LETTRE EN VERS
A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS
r Pas LA GRAVETTE ob MAYOLAS.]
Du 1. Aoust i665.
Heureux Samedy, je te tiens !
C'est en ce jour que l'entretiens Ma Pmncessb , dont la clémence Ne cède point à sa puissance.
5 Que je te trouve paresseux , Que tu viens tard selon mes vœux ; Ton absence m'est inhumaine , Car je voudrois, chaque semaine, Au heu de te voir une fois ,
10 Pouvoir te tenir deux ou trois, Tant j'ay de plaizir & de zelle A rimer des Lettres pour Elle.
Le Lundy comme le Mardy , Mercredy , Jeudy , Vendredy ,
15 Tu sçay que mon Ame ingénue Soupire après ta bien-venue ; Mais quoy ! tu suis l'ordre des jours. Et moy celuy de mon discours.
Madbmoizbllb , qu'on estime ao Pour son Esprit rare & sublime , Pour sa vertu , pour son haut Rang Et pour la splendeur de son Sang ;
Cette Princesse bien-aimée , Dont la gloire est par-tout semée,
25 Ayant pris congé de la Cour, Est allée aux Cnamps faire un tour, Où l'on coupe blés, ségles, orges, Et pour boire les Eaux de Forges, Dont la salutaire bonté
joAfermira bien sa santé.
Et, par cette grâce nouvelle, Reviendra plus fraîche & plus beDe Paroître dans ce beau séjour Et promener à Luxemboor.
35 Cette généreuse Héroïne, Par son éclat & par sa mine.
Et par les rayons de ses yeux, [fi€i& Rendra cent fois plus beaux oei
On redouble icy la Priâv 40 Pour nôtre Grande RBntB-Mére.
Dans Saint Germain de rAuaemii Paroisse ordinaire des Rois, On recommence une Neuvaine,
)o Itapr. Afermiront.