‹ Lettres et documents, 1767-1815Chapitre 10 sur 94 · MURAT AU MARECHAL BERTHIER · texte numérisé non relu

MURAT AU MARECHAL BERTHIER

28 septembre 1809.

A. S. A. S. le Prince de NeufchâleL

Mon cousin, le nommé Fondé, ancien garde <à cbeval des parcs de Versailles, m'a servi pendant six années en qualité de chas.seur porte-arquebuse. N'ayant pu me suivre à Naplcs, il me demande de le recommander près de vous pour le faire employer dans les chasses. Je le fais d'autant plus volontiers que j'ai toujours été satisfait de son service et que vous pouvez être assuré de trouver en lui un homme intelligent et zélé.

Archives du prince Murât. R. XIV, p. 30".

Naples, 28 septembre 1809.

A monsieur Maret, ordonnateur en chef de l'armée.

Monsieur l'ordonnateur, je désire que vous me remettiez tous les dix jours l'état de situation de la caisse du payeur-général de l'armée, ainsi que celui des paiements faits par régiment, j)our solde, masse et indemnité de vingt centimes pour subsistances, eu délégations et en argent. Faites connaître au payeui-géiiéral (jue les polices doivent être employées de préférence au paiement de la

solde des 20 c. et que les délégations doivent servir à payer le pain et les masses. Cet ordre que j'ai donné depuis longtemps, aurait dû être exécuté, et j'apprends qu'il ne l'a pas été; aussi, pour m'assurcr que mes intentions sont remplies à cet égard, vous m'enverrez régulièrement tous les dix jours l'état que je demande.

Faites-moi connaître dans quel état se trouve dans ce moment la solde de l'armée.

Le général Partouneaux n'avait pas, ainsi que vous me l'aviez annoncé, ordonné une double distribution de vin, et c'est à tort que je lui ai fait adresser des reprocbes.

Il existe pour les troupes françaises, dont l'effectif est d'à peu près seize mille bommes, le même nombre d'administrateurs et d'employés que lorsque l'armée française était forte de quarantecinq à cinquante mille bommes, je vous prie donc de me proposer la réduction basée sur la diminution de l'armée et nécessaire pour sa force actuelle. En attendant, je vous autorise à laisser partir les vingt officiers de sauté auxquels le ministre Dejean avait fait ordonner de se rendre à l'armée d'Italie. Remettez-moi le travail que je vous demande le plus tôt possible.

Arcliiïes du prince Murât. R. XIV, p. 397.

28 septembre 1809.

Au général Gcnlil.

Monsieur le général, faites rentrer dans ses résidences respectives la gendarmerie destinée à la sûreté des routes de Maplcs à Terracine, dans les Abruzzes, eu Pouille et en Calabre, cet ordre est de rigueur, aucun commandant de province ne doit s'oppo.ser à sou exécution.

Archives du priuce Alurat. R. XIV, p. 308.

4544. — MURAT A SALICETI

Portici, le 30 septembre 1809.

Monsieur le ministre, je vous prie de faire interroger les équipages des deux prises faites dans les eaux de Palerme, car je

reçois ce matin un rapport qui m'annonce qu'une expédition était prête à partir de suite.

Archives du prince Mural. R. XVI, p. 178.

4545. — MLR.AT A CLARKE

Portici, 30 septembre ISOD.

A monsieur le comte d'Hunebourg.

Monsieur le comte, je désirerais que M. Eugène Murât', mon neveu, qui montre du yoùt pour la carrière militaire et pour le service de la cavalerie, pût entrer dans l'École d'équitation à S'-Germain; mais on m'assure qu'il a besoin de votre autorisation; je vous prie de la lui donner; ce sera un nouveau titre que vous acquerrez à ma gratitude.

.archives du prince Murât. R. XIV, p. 399.

4546. — .MUR.^T A XAPOLEOX

Portici, le l^' octobre 1809, minait.

