Du g. May 1666 (Mayolas). 85o
Ecrit la HxnttfetCB JOÙRKÉfe
370 Du PLUS PLAI£A^ MOIS DK L*ANNÉE.
A PmHs , CJU^ Ck. Chemmlt, !mp. à Uh,, Aux Armes du Roy, rue de lu Huckette. Avec Privilège éeSmM.
(Bibliotb. de l'Arsenal, B. L. 1 1800. — Biblioth. de M. le baron James de Rothschild. -— Ce dernier exemplaire porte la date du i a mai ;. l'adresse du libraire n'a pas été changée. )
Il " ■ - ■
LETTRE EN VERS A MADAME
[Par Charles ROBINET.]
Du 8. May 1666
Pour produire aujourd'hui des Vers Je ne vais point sur le Parnasse Des neuf Sœurs implorer la grâce , A l'ombre de leurs Lauriers Vers ; Pour faire ruisseler ma Veine , Ni d'Hélicon ni d'Hypocreine Je ne vais point boire les Eaux.
Pendant le Séjour de Madame , En ses divins Aspects j'ay pris des Feux nouveaux , Par qui je me sens tout de ââme.
is
Que d'autres pour mieux s'exciter Cherchent des Prez & des Rivages Et qu'ils aillent dans les Bocages Ouir Pbilomelle chanter ; Qu'ils voyent les Trésors que Flore Avec le Printemps fait éclore Dedans les Jardins les plus beaux ; Pendant le Séjour de Madame , En ses divins Aspects j'ay pris des Feux nouveaux , Par qui je me sens tout de ââme.
L'autre jour, le Comte Rangon , Personne de haut Parangon , Vint avec beaucoup de sagesse , De la Part de cette Duchessb Dont le Peuple du Modenois Avec respect reçoit les Loix , Et du Seigneur Cardinal d'Esté , Digne Pnnce , je vous proteste ,
Complimenter les Majsstbz , 30 En termes des mieux concertez , Sur la mort de la Reyne M£re Qui nous est toujours fort amére.
Il en eut un charmant accueil , Et ce fut Monsieur de Bonnethl , 35 Lequel , faisant très bien la Charge Qu ici je vous cotte à la marge ,
lotrodfioteardts
1 18. — bu 8. May i666 (RoBnnrr).
Le menaçait dé quelque esclandre , Ouoyqu'il sceût dès mieux se dëfen- Si le Colonel Lascaris , [dre ,
Savoyard des plus aguerrie ,
235 Ne l'eût vîsté tiré d'affaire.
Ainsi .donc tout ce qu'il pût faife Fut de rembarquer promptement Pour attendre bien sagemetit Qu'il plût à Dame Destinée
340 Qu'ilpût attaquer la CANés , Car Elle est bizarre par fois Et donne aux plus Vaillans des Loix.
HiiRARû, Homme pour la Peikture Et même pour rARCHirECTURs
245 Des plus fameux , en bonne Foy , Est allé , par Tordre du Roy , Etablir une Acaoemib A Rome , du Vice Ennemie , Pour instruire dans ces deux Arts
250 Si célèbres de toutes parts
Plusieurs beaux Cadets de Lutéce , Dont deux sont à l'illustre Altesse Que nous nommons ici Monsieur , Tous deux En&ns de Gens d'Hon-
[neur
255 Et Ton I^ls d'un niodettle il Qu^etl son nom Nocwt l'on i De qui le Pinceau chaque joi Peint les fixAtrrBZ de nâtré (
Le MotÏARQUE dimtot le M 260 Pour cinq, qui sont tous Geni Et qui n'en seront point fâd A destiné les Eveschez Qu'en la marge vous pouvex Où je Yais exprès les écrire « 265 Avec les noms de ces Messk Que la Croix va combler d'Ho
Constanoe k oalal <|Di r« tki (Ctonde Anrryl ; Wii^uem. i f (fAoi [GoIlaiiiiM La Bonis à Roffoefe; lUscoD k FAliMdtî cbdGoUwrtjot Aci k FAlMii:
Evreux , Ville de Norman Il faut bien qu'Ici fe le die , A fait merveille asseuremcnt 270 Pour honorer le Monument De nôtre auguste Rkynb Mil Et l'on ne âçauroit pas miem D'un brave Garent fe Vêj ace Par un Billet très-bien oonoa
Après ce juste Témoignage , Princesse de tres-Haut-Lignage Que depuis plus d'un An avec gloire je sers , Je n'ay plus pour dater qu*encor deux petits Vers.
