FORME DANS LES JUGEMENTS CRIMINELS
qui s'y trouve vous fera rougir. Car, puisque ce discours m'y porte, je vous prie de suivre rette comparaison entre la manière dont on peut tuer ses ennemis, selon vous, et celle dont les juges font mourir les crimiuels.
Tout te monde sait, mes pères , qu'il n'est jamais permis aux particuliers de demander la mort de personne ; . et que quand un homme nous aurait ruinés, estropiés, brûlé nos maisons , tué notre père , et qu'il se disposerait encore à nous assassiner et à nous perdre d'honneur, on n'écouterait point en justice la demande que nous ferions de sa mort : de sorte qu'il a fallu établir des personnes publiques qui la demandent de la part du roi, ou plutôt de la part de Dieu. A votre avis , mes pères , est-ce par grimace et par feinte que les juges chrétiens ont établi ce règlement? et ne l'ont* ils pas fait pour proportionner les lois civiles à celles de l'Évangile , de peur que la pratique extérieure de la justice ne fut contraire aux sentiments intérieurs que des chrétiens doivent avoir? On voit assez combien ce commencement des voies de la justice vous , confond; mais le reste vous accablera.
Supposez donc, mes pères, que ces personnes publiques demandent la mort de celui qui a commis tous ces crimes; que fera-t-on là-dessus? Lui portera- t-on incontinent le poignard dans le sein? Non , mes pères ; la vie des hommes est trop importante ; on y agit avec plus de respect : les lois ne l'ont pas soumise à toutes sortes de personnes , mais seulement aux juges dont on a examiné la probité et la naissance. Et croyez- vous qu'un seul suffise pour condamner un homme à mort? H en faut sept pour le moins , mes pères. Il faut que de ces sept il n'y en ait aucun qui ait été offensé par le criminel , de peur que la passion n'altère ou ne corrompe son jugement, pt vous savez , mes pères ,
•ii
qu'afin que leur esprit soit aussi plus pur, on observe encore de donner les heures du matin à ces fonctions : tant on apporte de soin pour les préparer à une action si grande , où ils tiennent la place de Dieu , dont ils sont les ministres , pour ne condamner que ceux qu'il condamne lui-même.
Et c'est pourquoi , afin d'y agir comme fidèles dispensateurs de cette puissance divine, d'ôter la vie aux hommes , ils n'ont la liberté de juger que selon les dépositions des témoins, et selon toutes les autres formes qui leur sont prescrites ; ensuite desquelles ils ne peuvent en conscience prononcer que selon les lois , ni juger dignes de mort que ceux que les lois y condamnent. Et alors, mes pères, si l'ordre de Dieu les oblige d'abandonner au supplice le corps de ces misérables , le même ordre de Dieu les oblige de prendre soin de leurs Ames criminelles; et c'est même parce qu'elles sont criminelles qu'ils sont plus obligés à en prendre soin; de sorte qu'on ne les envoie à la mort qu'après leur avoir donné moyen de pourvoir à leur conscience. Tout cela est bien pur et bien innocent; et néanmoins l'Église abhorre tellement le sang, qu'elle juge encore incapables du ministère de ses autels eeux qui auraient assisté à un arrêt de mort, quoique accompagné de toutes ces circonstances si religieuses : par où il est aisé de concevoir quelle idée l'Église a de l'homicide.
Voilà, mes pères, de quelle sorte, dans Tordre de la justice, on dispose de la vie des hommes : voyous maintenant comment vous en disposez. Dans vos nouvelles lois il n'y a qu'un juge, et ce juge est celui-là même qui est offensé. Il est tout ensemble le juge , la partie et le bourreau. Il se demande à lui-même la mort de son ennemi , il l'ordonne, il l'exécute sur-le-champ; et , sans respect ni du corps ni de l'âme, de son frère , ii tue et damne
celui pour qui Jésus-Christ est mort , et tout cela pour éviter un soufflet , ou une médisance , ou une parole outrageuse , ou d'autres offenses semblables , pour lesquelles un juge, qui a l'autorité légitime, serait criminel d'avoir condamné à la mort ceux qui les auraient commises , parce que les lois sont très-éloignées de les y condamner. Et enfin , pour comble de ces excès , on ne contracte ni péché, ni irrégularité, en tuant de cette sorte sans autorité et contre les lois , quoiqu'on soit religieux , et même prêtre. Où en sommes-nous, mes pères? Sont-ce des religieux et des prêtres qui parlent de cette sorte? Sont-ce des chrétiens? Sont-ce des Turcs? Sont-ce des hommes ? Sont-ce des démons ? Et sont-ce là des mystères révèles par F Agneau à ceux de sa Société 9 on des abominations suggérées par le Dragon à ceux qui suivent son parti?
