‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 308 sur 317 · V« SEMAINE · texte numérisé non relu

V« SEMAINE

Du Jeudy. 24. Juin i666.

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Mon Pringb , voicy la Nouvdk De ce fimieux Combat Naval »

Dont la perte , aux Anguhs oruélle.

Vient de fiûre trembler Withal.

5 Mais , avant qu'entrer en matière «

Consultons de grâce entre nous Ce que nous ferons des jalons Qui veulent nous rompre en visière.

Nos Amourettes font grand bruit ;

10 Déjà la Médisance en cause jour & nuit

Et me fidt passer pour Coquette »

Et quelqu'un mesme a fait serment D*empescher que je ne caquette Avecque vous si librement.

15 Ce quelqu'un a raison , mon Piuncb ,

Et c est vrayment à faire à luy A toucher la corde qu'il pince I Que luy font nos feux auiourd'huy ?

C'est que je vous dis des Nouvelles.

ao Ne dépendoit-il pas du Roy

De commettre à deux cet employ ?

Qu'il fiisse à qui dira désormais les plus belles. Il peut fournir tout l'Univers De l'excellence de sa Prose ;

25 Pour moy , ma Patente m'impose

De ne vous en conter qu'en Vers.

Quand il dit qu'il fera casser ce Privilège , Sera-ce par un sortilège ?

L'illustre & glorieux Seguier ,

30 Le plus grand Chanceubr qu'ait jamais eu la France ,

Ne l'ayant pas scellé sans beaucoup de prudence Et l'ayant accordé sans s'en fiûre prier» A quoy que ce Rival aspire , N'est pas homme pour s'en dédire.

B C partent stmpUment IV. Semaine. i 20 ^ Ne fut il paf pennis au Roy.

5 A Mais devant qu'entrer. |

1 36. — Du 34* Juin ^^^ (SuBUGNV . ioo6

Yostre erand Nom , d'ailleurs , me donne assez d'appuy

Pour m'en fildre avoir prés de luy ;

Souffrez , Princb , que je m'en flatte.

Voila ma plainte au premier point.

D'autres Intéressez , à qui je ne plais point ,

M'accusent d'êtrê niaigre & platte ;

Ces gens là n'ont point veu mes bras.

MoNSBiONsua , ne les croyez jpas :

Je ne suis point Muse à vétille ; Rien ne ressent la Halle en tout ce que je dy , Et je me rends le sein plus ou moins rebondy

Selon les corps dont je m'habille.

Escoutez à présent si^le Combat fut grand.

Le dixiesme du mois courant ,

RniTBR détacha de sa Flotte

Promptement une Gauottb

Pour avertir les Donkbrquois Qu'estant près de se battre avecque les Anglois ,

Il leur demandoit cette grâce

Qu'en cas qu'il se vit obugé

De se ranger devant leur nace ,

II y pût estre protégé ; C'est ce que l'on m'escrit de cette ville mesme.

Le lendemain » qui fut l'onzième .

Et le jour d'un grand Vendredy

Pour les grands coups qui se donnèrent ,

Les deux Flottes se rencontrèrent

A deux heures après midy , Et le combat se fit à hauteur de la Manchk .

Qui dura jusques au Dimanche.

J'ay receu difterens avis

Touchant Tordre de la bataille

Et les voicy, vaille que vaille ; Vous jugerez lesquels doivent estre suivis. Tous donnent la Victoire aux Armes de Hollande

Et n'y balancent nullement ,

N'estant contraires seulement

Qu'en la faisant plus ou moins grande.

Quand RuTTER rencontra les Anglois sur les eaux , DuNKERQDE dit & crût (qu'ils n'avoient qu'une Escadre

De quarante puissans vaisseaux ,

Et 1 avis de Flessingue y quadre.

Celuy de Midelbourg , s'en croyant mieux instruit ,

Les monte à soixante & dix- huit*.

