‹ Lettres et documents, 1767-1815Chapitre 30 sur 94 · MIRAT A SA FILLE LAETITLA · texte numérisé non relu

MIRAT A SA FILLE LAETITLA

TriaiioD, 'Jl décembre 1800.

Ma chère Laetitia, j'ai reçu votre charmante et «grande lettre; elle m'a fait bien du plaisir. .Madame de Roqueniont me donne souvent de vos nouvelles, elles me sont d'autant plus agréables qu'elle m'assure que vous êtes bien sage et que vous travaillez beaucoup. Je suis ravi de vos progrès. Je vous envoie mou cadeau du 1" de l'an. Il y a bien longtemps que je vous ai quittés et que je suis privé du bonheur d'embrasser mes enfants. J'espère être bientôt de retour au milieu d'eux. Ma chère Laetitia, embrassez Lucien et Louise pour moi, et dites à Achille que je l'aime bien.

Je vous embrasse bien tendrement.

Tout à vous, votre affectionné et tendre père,

Joachim X.apoléox.

Revue Napoléonienne, 6 juin 1008, p IG2.

Trianoii, 21 décembre 18l)9.

Monsieur le ministre, je vous renvoie votre lettre du 3 décembre avec une décision, en tête, de l'Empereur qui ordonne, vu l'embargo qu'a mis l'Amérique, la conûscation des deux derniers bâtiments entrés dans le port de Naples. Vous la ferez exécuter sur-le-champ et comme il est hors de doute que tous les bâtiments sous séquestre sont dans le même cas, vous les ferez également conûsquer et vendre au proût de la Couronne. Les fonds provenant de cette vente seront tenus en réserve et il n'en sera disposé que sur un ordre spécial de moi, et comme c'est une grâce particulière que me fait l'Empereur, ces fonds ne seront pas portés«au Trésor jusqu'à nouvel ordre.

Vous apercevrez sans doute que, d'après cette bienveillante disposition de l'Empereur, vous pouvez donner un libre cours à ces marchandises, non seulement dans le Royaume mais même dans le pays étranger. Cette décision de l'Empereur aplanit tous les doutes sur la prise des bâtiments VOrcum et Y Hercule, aussi ai-je mis au bas de l'avis du Conseil d'État que ces bâtiments devaient être confisqués. Vous me proposerez une gratification à accorder aux chaloupes canonnières sur la prise de VOrcum. Ainsi, voilà l'af-

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faire des Américains décidée. Dieu veuille nous amener plusieurs bâtiments de cette nation! Vous leur feriez subir le même sort.

Quant à l'exportation des liuiles, l'Empereur ne s'y oppose nullement; au contraire : pour mieux garantir l'opération, il m'a fait espérer des licences impériales, d'après lesquelles les bâtiments voyageant avec des licences anglaises seront respectés par les corsaires et bâtiments de l'Empire et qui donnent aux spéculateurs l'avantage d'une double chance par la faculté qu'elles accordeut d'importer en échange des denrées exportées diverses denrées coloniales sur lesquelles on pourrait encore spéculer avantageusement.

L'Empereur m'en a promis l'expédition pour ce soir ou demain au plus tard; je vous adresse copie d'une de ces licences, prenez les arrangements préparatoires en conséquence et n'oubliez pas que du secret dépendent les avantages immenses de cette affaire.

Il est à présumer aussi que l'Empereur va prendre une mesure générale relativement aux Américains.

Je désirerais réunir la Caisse des Rentes à celle d'Amortissement, mais comme la Constitution s'y oppose, j'ai besoin que vous m'adressiez un rapport qui fasse sentir la nécessité de la réunion de ces deux Caisses, ce qui ne vous sera pas difficile, car l'économie de la suppression des bureaux de la Caisse des Rentes est seule un puissant motif, auquel on doit ajouter l'avantage qui résultera pour la Caisse d'.lmortissement de pouvoir disposer des fonds de celle des Rentes qui restent morts pendant quatre mois, etc. C'est ensuite le moyen de simplifier toujours davantage l'administration.

Vous ne me donnez jamais le projet d'organisation forestière que je vous ai si souvent demandé.

Je me porte bien, ainsi que la Reine. Nous sommes à Trianon.

Faites vendre sur-le-champ les sels qu'on a trouvés à Ponza et à Vendotene.

J'apprends qu'on laisse vendre les marchandises américaines séquestrées dans la Douane de Xaples ; faites surveiller ceux qui en ont les clefs et vous ne tarderez pas à découvrir les coupables.

.Archives du prince Murât. R. XXXIH. ii" 65.

4681. — MLR.AT AL GEMCRAL LAVL'SSE

Trianon, -21 décembre 1809.

