‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 307 sur 317 · Ça iitc Virs OÊmiiwppê imii dâm BC · texte numérisé non relu

Ça iitc Virs OÊmiiwppê imii dâm BC

^%yii^ A Q)M detii etTrmblet F FaMcherent tout les bleds dans une b«Ut IbiH. L'Article ett un peu fort pour le licde où non» . „

{tooHnet. J sigiêétart d^ fmOtMr et t^drefte dm làfé 1 4rmtvemtfmedm»A,'-^BCpiëumiiàU

(A La Mute de Cour 1666 (voy. le n® 124 , col. 909), pp. a5-is- B U Muae J)aaphine 1667 — aS-|^

C U Muée Dauphiac 1668 — aS^^)

LETTRE EN VERS k SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS

[ Pas LA GRAVETTE 1» MAYOLAS. ]

Du so. Juin 1666.

Madajie . Cela me surprand Et mon êtonnement est grand Que quelques Gens en Angleterre Chérissent tellement la guerre

5 Que , sans observer foy ny lojr .

Ils en veulent mesme à leur Roy.

On en enchaîne , on en querelle , On en plaide , on en écartelle ; Mais les plus rudes chfttimens

10 Sont dûs aux mauvais sentimens.

L'entreprize étant découverte , On a l'œil & l'esprit alerte , Et l'on tâche fort prudemment D'éviter cet événement ,

15 Car auctm étranger ne parie Depuis ce temps au Royal Crarlb Que les Gardes à chaque pas Ne tiennent sûrement ses bras.

Les Princes vertueux & sages ,

10 Des Dieux sont les vives images ; Les Sujets les doivent aimer.

Mais il faut autrement rimer.

Toutes nos Frontières sont plaines De Soldats flt de Capitaines ,

15 Et l'on garde si Uen nos Ports Que tous les ennemis transports , Avec leur flote & leur courage , N'aprocheront pas le rivage.

Vaisseaux , Frégates & brûlots ,

fÊ Ingénieurs & Matelots , [Prince , Bref tous les François , pour leur Veillent sur chacune Pixxvince.

Pendant que je jouois au Hoc , Db VahAkb do raiT-BOC , Qu'avec plaizir icy je nomme ,

Etant trés-brave Gentilhomme , M'adressa jusques dans ces lieux Un écrit , daté de Bayeux , Qui me fisît sçavoir par son stile

40 Que l'Evesque d'iceUe Ville , Dont les talans sont bons & beaux , Avoit bény deux grands Drapeaux , Avec altesse , avec aelle »

Dans son Eglize solennelle.

45 Monsieur le Comte de La. Maux , Qui vaut sans mentir plus d'un mark D*or, d'arsent & de pierrerie , Au bruit de quelque artillerie »

Les luy présenta gayement

50 Et fort reUeieuzement.

Monsieur CHàunuMb , Pemonnage , Intendant trés-habilIe & sage Et remply d'érudition , Fut témoin de cette action ,

55 Ainsi iqu'une bonne parde De mainte & mainte Compagnie Dû Régiment dont ce Mortel Est justement le Colonel , Qui porte nom de Picardie ,

60 Et , -séjournant en Normandie , S'y rendit , dedans ou dehors , Avec les autres divers Corps.

La Reine-Mére d'Angleterre .

Beaucoup aymée en ndtre Terre ,

65 Revenant des bains Bourbonaois , De boire à longs traits plusieurs fois De la salubre eau de fontaine Qui rend sa Personne plus saine , A fait avec plaizir un tour

70 Où maintenant est ndtre Cour.

Leurs Majbstbz bien l'acueillirent ,

66 àroQtfiits.

[Pnaçolfdi NefOMmd]

99i 134. — Du ao.

Avec all^resse la went Et régalèrent en ces lieux Par un dîner délicieux.

75 MoNsiBUR & Madame , sans doute Qui se trouvèrent sur sa route Animez d'un tendre soucy »

De la partie fltoient aussy « .

Rempfis de la réjouissance

SoQue leur inspire sa présence.