SlRE,

Votre Majesté aura vu par les dernières gazettes et rapports de Messine que je lui ai envoyés, que la Cour de Palerme et les .anglais ne doutent plus de la reprise des hostilités, et Votre Majesté verra par ceux que je lui adresse ci-joints, qu'une nouvelle expédition est prête à mettre à la voile, et que déjà une partie est eu mer; on ignore absolument sa destination, mais très certainement il existe en ce moment une grande intelligence entre mon Royaume et la Sicile, car des hommes jusqu'à ce moment tranquilles vienneut de lever l'étendard de la révolte à 20 milles de la capitale. On paie trois carlins par jour les malheureux qu'on parvient à séduire. Des troupes ont marché contre ces rassemblements, il suffira de les atteindre pour les disperser. Tous les jours cependant le nombre en diminue; déjà plus de 2.000 ont été arrêtés ou tués; je regarde donc le brigandage comme terminé, néanmoins sur la nouvelle des préparatifs d'une expédition en Sicile, je viens de rappeler sur

' Jean-.^gapit-Eiigène Bonafous-Murat, fils d'.^ntoinette Murât, sœur du Roi, uée le 18 janvier 1759 et mariée le 15 juiu 1784 à Jean Bonafous de Calviliès.

HOYAUME DK X^APLl^S. — 1809 39

Evoli la majeure partie des troupes qui étaient employées dans différentes provinces à faire rentrer les contributions et à activer la levée des conscrits qui se fait sans trop de difûcultés ; il y en a GOO en route de la seule province de la Fouille; il me rentre aussi un peu d'argent.

Je ne dois pas dissimuler ta Votre Majesté qu'il doit exister une correspondance de l'Allemagne par Florence avec la Basse-Italie et qu'il est à présumer que les agents de l'Angleterre et de l'Autriche cherchent à organiser un mouvement en cas de la reprise des hostilités. Il paraît que la police de la Haute Italie ne surveille peutêtre pas assez cette correspondance.

A Rome, on est un peu mécontent ; le meilleur accord ne règne pas parmi les membres de la Consulte, il est très positif que les Romains de toutes les classes ont vu avec peine le choix de la police tomber sur la personne du S' Piranzi', homme d'une très mauvaise réputation. Après avoir donné deux fois l'ordre au général Miollis de faire partir le 4'"" bataillon du I i"'" d'infanterie-légère, je ne devais pas m'attcndre que ce bataillon ne fût pas encore parti; j'espère que d'après le nouvel ordre que j'en ai donné, il est déjà en route pour Rolognc. Je ferai partir le 10, les deux bataillons de mon 3°"^ d'infanterie qui, réunis au bataillon qui y est déjià, auront 2.000 hommes présents sous les armes, et mon 2'"" d'infanterie légère en aura 1 .800. Celte force est plus que suffisante pour maintenir la tranquillité dans vos Etats Romains. Je ne puis que me louer en général du bon esprit qui règne dans tout le Royaume, mais on désire partout de connaître le résultat des négociations, mais on est tranquille en général puisque c'est Votre Majesté qui les dirige.

Je suis

Guerre et Archives du prince Murât. R. XXX, p. 274.

Portiti, !"• octobre 1809.

A monsieur le général Delrés.

Monsieur le général, partez sur-le-champ avec trois cents voltigeurs et cinquante chevau-légers de ma garde pour vous rendre à

' Piranesl, fils du célèbre aQti(|uairc. Il avait été coin|)roniis dan.s les événements de 1798 et avait vécu exilé à Paris. AI. L. Madkliv {La Rome de Napoléon, p. 209) le signale comme un adversaire de Saliceti et de Murât.