Car enfin , mes pères , pour qui voulez- vous qu'on vous prenne? pour des enfants de l'Évangile, ou pour des ennemis de l'Évangile? On ne peut être que d'un parti ou de l'autre , il n'y a point de milieu. « Qui n'est point avec Jé- « sus-Christ est contre lui. • Ces deux genres d'hommes partagent tous les hommes. Il y a deux peuples et deux mondes répandus sur toute la terre , selon saint Augustin : le monde des enfants de Dieu , qui forme un corps , dont Jésus-Christ est le chef et le roi ; et le monde ennemi de Dieu , dont le diable est le chef et le roi. Et c'est pourquoi Jésus-Christ est appelé le roi et le dieu du monde, parce qu'il a partout des sujets et des adorateurs, et que le diable est aussi appelé dans l'Écriture le prince du monde et le dieu de ce siècle, parce qu'il a partout des suppôts et des esclaves. Jésus-Christ a mis dans l'Église, qui est son empire, les lois qu'il lui a plu, selon sa sagesse éternelle; et le diable a mis dans le monde, qui est son
7ht QUATORZIÈME LETTRE,
royaume, les lois qu'il a voulu y établir. Jésus Christ a mis l'honneur à souffrir ; le diable à ne point souffrir. Jésus-Christ a dit à ceux qui reçoivent un soufflet de tendre l'autre joue ; et le diable a dit à ceux à qui on veut donner un soufflet de tuer ceux qui voudront ieur faire cette injure. Jésus-Christ déclare heureux ceux, qui participent à son ignominie, et le diable déclare malheureux ceux qui sont dans l'ignominie. Jésus-Christ dit : Maiheur à vous quand les hommes diront du bien de vous ! et le diable dit : Malheur à ceux dont le monde ne parle pas avec estime l
Voyez donc maintenant , mes pères, duquel de ces deux royaumes vous êtes. Vous avez ouï le langage de la ville de paix, qui s'appelle la Jérusalem mystique, et vous avez ouï le langage de la ville de trouble, que l'Écriture appelle la spirituelle Sodome ; lequel de ces deux langages entendez- vous? lequel parlez- vous ? Ceux qui sont à Jésus-Christ ont tes mêmes sentiments que Jésus-Christ., selon saint Paul; et ceux qui sont enfants du diable, ex pâtre diabolo, qui a été homicide dès le commencement du monde, suivent les maximes du diable, selon la parole de Jésus-Christ. Écoutons donc le langage de votre école, et demandons à vos auteurs : Quand on nous donne un soufflet, doit-on l'endurer plutôt que de tuer celui qui le veut donner? ou bien estril permis de tuer pour éviter cet affront? Il est permis, disent Lessius, Molina, Escobar, Regînaldus, Filiutius, Baldelluset autres jésuites, de tuer celui qui veut nous donner un soufflet. Est-ce là le langage de Jésus-Christ? Répondez-nous encore. Serait-on sans honneur* en souffrant un soufflet, sans tuer celui qui l'a donné? « N'est-il pas véritable, dit Esco- « bar, que, tandis qu'un homme laisse vivre celui qui lui
«adonné un soufflet, il demeure sans honneur?» Oui} mes pères, sans cet honneur que le diable a- transmis de son esprit superbe en celui de ses superbes enfants. C'est cet honneur qui a toujours été l'idole des hommes possédés par l'esprit dti monde. C'est pour se conserver cette gloire, dont le démon est le véritable distributeur, qu'ils lui sacrifient leur vie par la fureur des duels à laquelle ils s'abandonnent, leur honneur par l'ignominie des supplices auxquels Hs s'exposent, et leur salut par le péril de la damnation auquel ils s'engagent, et qui les a fait priver de la sépulture même par les canons ecclésiastiques. Mais on doit louer Dieu de ce qu'il a éclairé l'esprit du roi par des lumières plus pures que celles de votre théologie. Ses édits si sévères sur ce sujet n'ont pas fait que le duel fut un crime; ils n'ont fait que punir. le crime qui est iasé* parable du duel. Il a arrêté, par la crainte de la rigueur de sa justice, ceux qui n'étaient pas arrêtés par la crainte de la justice de Dieu ; et sa piété lui* a fait connaître que l'honneur des chrétiens consiste dans l'observation des ordres de Dieu et des règles du christianisme , et non pas dans ce fantôme d'honneur que vous prétendez*, tout vain qu'il soit, être une excuse légitime pour les meurtres. Ainsi vos décisions meurtrières sont maintenant en aversion h tout le monde, et vous seriez mieux conseillés de changer de sentiments,. si ce n'est par principe de religion, au moins par maxime de politique. Prévenez , mes pères , par une condamnation volontaire de ces opinions inhumaines, les mauvais effets qui en pourraient naître, et dont vous seriez responsables. Et, pour concevoir plus d'horreur de l'homicide, sou venez vous que le premier crime des hommes corrompus a été un homicide en la personue du premier juste ; que If ur plus grand crime a été un ha-
micide en la personne du chef de tous les justes; et que l'homicide est le seul crime qui détruit tout ensemble l'Etat, l'Église, la nature et la piété.