Juin 1666 (Mayolas).

Car tous-deux n'ont point de Qui ne soient beaucoup apar

. Quand les vertus » atraits. na:

Et la richesse & l'abondance

125 Ensemtde se font admirer.

On n'a plus rien à dèzirer Que des Fruits de cet Hymoi Avant le terme d'une année.

Le fameux Prélat de Pftrif , [HavdoQiii jVr^evesque des plus chéris piiMm] Et non moins vigilant qu'habile , Lundj, partit :de cette ville, . - 85 Suivant ses louables desseins^, Pour voir tQ}f» ses JDiocéiains , Dequoy son vaste Diocèse

Paroltsatisfiutift bknaiseï -.

A Garges mesme il a passé ft

90 Qu'il a.trçu^ bien. disposé;,. • Où la Rojïvdip Blanchine. ' . .

S'établit pour la lingerie , Et ce Pasteur fort estimé

: Audit endroit a.ConiBnné .

95 Un tr^gi;!^ nombre daj'e(|nésse , Tant Bourffeoisie que Nohlessa, Ainsi que dans les autres Ueui^ , Où l'on siestime glorieux D'avoir receu de sa main même

100 De nos Sacremens le deuxième.

Jeudy, le Marauis de Grignant.

Généreux , bien-tait & brillant .

Dont le courage est magpaoime Et que toute la Cour estime ,

105 Epousa en iceluy jour Mademoiselle Par-DU-Foum, Illustre • .aimable , jeune & belle , Digne de cet Epoux fidelle Autant que ce ndelle Epoux

110 L'est de cet Objet fier & doux.

Pour bien exprmier cette Feste , Il sufit de mètre à £a teste Que de BiuivRB , Président Magnifique » doae & prudent ,

115 Est Oncle de la Mariée , Parfaitement apariée , Et que son esprit libéral Fit le R^e Nuptial.

L'assemblée étoit merveilleuse ,

120 Aussi nombreuse que pompeuse ,

Je viens de scavoir à Tinsti

ijoD'un Etran^ fort éclatant Que le Résident de Mantoue Qu'on prise, qu'on ûme & D'esprit, de prudence garx^^ Et que Ton nomme Baihiaiii;

135 Receut sa première Audiaoce Du puissant Monarque de Fk Par Monsieur de Bcôoniii. coi Et pareiltemeut introduit , Qm fut civilement le prandre

140 Dans un Char de nûtre Ald Le Baron de Lérodb aussf»

Que l'on estime bn îcj Et qu'on amirillit avec joje^ Que le Duc de Nkwpoobo ea

i45Eut,. ces jours passes, Vtaat De nôtre Pmhce TrèsrChrêtic Le Sieur de Msiirs, prenant li Envoyé du Prince de Saxe, Pourvu de mainte qualité ,

150 Du RoY fiit très-tàen écouté.

Le Cardinal Chixi s'apresic Pour être bien-tôt de la reste Etant Légat à latbrb , Avec son Train bien préparé.

155 II doit aller sans tarder guère Avec Carosses & Galères, De la part de &▲ SAorrEii, Faire quelque civilité A la digne Ëpouse d'IoHâO,

160 Qui vers Final poursuit satn

Ce que je trouve de plsisaid Qui me semble divertissant, Est de voir par Lettres certDS Que la République de Gènes 165 A nommé huit Ambasssdoui Pour aller rendre des hooneof A la nouvelle Impératrice,

i34. — Du ao. Juin 1666 (Mayolas).

3US refuzans cet Ofice ; sçay pour quelle raizon ne asse; belle saizon] , ^nateurs les deaumdérent ; §nat ils se transportèrent aalgré leur fier mouvement, rent à leur sentiment tes au numéro septième , qu'il est sûr que le huitième , int pas accepté son tour , rizonnier dans une Tour.

Duc de Chaume & la Duchesse, 1 complimente & qu'on caresse, it receus dans Avignon ruit de maint coup de canon.

ce-Légat de la Place xt prendre de bonne grâce son carosse grand & beau iêcente du Bateau ; dais il fut les conduire , »us les Corps luy vindrent dire êtoit le tr^bien venu m renom êtoit conu.

