‹ Lettres éorites à un provincialChapitre 79 sur 98 · LE P. BRIS ACIER CONVAINCU DE CALOMNIE · texte numérisé non relu

LE P. BRIS ACIER CONVAINCU DE CALOMNIE

fussent corrigés. Les papes ont même rnenacé «eux qui auraient calomnié des évêques, des prêtres, ou des diacres, de ne leur point donner la communion à la mort. Et les auteurs d'un écrit diffamatoire, qui ne peuvent prouver ce qu'ils ont avancé, sont condamnés par le pape Adrien à être fouettés, mes révérends pères , flagellentur : tant l'Église a toujours été éloignée des erreurs de votre Société» si corrompue qu'elle excuse d'aussi grands crimes que la calomnie, pour les commettre elle-même avec plus de liberté.

Certainement, mes pères» vous seriez capables de produire par là beaucoup de maux, si Dieu n'avait permis que, vous ayez fourni vous-mêmes les moyens de les empêcher, et de rendre toutes vos impostures sans effet. Car il ne faut que publier cette étrange maxime qui les exempte de crime , pour vous ôter toute créance. La caloçanie est inutile , si elle n'est jointe à une grande réputation de sincérité. Un médisant ne peut réussir, s'il n'est en estime d'abhorrer la médisance, comme un crime dont il .est incapable. Et ainsi, mes pères, votre propre principe vous trahit. Vous t'avez établi pour assurer votre conscience. Caryousvouliez médire sans être damnés , et être de ces saints et pieux calomniateurs dont parie saint Athanase. Vous avez donc embrassé, pour vous sauver de l'enfer, cette maxime qui. vous en sauve sur la foi de vos docteurs : mais cette maxime . même, qui vous garantit, selon eux, des maux que. vous craignez en l'autre vie, vous ôte en celle-ci l'utilité que vous en espériez : de sorte qu'en pensant éviter le vicede la médisance , vous en avez perdu le fruit : tant le mal est contraire à soi-même, et tant il s'embarrasse et se. détruit par sa propre malice.

Vous calomnieriez donc plus utilement pour yous, en

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