‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 83 sur 317 · Du 19* Juillet i665 (Boursault · texte numérisé non relu

Du 19* Juillet i665 (Boursault

Il sousdent l'honneur «du Païs ; On peut adjouter à sa gloire[moire, 110 Que ce ou'il fait n'est point Gri- Et , qui (Ut un Autheur bien pur ,

BOTBRIUS SUB-AUDITCR.

Encor un Autheur qui veut pres- Quc je fasse aussi du Burlesque [que

115 Et qi}i croit que c'est mon talent, C'est Gilbert , cet Esprit galant , Pour q^ui la Canicule ardente N'a point d'ardeur assez cuisante Et qui , durant tous les Hyvers ,

110 N'a de chaleur que dans ses vers ; Qui compose au reste à miracle , Qui s'explique comme un Oracle , Et qui fait si bien ce c^u'il fait Que chacun en est satisfait.

125 Je vous en viens de nommer Quatre Qui soutiennent jusqu'à se battre Que je puis calmer le regret Qu'a causé la mort de Loret , Et que je suis en droite Ligne

1)0 De ses Successeurs le plus digne.

Pour me chatouiller l'appétit, lis me l'ont tant dit et redit ,

1 16 Impr. S*est

Tant prosné que mon air d'écrire

Est un air propre à faire rire ,.

135 Que, sur un Raport si fameux,

A la fin je l'ay crû comme eux.

Mais (& n'en déplaise à Pégaze) ,

Quand on est Gazette l'on jaze ;

Ma Muse , vous n'en sçaviez rien , 140 Je vous l'apprends; jasez donc bien.

Un vaillant Comte a pris la peine D'écrire à Monsieur de Turenne Et de mander en mots exprés Que les Espagnols sont deffaits,

145 Non que la Deffaite soit pleine.

Car le Marquis de Caracéne , Ralliant assez à propos L'Espagnol qui tournoit le dos , Fut couvert de sang & de gloire

150 Et fit balancer la victoire ; Ce n'est pas aussi qu'après tout Quantité soient restez de bout; Les uns ont eu testes cassées , Les autres jambes fracassées ;

153 L'un est blessé haut, l'autre bas; A ceux-cy l'on abbat les bras ,

146 Impr. Carrascene.

Il soutient l'honneur du Païs ; 85 On peut adjouter à sa gloire Que ce qu'il fait n'est point Grimoire Et, qui dit un Autheur bien pur , BoYERius suB-AUDrruR. [que

Encor un Autheur qui veut pres- 90 Que je fasse aussi du Burlesque Et qui croit que c'est mon Talent, C'est Gilbert, cet Esprit Galant , Pour qui la Canicule ardànte N'a point d'ardeur assez Cuisante

95 Et qui , durant tous les Hyvers , N'a de chaleur que dans ses Vers ; Qui compose au reste à miracle , Qui s'explique comme un Oracle , Et qui fait fort bien ce qu'il fait ,

100 Témoin Le Courtisan Parfait.

Je vous en viens de nommer quatre Qui soutiennent jusqu'à se battre Que je puis calmer le regret Qu'a causé la mort de Loret ,

105 Et que je suis en droite ligne De ses Successeurs le plus digne.

Pour me chatouiller l'appétit , Ils me l'ont tant dit & redit,

Tant prosné que mon air d'écrire 110 Est un air propre à faire rire.

Que , sur un Rapport si fameux , A la fin je l'ay crû comme eux.

Mais ( & n'en déplaise à Pegaze), Quand on est Gazette l'on jaze ; 115 Muse, faites donc vostre employ.

Mais surtout contentez le Roy, Je sçay c\uq, vous pristes la peine De travailler, l'autre Semaine ; On vous vid, on vous estima ; 120 L'endroit de Pontoise charma, Et, si j'ay la mémoire forte , Vous le commenciez de la sorte :

L'autre jour Louis Dieu-donné , Qui de cent Vertus est orné ,

125 Courut à Pontoise en grand'erre Pour voir la Reyne d'Angleterre ; 11 la vid , la complimenta Touchant l'heur que cette Tante a De ce que la Milice Angloise

130 A surmonté la Hollandoise.

L'Auguste Moitié de Louis .' Dont les sens estoient réjouis ,

Page 1