Légat . plain de mérite , i tour luy rendit vizite ns son nche Apartement traitez splendidement.

quinzième , nôtre Monarque , >ar dessus-tous on remarque ,

à cheval , secondé lillant Prince de Condé lutres Seigneurs d'importance, ont toujours belle dêpance , Reine avec le Daufin s pris le mesme chemin , un grand nombre de Dames harment les yeux & les âmes ; 3Y, de qui la majesté

la dextérité , ire à sa noble Milice rablement Exercice , ée en maints Escadrons s , vaillans , complets & bons, tardes du Corps, les Gens d'ar-

• [mes, Mousquetaires , tous en armes , i Daufins pareillement , iirent gaillardement , s ces trois Chefs à la Tête ,

Le Dao de Noefflee, le caievtUer de Hauteleuille, )e Ifaïquii de Roolietort

Dont sans cesse l'ardeur est prête

A faire voir à nôtre Roy

Leur zélé aussi-bien que leur foy.

[nés.

Dieux I quelles rumeurs importu-

220 Quel bruit on entend vers les Dunes! Quels terribles coups de canons Font choir tant de bons Compagnons Sur le grand Téatre de l'Onde , Qui font firémir air» terre & monde !

225 Ne seroit-<e pas que Rutter , Avec Tromp , Heversen , sur mef Mènent la Flote de Holande , Celle d'Ost-Frize & de Zélande ?

Ouy vray'ment , & les Holandois

230 Sont aux prizes avec l'Anglois.

Comme on dit , qui bien cherche

[trouve.

Là , chacun sa valeur éprouve , Et , soit de hardiesse ou de peur.

Pour sauver la vie ou l'honneur,

235 I^s commencent leurs saluades Par diférentes canonnades.

Le Prince Robert le premier.

Etant le Chef de ce dernier, Avéque le Duc d'ALBUQUERQUE ,

240 Qui de loin regarde Dunquerque , Tftchoient de rézister aux feux De ces Agresseurs vigoureux.

Parmy ces horibles tempestes , On casse quantité de testes ,

245 On voit aussi tomber à bas Des épaules , jambes & bras ; Us metent en feu maint Navire :

L'un acroche , l'autre luy tire , Celui-cy sent brûler sa peau ,

250 Celuy-là s'abîme dans 1 eau , ^ Et , sans avoir soif, on va boire L'Onde salée , rouge , ou noire.

Divers mâts y sont renversez.

Les voiles y sont tous percez ,

235 Et les Navires plus vizioles

Sont trouez ainsi que des cribles.

Pendant un jour, ou plutôt deux .

Le succez paroissoit coûteux Dans ce combat opiniâtre

260 Où l'on se batoit comme plâtre ; Mais enfin , après quelque-temps , Les Holandois , bons combatans , Ont , dit-on , emporté la gloire D'une si fameuze victoire

265 Et pris douze de leurs Vaisseaux ,

995 134. — Du ao. Juin 1666 ;Matolas).

Sans perdre un seul de leurs bateaux.

Dans peu je vous diray le reste Des articles que l'on conteste.

Princesse , la dernière fois 270 Que je fus dans ce prézent mois En vôtre superbe demeure »

On m'assura que tout-à-l'heure

Vous alliez vous fiûre saiga

Cela m'ayant dû chagriner,

275 De grand courage je souhai

Que vôtre santé soit parfût

EcRrr AVEC sntoburi »

La veiixb de la TedoiI.

A Parts» Che^ Ck, Chtnault . imp. à Uh,, Aux Armes du Roy, rue d* Us HmcktOt.

(Biblioth. de l'Arsenal . B. L. 1 1800. — BiblioCh. d« M. te — Ce dernier exemplaire porte la date du 23 juin , mais l'adrcaae ém Ubn été changée.^

LETTRE EN VERS A MADAME

[Par Charles ROBINET.]

Du 20. Juin 1666.

