DU LUXE DES FEMMES
passages de TÉcrîtîJre qui parlent avec tant de véhémence contre les moindres choses de cette sorte? Lessius, dit le père, y a doctement satisfait , de Jwt. , J. 4 , c. 4, d. 14 , n. 1 14 , en disant que « ces passages de l'Écriture « n'étaient des préceptes qu'à l'égard des femmes de ce « temps-là, pour donner par leur modestie un exemple d'é- « dification aux païens. » Et d'où a-t*il pris cela , mon père? Il n'importe pas d'où il l'ait pris; il suffit que les sentiments de ces grands hommes-là sont toujours probables d'eux-mêmes. Mais le père le Moine a apporté une modération à cette permission générale , car il ne le veut point du tout souffrir aux vieilles : c'est dans sa Dévotion aisée , et entre autres p. 127, 157, 163. « La jeunesse, dit-il, « peut être parée de droit naturel. Il peut être permis de « se parer en un âge qui est la fleur et la verdure des aus. « Mais il en faut demeurer là : le contre-temps serait étrange « de chercher des roses sur la neige. Ce n'est qu'aux étoiles « qu'il appartient d'être toujours au bal, parce qu'elles « ont le don de jeunesse perpétuelle. Le meilleur donc en « ce point serait de prendre conseil de la raison et d'un « bon miroir, de se rendre à la bienséance et à la néces- « site , et de se retirer quand la nuit approche. » Gela est tout à fait judicieux, lui dis-je. Mais, continua -t-il, afin que vous voyiez combien nos pères ont eu soin de tout, je vous dirai que, donnant permission aux femmes de jouer , et voyant que cette permission leur serait souvent Inutile si on ne leur donnait aussi le moyen d'avoir de quoi jouer, ils ont établi une autre maxime en leur faveur, qui se voit dans Escobar, au chap. du Larcin, tr. 1 , ex. 9 , n. 13 : « Une femme, dit-il , peut jouer , et prendre pour « cela de l'argent à son mari . »
En vérité , mon père , cela est bien achevé. Il y a bien
d'autres choses néanmoins, dit te père: mais il faut les lais* ser, pour parler des maximes plus importantes, qui facilitent l'usage des choses saintes, comme, par exemple, la manière d'assister à la messe. Nos grands théologiens Gaspard Hurtado, de Sacr. , t. 2 , d. 5 , dist. 2 , et Conink, q. 83 , a. 6 , n. 1 97 , ont enseigné sur ce sujet qu'il a suffît « d'être présent à la messe de corps, quoiqu'on soit absent « d'esprit, pourvu qu'on demeure dans une contenance « respectueuse extériçuremeut. » Et Vasquez passe plus avant, car il dit « qu'on satisfait au précepte d'ouïr la « messe, encore même qu'on ait l'intention de n'en rien « faire. » Tout cela est aussi dans Ëscobar. 1. 1 , ex. 1 1 , n. 74 et 107; et encore au tr. i , ex. 1, n, 1 16, où il l'explique par l'exemple de ceux qu'on mène à la messe par force, et qui ont l'intention expresse de ne la point entendre Vraiment, lui dis-je, je ne le croirais jamais, si un autre me le disait. En effet , dit-il , cela a quelque besoin de l'autorité de ces grands hommes ; aussi bien que ce que dit Escobar, au tr. 1, ex. 11, n. 31 : « Qu'une méchante « intention , comme de regarder des femmes avec un désir « impur, jointe à celle d'ouïr la messe comme il faut, « n'empêche pas qu'on n'y satisfasse : Nec obest alla pra- « va intentio, ut aspiciendi libidinose fe minas. «
Mais on trouve encore une chose commode dans notre sa vaut Turrianus , Select., p. 2 , d. 16, dub. 7 : .« Qu'on « peut ouïr la moitié d'une messe d'un prêtre, et ensuite « une autre moitié d'un autre; et même qu'on peut ouïr « d'abord la fin de l'une, et ensuite le commencement « d'une autre. » Et je vous dirai de plus qu'on a « permis * encore d'ouïr deux moitiés de messe en même temps de « deux différents prêtres , lorsque l'un commence la messe « quand l'autre en est à l'élévation ; parce qu'on peut avoir