P. S. Je viens de voir la réponse de votre apologiste à ma treizième lettre. Mais s'il ne répond pas mieux à celle-ci, qui satisfait à la plupart de ses difficultés, il ne méritera pas de réplique. Je le plains de le voir sortira toute heure hors du sujet, pour s'étendre en des calomnies et des injurescontre les vivantset contre les morts. Mais, pour donner créance aux mémoires que vous lui fournissez , vous ne deviez pas lui fairedésavouer publiquement une chose aussi publique qu'est le soufflet de Gompiègne. Il est constant, mes pères, par l'aveu de l'offensé, qu'il a reçu sursajoue un .coup de la main d'un jésuite; et tout ce qu'ont pu faire vos amis a été de mettre en doute s'il l'a reçu de l'avant- .main ou de l'arrière main ; et d'agiter la question si un coup de revers de la main sur. la joue doit être appelé soufflet ou non. Je ne sais à qui il appartient d'en décider ; mais je croirais cependant que c'est au moins un soufflet probable. Cela me met en sûreté de conscience.
Que le» Jésuites ôtent la calomnie du nombre des crimes, et qu'ils no font point de scrupule de s'en servir pour décrier leurs ennemis.
Du 25 novembre 1650.
Mes révérends pères,
Puisque vos impostures croissent tous les jours, et que vous vous en servez pour outrager si cruellement toutes les personnes de piété qui sont contraires à vos erreurs , je me sens obligé^ pour leur intérêt et pour celui de l'E-
SENTIM. DES JÉSUITES SUlt LA CALOMNIE. 2#7
glise, de découvrir un mystère de votre conduite, que j'ai promis il y a longtemps, afin qu'on puisse reconnaître par vos propres maximes quelle foi l'on doit ajouter à vos accusations et à vos injures.
Je sais que ceux qui ne vous connaissent pas assez ont peine à se déterminer sur ce sujet , parce qu'ils se trouvent dans la nécessité ou de croire les crimes incroyables dont vous accusez vos ennemis, ou de vous tenir pour des imposteurs , ce qui leur parait aussi incroyable. Quoi 1 disent-ils , si ces choses-là n'étaient, des religieux les publieraient-ils, et voudraient-ils renoncer à leur conscience, et se damner par ces calomnies? Voilà la manière dont ils raisonnent : et ainsi les preuves visibles par lesquelles on ruine vos faussetés , rencontrant l'opinion qu'ils ont de votre siucérité , leur esprit demeure en suspens entre l'évidence et la vérité qu'ils ne peuvent démentir, et le devoir de la charité qu'ils appréhendent de blesser. De-sorte que comme la seule chose qui les empêche de rejeter vos médisances est l'estime qu'ils ont de vous, si on leur fait entendre que vous n'avez pas de la calomnie l'idée qu'ils s'imaginent que vous en avez, et que vous croyez pouvoir faire votre salut en calomniant vos ennemis, il est sans doute que le poids de la vérité les déterminera incontinent à ne plus croire vos impostures. Ce sera donc , mes pères , le sujet de cette lettre.
Je ne ferai pas voir seulement que vos écrits sont remplis de calomnies , je veux passer plus avant. On peut bien dire des choses fausses en les croyant véritables, mais la qualité de menteur enferme l'intention de mentir. Je ferai donc voir , mes pères, que votre intention est de mentir et de calomnier , et que c'est avec connaissance et avec dessein que vous imposez à vos ennemis des crimes dont
vous*avez qu'ils sont iunoceuts , parce que vous croyez le pouvoir faire sans déchoir de l'état de grâce. Et quoique vous sachiez aussi bien que moi ce point de votre morale , je ne laisserai pas de vous le dire ,^mes pères , afin que personne n'en puisse douter , en voyant que je m'adresse à vous pour vous le soutenir à vous-mêmes , sans que vous puissiez avoir l'assurance de le nier, qu'en confirmant par ce désaveu même le reproche que je vous en fais. Car c'est une doctrine si commune dans vos écoles, que vous l'avez soutenue non-seulement dans vos livres, mais encore dans vos thèses publiques, ce qui est de la dernière hardiesse ; comme entre autres dans vos thèses de Louvain de l'année 1645, en ces termes: « Ce n'est « qu'un péché ^véniel de calomnier et d'imposer de faux « crimes pour ruiner de créance ceux qui parlent mal de « nous. Quidni non nisi veniale sit , detrahentis aucto- « titatem magnam , tibi noxiam , falso crimine tlide- « re ? » Et cette doctrine est si constante parmi vous, que quiconque l'ose attaquer, vous le traitez d'ignorant et de téméraire.