Le huit de May, sans erreur nule , Je fis cette Missive ou Bule.
^ Paris , Che^ F. Muguet ^ rue delà Harpe , aux trois Rois. Avec PriviUge dm Roy.
(Biblioth. lut., U^, is. Mf.
Biblioth. Maiarinc, 196. A'
■rf
LETTRE EN VERS ALTB9SB MADAME LA DUQHESSB DE NEMOURS
[Par la GRAVETTE db MAYOLA8.]
û|i |6. May i666.
S8g , voic^ des Nouvelles ùjleures & de$ plus belles , ift Eloge , je V0U9 sers uveau plat de nouveaux Vers.
p jufte <}ue la Ivavourç I4tre coins du Monde coure eigneur illustre & brillant , jQ^nii généreux que vaillant.
n^ , jaloux de la {gloire L ^mé de la victoire , lûrement averty Homme d'un autre party enu certain l«^pgage fût d'un grand Per^nnage , Te dans sa passion n par supozition , nte demande à son Prince e un tour à sa Province , Pays bon & charmant , isible à son Régimant; lent après sa parole :
» il marche , il court , il vole ; loin d'aller en sa Cité , le d'yn autre côté , »i|nt les mont^ & les plaines , i^p^, prés, mefs, ruisseaux, n ^lustre Second [fontaines, tn à son ordeiur répond, irivez dans la Ville /ersaire a son azile , nanda par un billet ne d'un petit poulet :
it que tu dis teUe choze...
«te est pour nous Lettre cloze; il faut l'êpée à la main , difiirer au lendemain , es d'une telle deqieure ,
» Tel jour et mesme^ à telle hemre , » Me soutenir ce que tu dis ,
40» Et piM3 nous serons bonç amis. »
Mm» ioât qu'il ne fftt pgç coupable Ou qu'il le trouvoit redoutable, Sans se vouloir batre il écrit , Agréablement le dédit.
45 Après une action si belle On peqt certes tirer réche{Ie , Car de ce coup victorieux Le seul dessein est glorieux.
Tous les jours onéprouvf en France
50 Que la Divine Providance En sa faveur tient l'oeil ouvert.
Lors qu'on croyoit de Saint Hubert La Fftqiille Roygle Ci sainte A prézent tout-à-âiit étaintç ,
55 Elle reluit de pluzieurs parts , Et depuis peu quelques Picards .
Qu'il semble que le Ciel envoyé I\>ur nôtre bien & nôtre joye , D'icelle ligne dêcendus ,
60 En cette Ville sont venus , Et demeurent dans le Colége Que la Providence protège , De sorte que tel qm craint bien D'être mordu d'un chat ou chien
65 Ou d'une autre beste sauvage , Par la cruauté de sa rage , Tygre , Lyon , ou Léopard , Sans s'expozer à ce hazard , Peut aller avec dil^ence
70 Au logis de la Providence, Avec la Foy propre aux humains , Se faire toucher de leurs mains ,
feaxbourf S. Antoine
Hubert du Pay,
Car ces trois jeunes Gentilshoinmes, Maroet Révère? au 91^ où nous 9ommes , ^c^
1 19* — - Dq t6. May i666 (Mayoum ).
75 Atoc Qii modeste oudiidoii Toudient & gaérissent pour rien , PrivU^ toot-è-fidt rare Et dont diaqae Chasseor se pare , Puisque empêche d'enrager
Sa Et iKms met iiors de ce danger.
