Du 28. Juin i665 (Robinbt
Quelques cent Relevé -Moustaches»
Trente-six Boisseaux de Pistaches Et de la Glace à boire frais , 210 Le tout revenant à grands firais.
La Fièvre, aimant les belles veines De nos deux ravissantes Reynbs , Après avoir èmeu le pouls D Anne aue nous adorons tous ,
ai5Youloit dans celuy de TéaézB.
Allumer sa liquide braise ; Mais, si-tôt qu'on le reconnut , On l\iy dit : « Belle Dame, chût!
» Retire2^-vous tout au plus vîte ,
120 » Et cherchez ailleurs ^tre gîte » ; A quoy la Mutine obéit Et tout au même instant s*eniuit.
Ainsi , l'aimable Souveraine , Sur le milieu de la Semaine ,
225 Avec le Rot fut gayement varMiOM Revoir ce CinquÙIme Elément Des Feucitbz toutes jpures , Où des plus exquises Pâtures Elle fit de frians Repas
230 Au grè de ses mignons Appas.
Monsieur aussi , par Sympathie , Etoit de la belle Partie , Mais un Bobo, ce m'a t'on dit.
Retint sa noble Epouse au lit.
235 Messieurs les Ofpiqers de Ville, Selon l'ancien & nouveau stile , De la Saint Jean, ont fait leur Feu, Qui, ce dit- on, joua beau jeu ; Voilà , comme c'est la coutume ,
240 Ce qu'en peut chanter nôtre Plume.
Mais j'y dois ajouter vraiment.
Un fort orôle d'événement.
Un Quidam , d'assez bonne mine ,
Mats de qui Tame étoit peu fine,
24s Contemplant de tous ses deux yeux.
Dans le haut des Airs spacieux , Les effets qu'y font les fusées Alors qu'eues sont embrasées Ces Étoiles , ces Serpenteaux ,
250 Qui sont si brillans & si beaux.
Et faisant , ainsi c^u'en extase , Des admiratifs pleins d'emphase.
Et criant , sans cesse : € ha. ha, ha », De ces Gens qui sont toujours là ,
255 Nommez Dénicheurs de FAUVErre, Ou Courtisans de la Pochette, Jouans de même à Tèbaî Et crians, « ha, ha » comme luy, Mirent les doigts sur sa cUncaille,
260 Et, sans laisser la rouge maille, Luy prirent cent jaunes Ecus, Après quoy l'on ne les veit plus.
Or à lors, r'apporte l'Histoire, Il luv revint en la mémoire
265 Qu'il avoit (mais il pensoit mal) Dessus luy ce brillant métal.
Et, par précaution tardive.
Comme bien souvent il arrive.
Voulut faire garde au Gousset;
270 Mais hélas! le trouvant tout net.
Il fit un cri si pitoyable Qu'on s'imagina que le Diable, Avecque tous ses noirs Recors, L'emportoient en Ame & en Corps;
275 Mais, quand au vray l'on sçeut 1 af- Et, ce qu'ici je ne puis taire, [fidre, Que la Dupe étoit un Gascon .
On en rit de belle façon.
Je fis pour I'Altbsse Rovale, 280 A qui nule autre n'est égale.
Ces vers -ci, quoique peu charmans, Le propre jour des Sept Dormans.
 Paris, Ckê^ F. MugMêi, ruê de la Harpe , swx trûis Rois. Avec Privilège dm Roy.
(Biblioth. oat., L'/as, Réf. — Biblioth. de rAraenal , B. L. 11802).
LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS
[Par la GRAVETTE di MAYOLAS.]
Du 4. Juillet i665.
J'aurois sujet d*étre orgueilleux , Aprenant Tacueil merveilleux (^'on fait aux enfans de ma veine, Puisque le Rot, mesme la REms,
5 Et MoNSiKUR & Madame aussy Les ont aprouvez, Dieu-mercy ; Toute notre Cour favorable , Trouve ma Lettre raisonnable , En parle avantageusement
10 Et la lit agréablement.
PuMCEfSE, en vertu singulière , Ma Patbonb particulière , Qui recevez de mieux-en-mieux Mes Vers nouveaux & curieux ,
15 Suivant l'obligeante assurance D'un MAMQins de haute importance, Qui sincèrement m'avoua Que Vôtre Altesse les loua , Son aveu, sans doute, m'atire
20 Celuy des Gens que je dézire.
Mais ce bon-heur, peu mérité , Loin de m'enfler de vanité , Loin de me rendre téméraire , N'excite mon cœur qu'à vous plaire;
S5 Pour cet èfet, dans ce moment , Je vous parle historiquement.
