Du 11* lêsmtt 1666 (StnBJGNY
S'en vea là marcher à la teste D*ua nombre merveilleux de peuples inconnus» Gens» <tit-on, fort soumis à ce beau Personnage» Et de qui l'on comjprend aussi peu le langage
Que l'endroit dont ils sont venus.
Ils sont huit mille QompAfpics »
Tenant chacune cent jûsqc^'à mille Soldats »
Et couvrent ûnsi sous leurs |^ De vingt Pals voisins les terres infinies;
Leurs chevaux sont housses de bleu , Leurs pavillons sont noirs & de cottleur de feo.
Ils n'ont pas avec eux de finomes »
Ont seulement de fines lames.
Sur l'épaule un Carquois » l'Arc ft la Lance en main , Et» les JmFs except^» que protègent leurs armes» Ils portent en tous lieux de mortelles allarmes » Et sacagent tout en chemin.
Une lettre de Salb mande Qu'on les a veus sortir tout d'un coup du DisBinr» Et qu'à Santa Ckota la surprise fot g^de D'en voir un beau matin tout le pab couvert.
JxRuaALBU dit davantage ; Leur Chef fit un Miracle aux yeux de ses Raims, Qui fit résoudre ces gros fins Sur le champ à luy niire hommage.
C'est » disent-ils un Devin achevé »
Dont LE Parbo. ne peut estre trouvé ; Il n'est science ny langage Qu'il ne sçache parler comme lABst Mbnaob.
Il vient pour restablir les Tributs d'IsRAEL Et pour chasser les Turcs de toute la JuiMte ; Dieu sçait» sous cet espoir qui peut estre réel» Voyant de tant de gens cette terre innondée »
Si cet adroit & nouveau Conquérant Ne s'y fera point croire un IVophete très-grand.
On compte une importante Place Qu'il a déjà prise d'assaut »
Et vingt autres remparts » qui » de crainte du saut » Ont esté luy demander grâce ; Voila justement ce qu'il faut Pour le repos de l'Empereur Ignace.
Le Superbe Ottoman » occupé désormais A repousser cette Puissance Qui cherche du Croissant l'entière décadence » Laissera 1' Allemagne en Paix »
$07 83. — Ita 11. Janvîv 1666 (Sobuont).
125 C'est tout au moins ce qu'il faut qu'on en pense.
Si d'en sçavoir l'Histoire un peu plus amplement La curiosâté s'est assez allumée ,
Mon Imprimeur a la Lettre imprinute :
Vous aurez là contentement.
130 Quand j'ay dit au'à la Mbgqub un Prince d'AïuBifi
Avoit pill4 les Diamans Du grand Ftopliete de Tuiiqoib Au grand estonnement de tous les Ottomans , Je sçay qu'un galant homme a voulu faire croire IJ5 Que c'estoit pour servir d'ornement à l'Histoire ,
Mais , s'il fait qui^ué fois des contes de Romans , Quant à moy jamais je ne ments , Je travaille sur bon mémoire.
On fit les Roys , Mardy, dans le Palais Royal ;
Le Prince Orsini , Cardinal , Qui s'y fit admirer en s'y faisant paroistre, Quoy qu'à l'air magnifique en tout accoutumé ,
d'^erveille encore peut-estre, Des superbes objets dont il y fut charmé.
145 Rien d'égal aux Tapisseries ;
Tout y sembloit de Pierreries :
Le Roy sur son habit en avoit un trésor,
Qui . sans imposture & sans fable ,
Valloit plus d'un million d'or, 130 Cela n'est-il pas bien aimable?
Monsieur en estoit radieux.
Par tout Madame en chassoit l'ombre ; Pour elle , c'est un coup des Cieux Qu'elle en avoit un si grand nombre :
155 Tandis qu'on s'amusoit à les examiner.
On detournoit ses yeux des traits de son visage , Qui , selon l'apparence , à cœurs exterminer N'est pas à son apprentissage.
La jeune de Branoois , dont l'air est si charmant , 160 Avec ses pierres précieuses
Et ses fiertez pernicieuses N'y sembloit qu'un vray Diamant ,
Et trente autres Beaittez suprêmes , Dont on m'a teu les noms & dont les yeux sont doux , 165 N'y sembloient, dit-on, elles mesmes
Que de fins & jolis Bijoux.
Le Roy fut Roy dans cette feste ;