An reste , en la Maison ioelk On y commence une Chapelle , Qui dans le temps s'adicrâra»
Selon le bien qu on y fera,
S5 Vouée à llieureuze mémoire , Aux miracles comme à la gloire Dudit Saint Hubert tr6»-fiuneux »
Qui guérit d'un mal si fecheux , Ekpêr les soins & la conduite
90 D'un Homme de très-grand mérite , Du pieux 8L prudent âiuBOUR , Le Peuple court audit Fanxbour.
Le Rot » tout-à-fiût magnifique , Aussi puissant que oolitique ,
5^ De Versaille étant de retour, A Saint-Germain traita sa Cour, D'une manière si charmante , Pompeuse, agréable & galante , Qu'on oeut jurer en bonne-fby
loo Qu'au Parc il l'a traitée en Roy.
Nôtre Auguste & charmante Rsine Avec Monsieur fut la Marainè Du Fils de Monsieur de Vizâ , Trés-fidelle , très-bien sensé .
105 Et le nomma Loxns Phiupes , Et ce sont-là deux beaux principes.
L'Abbé de Coalin , tréfr-fiâmeux , Célébra dans ce jour heureux La cérémonie avec zélé ,
1 10 Au vieux Chftteau, dans la Chapelle.
Je suis tout-à-l'heure averty Que la Princesse de Conty , En vertus , en atraits fertile , Est revenue en cette Ville 1 1 5 Seulement depuis hier au soir, Et toute la Cour la va voir.
Une illustre & pieuze Dame , Digne Abbesse de Nôtre-Dame Prés Xaintes, Fkançoizx db Fon,
iioDe k morta subr kt L A quatre-vinçt^A-trais Le Ciel tenmna ses joui Ayant gouverné soizant Par ses vertus & ses tab
125 Ledit Couvent en belle Et mis une jnair Réfan Avec tant de solidité.
De prudœce & de piété Que toutes les Religieu
tjoTrés-nobles & trés^verti Regrétent beaucoup son Et ne s'en consoleroiem Si Françoise ns Foix , 1 Avec grand' pompe , cfi
1 35 N'ût «é receue en soQ I Dû aux Personnes de se
Du Mont Carmel & !
Cet Ordre Rojral se pré| Par des soins aussi granc
140 A métré en Mer quatre Depuis que du Rov les Non moms illustres qu' Pour le Marouis de Nia Qui possède le premier
145 Par sa qualité oe Grand Ont fait évidemment pa Que nôtre Auguste Sou Favorise bien leur dessc Outre cette feveur insigi
150 Dont l'Ordre militaire c Outre ledit équipement Louis donne agréablem< Un Régiment d'Infantei A riUustre Chevalerie.
155 Monsieur de la Barri Sorty d'un noble & très- Par Sa Majesté Souverai Est choisi pour le Capit Des susdits bons & grand
160 Qui tôt vogueront sur le Secondant les vœux & h Dudit Grand-Maître très Tous les Chevaliers com Et sans doute trionfooni
165 Monsieur le Prélat de Par les soins & par Tindi Des Electeurs & Potentil Est en paix avec l» Eati
1 ig. — Du 16. May 1666 (Matolas).
ie que l'Angleterre r finira la guerre.
nt Duc de Meklbbourg (aie dads Ratsbourg ambassadeur de France cette réjouyssance , lagnifique Festin , le la Reine & Daufin la santé trés-chére ; int cette bonne chère , lit au bruit, au son e cent coups de canon, xinquet d'importance t à cette Excélance , tes remercîmans IX chevaux Alemans r, par son entremize rable entreprize , uy d'acord enfin 3 GusTRA son couzin ; t un grand avantage nir le Parentage.
re on vid, ces jours passez, îils fort bien disposez a voûte rayonante, grandeur cliférante.
signes , selon ma foy , , souz le régne du Roy , ance est plus éclatante, euze & plus trionfante , la guerre ou dans la paix »
; l'a paru jamais ; si vous voulez encore , s, plus beaux que l'Aurore, dans leur regard bénin a Reine & Ip Daufin.
i pour bonne nouvelle
tite Caravelle
e Saint Agnan, trés-preux,
rdre judicieux
ur la liquide Plaine ,
:rire au Capitaine
*endre au clernier Vaisseau
:ontreroit seul sur l'eau ,
de ces promenades
Isles de Barbades , noient quelques Anglois
Jusoue au nombre de deux fois trois.
