy sçait plus que luy dans cet Art I^>urroit suffire à fiiire un Mareschal de France
On fait un nouveau Régiment De Cavalliers armez de leurs cuirasses , Dont VnxaQUiBR a le commandement.
Quand ce Marquis , qui suit les traces De son Père Victorieux , Fondra comme un torrent rapide & furieux
Sur les premiers qui cherctieront la ^erre , Quand il fera marcher ces Combattans de fer,
U n'e^ pas d'endroits sur la terre Où son bras à son Roy n'appreste à triompher.
On devroit defiendre à Molière D'avoir désormais de l'Esprit ,