‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 288 sur 317 · Du 27. May 1666 (SnnjGinr · texte numérisé non relu

Du 27. May 1666 (SnnjGinr

Je remarque à je ne açay quoy Que vostre noble orgueil et toute vostre Pompe Ne vous inspireront aucun mépris pour moy.

Permettez donc que je vous die ' Sans exciter vostre courrous Qu'en vous voyant je fus ravie Et que je soûpiray pour vous.

En cent occasions vos appas m'ont charmée . Soit lors qu'en habit de Chasseur Vous suiviez ce grand Roy si plein de Renommée Sous qui l'Estat respire avec tant de douceur ; Soit lors que , sous celuy de General d'Armée , Bien botté , bien monté , le baston à la main , Vous faisiez la Reveue auprès de saint Germain.

Accordez-moy le réciproque

Et ne craignez pas que je choque Par mes jeunes désirs le rang où je vous voy ;

Quelque dédain qu'il vous conseille •

L'alliance tst assez pareille D'une Fille du Ciel avec le Fils d'un Roy.

Ah ! si je vous devenois chère , Grand Dauphin , il naistroit de nous Un Prince bien semblable à Vous , Et de plus immortel aussi-bien' que sa Mère.

Par l'effet d'un charme puissant Que m'enseigneroit le Parnasse , Je le mettrois au Monde ; il auroit vôtre grâce . Il seroit de mesme âge & déjà triomphant.

Quand vous feriez faire Exercice ,

On le verroit le lendemain

Et de la voix & de la main Commander comme Vous une brave Milice.

Chasseriez-vous , il chasseroit ;

Causeriez-vous , il causeroit ; En un mot , vous seriez deux fort semblables Princes ,

Hormis que dans un mesme jour

Il pourroit &ire en cent Provinces Ce que vous ne feriez qu'aux yeux de Vostre Cour.

Il croistroit avec vous de semaine en semaine , Et , quand vous auriés fait de jeunes actions Capables d'estonner toutes les Nations ,

36-37 ^4 Qu*au88i-tost que je sceus le coure de Je fus amoureuse de vous. [vostre vie

40-41 A Vous suiviez ce grand Roy de vsste Re- Dont vous serez le successeur, [nommée

^i A Ah ! que si quelque jour je vous devènots chère.

57-58 >^ Je le mettrois au Monde avec parefl De mesme âge que vous et déjà trioo^birt

70-71 À Et quand par une jeune & RoyiD'' Vous auriez attiré de l'admiration.

134* *^ I^ ^7* ^^7 l6^ t^UBUGNY). 90a

Il les retraceroit chez k Roy, chez la Rejrne , Et presques tous les jours les rendroit à ïeurs yeux Lors qu'ils en seroient curieux.

Et quand ces grandes Destinées , Que votre â^e remet à neuf ou dix années. Vous rendroient le soustien des Roys de l'Univers , Vous feroient moissonner mille Lauriers divers Et , portant l'Estendart de vostre auguste Père , Couvrir de vos Exploits la Terre toute entière ; Quand, pour combler LO01S de joye & de bon-heur. Plein de vostre vaillance , animé par l'honneur,

Vous iriez chercher en personne Dequoy vous faire Roy sans porter sa Couronne ;

Alors ce fruit de nostre Amour,

Imitant vos faits chaque jour, Seroit un vray Portrait de la mesme Clémence , Voudroit qu'on vit en luy vostre mesme vaillance ,

Retraceroit vos grands Explois ,

Feroit encor trembler les t(ojs , Vous peindroit conmie luy paré du Diadème

Que vous auriez conquis vous-mesme ,

Et , pour vous surpasser encor.

De l'Immortalité possédant le trésor.

Il recommenceroit d'étemelles années Ce que vous n'auriez &it que bien peu de journées.