C'est ce qu'a éprouvé depuis peu le père Quiroga , capucin allemand , lorsqu'il voulut s'y opposer. Car votre père Dîcastillus l'entreprit incontinent, et il parle de cette dispute en ces termes, DeJust., 1. 2, tr. 2, disp. 12, n. 401 : « Un certain religieux grave , pieds nus et encapu- « chonné, cucullatus gymnopoda y que je ne nomme « point, eut la témérité de décrier cette opinion parmi des « femmes et des ignorants, et de dire qu'elle était perni- « cieuse et scandaleuse contre les bonnes mœurs , contre « la paix des États et des sociétés , et enfin contraire non- <• seulement à tous les docteurs catholiques, mais à tous * ceux qui peuvent être catholiques. Mais je lui ai sou-
SOURCE DE LA CALOMNIE DES JÉSUITES. 2tt
« tenu, comme je soutiens encore, que la calomnie, «lorsqu'on en use contre un calomniateur, quoiqu'elle « soit un mensonge, n'est point néanmoins un péché « mortel , ui contre la justice , ni contre la charité ; et y «« pour le prouver, je lui ai fourni en foule nos pères et * les universités entières qui en sont composées , que « j'ai tous consultés , et, entre autres, le révérend père <• Jean Gans, confesseur de l'empereur; le révérend « père Daniel Bastèle, confesseur de l'archiduc Léopold; « le père Henri , qui a été précepteur de ces deux. princes ; « tous les professeurs publics et ordinaires de l'université « de Vienne (toute composée de jésuites) ; tous les pro- « fesseurs de l'université de Gratz (toute de jésuites) ;. « tous les professeurs de l'université du Prague (dont « les jésuites sont les maîtres) : de tous lesquels j'ai en « main les approbations de mon opinion , écrites et si- « gnées de leur main : outre que j'ai encore pour moi le « père de Pennalossa, jésuite, prédicateur de l'empereur «et du roi. d'Espagne; le père Pillicerolli , jésuite, et « bien d'autres qui avaient tous jugé cette opinion pro- <- bable avant notre dispute. » Vous voyez bien , mes pères , qu'il y a peu d'opinions que vous ayez pris si à tâche d'établir , comme il y en avait peu dont vous eussiez tant de besoin. Et c'est pourquoi vous l'avez tellement autorisée, que les casuistes s'en servent comme d'un principe indubitable.* 11 est constant, dit Cara- « mue!, n. n5i , que c'est une opinion probable qu'il « n'y a point de péché mortel à calomnier faussement « pour conserver son honneur ; car elle est soutenue « par plus de vingt docteurs graves , par Gaspard Hurtado « et Dicastillus, jésuites, etc.; de sorte que, si cette « doctrine u'était probable, à peine y en aurait -il aucune « qui le fût en toute ia théologie. »
O théologie abominable , et si corrompue en tous ses chefs , que si , selon ses maximes , il n'était probable et sûr en conscience qu'on peut calomnier sans crime pour conserver son honneur, à peine y aurait-il aucune de ses décisions qui fût sûre! Qu'il est vraisemblable , mes pères , que ceux qui tiennent ce principe le mettent quelquefois en pratique ! L'inclination corrompue des hommes s'y porte d'elle-même avec tant d'impétuosité, qu'il est incroyable qu'en levant l'obstacle de la conscience, elle ne se répande avec toute sa véhémence naturelle. Eu voulezvous un exemple ? Garamuel vous le donnera au même lieu. « Cette maxime, dit-il , du père Dicastillus, jésuite , « touchant la calomnie, ayant été enseignée par une corn- * tesse d'Allemagne aux M les de l'impératrice, la créance « qu'elles eurent de ne pécher au plus que véniellement « par des calomnies en fit tant naître en peu de jours, et « tant de médisances, et tant de faux rapports, que cela «« mit toute la cour en combustion et en alarmes ; car il « est aisé de s'imaginer l'usage qu'elles en surent faire : « de sorte que , pour apaiser ce tumulte , on fut obKgé « d'appeler un bon père capucin d'une vie exemplaire , « nommé le père Quiroga (et ce fut sur quoi le père Di- « castillus le querella tant) , qui vint leur déclarer que <* cette maxime était très-pernicieuse, principalement « parmi les femmes ; et il eut un soin particulier de faire « que l'impératrice en aboltt tout à fait l'usage. » On ne doit pas être surpris des mauvais effets que causa cette doctrine. Il faudrait admirer au contraire qu'elle ne produisit pas cette licence. L'amour-propre nous persuade toujours assez que c'est avec injustice qu'on nous attaque ; et à vous principalement, mes pères , que la vanité aveugle de telle sorte , que vous voulez faire croire en tous vos écrits que c'est blesser l'honneur de l'Église que de blesser
celui de votre Société. Et ainsi , mes pères , ii y aurait lieu de trouver étrange que vous ne missiez pas cette maxime en pratique. Car il ne faut plus dire de vous comme font ceux qui ne vous connaissent pas : Gomment ces bons pères voudraient-ils calomnier leurs ennemis , puisqu'ils ne le pourraient faire que par la perte de leur salut? Mais il faut dire au contraire: Comment ces bons pères voudraient-ils perdre l'avantage de décrier leurs ennemis , puisqu'ils le peuvent faire sans hasarder leur salut? Qu'on ne s'étonne done plus de voir les jésuites calomniateurs : ils le sont en sûreté de concience, et rien ne les en peut empêcher; puisque, par le crédit qu'ils ont dans le monde , ils peuvent calomnier sans craindre la justice des hommes , et que, par celui qu'ils se sont donné sur les cas de conscience , ils ont établi des maximes pour le pouvoir faire sans craindre la justice de Dieu.
