‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 169 sur 317 · Ou 39- Novembre i665 (Sobuonv · texte numérisé non relu

Ou 39- Novembre i665 (Sobuonv

Car, s'il ne ce9se pas de plaire , S'il compose toujours de sa belle manière , De plaisir ou d'horreur tout le Moncteperit. Ses Médecins ont fût une £6rt belle affaire :

Un Gentilhomme qui les vit Entra contre leur Corps en si grande Golere Que, quelques jours après , estant malade au lit , Lorsqu'il les fiuut voir, il n'en voulut rien faire.

Son Confesseur vient & lui dit :

€ Monsieur, vous vous perdez ; rien n'est si nécessaire » On en finit venir trois , te Malade s'aigrit ,

Et , croyant qu*à leur ordinaire Au lieu de consulter il vont fieure débit De Mules , de Chevaux , d'habits , de bonne chère ,

Comme au Théâtre de Molqcri ,

11 pousse un soupir de dépit ,

Et ce fut le dernier qu'il nt.

Si bien-tost le grakd Alezanoeb , Ouvrage , dit-ori , sans ^al , Ne se Joue au Palais Royal , Je crains , pour se trop faire attendre , - Que ce Héros s'en trouve mal.

Depuis plus de deux mois une Meeb Coquette Y charme tout par son caquet ,

Et , lorsqu*il y viendra pour y feire conqueste . Il trouvera qu'elle a tout feit.

A Dieppe , une tempeste horrible Emporta , tout d'un seul efSsrt .

Plus de vingt maisons dans le Pbrt

Jamais la Mer n'y parut si terrible ; On y descharçea des Vaisseaux

Qui sans cela penssoient sous les eaux. Le Ciel sembloit joint à la terre , Et ces Peuples, espouvantez D'entendre de tous les costez Que la foudre y fiedsoit la guerre , Ne sçavoient lequel présumer :

Que le Ciel lançoit le tonnerre »

Ou qu'il se fbrmast dans la Mer.

On fit hier l'Oraison Funèbre D'un Grand Rot qu'à jamais l'Espagne pleurera ; L'EvESQUE de Mascon , Prédicateur Celeore , [omjitfUM i* bouxj

Fut celuy (jui la profera.

Je ne dis rien cette Semaine

De ce que ce grand Homme en dit ;

Je reserve pour la prochaine

De vous en feire le récit.

€4. — Du 29. Novembre 166$ (Sihiugmy).

Au reste , je suis une Musb , Et Vous sçavez que de courir, Une Pucelle est fort confuse ; De grâce , venez moy quérir.

Tous les Lundis je me destine A qfui me voudra voir le soir & le matin ; Demandez moy chez Lbssblin Au coin de la Kue Dauphine , Et , si vous souhaitez que je cause toujours , Témoigniez de vous plaire à mes petits discours.

ExTRT.jticr DU Privilège du Roy.

Par Lettres Patente^ du Roy, Signées & scellées du grand sceau de cire jaune, il est permis à Alexandre Lbsselin (voy. la Lettre n^ 58 , ci-dessus).

 Paris , Chei Alexandre UrsuUm , au coin d$ larue Dauphime , devant U Pont neuf. Du 29. Nevmkt

ln-4 de S pp. cbiffr. 17 i 24.

(Biblioth. de rAraenal, B. L. 1179S).

LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS

[Pai la GRAVETTE de MAYOLAS.]

Du 6. Décembre 166 5.

Je dois , magnifique Princesse , Reprezenter à Vôtre Altesse , Dont le Génie est plain d'adresse , D'intelligence & de sagesse , Et que le Ciel toujours caresse , Que, lors-qu'un cher Amy me presse.

Soit la Jeunesse ou la Vieillesse , Soit de l'un ou de l'autre Sexe , De métré trois mots sous la Presse , Je prens la plume sans finesse , Bien que pas-un ne m'intéresse Ny ne me tente par richesse , Pour obliger une Duchesse , Une Marquîze , une Comtesse , Soit un Abbé , soit une Abbesse ,

Gens de Lettres ou de Prouesse , La Bourgeoizie ou la Noblesse, Une agréable & belle Hôtesse, Ou, si Ton veut, quelque Maîtresse.

ao Je suy leur volonté sans cesse, ;

Après avoir fait ma promesse.

Sans uzer de trop de paresse , Par complaizance ou par foiblesie, Ou par un éfet de tendresse ,

25 Car il me semble avec justesse i Qu'un refus est plain de rudesse, m Sur-tout quand aucun on ne UesM Ma dernière , je le confesse . ■

''allégresse, 1

)o Mais , pour banir cette tristesse

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