La Reine , en beautez si fertile , Vint , Dimanche , dans cette Ville , Par un excez de sa bonté yi Et de sa haute piété , Pour assister à la Vêture , Au premier jour de la Clôture , D'une Fille de qualité Du Pays de Sa Majesté , Dans le Couvent des Carmélites.
Ses vertus & ses grands mérites Ayans éclaté vivement , On l'accepta joyeuzement.
L'iUustre & parfaite d'ARDiENs ,
40 Ayant de la main de la RsniE Receu son précieux habit, Doublement elle le chérit.
Mademoizbllb, dont la grâce Répond à sa Royale Race
45 Et dont l'esprit est revêtu Et de lumière & de vertu , Acrût la belle Compagnie De l'auguste Cérémonie , Ou mainte Dame & maint Seigneur
50 De se trouver eurent l'honneur.
La Bouche éloquente & discrette Du sçavant Abbé de Roquette Sur ce sujet mystérieux Fit u^ Sermon si merveilleux
55 Que mainte Dame glorieuze Fit vœu d'être Religieuze , Et la Reine & ses Auditeurs En furent les admirateurs.
Enfin cette pieuze Fille ,
60 Du beau Sang des Comtes de Dille, Parente mesme , ce dit-on , Des Souverains Roy s d'Arragon , Méprizant richesse & naissance , Avec une ferme constance ,
65 Au pié de nos sacrez Autels , Pour Dieu quita tous les mortels.
On nous mande , cette semaine , Que le Marquis de Caracénb Assemble prés de Badajox
70 Ses Troupes qui n'ont plus campos ; Il vizite 1 Infanterie Ainsi que la Cavalerie , Et trouve en ses Gens importans Plus de vingt mille combatans ;
7^ Il se promet cette Campagne , Pour la gloire du Roy d'Espagne , De donner un combat fatal A l'Armement du Portugal,
i3. — Du 4. Juillet i665 (Mayolas).
Qui, quoy que l'on puisse entre-
S prendre, re, .
Nonobstant la divizion Et rétrange rébellion De maint Chef & de mainte Place , Dont tous les jours on le menace ; 85 Mais encor on n'entreprend rien , Et chacun veille sur son bien.
Madame Séguier, trés-pieuze Carmélite Réligieuze, FDotofM Qui dans ce Lieu d'austérité
90 A la Supériorité; De qui l'esprit & le mérite Fait que la Reine la vizite Et que les plus Grands de la Cour La vont voir dans ce saint Séjour ,
95 Au lit se trouva détenue Par une fièvre continue , Dont les redoublemens fâcheux Rendoient son mal trés-dangereux ; Mais son ardeur fut terminée
100 Par médecine & par saignée , Qui , renouvelans sa santé , Ont éteint sa malignité.
La Troupe de ce Monastère , Qui la chérit « qui la révère ,
loçDizoit mainte & mainte oraizon Pour la parfaite çuérizon De cette Dame d'importance, Sœur du Grand Chancelier de Divin Oracle des François, [France,
110 Arbitre & soutien de nos Loix, Dont la Noble & grande Famille En vertus comme en atraits brille , Dont les illustres Petits-Fils Sont Evesques , Ducs & Marquis ,
115 Dont enfin le haut Parentage Prenoit grand'part à cet outrage , Et. la chérissant tendrement , En montra du ressentiment; •J^J™ Mais sa Nièce , charmante & belle ,
laôQui dans ce Couvent est prés d'elle, Fait parétre prézentement Son extrême contentement.
Depuis trente mille journées , . Qui tonnent plus de cent années , 125 On n'a point vu d'Ambassadeur Venir saluer I'Empéreur , Par les ordres de Sa Hautessb ,
117 /fl^. En
Avec l'éclat, pompe & richesse Qu'a celuy qui prézentement
I )o Luy doit faire un grand compliment. Des plus beaux habits que l'on voye.
Couverts d'or, d'argent & de soye.