Ce Capitan vit un Navire , Qu'avec ses crochets il atire , Et souz son pouvoir le métoient , 220 Si cinq autres qui l'escortoient N'ûssent à coups de canonades
E désobligeantes saluades] e la Caravelle mit bas Les meilleures voiles & le mas , 225 Et • de crainte d'être surprize , Adroitement quita la prize , Puis , rencontrant un Holandois , En prit une Vergue à son choix.
Princesse , ma Lettre est finie ; 230 Je m'en vay chercher Compagnie.
Phébus m'a ces Vers inspiré La veille de Saint Honoré.
APOSTILE.
Je ne puis m'empécher d'écrire D'un Ouvrage que l'on admire ;
235 Le lizant , j'ay connu le prix Du juste Examen des Esprtts , Que la plume docte & fertiUe Du céléore de Hauteville , A mis au jour publiquement
240 Pour plus grand éclaircissement De l'HisTOiRE Scientifique Qu'il donne à son Roy magnifique.
Chaque semaine , Dieu-mercy , Nous verront encor celuy-cy.
245 Vie & mœurs des grands Personna- Des Philosophes les plus Sages, [ges, Capitaines & Magistrats, Princes , Altesses , Potentats , Sont décrites d'une manière
250 Divertissante & singulière.
C'est à Monsieur Colbert le Fils Qu'il consacre ses beaux Ecrits ; Ce Patron subtil, juste & sage , Dans la belle fleur de son âge ,.
255 De ces beautez bien jugera Et sans doute en profitera , Car ce Fils d'un si digne Père , Que nôtre France considère , Nourit ses inclinations
260 Des plus pures afections ,
Sdgneur deSei-
863 1 19> -^ Du 16. May 1666 (Mayolas). 864
Sous les soins d'une Compagnie Qui sçait former un grand Gî^nie.
Cet Ouvrage (bien entendu) Chez mon Imprimeur est vendu.
A Paris, Ckê^ Ck. Chsmmii » Imp, à Uh„ Aux ArwtêS du R<if , rue de U Hvckétk^ Avec h. de Sa M,
(Bîblioth. de l'AneiMl, B. L. tiSoo. — Biblioth. de M. lebarao James de RotlHdriU. — Cf dernier exemplaire porte la date du 19 mai et lea adreaaet aaivantet : A Perù, Che^ Ck, Ckeuault, Imp. & Ub., aux Armes du Rojf, me de U Huckeite , Avec Pr. de Sa M. Et à Lyou, Cke^ CkarUs Matkevet, Marckand Lib., rue Mercidre^ à S. Tkeem d*Aqum.)
[Par Charles ROBINET.]
Du ]5. May 1666.
Cephale , pour baiser TAurore Que son cœur tendre adore.
Est k leur Rendez-vous ; Les Chantres de divers plumage 5 Lui rendent leur hommage
Par leurs tons les plus doux.
Le léger & le frais Zéphire Avec Flore soupire , Folâtrant sur son Sein , 10 Et la laborieuse AbeiUe
Dessus la Fleur vermeille Se charge de Butin.
Le Berger avec la Bergère , Assis sous la Fougère , 15 Fait paître ses troupeaux ;
Et chacun , jusques au plus lâche , Reprend viste la tâche Dés qu'il void du Soleil les rayons tous nouveaux.
Ayez donc la Puce à l'oreille ; 20 Faut-il qu'on vous éveille ,
Paresseuse Clion ?
Sus debout I il faut que je rime Pour l'Altesse sublime Qui preste à mes Ecris l'Abri de son beau Nom.
8 Avecque.