‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 215 sur 317 · Du 10. Janvier 1666 (Matolas · texte numérisé non relu

Du 10. Janvier 1666 (Matolas

215 Joignans leurs acors ravissans , Enchantoient doucement les sens.

Après ce plaizir agréable , On quita ce lieu délectable Pour aller d'un autre côté ,

220 Où luizoit autant de. clarté.

Une plaizante Comédie Suivit la douce mélodie, Que les Comédiens Royaux Par leurs soins & par leurs travaux

225 Reprézentérent à merveilles , Au gré des yeux & des oreilles.

Ensuite de ces passetems Curieux & fort innocens , Ces Personnes considérables

230 S'aprochérent de quatre tables Qu on servit toutes à la fois , Ainsi qu'on feroit chez des Rois.

La galanterie & largesse , L'abondance & la politesse ,

235 Les mets les plus délicieux

Qu'on peut trouver en ces bas lieux, Les Violons & la Muzique , Outre cette chère angéhque , Ne laissoient rien à souhaiter

240 A ceux qu'on voulut bien traiter, Et l'on trouva ce grand Régale Digne de la Maizon Royale , Et digne du Palais-Royal.

Après le Souper vint le Bal , 245 Où les Dames & DemoizeUes , Des plus lestes & des plus belles , Où les Seigneurs plus acomplis, Des plus salans & des mieux mis, Tant par l'éclat des pierreries 250 Que vêtemens , galanteries , Etaloient leurs traits à l'envy.

De quoy l'œil êtoit tout ravy.

Et cette charmante Assemblée Ne fut jamais mieux régalée.

255 La Reine en son Apartement, Le lendemain , splendidement A régalé Mademoizelle , Aimable , vertueuse & belle.

Mademoizelle d'ALENÇON ,

260 De qui l'œil est un ameçon Pour l'Ame la mieux assortie , Etoit aussi de la partie.

Princesse , je viens d'achever, Malgré le froid d'un rude Hyver, 265 Et , ne me restant plus d'êtofe, Il est juste que je me chaufe.

Ecrit trois jours après les Rob, où chacun crie a haute voix.

 Paris, Che^ C. Chenault, fmp. & Ub., Aux Armes du Koy^ rue delà HmekeXU. Avu Prn3^i^ Sa Majesté.

(Biblioth. de rAraenal, B. L. 1 1800. — Biblioth. de M. le baron James de Rolhiehili — Ce dernier exemplaire, daté du 13 janvier 1666, porte les adresses suivantes : AFt^t Che^ C. Chenault, Imp, & Ub. , Aux Armes du Roy, rue de la HuchttU. Avu PMfi de S. M. Et à Lyon , Che^ Charles Maihevet , March. Libraire, rue Merddn, à i« Thomas d^Aquin).

LETTRE EN VERS A MADAME

lO

[Par Charles ROBINET.]'

Du 10. Janvier i666.

Veitu-blèu , quoi? comment? la Muse est en suspens , Et l'on diroit quasi Qu'elle a perdu le Sens Au moment qu'elle doit faire Epître à Madame ? Je sçai bien qu'en tel cas , il faut Esprit & Flâme , Mais l'Héroïne enfin se plaît à nos accens.

O craintive Clion , rappelez donc vos Sens , Car d'épistoliser en un mot il est temps , Et de nécessité l'on peut faire, & sans blâme ,

Vertu.

Hé t que diroyent de Nous , un Tas de braves Gens Qui pour lire nos Vers ont des Transports pressans , ^ Si , lors que nous devons rimer en belle Game , Eoivant à si haute & si par&ite Dame, Nous paressions sans feu , sans courage & , bref, sans

Vertu.

Le vingt-sept du dernier DécEMBRE, Qui vient toujours après Novembre, Joseph Montpezat de Carbon , Abbé sçavant , pieux & bon , Put fidt de Saint Papoul Evesque , Par son Frère , digne Archevesque , Ayant aussi pour Assistans I)eox autres Prélats éclatans; Et quelqu'un, qui n'a pas nom Fia- M'a rapporté qu après ce Sacre,' [cre, Où bien de la Pompe éclata , Cet Archevesque les traita Avec Chère ample & non briève , Je pense , à Sainte Gbnevi^e , Où le susdit Sacre se fit Avec éclat, comme j'ay dit. *

Le Rot, dont l'Ame est Héroïque Mais non pourtant dure & Stoîque Lors que dLOTON prend dans sa Cour Quelqu'un digne de son amour, A paru sensible à la perte , Par tout le beau Monde soufferte , D'AxTENicB , qui de ces Lieux ,

A pris le beau Chemin des Cieux.

40 Louis donc , avec grande suite , A sur cela rendu visite A Madame de Montausier .

De mérite si singulier.

Et dont , sous le nom de Joue ,

45 Le Renom tant de Biens publie.

La Reyne &, bref, toute la Cour L'a veue aussi le même jour.

Preuve d'une estime bien chère Et pour la Fille & pour la Mère.

50 La Défunte , ayant à son Corps Désiré ce qu'on donne aux Morts , Je veux dire la Sépulture , Dans l'Enceinte & riche Structure Des CARMELrrEs du Fauxbourg,

55 C'est là qu'il attend le Grand Jour Où par a inaltérables Trames Les Corps seront rejoints aux Ames.

Si j'osois sur son Monument , Après l'illustre Tallement ,

60 Appendre un sommaire Epitaphe , Je dirois en bonne Ortographe :

s. JtoqOM

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