‹ Lettres et documents, 1767-1815Chapitre 20 sur 94 · LE MARECHAL BEUTHIER A MURAT · texte numérisé non relu

LE MARECHAL BEUTHIER A MURAT

Schonbrun, le 20 octobre 1809.

Sire, Je n'ai pu avoir l'honneur d'écrire à Votre Majesté par le retour

' Il .4ddi 20 ottobre 1809. Il Re è andato a Gaeta, la Regina a Caserta. » {Diario di Mcola, IL p. 498.)

de son aide-de-camp qui ma apporté un sabre magnifique qui est d'un prix inappréciable par le témoignage de bonté et d'amitié dont il est pour moi de la part de Votre Majesté. J'avais beaucoup d'affaires et celui qui portait la nouvelle de la signature du traité de paix ne pouvait être retardé. J'ai gardé le Duc de Laviano que j'expédie pour vous annoncer, Sire, que l'échange des ratifications est consommé depuis une heure.

Nous avons fini ce matin de faire sauter toutes les fortifications de Vienne. C'est une grande époque et une terrible leçon pour le pays! Quel cachet pour l'histoire, de la puissance de l'Empereur et de l'importance du résultat de ses victoires!

Nous évacuons les cercles de Brunn et de Znaym dans quinze jours, Vienne et ses environs dans un mois; Presbourg, la Hasse- Autriche dans deux mois; le reste dans un mois et demi. Nous avons pris Trieste et tout le littoral jusqu'à la Save, les Polonais ont Cracovie et les Russes 400.000 âmes. Xous avons Salzbourg et nous faisons sauter Brunn, (îratz et Klagenfurt et Raab.

L'Empereur est parti, il y a deux jours. Aie voilà bien triste ici pour une quinzaine de jours. Votre Majesté sait combien je suis heureux près de l'Empereur.

Nous finirons nos affaires d'Espagne, celles de Rome et du Pape; ensuite l'Europe pourra jouir des bienfaits de notre Empereur qui est destiné à régénérer le monde. Sa santé est parfaite. Dieu et ceux qui l'entourent veillent sur lui, il vivra longtemps et le bonheur du monde l'exige.

Notre armée est belle, notre cavalerie est digne de vous voir à sa tête, Sire, mais la leçon est trop forte ici pour qu'on recommence.

Le Vice-Roi va soumettre IcTyrol, prendre possession de tout ce que le traité nous cède à la rive droite de la Save.

Le Duc d'Auerstaedt restera pour commander et terminer l'évacuation, il commandera les corps du duc de Rivoli, du général Oudinot et toute la cavalerie. Le duc de Rivoli va à Paris, le général Legrand commandera en son absence, sous le duc d'.Auerstaedt qui a sa femme avec lui.

Je désire retourner à Paris cl pouvoir faire un petit prince de Wagram ' avant d'aller en Espagne, si les .Anglais nous y attendent.

Il est bien vrai, Sire, que tout tient au génie de celui qui nous gouverne, où il n'est pas, tout va mal.

' Le fiLs aîné du prince de .Veufcliàtcl, Xapoléoa-Alexandre-Louis-.losepii Bcrthicr, natiiiit à Paris le 11 septembre 1810.

La paix va faire un grand bien ; la France, Paris seront au comble de la joie.

Adieu, Sire, je suis heureux de vos bontés pour moi, de celles de la Reine. Recevez l'un et l'autre l'expression des sentiments d'un attachement sans bornes et de mon plus profond respect.

Le Prince de Neiifchatel et de IVagram AlJÎXAXDKE.

Arcliites du prince Miirat. D. 4<SJ, p. 10.

4594. — MIRAT A DALRE

San-I.eiuio, 21 octobre 1809.

Au ministre de la Guerre.

Monsieur le ministre, la paix a été signée à Vienne le 14 au matin ; faites porter cette heureuse nouvelle à tous les commandants des provinces par des estafettes que vous ferez partir sur-lechamp. Ordonnez que cette nouvelle soit annoncée par des salves d'artillerie partout où il y aura des batteries. Je me charge de le faire annoncer directement sur la route deCalabre.

Aff. Éfr. Naples, 134, n» 22.

Archives du prince Murât. R. XVI, p. 183.

4595. — MUR.AT AU AIARÉGHAL PÉRIGNOX

San-Leucio, le "21 octobre 1809.

A monsieur le maréchal Pérignon.

Monsieur le maréchal, que des salves d'artillerie annoncent demain la paix à ma capitale; elle a été signée le 1 4 à 9 heures du matin'; la nouvelle vient de m'en être apportée par un aide-decamp du lice-Roi d'Italie.

Archives du prince Mural. R. XIV, p. 411.

' t Addi 22 (ottobre 1809). Aile nove di qucsta matina i forti ci hanno fatto seutire una salva clie si è replicata poi aile dodici. Si crede sia la pace che ci hanno annunziata... » (Diario di Nicola, II, p. 499.)

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