Gentilshommes, Pages, Valets, Chevaux , cavales & mulets »
135 Où l'on ne trouve point de rosses, Chariots , calèches & carosses Eclatèrent au premier jour Dans cette Impériale Cour ; Mais, puis-qu'il est si prés de Vienne,
i4oAtendons-unpeu qu'il y vienne.
L'Ambassadeur du Grand-^nmEOi A joint celuy de l'EMPéREim; Prés de Gomorre ils se trouvèrent, Civilement se saluèrent
145 Dans deux jolis Apartemens , Où se firent les changemens , Ou bien l'échange pacifique De leur Trêve trè$-autentique.
Tant Capitaines que Soldats,
150 Quatre mille suivent ses pas.
Le Comte l'Esui recommande Et par un Courier exprés mande Qu on prépare d'autres Prézans , Aussi riches , aussi iuizans ,
155 Ceux qu'il a ne pouvans sufire Pour donner, au Nom de l'Empire, Aux Ministres & Courtizans Du Chef de tous les Otomans.
Par un avanture étonnante,
160 Moins funeste que surprenante.
Un Cardinal de çrand renom, vfa^jg Que l'on apeUe u'Arbagon, **•■ Etant allé dire la Messe , g j^
Avec une sainte allégresse, ^Am0f
i65Suiyy des plus Grands de sa Cour, Qui font clans Naples leur séjour.
Ayant fait assez bon voyage Avec un superbe éc^uipage.
Sur un Pont conduizoit ses pas
170 (Qu'on fait sur Mer, en pareil cas); Comme à ce Peuple on abandonne Et, selon la coutume, on donne Les matériaux dudit Pont, Tous y courent & le défont,
175 Au moment que Son Eminence Passoit dessus en diligence , Si bien qu'Elle tomba dans l'eau.
Avec sa robe & son chapeau ; Mais , par une ardeur sans seconde
i3. — Du 4. Juillet i565 (Mayolas).
iSoDe l'amitié de tout son monde,
Après ce mal-heur arivé ,
Il fut aussi-iôt relevé.
Et sa Personne fort adroite
Ne se blessa qu'à la main droite, ifljDe quoy chaque Napolitain
Rendit grâces au Souverain.
Monsieur, dont l'esprit admirable Possède une humeur agréable .
Régala le Roy. l'autre-jour .
190 Seigneurs & Dames de la Cour, Avec grande magnificence , i ooa. Dans son beau Palais de plaizance : Son acucil aimable & divin Ï^IJI cent fois mieux que le Festin.
^g,,^ Le Vice-Amiral de Zélande,
IAu gré de toute la Holande .
A prouvé par de bons témoins Sa valeur, son zélé & ses soins.
Car maints Oficiers ont sceu dire B0B Qu'ayant vu percé son Navire.
De peur d'un pire événement.
Il se retira prudemment; Mais on travaille à la poursuite De ceux qui prirent mal la fuite »of Et qui pour l'honneur des États N'entreprirent point de combats , Ainsi qu'a donner recompense ■ Au bon service, à la vaillance.
Haëh seul doit avoir , sans fard , Ils Dis mille florins pour sa part.
Pour ne point perdre la mémoire De ceux qui sont morts dans la Onnousassùred'Amsterdam [gloire, Qu'on fait pour l'Amiral Ob-Dam .
ai; Après une pompe funèbre.
Un tombeau superbe & célèbre.
Marquant à la postérité Son zèle & sa hdélité.
Examinant bien sur leurs Côtes K> Barques & Vaisseaux de leurs Fioles. Ils assurent par leurs écrits Qu'il ne leur en manque que dix :
Et l'Anglois dit que l'avantage Dont il jouit à leur dommage rjSe trouve bien grand à ce coup Et ne leur coûte pas beaucoup.
Chacun ses Forces renouvelle
^Effkt*<n(, m* Armn du Ray. Avtc PrniUge de S
pour se combatre de plus belle.
Monsieur l'Evesque de Béziers, *'
ijoPour ses mérites singuliers, «i
Eut l'honneur, avéque la Reine, '"' De Pologne la Souveraine.
En un apareil trionfant.
De tenir un petit Enfant m
j=jSur les Fonts sacrés de Bâiesme, gr Dont il eut une joye extrême.
' ^ Ho
Certain Quidan , mal-à-propos Ayant dit quelques piquans mots Et pluzieurs chansons libertines
jo Devant ses honnêtes Voizines , Sans apréhender le danger.
