LA MUSE DE LA COUR A MONSEIGNEUR LE PRINCE
[Par PERDOU de SUBLIGNY.]
8IXIESME SEMAINE.
[Du 20. Décembre i665.]
Allez , Muse , allez voir le plus grand des Guerriers Dans la Pompe qui l'environne , Et cherchez parmy ses Lauriers Dequov vous fairt une Couronne 5 Qui vous rende fameuse à des siècles entiers.
Cueillez ; il en a plus que tous les autres Princes , Il en possède en tous lieux des Gûsceaux , Sans un grand nombre de Nouveaux Qu'il laisse croistre encore en beaucoup de Provinces lo Et de qui la Moisson ne luy peut échapper,
Quand ils seront prests à couper.
Ramassez ses longues Victoires Qui sont de ces Lauriers tout autant de rameaux Et qui pourroient lasser les meilleurs mémoires ; 15 Puis , quand vous en aurez achevé des Tableaux ,
Bastissez-en cette Couronne illustre Qui doii' faire tout vostre lustre.
Prince , elle sçait pour vous des termes délicats Qui diront à peu prés comme il faut que l'on nomme 20 Un Héros qui paroist au milieu des Combats
Quelque chose au dessus d'un homme.
Et pour n'escrire rien d'incrovable ou d'obscur. En faisant vostre Histoire à nulle autre seconde , Elle sçaura prouver dans le siècle futur 25 Que ce n'est pas Condé que redoutoit le Monde ,
Mais en luy le Dieu Mars tout pur.
De la couleur la plus guerrière Dont elle ait jamais peint les Conquerans François Elle fournira sa Carrière 30 A peindre vos rares Explois.
Mais , devant que de l'entreprendre ,