‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 79 sur 317 · Du 18, Juillet i665 (Mayol*s · texte numérisé non relu

Du 18, Juillet i665 (Mayol*s

n Trop loin de ta Cavalerie.

^ Ne pouvant pas la seconder , K A la Bn il falut céder I Au bon-hcur de leurs Aversaires , tjoDont les mains leur furent con- [traires , Leur ayant pris quelques canons, Poignards . épées . mousquetons.

Cette Place étant secourue.

On la leur doit avoir rendue :

ijj Surquoy Messieurs les Portugais jf Paroissent fort vains & fort gais.

H II ne faut pas pourtant trop rire , KCar ils pouroient avoir du pire, ■ Soit du câtê de Badajox , 160 Ou bien de celuy d'Estrémos, Et l'Espagne, quelque Dimanche, Poura bien avoir sa revanche , Et c'est alors qu'en bon François , Je décriray leurs beaux Expions.

i«5 II faut achever de vous dire Ce que j'ay commencé d'écrire .

Pui»]ue le temps me le permet.

Touchant le Bassâ Méhéket.

Seul dans un carosse superbe ,

■ToHouIant sur la terre & sur t'herbe, Atelii de fort bons chevaux , Infatigables aux travaux.

Paré d'un Turban ou Berrette Atachée avec une égrette

i75D"un diamant, & des plus fins.

Valant trente mille florins , Son Escélence renommée .

En la manière accoutumée, Fut conduite vers l'Empereur.

i^Qui la receut avec honneur

k Et luy donna bonne audiance.

wAprés icclle Conférance

r"Et maint doux & beau complimant Fait en Turc comme en Aleraant .

iSsCét Ambassadeur avec joye

De son Hôtel reprit la voye ,

Pour »e faire au Peuple niieux voir,

Qui l'atendoit dans cet espoir

i-En cent divers lieux de la ville.

pCéi Homme adroit & fort habile

a sur un cheval de prix, TQuc pour parade il avoit pris :

■Grand nombre de Gens l'acompagne.

""e la ville & de la campagne.

Qui, joints à ceux de sa Maîzon , L L'admirèrent avec raizon.

La Mort, qui n'épargne personne Vient de rafler, â Ratisbonne, François Sigishond, Archiduc

100 De toutes les Terres d'Inspruc.

Son mal l'ayant pris à la chasse Par une colique, il trépasse En huit heures & six momens.

Ayant receu les Sacremens,

loj A mcsme temps qu'un brave Comte * Au Prince de Sultsbach raconte Qu'à son Nom il va Fiancer, Ou, pour mieux parler, épouzer La Princesse, sa Fille aînée,

310A ce grand Prince destinée.

Prés de l'Hymen sentir la mort N'est-ce pas un étrange sort?

Hél du moins, que n'atendoit-elle Qu'il eut possédé cette Belle?

si5Si je raourois en pareil cas.

Je ne m'en consolerois pas.

Beaucoup de monde plaint sa perte ; Totite nôtre Cour l'a souferte.

Et, le pleurant dans le cercueil,

sioVa bien-tfit en prendre le dueil.

D'Armstat, la Landgrave de Hesse, Généreuze & grande Princesse.

Après avoir fait un Enfant,

Est décendue au monumant:

215 Etant la Sœur propre & Germaine D'une puissante Souveraine, ^J

Je croy que vous ne doutez pas Qu'on ne regrëte son trépas .

Et que ses Parens & Parentes îjoN'en soient bien dolens & dolentes.

J'aprens, parle discours d'autruy.

Que le noble Pasteur du Puy , De l'illustre Sang de Béttîune , Dont la sagesse non commune ,

ÏJ5 La science & la probité Méritoient cette Dignité, Fut sacré, l'autre-jour, Evesquc Par un vertueux Archèvesque . g^

Assisté de deux grands Prélats . -

140 Dont tout le monde fait grand cas. "j^ Cette Cérémonie auguste , ■

Si grande, si sainte & si juste, '

Se fit chez les Pérès Feuillans .

Prêchans. jeunans. prians, veillans,

Î45 Et qui redoublent leurs Antiennes Pour toutes les Ames Chresiiennes.

rdeani

ly. — Du 18. Juillet i665 (Mayolas).

lOt

A Chauot encore, dizons tifflirt" Qu'on sacra Monsieur de Saint- Aux Filles de Sainte Marie, • [Pôns 250 Dont mon ame n'est point marie , Car ce noble Se sage Docteur Sera sans doute un bon Pasteur , Et Ton dira qu'à juste titre Sur son chef il porte la Mitre.

fSl£L MADSMOIZRLtB LONOTJ8VAL,

de craasy. Qui ne se place pas trop mal ,

Puis-qu'elle a pns, cette semaine, Fort belle Place chez la Reinb , Est, par mérite & par faveur, 260 Dans le rang des Filles-d'Honneur.

