‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 219 sur 317 · Du 11* lêsmtt 1666 (StnBJGNY · texte numérisé non relu

Du 11* lêsmtt 1666 (StnBJGNY

S'en vea là marcher à la teste D*ua nombre merveilleux de peuples inconnus» Gens» <tit-on, fort soumis à ce beau Personnage» Et de qui l'on comjprend aussi peu le langage

Que l'endroit dont ils sont venus.

Ils sont huit mille QompAfpics »

Tenant chacune cent jûsqc^'à mille Soldats »

Et couvrent ûnsi sous leurs |^ De vingt Pals voisins les terres infinies;

Leurs chevaux sont housses de bleu , Leurs pavillons sont noirs & de cottleur de feo.

Ils n'ont pas avec eux de finomes »

Ont seulement de fines lames.

Sur l'épaule un Carquois » l'Arc ft la Lance en main , Et» les JmFs except^» que protègent leurs armes» Ils portent en tous lieux de mortelles allarmes » Et sacagent tout en chemin.

Une lettre de Salb mande Qu'on les a veus sortir tout d'un coup du DisBinr» Et qu'à Santa Ckota la surprise fot g^de D'en voir un beau matin tout le pab couvert.

JxRuaALBU dit davantage ; Leur Chef fit un Miracle aux yeux de ses Raims, Qui fit résoudre ces gros fins Sur le champ à luy niire hommage.

C'est » disent-ils un Devin achevé »

Dont LE Parbo. ne peut estre trouvé ; Il n'est science ny langage Qu'il ne sçache parler comme lABst Mbnaob.

Il vient pour restablir les Tributs d'IsRAEL Et pour chasser les Turcs de toute la JuiMte ; Dieu sçait» sous cet espoir qui peut estre réel» Voyant de tant de gens cette terre innondée »

Si cet adroit & nouveau Conquérant Ne s'y fera point croire un IVophete très-grand.

On compte une importante Place Qu'il a déjà prise d'assaut »

Et vingt autres remparts » qui » de crainte du saut » Ont esté luy demander grâce ; Voila justement ce qu'il faut Pour le repos de l'Empereur Ignace.

Le Superbe Ottoman » occupé désormais A repousser cette Puissance Qui cherche du Croissant l'entière décadence » Laissera 1' Allemagne en Paix »

$07 83. — Ita 11. Janvîv 1666 (Sobuont).

125 C'est tout au moins ce qu'il faut qu'on en pense.

Si d'en sçavoir l'Histoire un peu plus amplement La curiosâté s'est assez allumée ,

Mon Imprimeur a la Lettre imprinute :

Vous aurez là contentement.

130 Quand j'ay dit au'à la Mbgqub un Prince d'AïuBifi

Avoit pill4 les Diamans Du grand Ftopliete de Tuiiqoib Au grand estonnement de tous les Ottomans , Je sçay qu'un galant homme a voulu faire croire IJ5 Que c'estoit pour servir d'ornement à l'Histoire ,

Mais , s'il fait qui^ué fois des contes de Romans , Quant à moy jamais je ne ments , Je travaille sur bon mémoire.

On fit les Roys , Mardy, dans le Palais Royal ;

Le Prince Orsini , Cardinal , Qui s'y fit admirer en s'y faisant paroistre, Quoy qu'à l'air magnifique en tout accoutumé ,

d'^erveille encore peut-estre, Des superbes objets dont il y fut charmé.

145 Rien d'égal aux Tapisseries ;

Tout y sembloit de Pierreries :

Le Roy sur son habit en avoit un trésor,

Qui . sans imposture & sans fable ,

Valloit plus d'un million d'or, 130 Cela n'est-il pas bien aimable?

Monsieur en estoit radieux.

Par tout Madame en chassoit l'ombre ; Pour elle , c'est un coup des Cieux Qu'elle en avoit un si grand nombre :

155 Tandis qu'on s'amusoit à les examiner.

On detournoit ses yeux des traits de son visage , Qui , selon l'apparence , à cœurs exterminer N'est pas à son apprentissage.

La jeune de Branoois , dont l'air est si charmant , 160 Avec ses pierres précieuses

Et ses fiertez pernicieuses N'y sembloit qu'un vray Diamant ,

Et trente autres Beaittez suprêmes , Dont on m'a teu les noms & dont les yeux sont doux , 165 N'y sembloient, dit-on, elles mesmes

Que de fins & jolis Bijoux.

Le Roy fut Roy dans cette feste ;

Page 1