Quoy-qu'il en soit , c'est chose seùre

Que quarante vaisseaux Anglois,

Enfermez par les Hollandois , Alloient seuls éprouver une triste avanture ,

Estant ruinez la pluspart ,

Pour m'en faire eucer prés de luj. | 57 B C C'est ce qu'on.

i36. — Du 24. Juip 1666 'SoBUGKV).

Si tout le reste de l'Armée 85 Avec bruit & grande fiimée

N'en fut venu quérir sa part.

Elle vint comme un gros orage Menacer tout d'un prompt naufrage.

Avec ce grand bruit de canons 90 Qui n'estonna pourtant que les petits poissons.

RuiTER ne luy fit pas d'Entrée Et ne iuy fut point au devant ; Sa Flotte ouverte & séparée Fit seulement effort afin d'avoir le vent , 95 Et puis , pour reparer sa gloire

Qu'avoit paru blesser cette incivilité , Elle revint avec gayeté Pour la faire crever de boire.

Que I'Anglois bût à la Santé 100 De tous LES EsTATS de Hollande !

Jamais feste ne fut plus grande ; Chacun à qui mieux mieux choqua de son côté , En brisant le Vaisseau qui luy servoil de Verre , Et chacun y dit sa chanson , i«5 Jusqu'à ce que plusieurs du parly d'Angletekrk

Se fussent tous noyez dans leur propre boisson. Mais ce coup rofnpit la partie :

Le reste , honteux & tremblant , Voyant son party chancelant , tto En vit son ardeur rallentie.

Plus de choc pour un double : un s'en fuit à Nieu-Port, Un autre vers Ostende , un autre dans son Port . Et Dalbe-harle mesme , à la fin quittant prise , S'en retourna vers la Tamise.

IIS Ce n'est pas qu'EvERtzEN , que Tromp &que RorrKR

N'eussent bien fait tout leur possible Pour plus long-temps les arrester ; Ce trio d'hommes invincible, Tousjours en queue â ces Messieurs , 1 10 Les en somma cent fois , mesme y força plusieurs ,

Jusque-là qu'EvERTZEN , AMrRAL de Zelande , Pour avoir fait crever encor quelques Anglois ' A force de trop boire une seconde fois , Fit un coup à jamais ne rentrer en Hollande. iij C'est un coup qui vous surprendra

Et tout homme qui l'entendra. Un Amiral , prenant la fuite , Mais qui ne fuyoit pas si vite Qu'il ne vit l'horrible fracas 130 Qu'Evertsen faisoit sur ses pas

(Car, Mon Prince , ce dit l'Histoire , Trois Chefs de vaisseaux , à l'envy Ayant encor voulu s'éprouver contre luy .

99 jt Abqnc l'Anauni , mon Piimce, ilon BtU | 1*7 yf L'Aobikal Vm, preaiatla (btic.

JC Qpe I'Akoldi* bOlliSuiti!. [Santé. ifj BC ipfrmna.

■ 14 RctDunii iaiat Ii Tamih. . . |

i36/ — Du S4. Juin 1666 (Subuont). 1010

Y trouvèrent la Mer à boire),

Cet Amiral fit détacher Quatre grands bastimens de FArmée ennemie , Avec ordre à leurs'CREPS de Taller accrocher Et de le prendre tnesme à peine de k vie.

Un tel ordre anime les gens ;

Aussi forent-ils diligens

A commencer cette entreprise , Et leur Combat 7 fot d'autant plus vigoureux Que , les siens s'élcngnans toujours vers la Tamisr ,

EvERSTZEN estoit seul contre eux.

Il fit des choses incroyables ,

Il donna des coups enroyables

Pour écarter ses ennemis , Et, ne se voyant plus aucun espoir permis ,

Plustost que jamais se resouare A laisser aux Anglois un captif des Estats , Il fit à fond de cale aller tous ses soldats ,

Mit le feu luy mesme ft la poudre , Et , cherchant sa vangeance au beau milieu des Eaux . Fit sauter avec luy tous les quatre Vaisseaux.

