Da 18. Janvier 1666 (Sobugny). 63o
Si l'estime qu'on &it de sa personne est jgrande , On ayma ce jour là bien plus ses Cuisiniers.
Jeudy, Monsieur de la Feuillade »
Qui , pourveu que ce soit sans choquer les Edits ,
Gayment avec les plus hardis
Joue à despeche Camarade , Prés le Cheval me Bronze , au beau milieu du Pont , Fut pressé , seul à seul , de tenter l'enfilade
Plir le Chevallier de Clermont.
Leurs propres gens les empescherent De rendrô leur combat fatal »
Et , l'Agresseur montant aussi tost à cheval , L'un & l'autre se séparèrent.
Le Rot , Justement irrité Que contre sa deffence un homme ait cette audace , Ne laisse au Chevallier aucun espoir de grâce, Et je le trouve heureux s'il est en seureté.
Quelques raisons qui tirannisent Ceux à qui la Noblesse & le sang font la loy. Les Ordres Souverains jamais ne se méprisent ,
Et les Cœurs ont menty qui disent Que le poinct d'honneur soit à déplaire à son Roy.
Le Roy ces jours passez vit les grandes Machines
Des Comédiens du Marais , ^ d? AïïtSr'
Qui furent à son gré superbes & divines et de s«n«M. Dans sts Vols , ses Rochers . ses Eaux & ses Palais. dl'ÎBoyer]
Les Acteurs s'estoient mis en frais Pour divertir ce grand Monarqpe , Aussi leur donna-t'il une obligeante marque Que son plaisir y fiit plus parfait que jamais.
Une Abbbssb de conséquence , Dont le Nom de Monluc honoroit les Vertus ,
Fille d'un Mareschal de France »
Et qui vit à ses pieds les Vices abbatus
Par Septante ans de Pénitence , Mourut ces jours passez dans son Lieu d'OaioNY
Et laisse un regret infiny.
François Faure , Evesque d'AjOENs , Député du Clerçé de France, Et de qui l'on dit mille biens Pour sa merveilleuse Eloquence ,
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Ettt ton audieiice du Rot lao Sur qudques interests d*E^;liae ;
S'il ne tint qu'à charmer. )e croy
Que ses raisons titrent de mise.
Jean us Caubon hb Momtpbsat»
Dont la vertu s'accorde avec la Renommée . 125 Comme Archevesque & grand Prélat
D'une Ville très-renommée , [imis]
Presta » Jeudy derniert. avec beaucoup d'édftt Le serment , à Tacoustumée.
BomtoBs ne vit jamais dans son si^e Sacré 130 De plus Eminente Doctrine*
Ny Prélat dont l'ame divine Portât la pieté dans un plus haut degré.
Le Feu , dont les Hyvers font régner la furie , A, dit-on , fidt depuis un mois 135 Une remarquable Incendie
Cher le Monakqi^ des Danois. Il s'est pris à la Gallerie Du Chasteau de Frsdekisboiiro , Où ce Prince souvent alloit tenir sa Cour» 140 A brûlé des trésors de valleur infinie
Et mille tableaux curieux Qui firisoient honte à la Nature.
O bonne justice des Cieux , Un feu qui ne se met seulement qu'en peinture 145 Produit-il des effets tellement odieux?
Tousjours ce Prince continue A vouloir secourir les Estats Hollandois.
Que MuNSTBR , qui tire aux abbois , Ne souhaitte jamais que le froid diminue ; 150 S'il ne fiait la Paix cet Hyver,
Je crains fort le Printemps qui le viendra trouver.
Ses Troupes , qu'il avoit placées Dans les Villes en garnison , Malgré le froid de la saison , 155 S'estoyent sourdement ramassées
Pour aller au pillage avecque trahison , A la fiaveur des Campagnes glacées , Mais le PtoccE Maurice , en ayant eu l'avis , Commanda que ces gens fussent soudain suivis » léo Les chassa des Estats des Provinces Unies
Avecque le secours de quelques Compagnies ,
Et , pour les faire enrager mieux , Prit le Chasteau de Veode , en une heure , à leurs yeux.