‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 91 sur 317 · Du 25. Juillet i665 (Mayolas · texte numérisé non relu

Du 25. Juillet i665 (Mayolas

Furent splendidement traitez.

[serre , La Mort , qui tout prend & tout

Prit Lundy Puget db la Serre ,

Un de nos plus grands Ecrivains 180 Pour Seigneurs, ^nces, Souverains;

Mais , c^uoy c^ue sa féconde Plume

Fit maint petit & gros Volume ,

Par certaine fatalité

Il en a fort peu profité ; 185 Son Ame noble & peu commune

Méritoit une autre fortune.

Le Maréchal de Clérambaut , Qui fut jadis à maint assaut , Qui rendit jalouse Bellonne

190 Par la valeur de sa Personne, Et qui pour le plus Grand des Rois Auroit voulu mourir cent fois Dans les sièges, dans les batailles , Au milieu de cent funérailles ,

195 Par un trait fatal de la Mort Dans son lit a finy son sort.

Son Epouze illustre & fidelle En soufre une peine mortelle , Et ne survit à ce malheur

MO Que pour en montrer sa douleur, Mais toute la Ville avec elle Partage sa perte cruelle Et plaint ce Héros glorieux , Qu on peut placer entre les Dieux,

205 Une belle & riche Héritière , De noble sang, d'humeur altiére , Avoit deux ou trois Serviteurs , Qui faizoient les adorateurs , Luy contoient tous les jours âeuretés,

210 Ne luy parloient que d*amouretes, Et luy dizoient incessamment Tout ce c][ue peut dire un Amant Pour avou*, par son mariage , Le bien , la Charge & Théritage.

215 Un de ces trois, plus enflâmé, Plus chagrin , ou plus afamé , Sur cet hymen tellement presse Cette aimable & chère M^&tresse

Qu'elle luy dit d'un ton hardy i

220 « Sans faute ce sera Jeudy. »

Satisfait de cette parole , Qui , toutefois êtoit frivole , Il fait avertir le Baigneur , Cordonnier , Lingére & Tailleur ;

225 II trote , il poste , il solicite , Et de tous cotez il invite Ses Voizins , Amis & Parens , Et mesme les indiférens , Tandis qu'un Galand Personnage

230 Tout plein d'honneur & de couraj Qu'elle aimoit passionnément.

Qui la voyoit secrètement , Par les sacrez nœuds d'hymenée, En son beau Pays l'a menée.

235 Ce pauvre Amant , déjà grizon , Venant un jour dans la maizon Avec deux Clercs & deux Notaire Et nombre d'autres Gens d'Afaire Par infortune , à cette fois ,

240 II trouva vizage de bois ,

Et son œil n'aperçoit personne.

Laquais, Servante, ny Mignonne.

Se voyant à ce coup séduit, 11 commence à faire du bruit,

245 II murmure , peste , tempeste , Bat le mur du pié, de la teste, Jéte ses gants & son chapeau , Déchire pourpoint & manteau; Son humeur cesse d'être gaye;

250 11 court , il rue , il mort , il braye Et ses Compagnons en soucy »

Du côté du vent sont aussy , Pendant que l'autre, avec justice.

Tient l'argent, la Belle & l'Oficc.

255 Digne sujet de mes Ecrits , Et du grand Employ que j'ay pris Altesse illustre & débonnaire.

Voilà justement vôtre Afaire , Et mon Ouvrage est arête

260 Aussi-tôt que j'auray daté.

Fait en stile non ridicule , Le quatre de la Canicule.

j4 Paris , Chez CharUs Chenault , Imp. et Ub. , Au bout du Pont S, Michel , à l'entrée deUnuiil Huchette, Aux Armes du Roy. Avec Privilège de S, M.

(Biblioth. de l'Arsenal , B. L. 11 800.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Par Charlbs ROBINET.]

Du 26. Juillet i665.

Ouvrons derechef nôtre Veine ; Je la sens de Vers toute pleine Pour la Grande Divinité Â qui de sa fécondité

5 Je me suis rendu pour luy plaire , Chaque Semaine Tributaire , Trop satisfait de tant d'honneur , Si, comme on nous le dit, j'ay Theur D'avoir à mes Vœux favorable

10 Cette Princesse incomparable.

L'Illustre Source de ses Jours , Pour qui j'eus grand respect toû- Cette Kktne si Catholique [jours.

Et dont l'Ame est toute héroïque ,

15 Ayant vu , selon ses désirs Et non sans de charmans plaisirs , Aifermir, malgré la Tempeste , Le Diadème sur la Teste Du généreux Charles Stuard ,

ao Que (s'il luy plaît) le bon Dieu gard Et dans ses desseins favorise.

Enfin a quitté la Thamise , Pour revenir de nôtre Cour Habiter encor le Séjour ,

25 Et d'une amitié ferme & tendre Embrasser sa Fille & son Gendre.

Ce Prince l'aimant bien aussi .

Fut l'accueillir fort loin d'ici ,

{^ Lui menant l'aimable Lignée

JJ Qui vient de son cher Hyménée ,

^. Que tendrement elle embrassa Et de tout son cœur carressa.

Nôtre Grand Porte-Diadème Jusqu'à PoirroiSE fut lui-même ,

35 Faisant acte de bon Neveu, Pour la recevoir en ce lieu ,

S^Où certe un Milord magnifique Lui fit une chère Angélique , Sans avoir nul égard aux frais

40 Nécessaires aux grands Apprés. ^

Nôtre charmante Souveraine Volontiers aussi prit la peine De s'avancer sur son chemin ,

45 Pour la mener à Saint Germain , Oti , visitant la Retne Mère , Encore valétudinaire , Ce fut entre ces Majestez Un concert de civilitez

50 Et de réciproques caresses , Ou, pour dire encor mieux, ten- Qu'il est plus aisé de penser, [dresses, Que non pas ici le tracer.

