MUR.^T AU MARECHAL PERIGNON
3 oclobre 1809.
A monsieur le maréchal Pc ri g non.
Mon Cousin, je vous prie de faire rétablir la sentinelle à la maison de l'Ambassadeur de France.
Archives du prince Murât. R. XIV, p. 401.
4551. — MUHAT A XAPOLEO.V
IVaplei, le i octobre 1809, à miauit.
Sire,
J'ai reçu la lettre de V'otre Majesté du 24 septembre. Je vais faire connaître à la Consulte de Rome ses ordres. Je vous ai rendu compte, il y a quelques jours, du mécontentement des Romains; Votre Majesté en verra une des principales causes dans le Bulletin ci-joint. Au reste, je prie Votre Majesté d'être tranquille; je vais un peu plus m'occuper à l'avenir de la police des Ktats Romains, et j'espère que la tranquillité et la confiance renaîtront bientôt dans vos nouveaux départements. Il est peut-être malheureux que les circonstances m'aient empêché jusqu'à ce moment de me rendre à Rome ' .
Le colonel du 1" régiment d'infanterie légère a rendu compte de Fesaro qu'il n'avait eu jusque-là que 30 déserteurs, il en accuse hautement les habitants de Spoleto et de Foligno qui ont employé toute espèce de moyens pour séduire ces soldats et les provoquer à la désertion; ce régiment n'a pu obtenir que du pain sur toute la route; ce colonel rend compte que tous les officiers ont été obligés de vendre leurs montres pour pouvoir vivre et acheter de la viande aux soldats. Je vais donner des ordres au général Miollis à ce sujet.
La tranquillité se consolide de plus en plus, et je puis assurer à Votre Majesté que le brigandage touche absolument à sa fin. J'envoie à Votre Majesté l'état des brigands qui ont été tués, pris, fusillés ou rendus à discrétion dans les provinces, pendant les mois d'août et septembre. Depuis cet état, il y en a au moins 7 à 800 de plus hors de combat. L'esprit public est généralement bon, malgré la guerre, la stagnation du commerce et les agents de la Cour de Palerme.
Les Russes continuent à se mal conduire et à tenir les propos les plus indécents dans la province d'Otrante.
Je suis
Joachim Xai'Oléox.
Guerre et Archives du prince Murât. D. 576, p. 1.
' Ce même jour, \icola écrit [Diar'io, II, 497) : c Si parla di nuovo di parteDza del Re per Roma. i
Portici, i octobre 1809.
Monsieur le ministre, je vous envoie les papiers du sieur Grandfils, lieutenant au 102*^^"" régiment d'infanterie de ligne française et qui a obtenu de l'Empereur l'autorisation de passer à mon service. Vous lui ferez connaître que je l'ai nommé capitaine dans le régiment de la garde de Xaples.
Adressez-moi l'état des officiers de mes régiments actuellement en Espagne, pour lesquels on a demandé la décoration de la Légion d'honneur.
Aff. Étr. X'aples, 13^. u»' U et 15, et .^rchiies du prince .Murât. R. XVI, p. 180.
4553. — MURAT AU GEXERAL L.-iCllOlX
Portici, 4 octobre 1809.
Monsieur lk Général,
Témoignez, par un ordre du jour, ma satisfaction à toutes les troupes qui viennent de délivrer mon Royaume des brigands qui le désolaient. Dites-leur que j'apprécie le zèle et l'infatigable courage qu'elles ont montré dans cette circonstance.
Demandez au général Partouneau.\ combien il faudrait donner de paires de souliers en gratification à sa division.
Ecrivez au général Compère que je le laisse le maître de s'établir àCapoue, à IJenevento ou à Campo Basso, et, que dans tous les cas, il ne doit rentrer dans l'un de ces quartiers généraux qu'après avoir entièrement pacifié sa division. Dites-lui que la conscription de la Terre de Labour ne va pas du tout et que je le charge de s'entendre avec les intendants de Alolise et de la Terre de Labour pour sa prompte levée.
Je vous préviens que le général Detrés partira demain pour se rendre en Capitanata dont je lui donne le commandement supérieur; je mets en même temps à sa disposition tous mes vélites. Prévenez de cette détermination le général de Gambs et le major Colbert.
Sur ce, M. le général
Guerre et Arcliives du prince Murât, R. XIV, p. 402.
44 JOACHIM MUKAT
4554. — AIURAT AU GÉXÉRAL DKTRÉS
5 octobre 1809.
