G — MURAT AU GÉNÉRAL CAVAIGYAC
San-Leucio, 21 or tobre 1809.
Au général Cavaignac,
Monsieur le général, la paix a été signée à Vienne le 14 au matin, j'en reçois à l'instant la nouvelle par un aido-do-camp du Vice-Hoi. Annoncez cette heureuse nouvelle à la Sicile : qu'une salve d'artillerie apprenne à Caroline cette paix qui doit être pour elle son heure dernière. Nous verrons bientôt si le général Stuart saura aussi bien défendre l'île de Sicile qu'il a su attaquer ma capitale.
4597. — .\ILR.\T A XAPOLEOX
San-L-urio, '2-2 oclobre 1809.
1 heure du matin.
SlRE,
Je reçois à l'instant par un aide de camp du Vice-Hoi la nouvelle que Votre .Majesté a accordé la paix à l'Empereur d'Autriche. Des salves d'artillerie demain annonceront cette heureuse nouvelle à ma capitale; des courriers extraordinaires vont la porter dans toutes les provinces de mon Royaume, et les canons de Seilla et de Keggio l'apprendront aussi h. la Sicile. Que d'actions de grâces n'avonsnons pas à vous rendre pour un si grand bienfait!
J'adresse à Votre Majesté des rapports que je reçois en ce moment de Catalogne. Sire, mes trois régiments sont perdus, si vous n'avez l'extrême bonté de leur donner un quartier d'hiver dans le Languedoc où je pourrais leur adresser des renforts et où ils pourraient recevoir tous les malades qui sortiraient des hôpitaux. Il paraît surtout bien important que les malades ne soient pas évacués, ainsi que l'on me l'annonce, jusqu'à Turin. Il parait qu'au dernier assaut qui a été donné à Girone, les Napolitains ont perdu au moins 300 hommes.
Tout porte <à croire que Votre Majesté va se rendre en personne eu Espagne. Sire, vous vouliez m'appeler à votre armée d'Allemagne pour y commander votre cavalerie. Sire, appelez-moi en Espagne. Je suis intéressé plus que personne à demander à repa-
ROYAIMK DE XAPLES. — 1S09 71
raitre sur ce théâtre des uoiivelles victoires que vous allez y remporter, vous avez aussi là de la cavalerie, Sire, soyez bien persuadé que je ue suis plus heureux depuis que je vous ai quitté, surtout depuis que je ne puis plus vous donner des preuves de mon dévouement et de mon amour. Sire, dites un mot, et je vole auprès de vous.
La tranquillité est parfaite; les conscrits rentrent tons les jours, et la nouvelle de la paix va achever d'aplanir toutes les difficultés que je puis rencontrer encore.
L'esprit [)iiblic continue à être excellent.
Guerre et Archiieg du prince Muraf. D. .5T6. p. II.
4598. — MUIÎAT Ai; PIUXGE ELGEXE XAPOLEOX
Portici, 24 octobre 1809.
A S. A. R. le Prince, rice-roi d'Ilalie.
Mon cher neveu, M. La (Iroix, aide-de-camp de V. A. H., m'a remis votre lettre du 1 i, par la(|uelle elle m'annonce la paix; j'ai été bien sensible à cette prévenante attention, et je vous prie d'être bien persuadé que je sais l'apprécier. Le canon a déjà annoncé cette heureuse nouvelle à ma capitale et des courriers sont partis pour les provinces de mon Uoyaume. Ce glorieux événement va mettre le comble au bonheur de mes sujets qui vont rendre des actions de grâces à l'Eternel pour la protection spéciale qu'il a accordée aux armes du (irand Homme qui vient de calmer leurs inquiétudes. Jai accordé mou ordre des Deux-Siciles à votre aidede-camp. Je demande votre protection pour lui faire obtenir de l'Empereur l'autorisation de le porter, je vous demande la vôtre. Croyez toujours à mon sincère attachement.
Archiies du prince Murât. R. XIV, p. -411.
4599. — MUR.AT A XAPOLEOX
Porlici, le 25 octobre 1809.
Sire,
J'ai rendu compte dans le temps à Votre Majesté du départ de la Sicile de 4 000 Anglais qu'on disait destinés pour l'Espagne et
même contre Corfou. Je viens d'être informé ce matin que ce détachement avait été dirigé contre Zantedont il s'était emparé.. le m'empresserai d'adresser le rapport officiel à V'otre Majesté aussitôt que le général Donzelot me l'aura fait parvenir; c'est dommage, surtout Trieste et Fiume devant être incessamment fermées pour toujours aux Anglais.
La nouvelle de la paix a produit ici le meilleur effet. A peine at-on appris que Fiume et Trieste étaient ouvertes au commerce que toutes les denrées ont augmenté de prix. Tous les négociants font déjà des spéculations et prépareut des expéditions, ce qui va faciliter la rentrée des contributions.
Sire, je vais enfin me décider à faire une course à Home pour m'assurer par moi-même du véritable état des choses ; je crois surtout important de voir Civita-Vecchia et Campo Danzo; je ne resterai pas plus de six jours à Rome; ce temps me suffira pour y recevoir les ordres de Votre Majesté sur la demande que je lui ai faite de me reodre auprès d'Elle. Sire, il ne faut que dix jours pour me rendre à Paris, et la Reine saura braver les rigueurs de la saison pour se rendre auprès de Votre .Majesté. Elle oubliera avec bien du plaisir, dans cette circonstance, le beau climat de \aples pour celui de Paris. Permettez-moi donc. Sire, de vous réitérer ici la prière de me faire parvenir vos ordres à Rome. Votre Majesté doit être bien convaincue de notre extrême désir de revoir notre bienfaiteur et la personne auguste que nous aimons le plus au monde.
La tranquillité et l'esprit public se consolident de plus en plus.
Sire, douze cents recrues paitiront du 1" au i du mois prochain pour aller renforcer les régiments qui sont en Espagne. La conscription continue à se faire sans la moindre opposition. Sire, les armes me manquent, et je ne sais absolument oiî m'en procurer, surtout depuis que le ministre de la Guerre de Votre \L'ijesté m'a écrit qu'on ne pouvait plus en envoyer de Turin sans argent. Je viens de fournir quelques fonds de ma cassette pour payer le premier envoi qui en a été fait. Que Votre ALijesté soit assez bonne pour me faire fournir les 1 200 qu'Elle avait bien voulu m'accorder et qu'Elle soit persuadée que je serai très exact à les payer à fur et à mesure que je pourrai en avoir les moyens.
On me rend compte de Vérone que mon premier régiment d'infanterie légère s'est très bien battu à Trente.
Je suis
Votre Majesté mettrait le comble à mon bonheur en m'en-
ROYAUWK DE X^APLES. — 1809 73
voyant l'ordre de renvoyer Salicetti à Rome, je vous ai prié depuis si longtemps de me débarrasser de lui.
Gi:erre et Archives du prince Murât. D. 5"/6, p. 12.
Portici, 25 octobre 1809.
Monsieur le ministre, je vous ai chargé de terminer l'affaire de l'exportation des huiles ' que je crois avantageuse pour les intérêts de mes sujets. Je désire savoir oi'i en est cette affaire et que vous vous entendiez pour cela avec le ministre de la Police générale.
Sur ce...
Archives du prince Murât. Papiers de Aloshourg.