LA MUSE DE COUR A MONSEIGNEUR LB DAUPHIN
DEDICACE [Du 27. May 1666.]
ÀMouit , sans s'arrester au vœu Que nous Sdsons de vivre en Vierges immortelles , A fait sur THeiicon voler des étincelles
Qui me remplissent d'un beau feu.
Ses fiâmes ont sceu me surprendre En faveur d'un Objet qui foit mille jalons ; Mais , Dauphin dont j'embrasse aujourd'huy les genous ,
Dites-moy si vous estes tenore Avant que ce secret aille jusques à vous.
Les bouches d^la Renommée
M'ont appris déjà mille fois Que des mesmes vertus qui font les plus grands Roys
Vostre Enfance estoit animée ;
J'ay veu cent fois vostre Portrait;
Cent fois moy-mesme je l'ay fiadt Pour le faire courir sur la Terre & sur l'Onde » Et , repassant dessus d'un regard curieux ,
Dans le mouvement de vos yeux
J'ay connu le Destin du Monde.
Vo» moindres traits sont achevez; Tout ce qu'on voit de doux , Grand Prù^cb , vous l'avez : Mais , de quelque façon que le Monde vous peigne , Quelque douceur qu'on mesle avec tant de beauté C'est sur vostre teint seul (jue cette douceur regnç Et vostre air est plem de fierté.
Peut-estre qu'avec tous vos charmes , (^ui sont des présages qu'un jour Vous vaincrez l'Univers par la force des armes , Vous n'avez pas un cœur qui soit tendre à l'amour.
Toutefois , si je ne me trompe ,
» Musi Dauphimi. a Monfeigncitr le Dau- 9 A Devant que ce secret s'explique avecque yoos.
^ \% A Cent fois dans on clin de vos yeux.
« msuguê dams B C. j