Du 9. May 1666 (Matoiab
du
De trés-éclatante fiiçon
Et mieux que je ne sçaurois dire ,
170 A complimenté nôtre Sirb Sur le triste & dernier trépas Qui nous fait pousser tant d'hélas , Pour la Duchesse de Modene , Princesse illustre, aimable, humaine,
175 Et pour un Cardinal fameux , Non moins sçavant que vertueux, Qu'on nomme le Cardinal d'EsTE ; Mais , pour vous achever le reste , Ce Comte fut receu fort bien
180 De nôtre Prwce Trés-Chrêtien.
Le Marquis d'AuBRE, noble &
[brave , RéBimont Mestre de Camp trés-digne & grave, dochom- Etant informé par quelqu'un pagno Q^^ j^ Gouverneur d'Eutecun
185 Pretendoit de métré au pillage Et les vivres & le fourage Qu*à Méric il faizoit porter Pour faire ses Gens subsister , Il en sort d'une humeur vaillante,
190 Avec hommes trois cens cinquante, Tant de son Régiment , je croy , Que du beau Régiment du Roy , Et poussa de fort bonne grâce Les Ennemis jusqu'à leur Place.
195 Mais le Gouverneur ayant sceu Qu'il s'êtoit grandement deceu , Pour seconder l'Infanterie , Fît sortir sa Cavalerie ' Au nombre de trois Escadrons ,
200 Pour renforcer les bataillons ; Mais ce Marquis par sa vaillance , Par son adresse & sa constance , Fit renverser sur les premiers Les plus vigoureux des derniers.
305 N'ayant point le bras en écharpe , Au fossé de la contrescarpe Les poursuivant d'un sens rassis , En tua plus de vingt-&-six , Et le Lieutenant de la Place
310 Est compté dans cette disgrâce, Sans que nous , dedans ce combat , Ayons fait perte d'un Soldat.
On m'a fait un trés-plaizant conte, Qui mérite qu'on le raconte.
315 Prés de Pézenas ou Limoux ,
Pays fort tkréahle & doux.
Un jeune Epoux « contre sa Pei Conservant un feu dans son am Diférant de celuy d'amour,
220 Etoit en gronde nuit ft jour , Ne se parlant point , ce me sea Encor qu'ils couchassent ensen Le Mary , dans sa passion , Prend aux cheveux l'ocazioA :
335 Aimant la Fille de l'Hôtesse , Un peu sensible à sa tendrene, Croyant bien jouer son rolet.
Tient ce discours à son Valet :
c Tu sais que nous sommes en fl
a3o< Mais il mut que tu me second « Et la nuit, assez bnisquemei « Sortant de mon apartement, € Soit par dépit ou par grimaa « Finement tu prendras ma pi
335 « Tandis que j'aurav TentretieE « De la Belle qui m aime Uen.
Ledit Valet, remply de zelle, Luy promet qu'il sera fidelle ; Ainsi (ut dit« ainsi fiit fait.
340 Mais , par un fort contraire éict Le lendemain l'Epouze aimable D'un oeil riant & favorable Regarde le susdit Epoux, Et l'invite sans nul courroux
345 D'une façon toute nouvelle A bien déjeuner avec elle.
L'autre , surpris de ce discours Dont il ne scavoit pas le cours, Rebutoit sa aouce caresse
350 Et faizoit le grondeur sans-ces»
Lors qu'elle parmy ses apas Dit : « Hé quoy ! ne sçavcz-vous » Que cette nuit la paix fut faite » Avec allégresse parfaite. »
355 Sur ce beau discours le Mary Commença d'être bien mârv D'avoir aoandonné sa couche ; Ce coup terriblement le touche Parle à son Valet aigrement
360 D'en uzer infidellement , Qui dit peut-être à sa Maîtresse ]^r charité, soit par foiblesse, L'afection & le secret De ce Mary fort peu discret.
365 Et je pense que de sa vie ^ Il ne luy prendra telle envie.
PuMCB^E , je finis mes Vers Qui vont courir tout TUnivers.