Arienzo et Airola où une bande de brigands s'est présentée hier matin, elle se tient sur les montagnes voisines, d'où elle menace les villages environnants ' ; prenez des renseignements sur la route, et une fois arrivé sur les traces de ces misérables, ne les quittez plus que vous ne les ayez détruits. Jo vous adresse ci-joint le rapport que j'ai reçu à cet égard, il pourra vous servir. Voyez le chef de bataillon Mugnoz, c'est son frère qui a apporté ces renseignements, tâchez de l'emmener avec vous, il pourra vous être utile. Donnez-moi tous les jours de vos nouvelles. Vous rentrerez après avoir détruit ou dispersé ces scélérats.

Archives du prince Alarat. R. XIV, p. 400.

4548. — MURAT AU GÉXERAL PARTOU^'EAUX

Porlici, 1" odobre 1809.

A monsieur le général Partouneaux, à Potcnza.

Monsieur le général, envoyez les trois bataillons du 10''""' à Salerne, Vietri et la Cava, cet ordre est de rigueur et doit être exécuté sur-le-champ : vous laisserez un bataillon du 101™" à Potenza, vous établirez l'autre à l'Auletta et la PoUa; le bataillon du 20''"* sera établi à Lagonegro; vous pourrez abandonner la ligne de la Valva. Faites-moi connaître par le retour de l'ofGcier que je vous expédie l'itinéraire de ces troupes. Il y a assez de troupes dans la province d'Avellino, je viens d'y envoyer ce matin trois cents hommes de ma garde. Ordonnez au général Sénécal d'établir son quartier général à Evoli et d'avoir constamment les yeux ouverts sur Acerno, c'est-à-dire sur les comitives de Lorenziello et Paterno. J'ai appris que la compagnie de Scarola et de Taconi avait été assommée sur les conOns de la Basilicata, au moment où ces brigands sortaient de celle de Calabre citra; ainsi ces brigands ne sont plus dangereux, puisqu'ils sont sans armes et sans munitions et que les gardes nationales sont plus que suffisantes pour les détruire. Laissez l'ordre qu'on continue toujours la levée des conscrits et la rentrée des contributions.

Archives du prince Miirat. U. XIV, p. 400.

' « Una nuova comitiva si è fatta vedere in Airola, d'onde si porto nel mercato di Montesarchio, e si prese i cavalii che vi erano, lasciando dei ricevi ai padroni pagabili in Xapoli. » [Diario di \-irola, 2 octobre 1809, II, 497.)

4549. — AIURAT A SALICETI

Porlici, 3 octobre 1809.

Monsieur le ministre, sous le prétexte que les légionnaires des deux Calabres étaient continuellement en course contre les brigands, on m'a fait entendre qu'il était peut-être juste de différer la distribution des croix de l'ordre des Deux-Siciles, ainsi que de la médaille du 20 mars; on a ajouté qu'il serait difflcile de faire un choix, parce que tous les jours des légionnaires se distinguaient et qu'on serait embarrassé de désigner ceux qui auraient plus de droits à ces récompenses. Il est temps de récompenser ceux qui ont déjà acquis des droits à ces marques d'honneur; je serai toujours à même de récompenser cà l'avenir ceux qui rendront de nouveaux services. Entendez-vous donc avec le ministre de la Guerre, et présentez-moi sans délai l'état des légionnaires, qui jusqu'à ce moment-ci se sont le plus distingués. Les légionnaires des Calabres sont dégoûtés; les brigands ont reparu dans ces provinces, parce que ceux qui leur faisaient la guerre ont cessé d'être payés et n'ont pas été récompensés. Unissez-vous encore avec les ministres de la Guerre et de l'Intérieur, pour me présenter l'état des personnes qui ont souffert du brigandage, et qui conformément à mon décret doivent être récompensées par les biens des émigrés. Je désire que cet état me soit remis le plus promptement possible.

Faites-moi connaître si vous avez fait passer au général Amato les trois mille ducats que vous lui aviez annoncés, pour les besoins de la garde civique.

Arclihes du prince Murai. R. Xl'I, p. 170.

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