Monsieur le général, après avoir battu la comitive naissante des brigands à Airola, je désire que vous partiez de suite pour vous rendre en Capitanata, pour donner à cette province la paix et la délivrer des brigands qui la désolent. Je vous donne le commandement supérieur de cette province et je mets à votre disposition tous mes vélites à pied et cà cheval; je vous autorise en même temps à placer des Suisses sur la route de Pouille, pour en garantir la sûreté, pendant que vous agirez avec mes vélites. Vous correspondrez tous les jours avec mon chef d'état-major, et vous ne rentrerez à Xaples que lorsque la province de Capitanata aura fourni tous ses conscrits et n'aura plus de brigands dans son sein.
Passez chez le chef de l'état-major qui vous remettra dos ordres pour le général de Gambs et le major Colbert.
Je vous adresse ci-joint un mandat de mille ducats sur le ministre de la Police générale.
Archives du prince Murât. R. XIV, p. 402.
r> octobre 1800.
Monsieur le ministre, la légion de Capitanata se trouve sans chef, proposez-moi sur-le-champ un brave homme pour la commander.
Aff. Étr. Maples, 134, n» 13, et .Ircliives du prince Murât. K. XVI, p. 180.
5 octobre 1809.
A monsieur le général colonel Compère.
Monsieur le général colonel, faites dresser sans retard le signalement de tous les vélites qui ont déserté et que l'on présume être
ROYAUME DE iVAPLES. — 1809 45
dans Xaples; vous l'enverrez de suite au ministre de la Police générale.
4557. — MURAT A \APOLEOX
Portici, le 6 octobre 1809, 1 heure du malin. SlRK,
A chaque instant je reçois des nouvelles satisfaisantes sur la tranquillité (lu Hoyaume, le bon esprit de mes sujets, l'anéantissement des brigands, la levée de la conscription et la rentrée des contributions; je puis maintenant garantir à Votre Majesté pour six mois la paix intérieure de mes Etats.
J'adresse à Votre Majesté le rapport que vient de m'adresser le s' Daure, chargé par intérim du portefeuille de la Guerre', sur le pitoyable état de mes trois régiments en Kspagne. V. M. se déterminera, j'ose l'espérer, cà renvoyer à Perpignan leurs débris, afln de pouvoir les remettre en état de rentrer en campagne au printemps prochain. Je m'engage à faire partir d'ici à deux mois un renfort de 2000 hommes d'infanterie et iOO bommes de cavalerie montés, et Votre Majesté se convaincra en lisant ce rapport que ces restes de régiments, tels qu'ils sont, ne peuvent lui rendre aucun service et vont achever de s'anéantir. Je prie donc instamment V. M. de prendre en considération leur triste situation, de daigner leur donner une bonne garnison en Languedoc pour se refaire. Tous les généraux m'ont fait l'éloge de la bravoure, de la discipline et du dévouement de mes troupes.
Sire, une grande question s'est présentée tout récemment, elle était relative aux renonciations que l'on était dans l'usage de faire faire aux demoiselles, lorsqu'elles se mariaient, à l'héritage de leurs père et mère, et de n'exiger autre chose que la dot stipulée par leur contrat de mariage. J'ai cru ne pouvoir mieux faire que d'adopter les décisions rendues à cet égard par les tribunaux de Votre Majesté en
' Hue de Groshois à Cliampagny. — Xaples, 6 octobre 1809. — i ... L'opinion générale sur JL Daure à qui le Roi a confié le département de la Guerre est que ce ministre par intérim en conservera le portefeuille. L'on assure qu'il est grand travailleur et qu'il a mis dans cette administration un ordre dont elle éprouvait depuis longtemps la nécessité... » (Aff. Etr. Xaples, 133, p. 406.)
Piémont et à (icnes. D'après le Code Napoléon, les enfants de tout sexe ayant un droit cjjal à l'héritage de leurs j)ère et mère, les filles seront appelées à jouir de ce bienfait, malgré les renonciations qu'on leur avait fait faire. J'aurais cru faire le procès à ce qui a été fait en France en prenant toute autre décision. Si dix aînés de nos plus riches familles ont à se plaindre, cent cadets de tout sexe bénissent le Code >Japoléon que Votre Majesté adonné à mon Royaume.
Sire, l'expérience de trois ans nous avait convaincus que la contribution foncière avait été portée <à un taux trop élevé. Les arriérés de ces trois années sont immenses; j'ai donc du céder à l'empire des circonstances et aux réclamations générales du Hoyaumc; mais si j'ai diminué cette contribution de 800 000 ducats, j'ai établi une contribution personnelle qui doit m'en rapporter 1 200 000. Ainsi, au lieu de diminuer les contributions, je les aurai par le fait augmentées de 400 000 ducats. J'aurai par là soulagé la classe des propriétaires, et tous les employés et capitalistes que la contribution foncière n'avait pu atteindre, ne sauraient se plaindre d'une très modique contribution personnelle qu'ils seront obligés de payer à l'État'. Je prie Votre Majesté d'être bien persuadée que tous mes moments sont consacrés au bien-être de mes sujets et à vous donner une armée qui, tandis que Votre Majesté portera la guerre au sein des pays ennemis, pourra être utilement employée à maintenir la tranquillité dans l'intérieur de vos vastes Etats.