J'ay veu dans un autre mémoire Qu'EvBRTzsN fot tué seulement dans le choc , Et (|ue ce fot un Chef appelle Sncbic Bloc Qui fit cette action qu'à peine Ton peut croire ;

Je ne m'en éloigne pas fort

Depuis qu'un avis au vingtiesme Dit encor^u'EvBRTZEN , dans son Navire mesme ,

A FussstNGUB fot porté mort.

Nïais , qui que c'ait esté , la chose est singulière , Et , pour en empescher la gloire de périr, ^ La Hollande devroit porter dans sa Bannière

Pour devise : Vaincrb ou moukir.

Revenons à toute l'Armée.

RnrrER & Tromp , l'ame enflamée , Poussèrent donc bien loin la Flotte des Anglois ,

Pour la rejoihdre une autre fois ;

Mais ils estoient saouls de la chère

Qu'on venoit déjà de leur faire.

Toujours fort indvilement

Se deffendans dû compliment

Que leur faisoit cette poursuitte ,

Us s'excusèrent par la foitte

De ne pouvoir plus en taster.

Enfin sur eux Tromp ny Rutter

N'eussent pas plus fidt aue le moindre Si le Prince Robert avec vingt-iiuit Vaisseaux ,

Pour commencer sur frais nouveaux , Le Dimanche au matin , ne les fot venu joindre.

Ce Prince Robert, Monseigneur ,

Est , dit-on , un Robert-le-Diable ,

Qui , quand il veut faire mal-heur,

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1 36. — Do 24. Juin 1666 (Sobuont).

Exdte un détordre effiroyable.

Il dit d'abord aux Hoixando»

Qu-'il ne leur atoit jpas envcyé les Anolo»

Pour les traiter de cette sorte ;

Cest surquoir la guerre fut forte.

Des deux oostes 00 diq>uta ,

Et de DuNKswHnt l'on me mande

Que d'abord l'AiiaLOiB l'emporta

Contre la FLom de Hollandb,

Purce qju'il eut pour ses raisons

Le Droit porté par ses canons ;

Que TaoKP changea de huit Navires

L'un après l'autre démastez , Et qu'un ou deux des siens étoient mesme sautes

De leur gré , de peur d'estre pires ,

Si pourtant pire on peut trouver

Que de se fiure ainsi crever.

Mais , malgré toute la querelle .

La Hollande eut enfin la victoire pour elle.

Jusoues au Luionr , jour âital ,

On laissa tonner I'Ajiglbtvrrb , Qui ne fit en efifet qu'imiter le tonnerre Qui fait assez souvent plus de peur que de mal ;

Mats , le soir de cette journée ,

La di^ute fot terminée.

Ceux qui survinrent les derniers Furent contramts de boire ainsi que les premiers ;

Quatre mille Anglois se rendirent ,

Trente-six Vaisseaux se perdirent ,

Entre lesquels un de grand pris ,

Dit le Pavillon blanc , fut pris..

George Aiscu , qui montoit cette mouvante Roche,

Dont quatre-vingt douze Canons

Qui portoient l'effroy dans leurs Noms

Sembloient bien deftendre l'approche , Luy mesme y fut défait avec ses Ofifiaers ,

Et mis entre les prisonniers.

Il est maintenant en Hollande ,

Avec onze vaisseaux Anglois Que sur l'Escadre bleue eurent les Hollandois

Par leur Escadre de Zelanoe , Et le Vice-Amiral de ces Vaisseaux mourut Dans le Port de la Haye aussi-tost qu'il y fut.

En cette deffaite importante ,

Les Vaisseaux, tant pris que brûlez

Que ceux qui sont à fonds coulez ,

Sont presque au nombre de cinquante , Et , sans un grand brouillard qui s'éleva la nuit ,

Tout le reste eut esté détruit.

