‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 263 sur 317 · Du 31. Mars 1666 (Mayolas · texte numérisé non relu

Du 31. Mars 1666 (Mayolas

màxsx l'illustre Archévesque, ence de maint Evesque , l'un beau mouvement, évotement;

ent Evesque de M andb , a science est fort grande , prit & jugement >ge pai^tement; latante Compagnie son charmant génie, idame de Saint- Agnan , depuis plus d'un an , lise de Nôtre-Dame , i Sedre pour son Ame îce , l'autre-matin , vent de Romorantin.

point d'Eglize ou de Place r cette Reine on n'en fasse.

Madeléne Colbert , qui très-bien Dieu sert • n dans son Monastère, nmortelle REiNE-Mére, lire un des plus pompeux suisse voir dans ces saints fit encor un pour Elle,[lieux.

dans la sainte Chapelle.

eu.d'un esprit fort charmant, insieur l'Abbé Talemant , docte & rare génie n d'une force infinie parêtre ce qu'il vaut , la place de Gombaut Lssemblée Académique , & scientifique , roupeau fort entendu , , certes n'a rien perdu , c'est un Esprit d'élite i conoît bien le mérite , •oit , fort intelligent , »deste & fort obligeant.

y, pour marquer sa tendresse , stime & sa tristesse ncesse de Conty , ort du Prince averty , it cette perte fatale , Monsieur de la Sale e un très-beau compliment ; luita dignement i part de nôtre Sire ,

Il dit tout ce qull fialoit dire; 195 Aussi cet Objet plain d'apas Le receut bien à Pézenas , Où cette Veuve , belle & bonne , Venoit d'ariver de Narbonne.

Nôtre invincible Souverain

300 Quita , l'autre-jour, Saint Germain, Avec la Rbinb aimable & belle , Et Madame & Madbmoizelle , Sans oublier encor Monsieur Et maint autre puissant Seigneur,

305 Pour aller faire la Revue De sa Cohorte bien pourvue.

Ils furent coucher à Senlis , Aux apartemens plus jolis Que l'on donne aux rares Personnes,

2 1 o Sur-tout pour nos Porte-Couronnes, Puis dans le Château de Mouchy , De mille agrémens enrichy , Et le lendemain , quinzième , Nôtre Grand Porte-Diadème,

315 Suivv du Prince de Condé , Du Duc d'ANGUiEN bien secondé , Avec Monsieur, son Frère unique, Fit cette Reveue autentique , Entre Compiegne & le Chftteau ,

230 Lieu fort vaste , agréable & beau.

Il trouva la Cavalerie , Aussi bien que l'Infanterie , Qu'il fit ranger en bataillons , Et les autres en escadrons ,

335 En telle justesse & tel ordre

Que nul n'y put trouver à mordre.

En ce jour , les Gardes du Corps Formoient un admirable Corps.

Les Chevaux-légers & Gendarmes

330 Avec plaizir portoient les armes ; Les Mousquetaires , bien montez , Etoient proprement ajustez ; De la Reine & la REiNE-Mére La Troupe nombreuze & guerrière,

335 De Monsieur & du cher Daufin , Marchèrent dans ce beau chemin. Alors Mars , le Dieu de la Guerre , Sembloît prézider sur la Terre , Et luy-mesme n'ût pas fait mieux

340 Que nôtre Roy victorieux Cet Exercice militaire Que ce charmant Prince fit faire Avec la grâce , majesté , Adresse , courage & fierté ,

104* — Du 21. Mars i666 (Mayouis).

345 Qu^ tou^ 1^ monde de remarque Louoit sans cesse en ce Monarque.

TÉRÉSE sur tout Tadmiroit , Et le reste le révéroit.

