AVANT-PROPOS V
étudions Voltaire, plus nous sommes convaincu qu'une grande partie de ses lettres ne nous sont point parvenues telles qu'il les a écrites, et qu'il y a une absolue nécessité de donner une édition définitive de sa Correspondance, publiée d'après tous les originaux qu'il sera possible de recueillir, et non d'après le texte, le plus souvent tronqué et mutilé, des éditeurs anciens ou modernes.
Cette Correspondance d'ailleurs, pour considérable qu'elle soit, n'est pas encore complète; tous les jours elle s'enrichit de nouvelles découvertes, et à peine une collection de Lettres inédites a-t-elle paru, qu'il devient nécessaire d'en publier une autre, presque toujours aussi curieuse et aussi intéressante que celle qui l'a immédiatement précédée.
Il s'en faut même que toutes les lettres déjà imprimées aient été recueillies par les éditeurs les plus récents des Œuvres complètes de Voltaire : c'est ainsi que nous avons vainement cherché, dans l'édition Garnier frères, deux lettres en anglais publiées, en 1823, par Stephen Colet [John Scott Bycrley , dans son volume intitulé : Relics of Literature. M. Desnoircsterres avait pourtant révélé l'existence de ces deux lettres, et avait même signalé l'intérêt qu'offrait l'une d'elles pour l'histoire de la publication de la Henriade à Londres, en 1728 ».