‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 99 sur 317 · Du 8. Aoust i665 (Matol · texte numérisé non relu

Du 8. Aoust i665 (Matol

Voudroit bien que sa Paix fut faite ; Il demande à sa Majesté «40 Pardon de sa témérité, Mais , avant qu'on le luy prométe , Il faudra bien qu'il se souméte.

Monseigneur le Duc de Bbaufort, Que les Barbares craignent fort , ^sAvec douze puissans navires Favorisez des doux Zéiirs , De Toulon depuis peu party , Suivy de ceux de son Party , Va bien exercer sa vaillance

350 Ainsi que son expériance, Et par son ordre l'on construit Des Vaisseaux encor sept ou huit.

PiuNCEssB , des plus vertueuzes , Aucunes nouvelles fâcheuzes 255 N'a^ans point troublé mon esprit , Je vien d achever cet Écrit ; Agréez qu'il vous entretienne , Atendant que la Cour revienne.

Fait la veille de Saint Laurents , 260 Qui nous guérit du mal des dents.

A Paris, Ckâr CkarUs Cktmmlt , Imp, à Uh, Au bout du Pout S. Michel, à Feutrie de lu rue de la IhckdU , aux Armes du Ray. Avec Privilège de S. M.

(Bibliotfa. de l'Arsenal, B. L. 1 1800. — Bîblioth. de M. le l>aron James de Rothschild. •— Ce dernier exemplaire , destiné à la vente à Ljoni porte la date du 1 1 Aoust et se termine par l'adresse suivante : A Paris, Cke^ Charles Cheuault, Imp. & Uh,, Au bout du paut S, Michel, à Veutrée de la rue de la Huchette, aux Armes du Kcy. Avec Privilège de S. M. Et se veudeut â Lyou, che^ Charles Mathevel, Marebaud Libraire, rue Mercière, à 5. Thomas d^Acquiu.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Pas Chaelbs ROBINET.]

Du 9« Aoust i665.

Las 1 ma Vbinb, ma pauvre Veine, Qui couloit comme une Fontaine , Et bref qui fourmiiloit de Vers Assez pour remplir l'Univers 5 Si-tôt qu'approchoit la Journée A ma Missive destinée , Se trouve en ce moment à sec , Et la Muse au Caquet-bon-Bec Ne sçait que chanter & qu'écrire.

Qu'est-ce donc que cela veut dire ?

En vain , je veux faire en ce Jour , Comme à l'ordinaire, ma Cour A Phcsbus, à toutes les Muses ; Je ne trouve en eux aue des Buses.

Leur Hypocreine & l'HéucoN , Où je beuvois à plein Flacon , Ne m'offrent rien que de la glace ; D'où peut venir cette disgrâce?

Tout ailleurs est endésarroy,

aoJe ne voi que crainte & qu'éfroy, Et les soupirs avec les larmes Font un concert dans ces allarmes Qui trouble la Terre & les Cieux.

Il en sort du cœur & des yeux

25 De toutes les Vertus ensemble ; D'où vient cela, que vous en semble?

Ah ! la Cause d'un tel effet Je la sçais & chacun la sçait , C'est Testât , par un Sort injuste ,

30 Où s'est vue une Reyne auguste.

Dieux, pardonnez-moy ce Trans-

[port ; Je ne sçai pas bien si j'ay tort , Car vous nous voilez vos Mystères, Mais les Vertus d'ANNE sont claires ,

35 Elles éclatent à nos yeux ,

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