246 tnistatppUé,

Prikcbssb , de Ycrtu in 350 Je suis à ma dernière lig

J'ay rimé cette Lbttu Le lendemain de Saimt J

A Parisi'Ou^ C Chenamlt, !mp, A Ub., rue de la Huchétte, aux Armes dm Rny. A Sa Majesté,

(Biblioth. de l'Arsenal, B. L. 1 iSoo. — Biblioth. de M. le baron Jamc — Ce dernier eiemplaire porte la date du 34 nara et les adreaeci mbvm CkeX^ C. Chittault, Iwip. A Ub., rue de la Huchette, amx Armes dm JB9. de Sa Maj'esié. Et à l^wu , Che^ C, Mathevet , à S. Tkamuu d'Aqmm,)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Par Charles ROBINET.]

Du 20. Mars 1666.

to

Princesse , comme vôtre absence Aucunement ne me dispense De m'acquittef de mon Devoir, A l'instant je vole au Parnasse , Dans le juste Dessein de voir Si je pourray de bonne grâce Vous écrire ce qui se passe.

Du Succez je suis incertain ,

Et je ne suis pas assez vain Pour vous aller promettre , O charmante Héroïne , une très-belle Lettre;

Telle promesse , en bonne foy ,

Feroit un peu rire de Moy.

Mais seulement j'ose vous dire ,

Sans que de moy l'on puisse rire , Que je souhaitte fort que le présent Ecrit Soit au Goût délicat de vostre rare Esprit.

Vous sçavez ce que je vais dire , Princesse , mais je dois l'écrire Pour les Bénévoles Lecteurs Qui témoignent être amateurs De ces Epîtres que j'adresse A vôtre incomparable Altesse.

Samedy donc , toute la Cour , Dont Mars se trouvoit en ce Jour

Le grand & Tunique Mot Fut prendre à Senlis Don Et , le lendemain , au Ctà D'un aspect riant & foftl Dont Monsieur le Maiqoi Est l'Hôte & le Propriefii Là tout auprès . dans no

io5. -~ Du ao. Mars 1666 (Robinet).

>ropre à dresser un beau Gunp, este Cavalerie n moins leste Infonterie idit» par ordre du Roy, inne Conche & bel arroy , >ointe du Jour quinzième , grand Portb-Diàdême , i d'un belliqueux Souci , près s'y rendit aussi « "ant dessus son Bucephale 4ajesté sans égale , >able , sans trop de los , tr les plus grands Héros, •tôt, ce charmant Auguste, Tadmirer il est si juste , t alors accompagné n Unique & cher PuisNé , rinces & de sa Noblesse , »ir sa martiale adresse ger en tres-peu de temps fois cinq mille Combatans s deux Lignes paralelles , une & l'autre étoyent si belles i eût dit que Bellonne & Mars 'ent d'enfanter ces Soudards, iment la Cavalerie loit tout-à-fait fleurie , is ces Messieurs les Chevaux oyent autant de Généraux, ardes du Corps & Gens d'arômes, si propres aux beaux Faits

fd'Armes , juetaires, Chevaux-Légers, mt leurs jeux des grands Danirmes Ecossois encore, [gers, i désir de gloire dévore, it ce Roy si glorieux accompagnent en tous Lieux , [levaux-Légers &Gens d'armes Rbyne , pleine de Charmes , de son ravissant Dauphin Monsieur son Oncle enfin , Cuirassiers , pour tout dire , lepuis peu fait nôtre Sire , lits du brave Villequier , lis friand du beau Laurier, rent une bonne partie iite Cavalerie ;

3uo^ l'on peut concevoir aisir c'estoit de la voir, 'ien toucher de l'Equipage , ourroit fournir une Image ,

Plusieurs m'en ont juré leur ^y,

S5 D'un superbe & brillant Tournot Nôtre IbérAsb , couronnée , De tant de gloire environnée , Comme une Amazone à Cheval , Montrant un air aux Coeurs fattl

90 Et qui fait des yeux les Délices , Alla voir ces belles Milices , Ayant d'un & d'autre cônS I^ sa brillante MiUvsTé Et MiOUMB & Mademoiselle ,

95 En belliqueux Atour comme Elle , Et toutes les Beautez de Cour , Cavalerices en ce Jour.

La Retne , avec sa noble Troupe , Que les Amours suivoyent en poupe,

100 Fendans l'air de leurs Ailerons , Visita tous les Escadrons Et les Bataillons tout de même , Lesquels , dans une joye extrême De voir cette Divinité

105 D'où naist nôtre félicité ,

Firent merveilles de leurs Armes Pour saluer ses divins Charmes.

