‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 90 sur 317 · Da 25. Juillet i665 (MAYOLâs · texte numérisé non relu

Da 25. Juillet i665 (MAYOLâs

Où chaque Sénateur est Noble.

75 Tous ceux qui forment ce Sénat, De lu]^ faizans beaucoup d'état , Ont bien voulu, sans répugnance , Le recevoir en survivance Pour Gouverneur du Daufiné ,

8o Dignité due au Fils Aîné Du parfait Duc de I'Ediguiéres , Remply de trés-vives lumières , De gloire, de zélé & de foy Pour tous les intérêts du Roy.

S5 Ce digne Fils d'un digne Pérp , Que toute la Cour considère , PÔura par ses faits glorieux Egaler bien-tôt ses Ayeux.

Parlons des beaux Prézens qu V

90 Cet Ambassadeur de la Porte [porte (Autrement dit le Grand-Seigneur) Aux Courtizans, à l'Empereur.

Il ofrit d'abord une Tente , Que d'Ouvriers plus de soixante

95 l^dant un an incessamment Ont travaillé parfaitement ; Elle est si pézante & si grande Que mon Corespondant me mande Qu^il falloit , san^ rien ajouter ,

100 Cinq chariots pour la porter.

Cette Pièce si curieuze Est si grande & si spacieuze Qu'on peut lo^er sous son contour Toute l'Impériale Cour ;

105 D*or & d'argent elle est formée , Et de mille fleurs parsemée , [francs, Que Messieurs les Turcs, assez Prizent plus de cent mille francs.

Maintes riches Tapisseries ,

110 Aussi faites en broderies, Tapis, Paivillons, Etendars, Etoient portez sur quatre chars , Avec deux douzaines de Vestes Qui peuvent rendre les Gens lestes,

115 Et je puis assurer encor Que toutes sont de toile d'or.

De cette êtofe préparée La Cour eût été si parée Qu'on eut pris plaizir à la voir ,

110 Mais, par mal-heur, elle est en noir.

Je trouve parmy mes Nouvelles Qu'au Couvent des Filles deChelles, Avec grande dévotion ,

loj Impr. Qu'elle peut

Fut faite la translation 125 Du Corps-saint de Sainte Bertille,

Première Abesse de la Ville ,

Et de Saint-Génest, autrefois

Archèvesque de Lyonnois ,

Grand Aumônier par excellence 130 De Bertilde Reyne de France ,

Epouze du second Clovis

(Qui connoissoit fort bien son prix);

Cette Princesse glorieuze ,

Fondatrice & Réligieuze 1 35 De ce Couvent Abatial ,

L'a rendu doublement Royal, [rare,

L'Archèvesque d'Auch, grand &

Qui de vertus s'arme & se pare, (Henri d«

ftrèlat d'un très-bon jugement, ^«îdaï^ 140 Vêtu pontificalement , «»'*^'

Célébra la Cérémonie ;

Une agréable synfonie ,

Raizonnant de chaque côté ,

Augmenta la solennité ; 145 Religieux, Réligieuzes,

Ames dévotes & pieuzes ,

En ordre & sans confuzion ,

Marchoient à la Procession ;

Sur toutes Madame l'Abbesse ^Jeî?* 150 Fit voir une sainte alégresse , Menienye

Et l'Abbé Bossuet , ennn ,

Y fit un Sermon tout divin ;

Ce grand Personnage eut la gloire

De charmer tout son Auditoire.

155 Vous verrez icy comme il faut Messieurs d'Aligre , Guénégaud , Pussort , Sève , Colbert encore , Gens qu'on estime & que j'honore, Allans vers l'illustre Clergé ,

160 Qui dans Pontoi^e s'est logé.

Le fameux Pasteur de Toulouze , ^J^S Suivy de Prélats prés de douze , <r^lare Receut fort bien ces cinq premiers *^®i^nu*" A la porte des Cordeliers ,

165 Et les mena dans l'Assemblée En ce grand Couvent assemblée.

Monsieur d'Aligre éloquemment , Ainsi que très-obligeamment.

De la part du Roy nôtre Maître,

170 Par une Lettre fit connaître Que de leur Députadon Il receut satisfaction , Et leur promet en assurance Le ferme apuy de sa puissance ;

175 Apré^ quoy lesdits Députez

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