Voilà, mes pères, la source d'où naissent tant de noires impostures. Voilà ce qui en a fait répandre à votre père Brisacier, jusqu'à s'altirer la censure de feu M. l'archevêque de Paris. Voilà ce qui a porté votre père d'Anjou à décrier en pleine chaire , dans l'église de Saint-Benoit, à Paris , le 8 mars 1655, les personnes de qualité qui recevaient tes aumônes pour les pauvres de Picardie et de Champagne , auxquelles ils contribuaient tant eux-mêmes ; et à dire, par un mensonge horrible et capable de faire tarir ces charités , si on eût eu quelque créance en vos impostures, « qu'il savait de science certaine que ces - personnes avaient détourné cet argent pour l'employer « contre l'Église et contre l'État : » ce qui obligea le curé de cette paroisse , qui est un docteur de Sorbonne , de mouter le lendemain en chaire pour démentir ces calomnies. C'est par ce même principe que votre père Grasset a
2*2 QUINZIÈME LETTKtt.
tant prêché d'impostures dans Orléans, qu'il a faUu qoe M. l'évêque d'Orléans Tait interdit comme un imposteur public, par son mandement du 9 septembre dernier, où il déclare « qu'il défend à frère Jean Grasset, prêtre de 4a « compagnie de Jésus , de prêcher dans son diocèse ; et à «t tout §on peuple de l'ouïr , sous peine de se rendre cou- «.pabled'une désobéissance mortelle, sur ce qu'il a appris « que ledit Grasset avait fait un discours en chaire rem- ««pli de faussetés et de calomnies contre les ecclésîatiques «de cette 'Ville, leur imposant faussement et malicieuse- « ment qu'ils soutenaient ces propositions hérétiques et « impies : Que les commandements de Dieu sont impossi- « blés ; que jamais on ne résiste à la grâce intérieure ; et « que JB&ust&utisT n'est pas mort pour tous les hommes ; 'et autres semblables, condamnées par Innocent X. » Car c'est là, mes pères, votre imposture ordinaire , et la première que vous reprochez à tous ceux qu'il vous est important de décrier. Et, quoiqu'il vous soit aussi impossible de le prouver de qui que ee soit, qu'à votre père Grasset de ces ecclésiastiques d'Orléans , votre conscience néanmoins demeure en repos, parce que vous croyez que « cette manière de calomnier ceux qui vous attaquent «est si certainement permise,» que vous ne craignez point de le déclarer publiquement et à la vue de toute une ville.
En voici un insigne témoignage dans le démêlé que vous eûtes avec M. Puys, curé de Saiut-Nisier, à Lyon : et comme cette histoire marque parfaitement votre esprit , j'en rapporterai les principales circonstances. Vous savez , mes pères, qu'en 1649, M. Puys traduisit en français un excellent livre d'un autre père capucin, touchant « le * devoir des chrétiens à leur paroisse contre ceux qui les
DÉMÊLÉ ENTRE M. PUYS m! LE P. ALBY. 2&3
« en détournent, « sans user d'aucune invective, et sans désigner aucun religieux ni aucun ordre en particulier. Vos pères néanmoins prirent cela pour eux ; et , sans avoir aucun respect pour un ancien pasteur , juge en la primatie de France et honoré de toute la ville, votre père Alby fît un livre sanglant contre lui, que vous vendues vous-mêmes dans votre propre église le jour de l T Assomption , où il l'accusait de plusieurs choses, et entre autres de « s'être rendu scandaleux par ses galanteries , « et d'être suspect d'impiété , d'être hérétique , excommu- « nié, et enfin digne du feu. » A cela M. Puys répondit, et Je père Alby soutint, par un second livre, ses premières accusations. N'est-il donc pas vrai , mes pères , ou que vous étiez des calomniateurs, ou que vous croyiez tout cela de ce bon prêtre; et qu'ainsi il fallait que vous le vissiez hors de ses erreurs pour le juger digne de votre amitié ? Ecoutez donc ce qui se passa dans raccommodement qui fut fait en présence d'un grand nombre des premières personnes de la ville, dont les noms sont au bas de cette page ' , comme ils sont marqués dans l'acte qui en fut dressé le 25 septembre 1650. Ce fut en présence de tout ce monde que M. Puys ne fit autre chose que « décla- « rer que ce qu'il avait écrit ne s'adressait point aux pères « jésuites : qu'il avait parlé en général contre ceux qui « éloignent les fidèles des paroisses , sans avoir pensé en
1 M. de Ville, vicaire général de M. le cardinal de Lyon ; M. Scaroon, chanoine et curé de Saint-Paul; M. Margat, chantre; MM. Bouvaud, Sève, Aubert et Dervieu, chanoines de Saiut-Nizier; M. du Gué, président des trésoriers de France; M. Groslier, prévôt des marchands; M. de Fléchère, président et lieutenant général ; MM. de Boissat , de Saint- Romain et dé Bartoly, gentilshommes; M. Bourgeois, premier avocat du roi au bureau des trésoriers de France ; MM. de Cotton père et lits; M. Boniel ; qui ont tous signé à l'original de la déclaration , avec M. Puys et le père Alby.