Le seize & le dix-sept encor,^ On prit au même Lieu l'essor

110 Pour revoir cette belle Armée, Et la Causeuse Renommée , Ayant été présente à tout.

Pour le conter de bout en bout Aux Nations qu'elle visite ,

1 15 De Mouchi partit au plus vite.

Nos Majbstez , le lendemain , Reprirent aussi le chemin Du Château Saint Germain en Laye, Où (la chose est constante & vraye)

120 Elles sont dés hier de retour Avecque leur riante Cour»

Hors les deux Altesses BÏoyales, Ces belles Moitiez conjugales , Qui font voir à Villers-Cottrets

115 Leurs jeunes & charmans Attrais.

Au Duc de Vernsuil , Duc de

[marque , Et I'Onclb de nôtre Monarque , Un beau Gouvernement est Hoc , Et c'est Celui de Languedoc.

130 Ce Louis , oui sans cesse donne Et les grands Mérites guerdonne ,

loS. *^ Du ao. Mais 1666 (Roiunbt].

L'en a certainement pourvu »

Et dans un bon Lieu je l'ay aceu.

Trésorier L'Abb^ FÉLIX , Cette Semaine , sî^to Sur une Doctrine bien saine , Ghageue ^ tres^^alammeut soutenu vLaoeonas D'uue Thbsb le conteuu.

Ayant la Cer^e fort bonne »

Dans une Sale de Sorboknb , 140 En présence de maints Prélats Et d'Esprits des plus délicats , Dont il a contenté L'Oreille, Et c'est à dire fait merveille.

Entre ceux qui nous font sfavoir 145 Qu'ils s'aquitent de leur Devoir A l'emhmt de la Rbynr-Mere , Un sien Aumônier Ordinaire (C'est l'illustre Abbé de Moissy) ' A triomphé dans ce Souci 150 Par Instmc & Reconnessance, Debvant à sa Magnificence L'Abbaye Saint Yuillemer , Qu'il a dans Bologne sur Mer.

Jf^ A Feuillans , auprès de Toloze , itetoat Sans que sur le Texte je glose , ^'^ Ces fort sages Religieux .

Et , n'en doutez point , tres-pieux , Ont fait un Service célèbre, Avecque l'Eloge funèbre , 160 Et même aumône de leurs mains Quatre mille indigens humains.

An gTMd Ici , le beau Clergé de France

Gonvrot est ^ • \ t • •»• ^

des S est signalé , mais d importance ,

AUgUStiDB Q^j. j,^y ^^^ J,^ Jg ggg ^Qgj^g

■^5 Qu'il en coûte dix mille firancs, l^yj^ De Mande l'Evesque célèbre Serroni] Ayant fait l'Eloge funèbre

Tout à fait admirablement •

Et je le ciroy facilement.

170 Pour conclusion , la Musette Veut conter une Historiette , Toute de Caréme-prenant , Mais qu'on peut narrer maintenant Sans blesser, en ma Conscience ,

175 Le sacré Temps de Pénitence.

I Un Amant , beaucoup enfii

Et réciproquement aime , Estant allé voir sa Maîtresse Avec une extrême alaigresse

iSo Pour y passer l'un des gras X Ainsi qu'on les passe toûjoun Il la trouve ei^ son Lit guam En état d'une Agonisante ; Il trouve maintes Gens aupié