J'attends toujours avec impatience les ordres de Votre Majesté sur la destination de 15 à 1 800 jeunes brigands qui, hors du Royaume, feront d'excellents soldats et dont il faut absolument que je délivre mes États.
J'attends avec impatience des nouvelles ultérieures des préparatifs de l'expédition de Sicile. Il est constant que 2 500 à 3000 hommes sont partis de Sicile prenant la direction de Malte, c'est sans doute pour l'Espagne qu'est leur destination. Dans tous les cas je viens de faire des dispositions pour être prêt à tout événement.
Je suis
Joachim Mlr.^t.
Archives nationales, AF'^ l'\i' (n" 176), et Arcliives du prince Murât. D. 576, p. 2.
' Xicola commente de cette façon l'arrêté du roi Joacliim : « In mezzo a questo disordine abbiamo ima nnova tassa civica, ossia capitazione d'un milionc c quattrocento mila ducati, che in esecuzione asccnderanno a quattro. . (Diario, II, WS.)
ROYAUME 1)K XAPLKS. — 1809 47
4558. — MURAT A D RRE
Porlici, 6 oclobre 1809.
Au minisire de la Guerre.
Monsieur le ministre, je vous adresse l'état nominatif des Armi- (jcri, je désire que vous le fiissiez vériûer et que vous vous assuriez que tous les individus portés dans cet état et payés par le Trésor existent véritablement à leurs compagnies et sont en état de servir. Ordonnez qu'on vous adresse un état de ceux propres à la réforme, de ceux qui ne sont pas mariés et qui pourraient servir dans des régiments de ligne. Vous ferez réformer ceux qui seront portés sur l'état de la réforme et passer dans la ligne ceux qui auront été désignés pour ce service. Vous aurez soin qu'on ne paie plus à l'avenir comme Armigcri les domestiques des officiers, des intendants, sousintendants et autres fonctionnaires publics.
Je désire que vous commenciez de suite à former le régiment de la garde municipale de \aples. Voyez le ministre de la Police générale qui vous fournira l'état de plusieurs officiers qui ont demandé du service dans ce corps.
Aff. Étr. Naples, 134. n» 16.
.■\rcliiies du prince Mural. R. XVI, p. 180.
Porlici, le 6 oclobre 1809.
Monsieur le Gén'éral,
Prévenez le colonel d' Anibrosio que j'irai démain à Capoue et que je verrai ses jeunes gens. J'y arriverai entre onze heures et midi. Sur ce, M. le général...
Guerre.
Kaples, le 1 octobre [1809], 1 heure du matin.
Sire,
J'adresse à Votre Majesté le rapport de Sicile, de Venise sur le Tyroletdes lettres particulières arrêtées à la poste venant d'Espagne qui feront connaître à V. .M. l'affaire qui est arrivée sous Girone et
qui pourront aider à vous engager à renvoyer en France mes troupes qui sont réduites à rien. Les ordres sont donnés à la poste pour que toutes les lettres venant d'Espagne ne soient pas remises, elles arrêteraient la levée de la conscription.
Il paraît que décidément 2 500 à 3 000 hommes sont partis de Sicile pour Malte et qu'il n'est nullement question d'expédition contre mon Royaume de la part des Anglais. J'ai encore reçu aujourd'hui les rapports les plus satisfaisants sur la destruction des débris des comitives de hrigands; hier 500 conscrits sont arrivés à Naples; cette levée s'exécute maintenant dans toutes les provinces sans presque la moindre résistance.
J'ai reçu le rapport officiel de Stuart sur son expédition, il est rempli de faussetés qui seront détruites. Comment ose-t-il porter la force de son armée à 2 600 hommes, tandis qu'il avoue d'un côté que Smith a débarqué en Calabre avec trois régiments qui avaient au moins cette force et que dans son état de situation, il n'est nullement fait mention des Siciliens, ni de la cavalerie? Peut-être n'avait-il entendu faire mention dans cet état que des troupes anglaises qui ont effectivement débarqué dans l'île, car toutes ses autres forces n'ont pas osé débarquer par la crainte de l'apparition soudaine de votre escadre de Toulon. Il est encore plus faux qu'ils aient pris 100 pièces de canon, ils n'en ont pas emporté une seule pièce, et toutes celles qui avaient été jetées à la mer en ont été retirées, et ils n'ont emmené de prisonniers que 500 hommes de troupes réglées dont 300 du dépôt de mon l" régiment d'infanterie-légère et environ 200 disembourg. II faut ajouter à cela 300 vétérans qui font en tout 800 prisonniers. Puisque .M. le général Stuart avait trouvé le séjour d'Ischia propre à rétablir la santé de ses soldats, et pour son dépôt et pour ses quartiers d'hiver, pourquoi n'y est-il pas resté et en est-il parti si promptement?Stuart fait sonner aussi haut sa prise d'Ischia que le général U ellcslcy sa hataille de Talaveyra, puisque l'un et l'autre font des retraites après avoir annoncé des succès si brillants !