Voici le temps de la Dépesche La plus importante pour moy :

Clion , ne tais point la revescne • Tu sçais bien à qui je la doi.

3 Tu sçais que c'est à cette Altesse

Qui passe Minerve en Sagesse Tout ainsi qu'en Appas Elle éface Cypris , A Madame , en un mot , car, en disant Madame , Ce penser se glisse dans l'Ame 10 Que c'est le bel Ecueil des Cœurs & des Espris.

Mais j'ay tort , excuse mon zélé ; Revesche on ne te void jamais Lors que je t'invoque pour Elle , Et tu devances mes souhais.

15 Adorant ses divins Mérites ,

Toy même tu me sollicites Et me piques d'honneur en mon illustre Employ ; Et dedans cet instant je sens déjà ma Veine De Vers gazetiers toute pleine » 20 Et qui vont caqueter d'un fort ocl air , je croy.

i35. •»• Du 20. Juin 1666 (Robinet).

Sans chercher une Rime en erque Pour l'ajuster avec Dtjnkerque , Car j'y perdrois Latin & Grec , Je diraj qu'on écrit d'illèc [terre ,

95 Qu'un piussant Vaisseau d'ANGus- S'étant malgré-iui fort belle erre Au Port d'Ostende retiré , A le Gouverneur asseuré Qu'il avoit laissé les deux Flotes

30 Se portans de furieuses Botes , Dont témoins étoyent plusieurs trous Qu'il montroit de plusieurs grands

[coups Receus par mauvaise prébande De l'un des Vaisseaux de Holande.

55 Cela veut dire en bon françois Que I'Anglois & le Holandois Se sont rossez de belle sorte , Mais attendons que Ton rapporte Par ordre cet Evénement

40 Pour en parler plus congrument.

Je pense qu'aussi l'on se cogne En quelque endroit dans la Pologne, Ou qu'en bref on s'y cognera , Ou bien-tôt la Paix se fera.

45 Mais , cependant • on fortifie Les environs de Varsovie Pour y loger en seureté Cette charmante Majesté , Ce noble Modèle des Reynes •

50 Qui partage si bien les peines Du Roy Cazimir son Epous Et rend tous les Travaux si dous Que sans chagrin il les essuyé , Quoi qu'enfin de tout on s'ennuye.

$5 Les belliqueux Vénhiens Aux maussades Anti-Chrêtiens Donnent , ce dit-on , en Candie , Avec leur Milice hardie , De l'exercice comme il faut.

5o Le cœur à ces Turcs presaue faut

; A veiller nuit & jour leur Ville Que Monsieur le preux Marquis Vil- Çourtise & mire incessamment, [le Ainsi qu'on le juge aisément ,

S>s Non pas sans doute pour des prunes, Mais pour, malgré ses Demi-Lunes, Ses Contescarpes , ses Rempars Et ses hideux & laids Soudars ,

S'en rendre, s'il se jpeut, le Maître ; 70 Tel , je croy, son dessein peut être.

Depuis qu'un habile Courier , Volant dessus son Destrier, A r'apporté de bonne grâce A l'amoureux beau Sire Ignace

75 Que l'Objet de son amitié , L'Infante , sa digne Moitié , De Vienne a pris la droite route , Cessant d'être plus à l'écoute , Il se divertit de son mieux ,

80 Afin de parétre à ses Yeux Avec l'enjouement nécessaire Pour la charmer & pour luy plaire.

Mais , parmi ces Ebats divers De Chasse , de Bals , de Concers ,

85 II fait force Courses de Testes Et comble, bref, ces belles Pestes Par celles de la Ba^e aussi , Qu'il enfile bien Dieu merci.

Chigi , cette illustre Eminencb 90 Qui parut tant n'aguére en France,

Et de qui j'eus pour quelques Vers

Une Médale à deux Envers ,

D'or massif & de lui bénie ,

Ainsi de valeur infinie , 95 Fait faire un aussi riche Char

Que pour la pompe d'un Cézar,

Et mêmement une Livrée

A toute autre en vain comparée ,

Efaçant tout par son éclat , 100 Pour aller en digne Légat , * i^*«w

D'une manière piafante ,

Au devant de la belle Infante.