185 Qui montroyent de profonds I En meslans dedans leurs allaj Les soupirs , les cris & les lai Il void des Flambeaux à l'enl Qui tenoyent la place du Joa

190 Rendans une sombre Lusi^ Ainsi qu'à l'entour d'une Bié Vous pouvez deviner l'efiet Que produisit ce triste Asped Dans une ame amoureuse A t

195 Quiconque aime le peut compr Lysis , c'est le nom de l'Amai S évanouit en ce moment.

Et , revenant à toute peine Se pâme encor sur sa Climé»

aooEt, s'il peut » à lors aux abbo Faire ouir sa mourante voix, C'est pour lui tenir ce langage Contre le Destin (jui l'outrage « O charmant Objet de mes V

20$ » Ha ! que le Sort est ri^ourei Dit-il » « de rompre ainsi la T:

» Qui joint mon ame avec vôtre » Climéne , hier qui l'auroit d:

» Qu'aujourd'huy nôtre heurs

4 10 » Par cette Avanture fatale, » Que nulle Disgrâce n'égale?

y> Mais en vain le barbare Sort » Croit , » poursuit-il , € par v

» Séparer deux Amans fidelies 215 » Nos fiâmes seront immortel!

» Et l'Amour verra son Flamt » Nous embraser dans le Tom » Je sçauray bien cesser de yiv » Afin de pouvoir vous y suivr 330» Et ne pas (Cesser un moment » D'estre vôtre fidelle Amant A ces mots , Climéne assouf Et qui semble avoir la pépie Qui vient à l'heure de la Moit 225 Fait pour luy répondre un effi Et bref, entrouvrant la paupi^ Lui parle de cette manière :

io5. — Du 20. Mars 1666 (Robinet).

ossible , cher ^ysis , fasses ce que tu dis ?

un si noble & si beau Zélé mant qui m'est trop fidèle e]q>irer doucement -end le Trépas charmant I le dî-je? hé I que je suis

[foie I tiens un Discours frivole , n ne sçauroit mettre au îil exemple d'Amour, [Jour >is trop bonnement croire Le verroit dans nostre His-

[toire.

mon cher Lysis , dis-moy, irles-moy de bonne foy , ds-tu donc bien , » pour-

[suit-elle , le faire voir de ton zélé euve dés mon vivant , toy-même auparavant, insi, proche de mon terme, ux soyent témoins qu'on

[t'enferme ans? » C'estoit, m a t'on dit, leil caché vers son Lit.

i seroit devenue ,

A tel discours , à telle vue , Une Ame avecque moins d'amour?

Néantmoins, pour le trancher cour, Lysis , que son ardeur transporte

353 D une extraordinaire sorte , Bien loin de parétre rétif , Veut dedans la Bière entrer vif Et témoigner à sa Maistresse Par-là Texcez de sa Tendresse ;

360 Mais Elle , aussi-tost l'arrestant , De son Lit se levé à l'instant, Et lui dit en autre langage Qu'il faut faire , avant leur Voyage , Encor une fois les Baignets.

365 Lors les Pleureurs , paressans çais , Lui montrent assez que leurs plaintes Et leurs pleurs n'étoyent que des

[feintes , Et qu'enfin tout ce qui s'est fait N'étoit que pour rire en efifet.

370 Lysis doncr changeant sa tristesse Ep une excessive liesse , [Dieux , Rend de tout son cœur grâce aux Et se montre des plus joyeux De pouvoir vivre avec Cuméne ,

375 Plus que jamais gaillarde & saine.

Vous voyez sans reproche , 6 divine Princesse » Que dumoins j'essaye sans cesse A vous divertir un moment , Mais je suis trop heureux si j'ay vôtre agrément.

La &ste Saint Joseph , que réclament les filles , Fat la Veille du Jour de ces Vers ou

^ F. Muguet, rue de la Harpe, aux trois Rois, Avec Privilège du Ro^,

(Bibliotfa. «t., Le', 38. Rét. —

Biblioth. Maiarinc^ 996. A». —

Bibliotli. de VAxwentl , B. L. 1 180a.)

LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMC

[Par la GRAVETTE ds MAYOLAS.]

Du 28. Mars 1666.

Enfin la Reyne des Saizons Nous chasse a auprès les tizons , Et par sa force pnntaniére Fait aller trois pas en ariére 5 L'Hyver, fantasque au nez gelé , Qui pour neuf mois a détalé.

Le Soleil r'ouvrant sa cariére , Monté sur un char de lumière , Par ses rayons & ses regards , Plus vigoureux & plus gaillards , Combat & banit la froidure , Qui pourtant encore un peu dure , Mais il a terminé son cours Et joué son reste en ces jours.

Je sens déjà les violettes Et d'autres charmantes fleurettes , De qui les diverses odeurs Prométent beaucoup de douceurs ; L'amoureux & plaizant Zéphire Sur le sein de Flore soupire ; Ses soupirs, plus doux qu importuns, Transportent chez-nous ses parfums.

L'on voit en l'air les'irondelles , Alouétes & philomelles Chantant des airs gais & nouveaux , Avec toute sorte d'oyzeaux ; Tous les Bergers & les Bergères Vont fouler aux pies les fougères »

Chacun conduizans ses Troupeaux ,

30 Moutons , brebis , vaches , agneaux , Parmy les épais pâturages Le long de nos plus clairs rivages ; Les grâces , les leux & les ris Sont peints sur les arbres fleuris.

35 Princesse , à qui j'ofre l'Histoire , Qui dessus vôtre teint d'ivoire Nous faites voir du cher Printemps Les traits aussi doux qu'éclatans , Ma Muze sera plus hardie :

40 N'ayant plus la main engourd Sans nule peine elle écrira Ce qu'Apollon luy dictera.

Sus donques , reprenons cour Puis-que c'est la fleur de ndtr

45 Nos démêlez êtans finis Avec les Messieurs de Tunis Et Nation TripoUtaine , • Le premier jour de la semaini Mamt Chiaoux & Député

50 A receu de Sa MAjEsré Une Audiance favorable Et mainte parole amiable , Etans charmez de la bonté , De la grâce & de la fierté

55 De ce Monarque incomparaU Qui plus que tout autre est ail Il a de plus vérifié , Ou bien plutôt ratifié Le Traité qui borne la Guerre

60 Entr'eux & toute nôtre Terre Que le vaillant Duc de Beau»

Que les Corsaires craignent fc Par sa valeur extr'ordinaire Et par son adresse a sceu fain

65 Ensuite nôtre Potentat Les fit traiter avec éclat.

Madrid est dans l'impatieoc Du succez de la Conférence Que l'Ambassadeur des An^ 70 A déjà tenté pluzieurs fois Avèaue la Cent Portugaize , Qui Vècoute fort à son aize , Et , gagnant toujours des délai Semble peu portée à la paix.

io6. — Du 28. Mars 1666 (Mayolas).

3rd Fanshau, sur la Frontière, irler sur cette matière , par un ordre Royal » ' ibassade en Portugal, nte de Sandwic , de mesme , on grand Porte-Diadesme , quelques-jours prend le vol le Royaume Espagnol.

nable Reyne Britanique , I Suite magnifique , ^rt délaissant le séjour , I Londres est de retoiu* , t une marque vizible e la Peste tort terrible € & diminue un peu venin & de son Teu.

or du grand Patron des Dames,

ans ainsi que des Femmes ,

pre jour de Saint Jozeph ,

voit en tableau & relief,

yj qu'en Carême on marie ,

nme dans ma Patrie ,

Prends Pères Feuillans ,

ïux très^xcèlans ,

«"este solennizérent

\ en Corps la célébrèrent

cnnpe , avec piété ,

sur Temple bien ajusté ,

plus Grands de cette Ville

[it prier file-à-file.

mnt Evesque d'Amiens ,

es Sermons font mille biens ,

iça le Panégyrique

bçon scientifique ,

X)us généralement

ut l'aplaudissement.