Après ces complimens affables

55 Et ces tendresses véritables , On la traita royalement Autant que cordialement .

Et , le lendemain , cette Reyne , Avec la jeune Souveraine ,

60 Qui de Charmes ne manque pas , A Versailles dressa ses pas Pour voir la Princesse sa Fille , Qui dans sa Couche encof là brille , Mais bien plus qu'un Soleil couchant.

65 Dieux ! que cet abord fut touchant Et qu'en ce moment la Nature , D'une affection tendre & pure , Répandit en ces deux bons Cœurs Et de plaisirs & de douceurs I

70 Mais la chose est inénarrable , Et c'est à dire inexprimable.

Ajoutons donc que , Mercredy , Comme je pense , après midy , La Reyne Mère d'ANOLETERRE ,

75 De Versailles alla belle erre A Colombes pour quelques jours.

Si longuet parest ce Discours , Sa longueur étoit nécessaire ; Mais parlons de quelqu'autre affaire.

Les Sieurs Commissaires du Roy,

21 — Du 26. Juillet i665 (Robinet).

M»cotbertTous gcns d'élite, en bonne foy, <te^l«! Et d'Ame royale & Françoise , **®^aéné-N'aguéres furent à Pontoise et RsBor. Trouver nôtre pompeux Clergé En cette Ville congrégé , 85 D'où, la Semaine antécédante , . Plusieurs de la Troupe éclatante S'étoyent , comme ses Déptjtez , Transportez vers les Majestez.

Or ces Messieurs les Commissaires, Qo Entendus dans les hauts Mystères Et tous Personnages lettrez , Furent receus par huit Mytrez , rcbaries Couduis par CELUI de Toulouze , ^Angfure Qui des vertus a plus de douze ,

*^i^?'r ^^ ^^^ ^^ festina vraiment

Amplement & splendidement.

Ayans paru dans I'Assemblée , Leur aspect la rendit comblée Et d'allégresse & de plaisir ,

100 Car enfin , selon son désir , Yf^S L'un d'eux , qui portoit la Parole (Je vous le dis sans hyperbole] Avec beaucoup de gravité , De la part de sa Majesté ,

105 Remit à cette Compagnie , Où brille maint sçavant Génie , Un bel EcRTF signé Louis , Dont tous furent bien réjouis , Apprenans par icelle Lettre

110 Qu'ils pouvoient certe se promettre La faveur de ce Potentat , Dont par tout l'on fait tant d'estat Que, s'il n'est Monarque du Monde Par sa puissance sans seconde ,

115 II ne l'est pas moins qu'en sa Cour Et par estime & par amour.

Aussi vrai que le jour m'éclaire , Le tres-RÉvÉREND Dom Hilairb , BARNABrrE de qualité

120 Et le Général Député

Du Clergé, qui n'est pas fort mince.

De la Béarnoise Province , L'autre jour , par un beau souci , Vint en cette Assemblée aussi ,

135 Car, foy d'une Muse historique Qui de la vérité se pique , C'estoit afin d'y proposer (Ce qu'on ne sçauroit trop priser] La ruine de l'Hérésie ,

130 Qui s'est , dit~on , si bien saisie Du Béarn & des Béarnois

Qu'elle y fait nargue aux saintes Loi Cette ardeur est tout-à-fait belle , Et je souhaite avec grand zélé

135 Que l'EspRiT Saint. I'Espiut de Dn La veuille bénir en tout lieu , Quoi qu'en disent (par parenthes< Gens cle Luther, Calvin & Bézb.

Mais revenons au Député :

140 II fut avec soin écouté

Dans la sage & docte harangue Qu'il fit , dit-on , en nôtre langue Après que Messieurs les Prélats , Qui de son mérite font cas ,

145 L'eurent contraint par déférence De prendre parmi-eux séance , Ayant d'un beau Bonnet carré Couvert son chef bien éclairé.

Aussi, pour en parler en somme,

150 C'est, je vous proteste, un maître

[Homn Et qui , lui-même étant sorti Autresfois du mauvais Parti .

En a sceu détacher mains autres Pour suivre la Foy des Apôtrbs.

1 55 Mademoiselle d'Albnçon , D'Amour un charmant Ameçon Pour ceux que la Gloire environn Fut au beau Convent de Charonn Le Jour de Sainte Magdelon

160 Et , mieux que n'eust fait Apgudî Un Orateur qui dit merveilles "j Y ravit ses fines Oreilles. b»

Nostre Archevesqub, ce Préut Qui par sa mine & son éclat

163 Semble d'un Patrurchb auguste, Par un zèle autant beau que juste Visite ses Diocésains, Non de Paris, mais les Forains, Qui lu)r font à l'envi cent festes,

170 Au bruit du Canon & des Boestes Ravis jusques au fond du Coeur D'avoir enfin un tel Pasteur.

, L'Ambassadeur de sa HAUTEsn A Vienne , & non à Lutéce ,

175 Eut en I'Imperule Cour Son Audiance l'autre jour.

Et, sans que l'on j trouve à monin Il s'y renoit au suivant ordre.

Huit Chariots rouloient devant,

180 Chargés de Nipes du Leyaiit,

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