Le quinziesme , on vit à Flessingue

186 A Sçait dire un de«ordre effroyable. 194 j1 DeMus U Flotti de Hollande.

21 j A Gboroi Awcut.

325 A eut encore l'HoLLAifDOis. — 296 A Escadre. — 333 A brouillas.

i36. — Du 24. Juin 1666 (Suujony). 1014

La Flottb de Holl4nob en Triomi^e arriver,

Où vous ne doutez pas qu'on n'ajt &it tope & tingue

En mémoire de ceux qu on avoit fiût crever.

Ils avoient raison de bien boire

Après une telle victoire.

Pour Jeudt prochain j'apprendray

Quelque chose encor de plus vray

Et de particulier sans doute

De cette fameuse déroute , Et peu de gens ont sceu tout ce que f en diray.

Les Anolois ont-eu , ce dit-on •

La capricieuse fortune Dans TIlb Sautt Christophlb encor plus importune.

L'IsLB est £Edte d'une façon , Et ses Provinces sont si plaisamment mêlées ,

Que l'on croit voir un Escusson

Portant armes écartelées :

Au premier & dernier François ,

Au second & troisième Anolois.

Ces derniers , pensans nous surprendre ,

Eprouvèrent à leurs dépens

Ce que l'on a dit de tout temps :

Que souvent est pris qui veut prendre ; Car, voulans en chasser nos cens ces jours passez , Eux-mesmes , dit l'histoire , ds en furent chassez.

Je pourrois encore vous âdre

Cent autres redts difFerens ,

Car, charmant DAUPmN , j'en apprens

De cent sortes chaque orcunaire ,

Mais aujotud'huy que les Combats

Font tout l'entretien de la Terre , Que , jusqu'à mon Rival , tout en veut icy bas ,

Ne parlons aussi que de guerre.

Dans huit jours il me siéra mieux

De vous dire d'autres Nouvelles ;

J'en auray, je croys , des plus belles , Dont le redt sera galant & curieux ,

Car je voy que tout se prépare

A quelque cnose d'assez rare.

Cependant jettez-moy quelque regard bien doux ,

Et songez ^ue l'amour m'ordonne ,

Si je ne pms vivre pour vous ,

De n'estre jamais à personne.

, Ckê^ AUxûndrê Uuêlm , am eoim ié U rmê Pëwpkimê , if«mf U Pwi^mmf. Ave FrMUgê

» Se tingue.

s ciftq vers sont supprimés dans B C.

Les Amolois ont eu la fortune.

Le siptÊÊmrt de Fâuimtr et tûértsu iM Uhrairê 9$ se irowveMt qwê dms A. — BC piseeni ici U dëU.

CA La Musc dk Cour 1666 (voj. ïtvfi 124 , ool. 909) pp. J4-40. B La Mute Daupbine 1667 — - 37-45'

C La Muse Dauphine 166S — 37*45*)

toiS

LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MÀDÂl^E LA DUCHESSE DE NEM

I Pm U ORàVBTTB m AIAYOLAS. ]

Chi 17. Juin 1666.

Toute choze promize est due.

La Nouvelle est îoxt ateodue i Pmncbssb , la dernière fois • ' Dans mes Vers je la prométois

5 Plus au long, selonile mémoire Qui repréasente la victcûre Que vient d'emporter de Rmm Foudroyant comme un Jupiter, Avec la Troupe Holandoiae ,

10 Dessus la Nation Angloise , Qui se bâtirent rudraient Trois jours sur llraâiide âémtot ; Quatre ou cinq Lettres difSérantes , Qui de tous côtes sont errantes ,

15 La décrivent diférament Et concluent également.

U faut donc tenir ma parole Que jamais mon cœur ne viole • Mais , avant que de la tenir

20 Et de vous en entretenir,

Pendant que l'on les reconfronte , Qu'on met tout justement en conte Pour bien sçavoir la vérité , J'étale une autre nouveauté.