Iceltes. voulans se vanger, Altèrent chez le Personnage Pour le dénicher de sa cage,
4; Portans des verges à la main Que l'on luy fit sentir soudain :
« Mort>, non-pas. luy dirent ces
[Femmes, 9 Ozez-vous otencer les Dames î » Vous n'êtes qu'un sot. qu'un lour- [daut,
.30]> Qu'un indiscrct&qu'unmaraut. > En vain pardon il leur demande De sa faute petite ou grande, En vain il se met à genoux; Il sent sur luy tomber cent coups.
.55 Ces fiéres le dèzabillérent .
El bref ce drôle, bien froté.
Fut de leurs belles mains fouéf^i.
Pour pousser à bout cette afairc .
Dans leur violente colère ,
60 Elles mirent un êcriteau En caractère grand & beau Au dessus de sa propre porte .
C'est ce que l'histoire raporte .
Car je ne scay, ni son quartier ,
65 Ny quel peut être son Métier.
Princesse sage, belle & bon c .
Je suis au bout de la colonne.
Et pour-ne pas vous ennuyer.
Je vay cesser d'historier.
70 Fait sur le dos d'une Ecritoire.
Le lendemain de saint Grégoire.
vul dx Pofil S. Miel
l'Aracna! , B. L. 1 tSoo >
LETTRE EN VERS A MADAME
[Par Charles ROBINET.]
Du 5. Juillet i665.
Quelle est cette rare Merveille Qui me met la Puce à l'oreille Et , me retirant du sommeil , Me cause un si subit réveil ?
5 Qu'elle a l'air grand & que sa mine Me dépeint bien une Héroïne 1 De ce beau Portrait Idéal J'ay vu , je croi , l'Original.
Ah ! vraiment , je suis bien Pécore ;
lo C'est qu'en l'Ame je dors encore ; Hé quoi î ne reconé-je pas Que c'est cette Source d'ApFAS Pour laquelle , chaque Semaine , J'ouvre ma versifique Veine ,
15 Et que le soin de mon devoir Sa noble Image m'a fait voir , Pour me remettre en la mémoire Qu'il faut ouvrir mon Ecritoire Et lui composer de ma main
20 Un Ecrit qu'elle aura demain ?
Sus , donc , trêve ici de paresse !
CuoN, souffre que je te presse De venir viste à mon secours , Pour à ma Lettre donner cours.
35 Durant trois charmantes Journées Que Monsieur avoit destinées A festiner toute la Cour, A Saint Clou , son riant SijouR , On a vu sans cesse les Tables
30 Couvertes de Mets délectables , Et nos DéEssES & nos Dieux
Y banqueter certes des mieux.
L'OpuIance & la Politesse , La Pompe & la Délicatesse ,
35 Jusqu'à la fin du beau Dessert,
Y formoient un rare Concert, Qui de plaisir rendoit comblée Toute la célèbre Assemblée , Et par la Veue & par le Goût ,
40 Qui ne manqua d'aucun ragoût.
La Musique & la Svmphonie , Par une excellente narmonie , Y ravissoient l'Ouye aussi « Et l'on peut enfin dire ici ,
45 A la gloire de ce grand Princb , En qui l'on ne void rien de mince , Que, comme il prime en DiGNrré Après l'auguste Majesté , Il prime en la Magnificence
50 Pour être en tout Unique en
[France Comme Unique Frère du Roy, Auguste Titre, en bonne foy.
On attend ici de Mayence , Non des Jambons en abondance ,
55 Dont le manger est si plaisant , Mais un fort rare & beau Présent Que d'illec I'Electeur. envoyé , Par une bonne & seure voye , Au Grand Monarque des François ,
éoSçavoir le Corps d'un de nos IvDys, Et que Childeberg l'on appelle , Relique toute entière & belle , Qu'accompa^è, en jaune métal , Un grand Diadème Royal ,
65 Avec l'Anneau pareil, en somme.
Le tout valant fort grosse somme , Et dont l'on doit faire un grand cas.
Cet Electeur dans ses Estats A trouvé ce Cadavre illustre ,
70 Avec ces Marques de son lustre , Qui valent bien mieux que ses Os Ni que ceux du plus grand Héros , Fussent-ils ceux-là d'ALEXANimE , Car qu'est-ce qu'un Héros en cen-
[dre?