Le Gouverneur du Milanez Se met aussi vraiment en frais

105 Et fait une noble Dépense , Voulant avec magnificence L'aUer accueillir à Final , Si qu'on ne verra rien d'égal Aux Honneurs que, suivant les régies,

110 A la Souveraine dts Aigles Chacun veut rendre tour à tour Jusqu'en I'Impérial SÉJour.

La Reyne Mère d'ANGLETERRR ,

Don Lools

daLaoQ

i35. — Du ao, Juin 1666 (Robinkt).

Digne de vivre sur la Terre

1 15 Et quelque jour dedans les Cieox , Vendkbdy, revint en ces Lieux (C'est comme qui diroit Lundis] , - Et l'en eus beaucoup d'ahdgresse.

Le lendemain , sa Majesté ,

120 Pour si^aler sa pieté

Qui toujours est tres-ezemplairo > Suivant la Seine belle & claire »

Fut , aux Fan&res des Clairons Dont résonnoyent les environs ,

125 S'enfermer avec des Vestales AGhauot Qu'étaUit Saint François de Sales , Et j'ay sceu qu'en iceiui Lieu Où Ton sert sans fin le bon Dieu »

D'une méthode bien dévote .

I jo Elle ouit , à la PBNTBcdiB , LaP^ Un illustre Augustin Diîçhaus rangoiB jyig^^ ^^^ doute d'uu t)eau los •

De Tair que cet Ànacorette De rEvANGOB est l'Interprète.

1 35 Nôtre auguste flt brillante Cour Célébra le même Bon-^our »

Ainsi ou'elle avoit foit la Veille (Car elle est pieuse à merveille] , Tout-à-fEut aussi d'un bel air»

140 Dans son délicieux D&ert, Et Mascaron , de I'Oratoirb , Qui sçait si bien l'Art Oratoire , Par son Discours y répandit , Au rapport de qui Tentendit

145 Et qui la chose me proteste , Encore la Mane céleste.

Je viens d'apprendre d' Avignon Que de Chaune's , Duc de renom , Et la Duchesse son Epouse ,

150 Qui des vertus a plus de douze , Y furent avec grand éclat Receus par le Vice-Légat , Du mois courant le septième .

Et , de plus , traitez par luy-mime

155 Au Souper & disner suivant (J'en pms parler comme sçavant} , Avec une Chère opulente Autant que polie & galante.

L'avis vient d'arriver aussi 160 Qu'enfin les Flotes , sans merci

S'étans au Combat acharnées 9 En ont fait trois Grandea Joaac Et que le Sort, qui l'autre fois Fut si contraire aux Holanuqp 165 Etant 4'une humeur jourdalién Leur a donné Victoire eati^" Maik après tant de sérieux Narrons un Conte curieux.

Une assez aimable DônzbuuI:

170 Et non moins habile fi»melle Pour attraper les plus Mattxûs, Etant , depuis deux ou trcâs av Comme Personne d'importanoé Logée en Hôtel d'apparance

175 Et dans un Quartier Dira connf Encoure que sans revenu , Par ses soins & par son adresse

,^^aisoît à Paris la Princesse.

On vojroit un Train assorti :

180 L'Ordinaire , Bouilli . Rôti .

Puis elle se disoit en somme , Niécp d'un riche Gendl-homme Demeurant au Pays du Mans , Dont les ChapNons talent Pbaiss

185 Qui , ce contoit la bonne Beste En secouant un peu la teste , La traitoit comme un pauvre cb Et , pour s'emparer de son bien Par une lojr trop rigoureuse

190 La destinoit Religieuse , .

Ce qui lui causoit le désir D'un contraire Parti choisir.

Or, un certain Marquis d'élite , Leurré du bruit de son mérite .