PASCAL TROV. 22
164 QUIflZIÈMË LtlIKt.
« cela attaquer la Société , et qu'au contraire il l'hono* •m rait avec amour. » Par ces seules paroles , il revint de -son apostasie, de ses scandales et de son excommunication, sans rétractation et sans absolution; et le père Alby lui <Mt ensuite ces propres paroles : « Monsieur, la « créance que j'ai eue que vous attaquiez, la compagnie « dont j'ai l'honneur d'être, m'a fait prendre ia plume « pour y répondre; et j'ai cru que la manière dont j'ai « usé m'était peahisb. Mais, connaissant mieux votre - intentionné viens tous déclarer qu'il n'y a plus bien * qui me puisse empêcher de vous tenir pour un homme » d'esprit, très-édairé, de doctrine profonde et obtho- « doxe , de mœurs ibbbpbehsnsibles, et, en un mot , « pour digne pasteur de votre Église. Cest une déclara- « tioa que je fais avec joie, et je prie ces messieurs de s'en « souvenir. »
Ils s'en sont souvenus, mes pères; et on fut phis scandalisé de la réconciliation que de la querelle. Car qui n'admirerait ce discours du père Alby I II ne dit pas qu'il vient se rétracter, parce qu'il a appris le changement des mœurs et de la doctrine de M. Puys; mais seulement parce que» « connaissant que son intention « n'a pas été d'attaquer votre compagnie, il n'y a plus « rien qui l'empêche de le tenir pour catholique* » Il ne croyait donc pas qu'il fût hérétique en effet : et néanmoins, après l'en avoir accusé contre sa connaissance , il ne déclare pas qu'il a failli; mais il ose dire, au contraire , qu'il croit que « la manière dont il en a usé lui « était permise. »
A quoi songez- vous, mes pères, de témoigner ainsi publiquement que vous ne mesurez la foi et la vertu des hommes que par les sentiments qu'ils ont pour voue
Société? comment n'avez-vous point appréhendé de vous faire passer vous-mêmes , et par votre propre aveu , pour des imposteurs et des calomniateurs? Quoi! mes pères, un même homme, sans qu'il se passe aucun changement en lui, selon que vous croyez qu'il honore ou qu'il attaque votre compagnie , sera « pieux.o« impie , • irrépréhensible ou excommunié, digne pasteur de « l'Église ou digne d'être mis au feu , et enfin catho- « lique ou hérétique? » C'est donc une même chose, dans votre langage, d'attaquer votre Société, et d'être hérétique? Voilà une plaisante hérésie, mes pères; et ainsi , quand on voit dans vos écrits que tant de personnes catholiques y sont appelées hérétiques , cela ne veut dire autre chose, sinon que « vous croyez qu'ils vous « attaquent. » Il est bon, mes pères, qu'on entende cet étrange langage» selon lequel il est sans doute que je suis un grand hérétique. Aussi c'est en ce sens que vous me donnez si souvent ce nom. Vous ne me retranchez de l'Église que parce que vous croyez que mes lettres vous font tort : et ainsi il ne me reste, pour devenir catholique , ou que d'approuver les excès de votre morale, ce que je ne pourrais faire sans renoncer à tout sentiment de piété ; ou de vous persuader que je ne recherche en cela que votre véritable bien; et il faudrait que vous fussiez bien revenus de vos égarements pour le reconnaître. De sorte que je me trouve étrangement engagé dans l'hérésie , puisque, la pureté de ma foi étant inutile pour me retirer de cette sorte d'erreur, je n'en puis sortir, ou qu'en trahissant ma conscience, ou qu'en réformant la vôtre. Jusque-là je serai toujours un méchant et un imposteur; et , quelque ûdèle que j'aie été à rapporter vos passages, vous irez crier partout qu'il
iàû QUINZIÈME LETTRE.
faut être « organe du démon pour vous imputer des « choses dont il n'y a ni marque ni vestige dans vos li- « vres ; » et vous ne ferez rien en cela que de conforme à votre maxime et à votre pratique ordinaire, tant le privilège que vous avez de mentir a d'étendue. Souffrez que je vous en donne un exemple que je choisis à des* sein , parce que je répondrai en même temps à la neuvième de vos impostures; aussi bien elles ne méritent d'être réfutées qu'en passant.