Cette jeune A noble Pucelle , Aussi vertueuze que belle ,

Acroitra la grâce A lé jour

Des plus beaux Astres de la Cour.

265 Le Marquis d'ANOSAur, Calvi- A quité sa première piste [iiiste, Et dans le bon chemin s'est mis.

Par l'Archévesque de Paris ; Son ame, du doute éclairde,

270 Dimanche, abjura l'Hérézie; Pour le rendre aimable & parfait.

Il ne luy manquoit que ce trait.

Princesse , je ne sçaurois mettre Aucun comphment dans ma Lettre

275 Fait le dix-&-huit de Juillet , Sur le raport de maint Billet.

 Paris, C/ut CkarUs CkemnUt, Imp. et Ub„ Au bout du Pont S. Michel, à teuirh de U vtuétk Huckette , au* Armes du Roy, Avu PrMUge de 5. M,

(Biblioth. de rAraenal , B. L. ttSoo.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Par Charlis ROBINET.]

Du 19. Juillet i665.

O Muses, Grâces, Ris, Amours, Venez , animez mes Discours ; En ce moment je les destine A la merveilleuse HAroIne Qu'à VsRSAiLLBs toute la Cour , Vient voir en son Lit chaque Jour , Car cette éclatante Agcoucue Est encor là très-bien couchée.

Au milieu des Enchantemens De ce Palais des plus charmans. Et je désire par des Rimes , Qm soient tant soit peu lé^times , lUec la réjouir aussi ; Puis- je avoir un plus beau soud?

15 Venez donc à mes petits Carmes Mêler chacun vos plus beaux char- O MuzES, Graobs, Rjs, Amours, [mes,

Et je vous chériray toujours.

Débutons par une HTMÉNis.

20 Dans la semaine terminée »

Un agréable Goguenard M'écrivit, mais un peu .trop tard.

Par un Billet fermé de sove , Car, encor qu'un grand flot de jof

25 En vint presaue inonder mon coMir Comme ma Lettre, par mal-heur Etoit pleine, & ma Veine close.

Je n'en pus faire aucune chose.

Disons donc, si l'on ne le sçiit,

30 Que ce fut de ce mois le Sept Que, pour le Prix de sa Constance Et louable Persévérance , Tneor Monsieur Portail , Homme d'hoo Et de mérite, eut le Bon-heur

5 D'être uni par le Mariage Avec la belle , noble & sage Dam oisBLLB de Chbmbrault , Morceau plus tendre qu'un Levraut, Et capable de combler d'aise 40 (Ce que. je dis n'est point fadaise) un cœur qui soupire d'Amour.

Son digne Epous sçait en ce Jour, Par une douce expériance, Ce que je dis en Conscience ,

43 Par pure inuunnation , Apres une réflexion Sur les Appas de cette Belle , Damb à présent , non Damoisbllb.

Au reste , comme Elle eut l'hon-

[neur

50 D'être autresfois Fille d'HONNEua De nôtre illustre Reynb Mère Qui toujours fort la considère , L'one & I'autre des Majestez , Pour Elle pleines de bontez ,

55 Comme aussi Monsieur & Madame, J'en puis bien jurer par mon ame , Ont avec un soin très-exact Mis leur Paraphe à son Contract.

Ainsi la chose s'est passée ,

60 Et si quelqu'un avoit Pensée Pour cet objet jeune & charmant , U sçaura que présentement C'est une Pensée inutile , [Fille.

Et qu'elle est Femme & non plus

65 Dans l'Eglise des Doms Feuillans, DoMS spirituels & brillans , Et de qui le beau Monastère Est certe une Maison tres-chère A toute nôtre auguste Cour , 70 Dimanche, qui fut un beau Jour, Il se fît la Cérémonie , Avec galante Symphonie Et même un fort pompeux éclat,

'M De sacrer un digne Prélat,

L. Lequel parut à tres-bon Titre Porter du Pur la belle Mytre.

^ Son Omcle , grand Prélat aussi,

*" De ce Sacre prit le souci

Avec, je croi, beaucoup de zélé ,

80 Ayant l'assistance fidèle Des MrrREz de Laon & Condon , Qui, de leur peine pour guerdon , Furent, & non pas sans coùtance , Traitez avec magnificence.

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