Unissez donc nostre Destin ;

Et , si ce mesme ftge trop tendîre

Vous dit qu'il faille encore attendre Pour me faire donner le jour à ce Dauphoi , Jusqu'à cet heureux temps que cet illustre Ouvrage

Pourra nous occuper assez,

Nous nous divertirons , jpour complaire à vostre ftge ,

De tous les incidens qui se seront passez ,

Et , jusqu'au jour enfin qu'il suffise des vôtres

Je vous entretiendray des actions des autres.

• Sur toutes sortes de sujets

Et de toutes sortes d'objets ^

Je vous diray quelques Nouvelles ;

J'iray presque de tous costez

Pour vous recueillir les plus belles

Et les plus rares Nouveautez.

Toute grave que je vous semble Dans l'aveu d'AÎnour que je fkis , Si nous sommes unis ensemble Nous rirons , je vous le promets , Vous des contes plaisans que je sçauray vous faire ,

a. — 76 w< danf oeuf.

'«roit rcMouvcnir de vof fameui Eiploisi I féconde fois feroit trembler les Roys , sroît voir en luy ptré du Diadème

Qjie vous auriez conquis par vostre vertu même. 1 10 i^ Je paroistray de tous c6tez.

iia Dans un Aveu d'Amour, Primci, que Je vous

[fcis.

9o3 124. — Du 27. Mày 1666 (ST»LiGinr).

Moy d'avoir un Amant si digne de mè plake.

En Espame Charles Second , 120 Ou celle qui pour hiy régit sa Monarchie ,

Va repeupler l'Andalousie Et le Kojraume d'Arragon.

Lasse de voir leurs champs en fnche Et que des lieux jadis si féconds & si doux 1 2s Ne produisent plus rien à la Maison d'Autriche

Que des ronces & des cailloux , Cette Régente , Femme forte , Donne à tout Estranger qui s'y veut arrester, More , Juif ou Clunsstien , n'importe , 130 Des demeures pour habiter.

Si cé bruit n'ert p« faux . je me met, en oun^e Pour voir ceux qm se presseront D'aller ainsi bastit des Chasteaux en Espagne Et quels progrès ils y feront ; 135 Et puis je reviendray, quand j'auray pu récrire.

Vous le fedre applaudir/ ou vous en feire rire.

Pour les combats de Mer, que l'on nous vante tant , J'iray parcourir les deux Pôles , Mais )è voudray, grand Prince , en vous les racontant 140 Vous en voir hausser les épaules.

Ceux que doit quelque jour achever vostré bras Çt par qui vos vertus mériteront un Temple Vous les feront sembler de si petits combats Que Louis seul pourra vous en donner l'exemple.

145 Thurin vient de voir naistre un jeune Detoy-Dieu ; [«»

J'iray le chercher sur le lieu , m

Voir les Feux qu'en Piémont l'on fait pour sa naissance, ^^ Porter au Prince heureux dont il reçoit le jour Des marques de conjouissance , 150 Et , toute pleine encor des plaisirs de sa Cour,

Je vous en traceray le Portrait au retour .-

Enfin, pour n'estre pas tout à fait inutile A mon beau Protecteur, à mon Royal Amant , Il n'est ny Province ny Ville , 155 Point de superbe Bastiment,

1 19-134 i^ Le bruit court que Charles sbcohd , Pour ce qu'on y dira de ces dififèreni koaM*

Pour faire profiter à la Maison d'Autriche Qui vont bigirrer le pals. [^

L'Andalousie et l'Arnigon , 144 -^ Q.oe ceux de Louis seul ?oqs mh**'^

Qpe les Msures bsnnis luy Isisserent en friche, 145 '^ H est né dans Thurim un jetue Oa9*

Donne à tout Estranger qui s'y veut arrester 148 A Porter sux Couronmez.

Des demeures pour habiter. 150 ^ de leur Cour. — A ajowif emA^^

Si ce bruit n'est pas 6iux, j'iray dans ces Royaumes Avec un pinceau de bombaBce. Donner ce que je sçals du grand Fils de Louis, |

Page 1