Du I. Aoust i665 iMayolas
Invoquant toujours Sainte Reine gAvec ardeur, avec raizon, Pour sa parfaite guérizon , Dont les précicuzes Reliques Sont par ses bornez magnitiques Dans un Reliquaire d'ar^jent ; fsEt l'on void, d'un pas diligent, Les Grands & petits de la Ville (En tout temps en peuple fenillc) , Le matin ainsi que le soir, S'aquiter bien de leur devoir.
;Pour moy.de tout mon cœur je prie Et voudrois au prix de ma vie Prolonger le plorieui cours De ses chers & de ses beaux jours.
Au Public volontiers j'expoie (Qu'on fait encor la mesme choze
Êelon l'écrit qu'on m'a montré) ans te Convent de Prémontré , Pourvu du titre d'Abbaye , Possédant mainte Cbanoinie; [Et Jean-Baptiste Pénillon , Religieux de grand renom , . Abbé de ce grand Monastère , Habille, pieux & sincère.
Qu'il régit bien par ses travaux , (En ses habits Pontificaux .
Suivy de tous ceux de son Ordre , Marchans alors en fort bon ordre , ^ Vers la porte de ce Convent Sr (Ce qui leur arive souvent).
D"un cœur dévot & non profane, 'iPrii un ossemcnt de Sainte-ANNE mains de Monsieur Bimenrt, 'Esprit aussi sçavant que net.
Qui fait voir autant de prudence iQue de sçflvoir et d'éloquence , Ce qu'on ne luy sçauroit nier Dans le bel Employ d'Aumônier Et Prédicateur ordinére De LoBis , de la REiNE-Mérc , »5 Qu'il portoit avec piété De U part de Sa Majesté .
Ayant lors en sa compagnie Un excéleni & beau Génie .
M* Assavoir l'Aumônier Ferband.
L Rcmplv d'un méntc très-grand.
Après le prézent Angélique De la glorieuze Relique .
On y chanta le Tb Deoh , On y fit U Procession .
9fOti Personnes plus de six mille
Soit du Village ou de la Ville , Se rencontrèrent à la fois , Le vingt-quatrième du mois , Et tous le Sermon entendirent .
loo Qu'avec raizon ils aplaudirent, Car des Rècolets le Gardien ^^^ Sur ce Sujet prêcha fort bien. eaU Le dit Abbé . pour cette Reiwe , Fait de son chef une Neuvaine
105 A l'Autel beaucoup estimé De la Sainte que j'ay nommé [Une Patrone glorieuze De sa Maizon Rèligieuze).
Pour luY témoigner dézormais
iioGratiluac de ses bien-faits.
N'en déplaize aux Esprits critiques.
Agréablement les Réhques De la Campagne & de Paris Trouvent place dans mes Ecrits;
,,jSi ma Lenre en est moins rieuze.
Elle en parottra plus pieuze .
Et le cas est trop important Pour n'en pas mètre tout autant.
,jo Les Commissaires de Holande , Unis avec ceux de Zéunde , Examinans exactement Les Guerriers qui trop lâchement Au Combat avoient pris la fuite ,
,15 N'en prévoyans pas la poursuite, Ont fait punir maint criminel Par un suphce corporel , Passer quelques-uns par les armes.
Non sans soufrir chaudes alarmes.
I -0 Deux ou trois Nobles Oliciers Furent déclarez roturiers .
Quatre Matelots , forts ou minces , Banis de leurs chères Provinces ; Aussi pas un ne songe pas
ijjA fuir dézormais les combats, Et, de peur de se faire pendre, Tous songeront à se défendre Et . sans combatre en reculant.
Chacun y fera le vaillant ,
,40 Si les Etats & l'Angleterre
Ne veulent point finir leur guerre Et cesser d'armer maint Vaisseau Pour se batre tout de n
Le bruit , l'ataquc & la défencc ij De l'Archévesque de Mayence Et de l'Electeur Palatin Ne prenans point encore fin.