25 En quel temps est ce que nous

[sommes?

Les Femmes imitent les Hommes , Et le beau Sexe Féminin Veut égaler le Masculin.

La Reinb • charmante Amazone ,

30 Très digne du Sceptre & du Trône Pour son esprit , pour sa beauté , Pour sa vertu , pour sa bonté , Pour sa grâce & pour son adresse, Pour son courage & sa sagesse,

15 Témoignant à Sa Majesté Qu'elle avoit curioKité

De voir une Armée en bâtai PamrjT les feux & la grenaill Des lignes , des retranchemi

40 Des édielles, des ferreinens Et tout l'apareil d'un çand On va quiter fiiuteaU jt si^ Et les Palais plus beaux & % Pour se métré au milieu des <

45 On va préparer mille tantes Pour Oindes, Neveux, Nièces Pour les Dames & les Seign Tant combatans que spectal

Y compris les belles Princes 50 Les Altesses & les Duchesse

Et tout le reste de la Cour Qui brille bien plus que le j< Elles contiendront sales, ch Cabinets , recoins , antichan

55 Et serviront de paravans Aussi-bien que de ccmtrevaa De pare-sol , de pare-pluye.

Et , de crainte qu'on ne s'en Ou pour leur embellissemen

60 On y métra maint agrément Les unes comme ébéne noin Et d'autres blanches comme Vertes , bleues , rouges , ou Récréeront l'œil , ce dit-on ;

65 La porcelaine & la dorure , Les cabinets & la peinture .

Sans oublier & fruits & fleur

Y marqueront mille couleur Dans un pré , bois , ou chai

70 Prés d'une rivière , ou fontsi Galamment on les placera, Puis un chacun s'y campera.

MoRET sera l'illustre Place Que dudit siège l'on menace ,

liy. — Du 2y. Juin 1666 (Mayolas).

75 Où l'on doit élever un Fort Et remplir de quelque renfort Qu*à coups de nuit canons de fonte, Qu'on prépare, qu'on porte & mon- Rigoureuzement on batra , [te ,

80 Et qu'enfin on ébréchera De manière & de telle sorte Que la belliqueuze Cohorte Tentera bien-tôt un assaut Et le prendra du premier saut.

85 Mais les Belles auront la gloire De cette galante victoire , Puis-que les Guerriers glorieux, Animés des traits de leurs yeux Comme de ceux de leur courage ,

90 A leur vue auront l'avantage.

Ce combat sera moins sanglant Que divertissant & galant ; Les blessures ny le carnage N'ofriront point d'hideux image

95 Et pas de batement de cœur ; On verra le François vainqueur, Qui seul est vainqueur de luy-même.

Sous le grand Louis quatonûéme.

Ayant ou^ les deux Partis ,

00 En pdelle Ecrivain je dis Que ce fut justement le onze Qu'on tira maint canon de bronze.

D'Albemarle , Chef des An^lois , Et de Ruiter, des Holandois ,

»5 Avec leurs Flotes se trouvèrent , Et terriblement se frotérent.

' L'Amiral du Pavillon Blanc A l'Anglois fut brûlé tout-franc , Et celuy d'Oton , Capitaine

1 o Holandois , ftit en mesme peine ;

Tous deux avec perte & fracas De voiles , Gens , cordes & mâts.

Le douzième , cette querelle Recommença tout de plus belle.

i 5Tromp assez avant se mêlant, Swber, Capitaine vaillant , Suivant de prés l'Amiral George Et le tenant presque à la gorge , Non sans rezistance , le prit :

K«Avec ses Gens il se rendit.

"* Elsevier, d'une humeur fort gaye ,

»> Vient de les conduire à La Haye , Non pas dans son même Vabseau , Le plus illustre , grand & beau ,

87 le guerrier. — 88 Animé. — 95 Et nul.