: regret icy je coule vaillant Comte de Bioule , lant pour nôtre grand Roy , e courage , zèle & foy r sa valeur sans seconde , t allé en l'autre Monde , ians celuy-ci, son beau Nom, ions & son renom , 6tre honneur & pour sa gloire, talizent sa mémoire.

uatorziéme de ce mois ,

Du fameux Port des Rocbelois

Partit la Flote joviale

Qui va vers l'Inde Orientale , 125 Jusqu'au nombre de dix Voiliers ,

Plains de Marchands & de Guerriers,

Et de tout ce qu'on peut comprendre

Pour profiter & se défendre.

Plusieurs autres Vaisseaux du Roy , 130 En belliqueux & bel-aroy ,

L'escortent d'une humeur égale ,

Et ceux de l'Inde Occidentale ,

S'êtans aussi joints avec eux ,

En font justement trente-&-deux.

135 L'allégresse qu'ils^témoignèrent

Et le plaizir que tous montrèrent

En s'embarquans auprès du bord

Du susdit vaste & trè^beau Port

Est im infaillible présage 140 Du succez d'un heureux voyage ,

Et je croy qu'ils viendront enfin

Chargez d'un insigne butin ;

Mais les Directeurs très-habiles.

Outre leurs soins beaucoup utiles , 145 Par des prières & des vœux

Ont voulu demander aux Cieux ,

Sans qui rien ne se peut bien faire ,

Leur grâce & leur secours prospère.

Après quoy le monde s'atend 150 Qu'ils auront favorable vent ;

Et moy , qui pour eux m'intéresse ,

Je leur sounaite avec liesse ,

Car ce Commerce glorieux

Au Public est avantageux.

155 On nous écrit, on nous enseigne

De la grand'Ville de Compiégne

Que son vigilant Gouverneur , lîiSîSïi

Remply de prudence & de cœur ,

Fut recevoir de bonne-grace , 160 Dans la Plaine prés cette Place ,

Nôtre Monarque sans égal ,

Alors que , d'un air martial ,

Il y fit faire l'Exercice

A sa florissante Milice.

165 Ce Prince , beaucoup généreux ,

Aussi juste que belliqueux ,

Etant ravy de la justesse

Et du bel ordre « de l'adresse

Des Cavaliers & des Soldats , 170 Qui ne firent pas un faux-pas.

Par une bonté libérale

Et générozité Royale ,

Fit distribuer de l'argent ,

io6. — Du 28. Mars 1666 (Mayolas).

Dont chacun resta fort content , 175 Louans tous sa magnificence , Source de leur réjouissance.

De DévENTER il nous apert Que le brave & prudent Colbert , Qui dans cette Ville commande

180 La Troupe Françoize, assez grande, Ces jours passez , en est party Et pour un grand dessein sorty , Âvéque la Cavalerie , Âvéque aussi l'Infanterie

185 Et quatre pièces de canon Et maint chariot bel & bon , Plains de munition de guerre , Pour combattre sur l'eau, sur terre ; Dans peu de temps je le sçauray ,

190 Et lors je vous le conteray.

dicSntoi Monsieur l'Evesque de Valence , Témoignant sa reconoissance Pour feu le Prince de Conty Dont il chérissoit le Party , 195 Avec ardeur , avec justice , A fait faire un pompeux Service Dedans Valence en Daufiné , Où tout fut très-bien ordonné.

L'Empereur & 1' Impératrice , 200 Sa Belle-Mére fort propice , Les Princesses pareillement , Ont voulu généreuzement Glorifier de leur prézance Un Mariage d'importance :

205 D'Egginberg, Comte plain d'amour, Du Comte aussi de Swartzenbour Epouzant la Fille très-belle.

La Noce fut fort solennelle.

