‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 78 sur 317 · Du 18. Juillet i665 (Mayolas · texte numérisé non relu

Du 18. Juillet i665 (Mayolas

45 Depuis Madrid jusques à Prague De Naples juscj^u'à Copenhague , On ne voit point de Souverain Qui puisse avoir un plus grand Train .

Quantité de Gens remarquables ,

50 Ambassadeurs considérables, Espagnols , Alemans , Danois , Anglois , Holandois & Génois , Voyans de chaque Compagnie La pompe & la grâce innnie ,

55 En furent tout-à-fait ravis , Sur tout de nôtre Grand Louis , Dont la magnifiq^ue Personne Toute choze si bien ordonne Que ce Monarque sans égal

60 Ne fait rien que d'un air Royal.

Ensuite, il fut droit à Versailles Mander des perdrix & des cailles , Car )e pense qu'à ses repas Elles ne manquent , ma-foy, pas ;

65 Le reste de cette Assemblée , D'honneur & de plaizir comblée , Après ce divertissement S'en alla souper gayement.

En dépit de la Gent Turquesque,

70 Et de son humeur Arabesque, Les Vénitiens sont contans Des Exploits assez importans [ques.

Qu'ont fait , n'aguères , les Morla- Sans just'-au-corps & sans cazaques,

75 Sans manchétes & sans colets, Avec sabres & pistolets , Et par leur courage héroïque , Dans la Province Dalmatique , Animez de nobles transports ,

80 Pour vaincre ils partagent leurs

[Corps, Expozans leurs bras & leur teste , Pour entreprendre la conqueste D'un Fort très-bien fortifié Huma Et par les Turcs édifié.

85 La moitié donc de cette Bande , Sous un grand Chef qui les com-

Ijnande Et dont ils respectent les Loix , d?^*** Alla se cacher dans un bois .

^* A l'ombre des épais feuillages.

90 Ils s'enfoncent dans les bocages , Et ces Ruzez, bien courageux.

S'ensevelissent dans des creux , Quand le reste va vers la Place ,

45 /m^r. jusque.

Ou tout-de-bon , ou par grimace.

95 Lors-que le Gouverneur les vid Et que leur bruit il entendit.

De plus de trente canonades Et de quatre cens mousquetades Les fit saluer galamment

100 Et recevoir civilement, Et sa Troupe bien assortie Fit aussi-tôt une sortie , Croyant les métré en cent quarti( Ou les faire tous prizonniers.

105 Ces Déterminez les combatent; Vigoureuzement ils se bâtent.

Et , reculans tout doucement , Les atirent adroitement Auprès de cette Forest sombre

iioOù repozoit le plus grand nombi Ces Guerriers, qui s'êtoient cache Voyans les autres aprochez , ■ Subitement les environnent , Terriblement sur les Turcs donnei

115 Les Otomans épouvantez De leurs Ennemis augmantez.

Surpris à leurs rudes aproches , Ainsi que des fondeurs de cloche Doutent si Faune en ce moment

120 Produit tout cet enfantement Et si, comme autrefois, .la Terre Engendre des Foudres de guerre; La peur borne leurs grands desseii Les armes leur tombent des main

125 Et , ne pouvans plus se défendre.

Ils furent contraints de se rendre Après quoy les Victorieux , Allans viziter tous lès lieux , Pour jouir de cet avantage ,

130 Mirent tout le bien au pillage ; Chacun criant : vinco , vingo , Le porte dans Sébénico , Où , pour le rachapt des Esclaves On recompensa tous ces Braves

135 De Richedales six fois dix , Dont ils se sont bien réjouis.

La choze passe pour certaine Que le Marquis de Caracénb, Sçachant que l'Ennemy marchoit

140 Et de la Ville il aprochoit Avec son Ost , il le devance , Et, par son extrême vaillance.

Il scroit vainqueur aujourd'huy Si tous eussent fait comme luy ;

143 Mais, par mal-heur, l'Infanterie

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