125 Que l'on nommoit le Royal Charle, Dont merveilleuzement on parle (Et , pour en parler bien à fonds , Il portoit prés de cent canons ] ; Ne pouvant pas bien le conduire ,

130 En poudre on le voulut réduire • Mais le Holandois , en ce choc, Pour cette prize , ou pour un troc , Au grand regret de la Holande , Perdit l'Amiral de Zélande ,

135 Qui , se bâtant fort vaillamment , Fut tué glorieuzement.

Non contens de cela , le treize , Jusques à la veille du seize , Le secours du Prince Robert

140 Ausdits An{|lois étant ofert , D'environ vingt-H&-<inq Navires Qu'on ne croit point être des pires , R'animant leurs vives ardeurs Et réjouissant bien leurs cœurs ,

145 Tout de nouveau la baterie Se fit avec l'artillerie ; Mais de Ruiter, Grand-Amiral • Prudent Lieutenant général Qui tout observe & tout regarde ,

150 Donnant dessus l' Arriére-garde , Les écarta , les diviza , Les combattit , les repoussa , Et , ne cessant (>oint de se batre , Prit de leurs Vaisseaux plus de qua-

[tre,

155 Et, pour leur dommage & leur oam, Entr'eux est le Bulch d'Amsterdam, Le tout montant à prés de douze (Dont l'Angleterre est bien jalouze), A grand nombre de prizonniers

160 Qu'ont fait encore ces derniers.

Lecteur qui sçais toute l'Histoire , Dis-moi qui ^igne la victoire ?

Enfin , les Factotons d'Alger Qui ne sont pas sots sur la Mer ,

165 Les Pyrates & les Corsaires , Dont les suports sont nécessaires A tous Marchands & Trafiquans De perles & de diamans ; Ces Seigneurs donc qu'Alger retire

170 Ont fait parler à nôtre Sire Tant de fois si civilement De Paix & d'Acommodement Que , pour l'utilité publique , Nôtre MoiuRQQs bâ^o^ue

175 .Consent ^ ^^ susdite Paix , .'Dont ils sont beaucoup satisfaits.

De quelque côté que )e tourne, D'Alger, ou Hôlande, ou Liboume, Je n'entens que coups de canon ;

i8o Mais ce raisonnement est bon , Puis qu'en cette Place l'on tire Pour publier, chanter & dire La joye & le contentement Du susdit Acommodement.

185 Par-tout on nous ouyre un passage : Voguons donc sans craindreTorage.

L'Abbé de Coâlin , le Premier De nôtre Grand Prince Aumônier, Dont les vertus , esprit , naissance 190 Le font considérer en France , Ce nouveau Prélat d'Orléans , Des plus sages , des plus sçavans , Qu'un jour nous verrons Archéves- Dimanche , fut sacré Evesque [que , 195 Dans l'Eglize de Saint Victor, Où la vertu luit comme l'or, Et de oui l'Abbaye insigne Est de l'Abbé tout-à-fait digne.

[Hardooin L'éclatant Prélat de Paris , péréûxe] ^^^ ^" admire le haut prix , Y fit le Sacre magnifique De cet Homme scientifique , Et ceux de Chartres & de Meaux , nwaddê ^^"^ ^^^ talens sont bons & beaux . Neâvaiê A cette Action se trouvèrent viiteroy,et Et , comme Assistans , assistèrent. Domhii™ Les célèbres Religieux ,

^ D un ton dévot , d un cœur joyeux ,

Aidoient à la Cérémonie , 210 Faite en très-belle Compagnie, Car plus de vingt-& sept Prélats Qui du nouveau font tous grand cas, Cordons-Bleus, Ducs & Pairs de

[France , Maréchaux de haute importance 215 Et d'autres Gens de qualité Virent cette Solennité.

Après cet Acte remarquable , Il conduizit d'un air aimable Tous ses Amis & ses Parens , 220 Fort zélez & fort aparens , Auprès de trois Tables dressées Et pour dîner illec pozées , Que l'on servit diligemment , Proprement & splendidement .

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