Le Comte Pierre de Serin , 210 D'un pas joyeux & non chagrin.

Avec très-bonne escorte amène Vers Presbour & Badox la sienne , Que Ragotsky , Prince charmant , Doit èpouzer gaillardemant.

215 Une Fille spirituelle ,

Aimable , généreuze & bel Qui certes son pezant-^'oi N'ayant en elle autre défiai Que d'avoir la dent un pei

220 L'a faite plus blanche qu'] Par le secret & le moyen De Catalan , dit TItalibn , Dont les remèdes favorabl Et les essences admirables

225 Qu'il tire des fruits & des Font aller Dames & Sei^ Chez-luy , près des Manoi Pour acheter de ses tabléte

Le jour de l'Anonciatioi

230 Allant faire une station Dans l'Eglize. de Nôtre-Di J'aperçus mainte Fille & F Qui quêtoient dans ce sacr Autant pour la gloire de D

235 Que pour secourir des Fan Par des aumônes très-utile Entre ces Objets plains d'à Qu'à prèzent je ne nommt J'admiray les yeux d'une b

240 Et de sa grâce sans-second Ainsi que de sa piété A l'instant je fus enchanté En sortant de ladite Eglize Où cette Feste on solenni2

245 Je trouvay deux de mes Ai A qui franchement je le dii Us me dirent la mesme cb< De son teint de lys & de ro Et de-là certes je conclus

250 Qu'elle eut plus de cœurs q

' Princesse , faites-moy la D'excuzer ma longue Préfa Que j'ai rimé , selon mon :

Au commencement du Prii

255 J'ay fait cette Lettre sa En un jour , A l'Hôtel do î

253 rimée, ^t est ptms correct, m le vers faux.

A Paris , Cke:^ C. Chenault, Imp. & Ub.^ Aux Armes du Roy, rue de la HucketU, Avect Sa M.

(Bîblioth. de l'Arsenal, B. L. 11800. — Biblioth. de M. lebiran Jamctdel — ' Ce dernier exemplaire porte la date du 3 1 mars et les adresses suivaflfecs : Che^ C. Chiuault, Iwip, & Ub., Aux Armes du Roy, rue dé la HudutU. Att

de Sa M. Et a Lyon, Che^ Charles Maihevet, March, Libraire, rue àterei€re,è.

d*Aqu»n.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Par Charles ROBINET.]

Du 28. Mars 1666.

Je ne puis commancer, adorable Princesse , Sans vous témoigner ma tristesse Des niches que m'a fait le Sort , Empesctiant deux de mes Epîtres »

Qui contenoyent de bons Cnapitres ^ D'arriver sans naufrage au Port , Je veux dire en ces deux Mains blanches Qui sortent du bout de vos manches.

Car toutes les fois que j'écris , N'en déplaise à maints beaux Esprits Qui me font l'honneur de me lire , C'est où , ma foy, je les désire , Et, sans le doux espoir d'un bon-heur si charmant , Je leur en &is un bon serment.

Je cesserois bien-tôt d'écrire.

Mais , Madame , voyez que ce maudit Destin Est pour moy doublé de revesche.

Et comment en un mot me triche ce MaUn.

A Gens de qualité j'adresse ma Dépesche

Pour vous la rendre en propre Main , Les croyant prés de Vôtre Altesse , Et Lui fait qu'ils sont à Lutéce , Et qu'on la leur renvoyé ainsi Que je l'ay fait partir d'ici.

Ah I ce mauvais Tour me chagrine) Mais i'espére , ô grande Héroïne , ^ Que je seray , selon mes Vœux , Au temps avenir plus heureux , Et qu'avec une joye extrême , Je vous rendray demain cette Lettre moy-même.

lacun a parlé tour à tour )reux Chevalier d'Hoquincour ; [uoi 1 pourroi-je donc m'en taire

Dedans ma Lettre Circulaire , 35 Où doit éclater le beau Los Notamment de pareils Héros ?

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