Le chef des brigands Gian Marichella a promis la tète du fameux scélérat Sciaboloni, qui désole alternativement la province de Teramo et votre département du Tronto. Si ce brigand parvient à détruire cet autre scélérat, la tranquillité des .^bruzzes et de vos nouveaux départements est assurée pour toujours.
Je suis
Guerre et Archives du prince Mural. D. 576, p. 5.
4561. — MUHAT AU GÉXÉRAL VERDIER '
Portici, le 7 octobre 1809.
A monsieur le comte d'Empire Verdier, au camp sous Girone.
Monsieur le comte, je vous dois des remerciements pour l'attention que vous avez eue de me faire connaître le bon esprit de mes troupes au siège de Girone. Conduites par vous et marchant près des soldats français, elles devaient se montrer jalouses de conserver leur réputation et de mériter votre estime. Le témoignage particulier que vous rendez au général Zenardi confirme la bonne opinion que j'avais de lui et le recommande près de moi.
Arcliiies du prince Murât. U. XIV, p. 403.
4562. — MURAT A GLARKE
7 octobre 1809.
Au ministre de la Guerre en France.
Monsieur le comte, vous me faites connaître que le général de division Partouneaux, employé à l'armée de Naples, demande un congé pour venir régler, à Paris, des affaires d'intérêt et s'occuper du rétablissement de sa santé. Mais avant de soumettre cette demande à l'Empereur, vous m'invitez à vous faire part de mon avis sur la situation de cet officier général. Je pense que le général Partouneaux a en effet besoin d'un congé pour rétablir sa santé que d'anciennes blessures et un long séjour en Calabre paraissent avoir beaucoup altérée.
Archives du prince Murât. U. XIU, p. 403.
' Le 28 mars 1809 l'Empereur avait coDfié le commandement du siège de Girone au général Jean-Antoine Verdier, qui s'était déjà distingué au siège de Saragosse ; ce général s'empara de Girone après une lutte acharnée.
4563. — MLRAT A MO\TALIVET
7 octobre 1809.
A moiuicur h miuisirc de l' Intérieur en France ' .
Monsieur le ministre, le sieur Lal'ou, auditeur au Conseil d'État et actuellement magistrat du Rhin, me renouvelle le désir qu'il a depuis longtemps d'obtenir une préfecture. Vous n'ignorez pas l'intérêt que je porte à M. Lafon que je vous ai déjà recommandé; je verrai donc avec plaisir que vous demandiez pour lui à l'Empereur la place qu'il sollicite et dont il se rendra digne par son zèle et par son dévouement.
Monsieur le ministre, le sieur l'anouze, de Mongesty, arrondissement de (iourdou, département du Lot, désirerait obtenir dans le pays qu'il habite ou dans les environs, une place qui put suffire à son existence. Comme j'ai eu occasion de le connaître pour un homme honnête et intelligent, je verrai avec plaisir que vous puissiez lui faire obtenir ce qu'il demande.
.■\rcliiïes du prince Murât. R. XIV, p. 404.
4564. — MLK.AT AL GEXERAL BELLIARD
7 octobre 1809.
A monsieur le comte Bellifird, à Madrid.
Monsieur le comte, en me faisant connaître que les mille mérinos qui me sont destinés doivent être arrivés à Rayonne, vous me demandez si je tiens à les avoir. J'y tiens tellement qu'instruit de leur arrivée, j'ai donné des ordres directs pour qu'on les fasse conduire dans mes États, et que déjà ils doivent avoir fait une grande partie du chemin. Ces mérinos me sont indispensables pour en propager la race dans mon Royaume oîi le commerce des laines est une des principales branches de l'industrie nationale.
P. -S. — Vous ne m'écrivez plus, cela n'est pas bien à vous;
' Par décret du 1" octobre 1809, Mostalivct avait remplacé Cretet au ministère de l'Intérieur; Cretet, nommé ministre d'Etat, mourut le 28 no- Tembre 1809.
F{OYALIME DK A'APLES. — 1809 51
j'ai cependant répondu à vos lettres; je crains qu'elles n'arrivent pas exactement. Je suis bien aise des succès du Roi.
Archives du prince Murât. R. XIU, p. 404.