‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 2 sur 317 · XII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XII AVANT-PROPOS

d'autre part , comme il s'agit d'un journal où les faits doivent occuper la première place , nous avons cru intéressant de rétablir les passages supprimés par Subligny lors de sa révision. C'est enfin à l'édition originale que nous avons emprunté le titre et le numérotage des lettres. Du reste, les variantes que nous avons placées au bas des pages permettent de reconstituer facilement les deux textes.

Les seules notes que nous ayons ajoutées à notre publication sont des noms propres ou des titres de livres. Nous les avons imprimées en manchettes en ayant soin d'enfermer entre crochets les additions, d'ailleurs peu nombreuses, que nous avons faites.

La partie la plus ardue de notre tâche a été la confection des tables.

Nous avons placé en tête de chaque volume une première table, chronologique et analytique, contenant la relation sommaire des événements dans l'ordre suivi par les gazetiers, et permettant ainsi d'embrasser l'ensemble des faits. Une seconde table » qui termine les volumes, est alphabétique et analytique. Elle contient les noms de tous les personnages cités dans les Lettres, rectifiés et complétés à l'aide des mémoires et d'autres documents contemporains.

Il nous a semblé que les gazettes burlesques ne pouvaient être consultées avec fruit qu'à la condition d'être accompagnées d'index destinés à faciliter les recherches. Nous avons mieux aimé scinder ces index que de renyoyer à la fin de la publication des tables générales que l'immensité du travail ne nous eût peut-être jamais permis d'achever. II en est autrement du glossaire que nous réservons pour notre dernier volume, comme les notices biographiques sur Mayolas, Robinet et leurs émules. Ce glossaire ne nécessitera d'ailleurs qu'un très petit nomhire d'explications. Parmi les mots qui y sont relevés, il n'en est guère qui offrent la moindre difficulté d'interprétation la plupart ne sont intéressants qu'au point de vue de l'histoire de la langue : les uns appartiennent à l'idiome du XVI® siècle; les autres , au contraire , sont des locutions familières souvent fort usitées de nos jours, mais qu'on serait tenté de considérer comme des formations postérieures au XVII® siècle.

AVANT-PROPOS. xm

Notre tome premier contient i )8 lettres , savoir : 58 de Mayolas , 58 de Robinet, 6 de Boursault et 16 de Subligny. Il s'étend du 25 mai 1665 à la fin de juin 1666. Les principaux événements politiques compris dans cette période sont l'insurrection de Lubomirski en Pologne , les victoires du duc de Beaufort sur les Barbaresques , la guerre entre l'Espagne et le Portugal, la tenue des grands jours d'Auvergne, la mort du roi d'Espagne Philippe IV, la mort d'Anne d'Autriche , la déclaration de guerre faite par Louis XIV à l'Angleterre, l'intervention française en Hollande , enfin la fameuse bataille navale des quatre jours livrée par Ruyter à la flotte anglaise. Pendant Tété et l'hiver de 1665 on vit représenter le Fapori de M"* Des Jardins , la Princesse iElide de Molière , la Mère coquette de Quinault et celle de Visé , X Alexandre de Racine , les Amours de Jupiter et de Simili de Boyer.

La mort de la reine-mère, arrivée le 20 janvier 1666; empêcha les divertissements ordinaires du carnaval. Les fêtes de cour furent alors remplacées par des services religieux et par des oraisons funèbres. Nous voyons ainsi figurer l'un après l'autre dans nos gazettes la plupart des orateurs qui fondèrent en France l'éloquence de la chaire et, à ce point de vue déjà, les nouvelles données par nos rimeurs sont véritablement curieuses. Cependant les théâtres ne tinrent pas longtemps leurs portes fermées (Oet, dès le printemps de 1666, on vit paraître YAgésilas de Pierre Corneille et VAntiochus de son frère Thomas. Le mois de juin de cette année est marqué par un événement considérable dans l'histoire de notre théâtre : on y représente pour la première fois le Misanthrope de Molière.

Qu'il nous soit permis en terminant de remercier MM. les conservateurs de nos grands dépôts publics : M. O. Thierry-Poux, à la Bibliothèque nationale, M. F. Baudry, à la Bibliothèque Mazarine, et M . Paul Lacroix , à la Bibliothèque de l'Arsenal , du précieux concours qu'ils ont donné à cette publication. Nous devons également exprimer

(i) On voit par le Registre de La Grange (p. 79) que li fermeture des théâtres ne dura qu*un mois.

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