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2%, — - Du 1. Aoust i665 (Mayouls).
Les Entreméteurs magnifiques , Princes prudens & pacifiques ,
150 Leur ont si bien reprézenté Les rigueurs de l'hostilité, Et qu'une paix est plus aimable Qu'une guerre trés-favorable , Que chacun d'eux prézentement
135 Ecoute l'Acommodement. , La choze est encor incertaine ; Nous la sçaurons l'autre-semaine , Et dés-lors que je l'aprendray Dans mes Vers |e l'a décriray.
Sus donc, Peuple, Marchand, No-
160 [blesse.
Reprenons nouvelle allégresse !
Les rivages Américains D'argent nous r'emplirons les mains, Puis-au'il est venu de ces Isles
165 (En Marchandizes trés-fertiles) En trois de nos diférens Ports , Des plus fameux & des plus forts , Plusieurs Vaisseaux chargez de Sucre D'où l'on tire un doux & grand lucre,
170 De Poivre blanc, de Poivre cris, D'Ambre , de Tabac & de Ris , Canelle , Gérofle & Muscade , Qui réchaufe le cœur malade , I^ les soins de nos Directeurs
175 Qui deviennent nos Bien-faiteurs , Leur adresse & leur vigilance , Leur courage & leur diligence Conduizans jusqu'en nos maizons Des biens en toutes les saizons
180 De ces Indes Occidentales.
Que feront les Orientales Sous un Chef si victorieux Et des Gens trés-oficieux ?
Nous en tirerons le quadruple ,
185 Nos deniers vaudront le centuple , Et les François, bien rézolus , Seront riches comme Crézus ; Le Rot fera, par sa puissance , Venir le Siècle d'or en France.
Dans Arras, Monsieur de Ma- 190 [chaut,
S'aquitant de tout ce qu'il faut , Intendant de cette Province , Par l'ordre de notre Grand Prince , Dans l'Hâtel s'êtant transporté 195 Des Bourgeois d'icelle Cité, Il fit gayement, je vous jure ,
D'un trés-bon Arêt la lecture , Qui pour leur bien & leur repot Les décharge de mains impos ,
200 Et veut que dans l'Echevinage Quatre Marchands ayent l'avanta D'y pouvoir entrer en éfet , CeL qui le lendemain fut fait.
De plus, pour travailler sans pei
205 En Camelots de soye & laine , Le Roy leur prête pour huit ans , Sans intérêt, cent mille francs.
Pour comble encore de fortune; Par une grâce non commune ,
210 II y fait raire, à ses dépens , De fort spacieux bâtimens Pour y loger les Gens-de-guerre ; Dont la belle première pierre Fut mize par cet Intendant
215 Au plaizir de chaque Habitant, Qui pour donner à ce Monarque Une éclatante & juste marque De leurs dézirs reconnoissans De tant de bien-faits bien-faizans
220 Que sa clémence leur octroyé , Allumèrent des Feux de joye Dans les Places & Carefours Et de la Ville & des Faux-bours, Et firent dire mainte Messe ,
225 Dans l'excez de leur allégresse, Avec ffrande solennité , Pour ï'heureuze prospérité De toute la Maizon Royale « Qu'aucune autre au Monde n'égal
230 L'illustre Baron de Polnis , Des plus Nobles & des mieux mis Des plus adroits & des plus sages Et des plus galans Personnages, Fit prézent au Roy, l'autre-jour,
235 Pour l'Electeur de Brandebour, De huit beaux Chevaux yzabeUe, De qui la taille corporelle , Le prix, la grâce & les beautés Les font passer pour raretés,
240 Car, sans rien flater & sans feindr J'assure qu'ils sont faits à pdndrc Chacun ayant deux Estafiers , Ou plutôt deux Palefreniers , Qui, les menans en assurance»
Ne sembloient marcher qu'en ca-
Dont le Roy, pour remerdmant.
Le regala d'un Diamant.