Il y a dix à douze ans qu'on vous reprocha cette maxime du père Bauny : Qu'il est « permis de rechercher « directement , pbimo et psb se , une occasion prochaine « de pécher pour le bien spirituel ou temporel de nous i ou de notre prochain , » tr. 4, q. 14, dont H apporte pour exemple : Qu'il est « permis a chacuu d'aller en « des lieux publics pour convertir des femmes perdues,
• encore qu'il soit vraisemblable qu'on y péchera, pour « avoir déjà expérimenté souvent qu'on est accoutumé « de se laisser aller au péché par les caresses de ces « femmes. » Que répondit à cela votre père Gaussin, en 1644, dans son Apologie pour la compagnie de Jésus, p. 128? «Qu'on voie l'endroit du père Bauny, « qu'on lise la page , les marges, les avant-propos, les « suites, tout le reste, et même tout le livre, on n'y « trouvera pas un seul vestige de cette sentence, qui « ne pourrait tomber que dans l'âme d'un homme ex- « trémement perdu de conscience , et qui semble ne pou-
• voir être supposée que par l'organe du démon! » Et votre père Pintereau, en même style, première partie, p. 24 : « Il faut être bien perdu de conscience pour en- « seigner une si détestable doctrine ; mais il faut être pire
• qu'un démon pour l'attribuer au père Bauny. Lecteur,
<i ii n'y en a ni marque ni vestige dans tout son livre. » Qui ne croirait que des gens qui parlent de ce ton-là eussent sujet de se plaindre, et qu'on aurait en effet imposé au père Bauny? Avez- vous rien assuré contre moi en de plus forts termes? Et comment oserait-on s'imaginer qu'un passage fût en mots propres au lieu même où Ion le cite , quand on dit qu'il n'y en a ni marque ni vestige dans tout le livre?»
En vérité , mes pères , voilà le moyen de vous faire croire jusqu'à ce qu'on vous réponde ; mais c'est aussi le moyen de faire qu on ne vous croie jamais plus, après qu'on vous aura répondu. Car il est si vrai que vous mentiez alors, que vous ne faites aujourd'hui aucune difficulté de reconnaître , dans vos réponses , que cette maxime est dans le père Bauny, au lieu même qu'on avait cité : et, ce qui est admirable, c'est qu'au lieu qu'elle était détestable il y a douze ans, elle est maintenant si innocente, que, dans votre neuvième imposture, p. 10, vous m'accusez • d'ignorance et de malice , de quereller « le père Bauny sur une opinion qui n'est point rejetée « dans l'école. » Qu'il est avantageux, mes pères , d'avoir affaire à ces gens qui disent le pour et le contre 1 Je n'ai besoin que de vous-mêmes pour vous confondre. Car je n'ai à montrer que deux choses : l'une, que cette maxime ne vaut rien ; l'autre , qu'elle est du père Bauny ; et je prouverai Tune et l'autre par. votre propre confession. Eu 164-4, vous avez reconnu qu'elle est détestable, et, en 1656 , vous avouez qu'elle est du père Bauny : Cette double reconnaissance me justifie assez, mes pères ; mais elle fait plus , elle découvre l'esprit de votre politique. Car, dites-moi, je vous prie, quel est le but que vous vous proposez dans vos écrits? Est-ce de parler avec
sincérité ? Non , mes pères , puisque vos réponses s'entredétruisent. Est-ce de suivre la vérité de la foi ? Aussi peu , puisque vous autorisez une maxime qui est détestable selon vous-mêmes. Mais considérons que, quand vous avez dit que cette maxime est détestable , tous avez nié en même temps qu'elle fût du père Bauny ; et ainsi il était innocent : et quand vous avouez qu'elle est de lui, vous soutenez en même temps qu'elle est bonne; et ainsi il est innocent encore. De sorte que, l'innocence de ce père étant la seule chose commune à vos deux réponses , il est visible que c'est aussi la seule chose que vous y recherchez , et que vous n'avez pour objet que la défense de vos pères, en disant d'une même maxime qu'elle est dans vos livres et qu'elle n'y est pas ; qu'elle est bonne et qu'elle est mauvaise : non pas selon la vérité, qui ne change jamais, mais selon votre intérêt, qui change à toute heure. Que ne pourrais-je vous dire là-dessus? car vous voyez bien que cela est convaincant. Cependant rien ne vous est plus ordinaire; et, pour en omettre une infinité d'exemples, je crois que vous vous contenterez que je vous en rapporte encore un.
