‹ Lettres et billets inéditsChapitre 31 sur 55 · Autographe · texte numérisé non relu

Autographe

3. Keate avait envoyé à Voltaire son Epistle from lady Jane Gray to lord Guilford-Dudley, supposed to hâve been written in the Tower, a few days before they suffered, 1762 (voyez cette Épître dans les Œuvres poétiques de Keate, II, 1-29).

AVEC GEORGES KEATE 2 D

will be secretary to ail the english Queens ; they shall become with the help of your pen the darling of the nation. I thankyou heartily for that charming copy of verse. I had the honour to see thirty years ago the lady your Epistle is inscrib'd too. She has passed from the throne of beauty to that of wit. If she remembers me, I pray you to présent her with my humble respect. Rank me, good Sir, amongst your admirers and faithfull friends.

Voltaire.

On imprime Pierre Corneille avec les Commentaires '. Cet auteur a de grands défauts et de grandes beautés; mais il est moins fou que votre Shakespeare, parce qu'il vivait dans un siècle plus sage.

Traduction.

« Si lady Grey avait écrit de son vivant comme

i . Le Thèàtie de P. Corneille avec des Commentaires, etc., ne parut qu'en 1764 ( voyez notre Bibliographie des Œuvres de Voltaire, t. II, p. 1 3i).

elle écrit après sa mort, toute l'Angleterre se serait soulevée en sa faveur contre sa pieuse assassine, la reine Marie. J'espère que vous serez le secrétaire de toutes les reines d'Angleterre qui deviendront, grâce au secours de votre plume, les favorites de la nation. Je vous remercie de tout mon cœur pour vos charmants vers. J'ai eu l'honneur de voir, il y a quelque trente ans, la dame à qui votre Épître est dédiée. Elle occupait alors le trône de la beauté ; elle occupe maintenant celui de l'esprit l. Si elle se souvient encore de moi, présentez-lui mon humble respect. Comptez-moi, cher Monsieur, parmi vos admirateurs et vos fidèles amis... »

i . Le poème de Keate est dédié à « The Right honourable Mary Lepel, Baroness dowager of Hervey of Ickworlh ». — Lady Hervey, née Lepel ou Lepell, avait été en effet célèbre par sa beauté. Voltaire l'avait connue à Londres et lui avait adressé un madrigal en anglais (voyez Voltaire in England par John Churton Collins, p. 248; — Cf. le tome X de fédition Garnier, p. 607). — Lady Hervey, mariée en 1720, mourut le 2 septembre 1768.

AVEC GEORGES KEATE 25

Au château de Ferney, par Genève, 26 juillet 1 763.

Monsieur, un de vos compatriotes s'était chargé pour vous de ma lettre de remercîments ; il devait repasser en Angleterre; mais, au lieu de prendre ce chemin, il est allé en Italie ; il vous rendra probablement ma lettre dans deux ans. Je prends donc le parti de vous dire en droiture combien votre poème m'a charmé2. J'en aime bien mieux mes montagnes depuis que vous les avez embellies. Vous rendez l'horreur agréable; il semble que l'âme deMilton soit passée dans votre corps. Mes cheveux sont actuellement de la couleur des neiges et des glaces que vous avez si bien peintes ; mais la lecture de vos ouvrages échauffe ces glaces, et ce sera

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