Du t. Juin i665 (Robinet
Prétendant nous en dispenser* Il faut cet Honneur luy laisser.
D'ailleurs , avant son heure extré- 260 Par un soin digne de luy même, [me, Voulant avoir un Successeur
Qui pût luy faire quelque honneur, II en fit avec diligence Recevoir un en survivance , 265 Qui , sans doute , a pareillement Pris ce soin , non moins dignement.
Huit jours , à bien compter, d'après la Pentecôte , Sans m'estre. Dieu merci, foulé pas une côte , A mes vers précédans j*ajoutay de ma main , Pour dater seulement , ce beau petit Quadrain.
A Paris , Cht^ Mille De Btaujeu , rue de Reims, près le Puits Certain. Avec Privilège eu Roy,
(Biblioth. nat , Lc^. 22, Rét.)
LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS
[ Par LA GRAVETTE de MAYOLAS. ]
Du 7. Juin i665.
Altesse , de qui le mérite Est sans exemple & sans limite , Dont le Cœur suit l'illustre Sang, Dont les yeux bleus & le teint blanc,
s Prés d'une bouche colorée , Parent une tresse dorée , Dont l'air aimable & le maintien , Le doux langage & l'entretien , M'ont fait en un moment compren-
10 Et par trois paroles entendre [dre Que je ne pms pour mon Objet Choizir un plus digne Sujet , Qu'il faut préférer Vôtre Altesse A mainte autre rare Princesse , En qui je ne découvre pas Vôtre génie & vos apas ; Voila ce que j'ay pu connêtre , Vous donnant ma seconde Lettre.
La troisième va cette fois , Courant les Villes & les Bois , La Cour, le Cercle et les Ruelles , Et , sans parler de bagatelles , Vous faire des Récits divers De ce qu'on dit en l'Univers.
25 Ces jours passez , toute la France Etoit en grande doléance Et trembloit d'apréhension , Sçachant l'indispozition De l'importante REWE-Mère ,
30 Dont la vie à tous est si chère.
Nôtre Grand Roy, dans ce moment.
Témoigna son ressentiment ; Après luy , Téréze , de mesme , Fit voir une douleur extresme ;
35 La Cour en montra ses douleurs Et chacun en versa des pleurs.
Le Saint-Sacrement on expoze , Et sur les Autels il répoze Dans les saints Temples de ce Lieu,
40 Où l'on va demander à Dieu La guérizon de cette Reine Dévote, généreuze, humaine.
Le Ciel , touché de nos soupirs Et favorable à nos dézirs ,
45 Depuis quelques jours diminue De cette fièvre continue Les mouvements injurieux , Si bien qu'EUe se porte mieux ; On espère avec allégresse
50 Que cette pieuze Princessb Recouvrant bien-tôt sa santé , Nous rendra la félicité.
55 Une aimable et parfaite Dame , Qu'en mes Vers je nomme Myrame, Dans un Billet sincère & fin Me fit scavoir, Lundv matin , Qu'un des jours de 1 autre-semaine
6o Nôtre Auguste & charmante Reinb, Epouze du plus puissant Roy Qui jamais ait donné la Loy , Alla gayement à la chasse , Surpassant la Reyne de Thrace ,
65 Dans un Bois épais & prochain De la Ville de Saint-Germain , Avec mainte belle Princesse , Mainte Noble & jeune Duchesse , En de riches habillemens
70 Et de galans ajustemens , Sur des chevaux & des cavales Aussi beaux que des Bucéfales.
La Reine , en ce grand apareil , Donnoit de l'ombrage au Soleil ;
75 Par son adresse & son courage Elle remporta Vavant£^e, De sa blanche & Royale main , D'avoir tué maint Marcassin.
Ces animaux impitoyables
80 Sembloient devenir raizonnables , Recherchans , d'un dézir jaloux , L'honneur de mourir de ses coups Et rencontrer, dans leur défaite , Une joye & gloire parfaite ,
85 S'ofrans aux pointes de ses dards Aussi-tôt qu'à ses doux regards Cette fameuze Chasseresse , Diane , La chaste Déesse , Reine des Forests & des Bois ,
90 Avec son arc & son carquois , Avec sa suite si nombreuze , Etoit moins belle & moins pompeuze Qu'au milieu de toute sa Cour TéRÉZE l'êtoit en ce jour. •
Faizons un tour jusqu'en Pologne Et parlons de la bonne trogne tresqw Que fit à notre Ambassadeur, Plein de science & de candeur, Le Chancelier die cette Terre Que trouble une intestine guerre.
Amplement il le festina ; 100 Un Souper royal luy donna