Du 20. Décembre i665 (Subuony) 5i
Elle vient s'offrir à vos yeux ; Ayez la bonté de m'apprendre S'il suffit au récit de vos faits glorieux Du stile qu'elle a voulu prendre.
Samedy, douziesme du mois , Mourut icy le Duc de Fois ;
Les Grâces en pleurent ,
Les Amours s'en meurent , Cent Bbautbz en sont aux abois.
Jamais rien de pareil ne vivra sur la Terre : On Tauroit toujours pris pour un Mars , à la guerre,
Et , dans la Cour, Pour le Dieu d'Amour.
Petite Verolle funeste , En ce jeune Héros tu frappes tout le reste : Si Chaune-Villeroy qui le perd aujourd'huy S'abandonne aux transports dont sa douleur abonde Et s'en laisse mourir d'ennuy , C'est foit du monde.
La Duchesse de Montausier Eut à souper, cette semaine , Nostre charmante & belle Rbynb ; Cela se fit Lundy dernier.
Le Festin y (ut délectable ; Le Gendre & le digne Mary De cette Dame inimitable Servirent à table Cet Objet chery.
Un très-beau Concert de Musique Suivit se repas magnifique ; Après ce beau Concert , le jeu , Où l'on m'a dit que la Duchesse Ne profita point pour un peu :
Elle y gagna le cœur de sa grande Princesse.,
C'est ainsi que dedans sa Cour, Pour affoiblir l'ennuy de la mort de son Père , Chacun s'empressera désormais tour à tour
A luy complaire. O quel beau champ , que de sujets divers S'en vont fournir de quoy triompher à mes Vers !
Sa Majesté , Monsieur , Madame , Le mesme soir, souperent tous
4$ S'abandonna.
5i9 ji* — Du 2Q. Décembre i665 (3ipliony).
Chez une autre adorable Femme 75 Dont rillustre AwA<uuc est le charmait Eaipous.
Grand Festin • Bal &, CcMnedie % Et vingt rares Beautez furent de la Partie ; Le souper y fut excellent , Le Bal tom galant :
So Le beau Sexe j fit un ravage
Par ses yeux et par ses appas • Dont tel qui sent déjà qu'il est dans Tesdavage Ne sa vante pas.
Les Dames, en halnt d'Hermine , S5 Avoient toutes si bonne mine
Sous cet ajustement nouveau Que bien las de son cœur, en les voyant si belles ,
Et bieii de soy mesme bourreau Estoit le Cavallier qui s'arrestoit près d'Elfes.
90 Quand je n'aurois pas dit d^ le commencement
Qu'un grand Monarque estoit dans cette Compagnie Et quoy qu'ufcooNrrd feisoit son Qrnement , Il n est sur mon redt aucun qui ne le die , « Car il suffit pour foire foy
95 Que c'estoit un plaisir de Roy.
' On y vit le Grand Alexandre Représenté par Floru>or , Et nommer cet Acteur qui vaut son pesant d'or, C'est dire encore assez qu'on se pleut à l'entendre.
100 Ces plaisirs difFereos consommèrent la nuit ,
Puis on se retira, sans bruit , Les Cavalliers pour plaindre leurs def&dtes , Les Dames pour conter à part-soy leur conquestes.
J'ay sceu, par Lettres du Mardy , 105 Que six braves Soldats de l'Armée ennemie
On fait un illustre defi^ A six Gardes du Corps de disputer leur vie ,
Et que jamais dessous les Cieux Combat particulier ne fut plus furieux.
1 10 La Victoire souvent se trompoit dans la plaine
En voulant suivre les derniers , Et ne les discemoit des Ennemis qu'à peine Parce qu'ils avoient tous l'air de vaillans Guerriers.
Cette méprise fit que deux ou trois des nostres 1 15 Périrent sous les coups de ces fiers généreux ,
Mais la Victoire enfin , reconnoissant les autres , Changea leur Destin rigoureux