MOX CHER FILS
Monsieur La Vauguyon m'a apporté votre lettre et m'a donné de vos nouvelles qui m'ont fait grand plaisir, mais dans ce moment, je reçois des lettres d'Ajaccio qui me font de la peine et qui me forcent à vous dire que je suis très mécontente de vous ainsi que de la Heine. Vous venez d'ôter sans aucun motif la place de consul général en Corse au sieur Braccini', c'est-cà-dire au fils d'un ami et bon serviteur de la famille de plus de cinquante ans, qui dans tous les temps nous a donné des preuves de son parfait dévouement, k un bomme qui avait été placé par votre frère et recommandé par votre mère. C'est un trait d'ingratitude bien marqué de la part de Caroline qui n'ignore pas toutes ces circonstances, et un affront personnel que vous et elle avez fait k Josepb et à moi.
Adieu, je continue à être contente de ma santé depuis mon retour des eaux. Tous les autres de la famille ici se portent bien.
Nous attendons à cbaque instant l'Empereur. Je vous embrasse bien de cœur avec vos enfants et la Reine.
{Autographe). Vostra affma madré.
Arcliiîss du prince Murât. D. 55". 1.
' Voir la lettre d'ÉIisa à .Murât publiée dans notre tome VII, p. 459. M. Frédéric Massox cite à plusieurs reprises les services réels rendus par Braccini aux Bonaparte pendant leur exil de Corse en 1793. {Napoléon et sa famille, I, p. 75, IW.)
62 JOACHIAl MURAT
f58l. — MURAT A DAURF-:
13 oflobre 1809.
Au ministre de la Guerre.
Monsieur le ministre, vous auriez dû me remettre depuis longtemps l'état des personnes qui doivent être indemnisées ou récompensées par des biens des émigrés. Si vous n'avez pas encore reçu tous les états que vous attendez des provinces, adressez-moi au moins ceux qui vous sont déjà parvenus.
J'attends également que vous me fassiez connaître les légionnaires des deux Calabres qui doivent recevoir les décorations de l'ordre des Deux-Siciles et la médaille du 26 mars ; je ne veux plus absolument attendre; il est temps de faire jouir ces braves d'une récompense cà laquelle ils ont tant de droits.
Aff. Élr. Naples. 134, n» 18.
Archive» du prince Murât. 11. XVI, p. 118.
4582. — MURAT A DAUIŒ Au minisire de la Guerre.
13 octobre 1809.
Monsieur le ministre, je désire que vous vous procuriez le bâtiment anglais qui vient d'être pris par le corsaire le Gallo et qu'il soit sur-le-cbamp armé en guerre. Je vous donnerai quelques marins de ma garde; faites en sorte qu'il soit disponible pour le commencement de la semaine prochaine.
Sur le rapport que vous me faites que mes régiments d'Espagne ont perdu leurs équipages, j'ordonne qu'il leur soit accordé une indemnité de trente mille ducats qui devront leur être distribués au prorata de leur perte
Aff. Élr. Xaples, 134, n»' 19 et 20.
Archives du prince .\Iurat. R. XVI, p. 182.
Porlicl, 13 octobie 1809.
Au général Gentil, commandant la (jcndarmcric. Monsieur le général, je vois par la correspondance de mon
ROYAUME DK \APLES. — 1809 63
ministre de la Police générale qu'il vous a invité à envoyer à Ischia une brigade de gendarmes à pied, vous avez bien fait d'obéir à son ordre, si ce mouvement n'a été qu'une mesure de précaution et de police, et par conséquent momentané, mais vous n'auriez pas dû l'exécnter, si c'est pour son établissement à poste fixe, personne n'ayant le droit d'ordonner définitivement de placement de troupes que le ministre de la Guerre, qui est censé agir d'après mes ordres. Ainsi, une fois pour toutes, personne ne doit disposer des troupes que mon ministre de la (îuerre; les autres ministres peuvent requérir de ce dernier leur secours momentané.
Archives du prince Murât. R. XIV, p. 410.