195 Lui fut offrir avec ardeur Ses moyens , son bras & son coe Protestant en celte occurance De lui prester toute assistance , Et même il lui fit proposer

aoo Qu'il vouloit tout franc l'épouse La Finette qui veid sa Duppe Pliant jarret , Tronçant k juppe , Témoigna , d'un geste affecté , Une modeste gravité ,

ao5 Et , bref, par une adresse insign Se dist de tel honneur indigne ; »Mais ce chaud & bouillant Amac Ravi de son consentement , Fit tant que par sa diligence

aioU consomma cette Alliance.

Quelques jours après les ébats

lOOl

i35. — Du 20. Juin 1666 (Robinet).

Des premiers amoureux Combats , U fit trouver bon à sa femme Qu'on appelloit alors Madame ,

15 Sans cesser de se divertir.

D'envoyer son Onde avertir Du Lien de leur Hyménée , Dont il se promettoit Lignée.

Il charge donc un Confident ,

:soOu peut-être son Intendant, De s'acquiter dudit Message , Mais on lui fit mauvais visage.

Aussi-tôt Qu'on l'ouit parler De ce qui l'avoit fait aller,

135 Tout en extase parut l'Onde , Plus agité lors que d'un Fronde , Plus ébaubi que d'un Exploit , Et plus muet qu'un Sourd qui boit, Ne pouvant pas croire d'amblée

tjoQue sa Nièce fut mariée, Car il avoit Nièce en effet , Objet fort jeune & fort; bien fait.

On veid aussi d'étrange guise La belle Pucelle surprise.

135 Las ! jamais la main de Cadmus Ne fit des Soldats plus camus Lors que, tous frais sortis de Terre, U fallut aller à la guerre.

Mais , à la fin , sentant son cœur

140 Franc de vitupère & d'erreur.

Elle relança 1 imposture Dans une si fière posture Qu'on en veid de bien étonnez , Et non sans un grand pied de nez ,

145 Sur tous , l'Envoyé , fort en peine D'une si burlesque fredaine.

Au dernier point embarrassé , Après avoir craché , toussé , Mouché , trépigné , tapé terre ,

150 Fait quatre ou cinq tours àgrand'erre, Avec un grand signe de uroix , Et soupiré deux ou trois fois , U leur raconta la manière

De la Fredaine toute entière

255 Et leur montra plusieurs papiers (Dont les uns étoyent par Cahiers] , Qui faisoyent voir le Mariage Assis sur un bel Héritage.

L'Onde en même temps reconnut

260 (Dont en syncope presôue il cbeut , Voyant des frasques si hardies] Que ces papiers étoyent Copies D'Originaux qu'il possédoit Et qu en ces (Joffres il gardoit.

265 Alors, sans faire plus d excuse , U découvrit toute la ruse :

< Il faut , » dit-il , € que ce tour soit » D'une Fille qui nous ^ervoit , » Qui tranchoit de la Précieuse

270 » Pour quelque mine avantageuse » Qu'elle s'imaginoit avoir, » Et qui , manquant à son devoir, » Pour vous achever son Eloge , » Fit un matin Jac<}ues-Déloge ,

275 » Sans dire bon Soir ni bon Jour ; » Oui, c'est d'EUe que vient ce tour.

» Monsieur , nous sommes , je vous

[jure , » Tres-fâchez de cette Avanture , » Mais , comme nous n'y pouvons

[rien,

280 » Adieu , Monsieur , portez-vous

[bien. »

Jugez , Lecteurs , de la surprise Que put avoir de sa lourdise Ledit Sei^eur Marquis duppé'.

Alors qu'il se sceut attrapé.

285 Divin Aimant de nôtre Muse , Grande Princesse a qui j'écris , Dieu veuille que le Marquis-Buse , Autrement Marquis de saint Pris , Avegque plaisir vous amuse

290 Et chez vous sxcrrE les Ris.

Le dix-neuf de Juin , en flairant une Rose , Cette Lettre par moy fut close.

j4 Pmris , Cke^ F. Muguet , ruê de U Harpe , umt trois Rois, Avec Privilège du Roy.

(Bibliotb. Mt., Lc2, 22. Rét. ^ Biblioth. Maxarine, 296. A^. ^ Biblioth. de rArsenal , B. L. 11802)

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