‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 254 sur 317 · Du 28. Février 1666 (Mayolas · texte numérisé non relu

Du 28. Février 1666 (Mayolas

Lors que, crovans y voir un Homme, Us trouvent aeux Dames en somme, Car le Galand bien averty ,

330 Qui s'êtoit fort bien travesty , Etoit une proche Parente Ou jaloux , qui tant se tourmente.

Il fut de ce coup si penaut Qu'il en resta plus froid q^ue chaud,

335 Et fit serment que de sa vie Il n'entreroit en jalouzie , Et sa Femme par ce moyen Se délivra de ce lien.

Vendredy , la Troupe Royale , 340 Et sérieuze & joviale , ^ Reprézenta parfaitement, Pour le premier commencement , Un PoSme , fait à merveille ,

Qui vient de la main de Coai 345 11^^^^ ^^ Ouvrages sont cooii Et qu'on nomme AgésulBs.

Cette Poezie iréguliére Et d'une nouvelle manière Touche avéque tant de donoe 250 L'oreille aussi bien que le 00e Qu'avec moy tout le monde 1 Qu'il n'est aucun qui ne la k Que ses charmes sont singnfi Et les Actes particaliers.

255 PuNcassB , malgté ma mki Ma Lettre enfin se troote pie

EdUT SUR UL FDf DB FÈnOM

Compagnon du mois de Jarvui

A Paris , Ché^ C. Chemutlt, Imp, 9c Lib., Au* Armes du Rof, ruê de ta BuekêtÊÊ. Âmt i de Sa Af .

(Biblioth. de l'Aneml . B. L. iita)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Par Charlbs ROBINET.]

Du 28. Février 1666.

De la Muze voici Técueil , Car la France toujours en Dueil , Ainsi qu'il est vraiment bien juste Pour la mort d'une Reyne auguste , 5 Ne m'offre plus rien que ses pleurs, Que ses Soucis , que ses Douleurs , Pour les Epîtres aue j'adresse A sa Royale & belle Altesse.

Las I je ne voi de toutes parts ,

10 Pour des Objets un peu gaillards Qui pourroyent égayer la Rime D'une manière légitime , Que Lieux tristement décorez Et que des Temples consacrez

15 Au noir Triomphe de la Parque ,

Dont par tout l'Image on remi Mais, puisque c'est nous plaiiu Accomodons-nous au Destin.

Les Saintes Nones ^-^•w^^ 20 Des Majestés les Favorites, Eprouvans aussi sa rigueur.

Dans leur Eçlise & danslenrC Nous ont peint la même Victo Dont Cloton tire tant de Œoii 25 Lundy , dans ce petit Pouipn (Je l'ay de bonne part appris) • D'une manière sans égale, On veid ce que la Pompe étak

- Du 38. Février

Pour faire éclater un grand Oueil Dessus un célèbre Cercueil.

Par l'ordre de la belle Rkynb , Nôtre divine Souveraine , Fut dresse ce triste Appareil Qui certes parut nompareil , Comme son zélé & sa tendresse Envers la défunte Princesse :

Et cette jeune Majesté, Héritière de sa bonté .

Au grand Service l'ut présente , D'une façon édifiante £t qui de tous toucha le cœur, ' insi que Madame & Monsieur.

iL'Abbé Roquette , assez célèbre , ^Prononça le Discours funèbre , Et de tel air s'en acquits [u'un beau los il en remporta.

^^ Mardy , daiu nôtre Cathédrale , Eglise Archiépiscopale , A peu prés comme à Saint Dcnys , par l'ordre du Grand Roy des Lys , A qui de la Revne sa Mère La mémoire parêt si chère.

On lit autre Service aussi.

Je m'y veids placé. Dieu merci.

Par les soins d'un Abbé tres-digne [2ui nous lit cette grâce insigne , E)aiu la suprême Région .

Mais , je le dis sans hction , ''Durtant fort sujette auxTempestes, r on s'y cassoit bras et testes ^^ r le trouble qu'aux Echafauts Venoyent causer certains Marauds , Et quelques Mignonnes fort blan-

[ches.

rombans, se blessércntaux Hanches, ic s'écorchcrent tous les Bras , Qu'elles avoyent tres-délicats.

.'AacKEVESQDE de cette Eglise , ju'en an si haut degré l'on prise "teUT son Sçavoîr & sa Vertu , tontificalement vestu , kugustement en ce Service Writ le divin Sacrifice , t de RoDEN le beau Prélat . ont FEloquence a tant d'éclat .

e Chakvalon , que l'on admire 2uaad il se met sur son Bien-dire ,

-ononça la triste Oraison Avecque tant de liaison ,

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D'ordre . de grâce & politesse , iQue l'on en parle encor sans cesse.

Je pensois bien l'ouir, mais las!

Non mal-heur ne le voulut pas , Car en vain on est aux Ecoutes Ainsi niché dedans les Voûtes.

, Je le laissé donc , sur ma foy .

Prêcher pour d'autres que pour moy.

Et je sortis en diligence , Ayant vu mainte révérance Qui se fit , en ce triste Sort .

I Pour donner le Bal à la Mort.

Les Vestales du Val de Grâce .

Où du Ciel découle la Grâce.

D'Anne possedans le grand Cœur, Qui pour Elles eut tant d'ardeur,

(5 Mehchbdy dernier, dans leurTemple, Qu'avccque plaisir l'on contemple .

Firent tout de leur mieux aussi , Par un reconnessant Souci , Et sur tout le beau Luminaire

0 Y parut extraordinaire.

Les Célestins , dans Avignon , En leur Convent de grand renom (Etant fondé d'un Roy de France) , Ont en cette même occurance

>i Fait voir un zélé aussi pompeux Que reconessant et pieux. Un Mosolée incomparable Y fut un Objet admirable Par ses superbes Orncmens ,

oScs divers Enrichissemens, Ses Colomnes et ses Peintures , Et , bref, par cinq grandes Figures.

Dont l'une , placée au Sommet, Et tenant en sa main un Trait .

5 Exprimoit la noire Déesse Qui nous a ravi la Princesse , Et les quatre autres, qui tenoycnt .\utant d'Ecussons qui brilloyenl .

Etoyent les Vertus singulières

,a Qui luy furent plus familières.

La Musique au reste y charma , Ou plutôt entousiasma .

Et le S0ÛPRIEUB , homme habile . 1 Fit l'Oraison en si beau stile , '

^ Et sans y mêler rien de plat .

Que Monsieur le Vice-Legat Et tout son nombreux .\uditoire

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