‹ Lettres éorites à un provincialChapitre 72 sur 98 · RÉPONSE DU P. VALÊRIEN AUX CALOMNIES · texte numérisé non relu

RÉPONSE DU P. VALÊRIEN AUX CALOMNIES

quoi vous en avez de pïus subtiles , où vous ne particularisez rien , afin d'ôtes toute prise et tout moyen d'y répondre ; comme quand le père Brisacier dit «« que ses « ennemis commettent des crimes abominables , mais '< qu'il ne les veut pas rapporter. » Ne semble-t-il pas qu'on ne peut convaincre d'imposture un reproche si indéterminé? Un habile homme néanmoins en a trouvé le secret, et c'est encore un capucin , mes pères. Vous êtes aujourd'hui malheureux en capucins , et je prévois qu'une autre fois vous le pourriez bien être en bénédictins. Ce capucin s'appelle le père Valérien , de la maison des comtés de Magnis. Vous apprendrez par cette petite histoire comment il répondit à vos calomnies. Il avait heureusement réussi à la conversion du prince Ernest , landgrave de Hesse-Rheinsfelt. Mais vos pères , comme s'ils eussent eu quelque peine de voir convertir un prince souverain sans les y appeler, firent incontinent un livre contre lui ( car vous persécutez les gens de bien partout), où , falsifiant un de ses passages, ils lui imputent une doctrine hérétique. Us firent aussi courir une lettre contre lui , où ils tui disaient : « Oh que nous avons de choses « à découvrir, sans dire quoi, dont vous serez bien affligé! «. Car , si vous n'y donnez ordre, nous serons obligés d'en « avertir le pape et les cardinaux. » Cela n'est pas maladroit; et je ne doute point, mes pères, que vous ne leur parliez ainsi de moi : mais prenez garde de quelle sorte il y répond dans son livre imprimé à Prague l'année dernière, pag. 112 et suiv. « Que ferai-je , dit-il, « contre ces injures vagues et indéterminées ? Comment « convaincrai-je des reproches qu'on n'explique point ? « En voici néanmoins le moyen. C'est que je déclare « hautement et publiquement à ceux qui me menacent ,

■ que ee sont des imposteurs insignes, et de très-habik» et « très impudents menteurs, s'ils ne découvrent ces crimes a « toute la terre. Paraissez donc, mes accusateurs, et publiez « ces choses sur les toits , au lieu que vous Les avez dites à « l'oreille, et que vous avez menti en assurance en les di~ « sant à l'oreille. 11 y en a qui s'imaginent que ces dis- « putes sont scandaleuses. 11 est vrai que c'est exciter un « scandale horrible que de m'imputer un crime tel que «< l'héçésie , et de me rendre suspect de plusieurs autres. «< Mais je ne fais que remédier à ce scandale en soutenant « mon innocence*. »

En vérité r mes pères, vous voilà malmenés, et jamais homme n'a été mieux justifié. Car il a fallu que les moindres apparences de crime vous aient manqué contra lui , puisque vous n'avez point répondu à un tel défi. Vous avez quelquefois de fâcheuses rencontres à essuyer, mais' cela ne vous rend pas plus sages. Car, quelque temps après y vous l'attaquâtes encore delà même sorte sur un autre sujet, et il se défendit aussi de même, pag. 151, en ces termes : « Ce genre d'hommes, qui se rend insup- « portable à toute la chrétienté > aspire, sous le prétexte

* des bonnes œuvres, aux grandeurs et à la domination , « en détournant à leurs fins presque toutes les lois divines , <* humaines, positives et naturelles. Ils attirent, ou par « leur doctrine , ou par crainte, ou par espérance, tous « les grands de la terre y de l'autorité desquels ils abusent < pour faire réussir leurs détestables intrigues. Mais leurs

* attentats, quoique si criminels, ne sont ni punis ni ar- « l'êtes : ils sont récompensés au contraire , et ils les com- « mettent avec la même hardiesse que s'ils rendaient un «service à Dieu. Tout le monde le reconnaît, tout le « monde en parle avec exécration ; mais il y en a peu qui

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