75 De Beziers le brave Prélat , Dont les vertus ont tant d'éclat Qu'elles font dedans Varsovie
deBé«
14* — Du 5. Juillet i665 (Robinet).
Un peu mal aux yeux de l'Envie , Eut n*aguéres beaucoup d'honneur,
8o Tenant la Fillb d'un SsiGNsim , Sçavoir le Grand Référendére , Avecque une oxhstre Commère.
Jugez si je suis un menteur , O tres-benevole Lecteur , J^ Vous disant que c'estoit la Retne ,
;mi Cette fameuse SocvERAms ,
Qui bien loin de toujours dormir , Non plus (|ue son cher CAZUfm, Travaille ainsi qu'une Amazone
90 A défendre avec lui son Trône Contre tant d'Ennemis félons Et plus malins que Ganelons , Dont l'intrigue qui se redouble De plus en plus cet État trouble ,
9581 que ce politique Corps , MalÎEuie dedans & dehors , Malgré ses Diètes, empire.
LuBOioRSKi, certes le pire De tous ses cruels Ennemis ,
100 Ne pouvant être enfin soumis Au devoir d'un Sujet fidelle , Mais aimant mieux être Rebelle Et franc Judas Yscariot , Est entré plus vite qu'au trot
105 Dans la Pologne, avec des Troupes Qui veulent y tailler leurs soupes , Et vivre, sans doute , aux dépens De pauvres & de riches Gens , Et ravir toute leur monoye :
iioO quel étrange Rabat-joyel Voulant colorer le dessein Qu'il couve en son infâme sein , Par tout il aUégue pour Texte Et pour un spécieux Prétexte ,
115 Des Cytoyens la Liberté, Qu'il veut remettre en seureté , Et par cette belle finesse Tâche d'engager la Noblesse A se jetter dans son Parti ;
120 Mais Elle sçait qu'il a menti , Et que Cromvel parloit de même Pour s'emparer du Diadème.
Les Excellences ou Grandeurs Des deux Seuneux Ambassadeurs ii5Et de I'Empirb & de la Porte , Ainsi qu'une Lettre le porte , Chacune conservant son Rang , Se sont , entre Gomore & Gran ,
En la Place des Trois Colomnes ,
130 Dit des paroles bien mignonnes, Quoy qu'en Turc & qu'en Alemand, C'est à dire, fait compliment , Contenant même leur louange ; Et puis , en suite de rEcHANOB
135 Des Trattez bien rectifiez
Et des deux Parts ratifiez , [lences , Leurs Grandeurs ou leurs Excel- Pour signaler leurs diligences , Ont leur chemin continué ,
140 Ainsi qu'il étoit statué.
L'une allant droit vers sa Hautesse, Avec mainte & mainte richesse, Et l'autre aussi, de son côté , Vers l'Allemande Majesté ,
145 Ayant pour superbe ^uipage Septante Chariots de Éagage, Douze Mulets, quinze Chevaux , (Ceux-ci , ce mande-t'on , si beaux , Qu'on n'y peut rien trouver à dire ,
350 Et pour donner au susdit Snaj , Item, d'autres Chevaux de main , Légers autant que l'est un Dain , Des Agas, dont la belle Trogne Fait qu'on en rit. plus qu'on n'en
[grogne ,
155 Plusieurs bons Joueurs d'instrumens.
Montez sur Chevaux ou Jumens , Qui ne démarchent qu'à courbetes , Et des Tymbales et Trompettes , Qui divertissent la Grandeur
160 De rOroMAN Ambassadeur.
Ce redoutable Météore , Qui met le Docte & la Pécore Bien souvent dans l'étonnement Par maint & maint Evénement ,
165 Tantôt folet, bizarre & drôle.
Et tantôt , par un autre rôle , Tout lamentable & plein d'éfroy , A causé tres-grand désarroy Dans PiGNEROL, comme on le conte.
»7o Sauf erreur de calcul, l'on conipte Deux cens humains que son Car- A mis pêle-mêle au Tombeau, [reau Par le prompt effet de la poudre Qu'alluma le feu de la Foudre
175 Et qui fit sauter un Donjon Comme s'il eût esté de Jon.
D'autant que ce Poste s'avance Vers le Ciel, sur une Eminence , Il est, comme tous les hauts Lieux ,