On vous a reproché en divers temps une autre proposition du même père Bauny, tr . 4, quest. 22 , p. 100 : « On ne doit dénier ni différer l'absolution à ceux qui * sont dans les habitudes de crimes contre la loi de Dieu , « de nature et de l'Église, encore qu'on n'y voie aucune « espérance d'amendement : etsi emendati&nis futures « spes nulla appareat. » Je vous prie sur cela, mes pères, de me dire lequel y a le mieux répondu , selon votre goût , ou de votre père Pintereau , ou de votre père Brisacier , qui défendent le père Bauny en vos deux manières : l'un en condamnant cette proposition, mais en désavouant
aussi qu'elle soit du père Bauny ; l'autre, eu avouant qu'elle est du père Bauny , mais en la justifiant eu même temps. Écoutez-les doue discourir. Voici le père Pintereau, p. 1 8 : « Qu'appelle-t-on franchir les bornes de toute pudeur, « et passer au delà de toute impudence, sinon d'imposer au « père Bauny , comme une chose avérée , une si damnable « doctrine? Jugez, lecteur, de l'indignité de cette ca- « lomnie,et voyez à qui ies jésuites ont affaire, et si l'auteur * d'une si noire supposition ne doit pas passer désormais « pour ie truchement du père des mensonges? » Et voici maintenant votre père Brisacier , 4 e part. , pag. 21 : « En « effet, le père Bauny dit ce que vous rapportez. » ( C'est démentir le père Pintereau bien nettement.) « Mais, » ajoute-t-ii pour justifier le père Bauny , « vous qui repre- « nez cela, attendez quand un pénitent sera à vos pieds , « que son ange gardien hypothèque tons les droits qu'il a « au ciel pour être sa caution : attendez que Dieu le Père « jure par son chef que David a menti , quand il a dit , par « le Saint-Esprit, que tout homme est menteur, trompeur « et fragile; et que ce pénitent ne soit plus menteur, fragile, « changeant ni pécheur comme les autres; et vous n'ap- « pliquerez le sang de Jésus-Christ sur personne. »
Que vous semble-t-il, mes pères, de ces expressions extravagantes et impies , que, s'il fallait attendre qu'il y eût quelque espérance d'amendement dans les pécheurs pour les absoudre , il faudrait attendre que Dieu le Père Jurât par son chefqvfWs ne tomberaientjamais plus ?Quoi ! mes pères, n'y a-t-il point de différenceentre /'espérance et la certitude? Quelle injure est-ce faire à la grâce de Jésus-Christ de dire qu'il est si peu possible que les chrétiens sortent jamais des crimes contre la loi de Dieu, de nature et de l'Église , qu'on ne; pourrait l'espérer sans que
le Saint-Esprit eût menti : de sorte que, selon vous, si on ne donnait l'absolution à ceux dont on n'espère aucun amendement, le sang de Jésus-Christ demeurerait mutile, et on ne rappliquerait jamais sur personne! A quel état, inespéré*, vous réduit le désir immodéré de conserver la gloire de vos auteurs, puisque vous ne trouvez que deux voies pour les justifier,TimpQsture ou l'impiété; et qu'ainsi la plus innocente manière de vous défendre est de désavouer hardiment les choses les plus évidentes !
De là vient que vous en usez si souvent. Mais ce n'est pas encore là tout ce que vous savez faire. Vous forgez des écrits pour rendre vos ennemis odieux , comme la Lettre d'un ministre à M. Arnauld, que vous débitâtes dans tout Paris, pour faire croire que le livre de la Fréquente Communion , approuvé par tant d'évêques et tant de docteurs, mais qui , à la vérité, vous était un peu contraire, avait été fait par une intelligence secrète avec les ministres de Charenton. Vous attribuez d'autres fois à vos adversaires des écrits pleins d'impiété, comme la Lettre circulaire des jansénistes , dont le style impertinent rend cette fourbe trop grossière, et découvre trop clairement la malice ridicule de votre père Meynier, qui ose s'en servir, pag. 28 , pour appuyer ses plus noires, impostures. Vous citez quelquefois des livres qui ne furent jamais au monde, comme les Constitutions du Saint-Sacrement, d'où vous rapportez des passages que vous fabriquez à plaisir et qui font dresser les cheveux, à la tête des simples, qui ne savent pas quelle esj votre hardiesse à inventer et publier les mensonges : car il n'y a sorte de calomnie que vous n'ayez mise en usage. Jamais la maxime qui l'excuse ne pouvait être en meilleure main.
Mais celles-là sont trop aisées à détruire ; et c'est pour-