Du 25. May i665 (Robinet
335 Avecque plusieurs milliers d*Hom-
[mes, Ycomprisquelques Gentils-hommes, Tous bien munis, tous bien armez, Et pour luy des plus animez , A ciessein , selon son envie ,
340 De s'asseoir devant Cracovie (Ce qu'on appelle assiéger). Davantage , pour rengreger Les infortunes du Sarmathe Qu'une si longue guerre matte
245 Et met tantost presque à l'envers.
Deux Ennemis assez pervers , Le Moscovite & le Cosaque , Qui tournent si souvent casaque , Veulent, voyans qu'ils ont beau jeu,
350 Attiser encor ce grand feu.
Mais Louis , à si juste Titre De toute l'Europe l'Arbitre , Essaye aussi de mettre là Amiablement les hola.
De Béziers le Prélat Illustre , *««*-^ Dont les Vertus ont tant de lustre Et nous font voir tant de candeur, En qualité d'Ambassadeur, Cela s'entend , Extr'ordinaire ,
260 Qui n'est pas un laid Caractère , &t arrivé dans ledit lieu De par nostre visible Dieu, Pour en son nom chasser Belonne , A la Pologne si félonne ,
265 Et dire aux Peuples ébaubis Ces mots si charmans : Pax vobis.
Le Danemarc, exempt du trouble Qui chez ses Alliez redouble , Est sollicité fortement,
370 Mais assez inutilement ,
Par les Ministres de Holande , Qui ne sont pas gens à Prébande , De leur prester quelque secours , Car ils n'en ont que des discours
275 Et des remises fort adrétes ,
Qui ne sont qu'bonnestes défaites , Et, comme on dit, pour trancher Que de l'eau-benistc de Cour, [cour,
L'Empire, au moyen de la Trêve, 280 N'a plus de Guerre qui le grève ; Mais quoy ? Messieurs les Musul-
[mans, Nonobstant tous leurs beaux ser-
[mens ,
Dont , quand il leur plaist , ils se
[moquent ,
Par des courses souvent le choquent.
285 D'autre part , les Impériaux ,
Montans lors sur leurs grands Che-
Pour tirer raison de l'outrage, [vaux.
En font , s'ils peuvent , davantage , •
Leur disans : à bon Chat bon Rat ; 290 Et de la sorte on fait estât
Que leur Paix, n'est que Paix fourrée.
Qui sera souvent altérée.
Cependant le Sire Empereur,
Navré jusques au fond du cœur 295 Par la jeune Infante d'Espagne , ^'^S^
Met Courriers sans cesse en Cam- ThéièM
[pagne*'^^***
Pour sçavoir quand cette Beauté
Aura l'obligeante bonté
De venir terminer les peines 300 Qu'il souffre au milieu de ses chaînes.
Et qui luy font , dans ses ennuis ,
Passer de très-mauvaises nuits.
Sur cela , par plus d'un message
Que ce Prince reçoit du Tage , 305 On l'asseure de son départ
Dans deux ou trois mois au plus tard,
Mais la chose n'est pas certaine
Et c'est onguent miton-mitaine.
Lequel ne fait ny bien ny mal 310 A son grand cœur impérial.
L'Espagne comme ilfaut s'appreste A la chère et belle Conqueste Du riche Estât des Portugais, Mais eux, qui n'en seroient pas gais, 315 Loin de faire le Si derrière , S'apprêtent aussi de manière Qui nous montre bien clairement Qu'ils y mettront empêchement.
Voila , je croy , ma vironnée
320 Par ces Remarques terminée.
Retournons au Pays des Lys , D'un surcroist de gloire embellis , Depuis que leur noble Couronne Le Front d'un Louis environne ,
325 Qu'on void en tous lieux admiré , Ou , pour dire mieux, adoré.
C'est là que , sous ce grand Mo-
[narque.
Qui conduit luy-mesme la Barque , On void renaître l'Age-d'Or,
330 Ou mesme un temps plus doux encor;