A monsieur le Grand-Maréchal du Palais. Monsieur le grand-maréchal, j'ai reçu vos lettres et vos diffé-

13'f JOACIIIM AURAT

rents rapports. Je vous autorise à faire meubler mon salon ; mon intention n'est pas de faire démolir encore votre ancien appartement; puisque les Princes et Princesses occupent le Palais Acton, je vous autorise cà vous loger définitivement dans leur ancien appartement au Palais. Je désire laisser disponible celui du Prince-Royal.

Je vois par les états de situation qu'il y a cent cinquante et un gardes d'honneur absents, écrivez au ministre de la Guerre pour qu'il écrive aux intendants, pour leur témoigner tout mon mécontentement de ce que les gardes d'honneur en congé ne sont pas encore rentrés à leur poste, cela ne fait aucun honneur ni à eux ni aux provinces auxquelles ils appartiennent.

Il me semble que vous auriez dû soumettre à mon approbation le devis des dépenses que vous avez ordonnées à Capo di Monte.

Nous voilà à la fin de l'année, faites connaître à tous les Grands- Officiers de ma Maison qu'ils doivent se pré|)arer à rendre leurs comptes et me dresser leurs budgets pour les dépenses de 1810. J'écrirai demain à cet égard à l'intendant-général de ma Couronne. Comme mon voyage me coûtera beaucoup d'argent, je désire que l'on apporte la plus grande économie dans les dépenses de ma Maison, et surtout qu'on ne fasse aucune dépense extraordinaire, sans mon autorisation.

Je n'ai pas encore le projet de former un régiment de mes chevau-légers, il faut commencer par monter et équiper les hommes qui existent, je verrai ensuite. En attendant, j'économise les dépenses de l'état-major et des officiers des autres escadrons, et ce corps me rend les mêmes services.

Archives du prinre Mnrat. R. XIV, p. 4.34.

4682 — MIR.AT A DARCAMDAL

Paris, 21 décembre 1800.

A niotisicur l'Iittcndanl général .

Monsieur l'intendant, je vous renvoie la proposition que vous me faites de supprimer la commission du contentieux du Domaine de la Couronne; je vous autorise à lui faire connaître que ses fonctions ont cessé. Vous recevrez très incessamment ma décision sur vos attributions et sur l'organisation d'un conseil d'architectes. Nous voilà à la fin de l'année ; je désire que les grands-officiers de ma Couronne se réunissent en conseil pour rendre le compte de

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l'aunée 1809 et préparer le budget de 1810; j'ai chargé le Grand- Maréchal du Palais de lui faire connaître mes intentions à cet égard. Préparez de votre côté tous les matériaux nécessaires à la confection de ce budget. Je désire que ce travail soit fait dans le courant de janvier 1810.

.Archives du prince Mural. R. XIV, p. 432.

4683. — ilLR-Vr AV M.ARECH.AL PERIG\0\

Trianon, '21 décembre 1809.

A monsieur le maréchal Péri g non.

.Mon Cousin, j'ai reçu vos différents rapports, j apprends avec plaisir que la tranquillité se maintient toujours dans mon Royaume et que le brigandage touche à sa fin.

Ecrivez à .M. de Bibicoff pour lui faire connaître que toutes les troupes de Corfou étant arrivées, il semble que rien ne doit plus s'opposer à leur marciie sur la Haute-Italie, et que l'Empereur Napoléon, à qui le Roi a demandé des ordres à cet égard, a approuvé le départ de ce corps, attendu qu'il ne pouvait exister aucun motif pour qu'il prolongeât plus longtemps son séjour dans mon Royaume.

J'ai reçu le contrat de mariage de votre fils et votre lettre pour l'Empereur, je les lui remettrai demain dans la journée; je ne doute nullement qu'il ne donne volontiers son approbation à cette union, elle ne pourra être qu'heureuse, formée sous ses auspices.

J'espère que vous aurez fait occuper, armer et approvisionner Ponza. Pressez le plus que vous pourrez l'organisation du régiment de Calabre et de la garde municipale, et ne vous lassez jamais de solliciter le recrutement de la gendarmerie.

Je vous remercie de votre constante attention à me donner des nouvelles de mes enfants.

Je me porte bien ainsi que la Reine, la santé de l'Empereur est parfaite ; il est devenu encore plus grand et plus cher à la Nation par le dernier et si grand sacrifice qu'il vient de lui faire : tous les Français savent combien cette résolution a coûté à son cœur.

Archives du prime \Iorat. R. XIV, p. 433.

4684. — MURAT A DAUHE

Trianoii, il décembre ISOO.

Au minisire de la Guerre.

Monsieur le ministre, j'ai reçu vos différents rapports. J'ai appris avec plaisir le naufrage des six dernières canonnières ennemies. J'espère que mes ordres relativement à l'occupation, à l'armement et à l'approvisionnement de Ponza auront été exécutés. Je vous le répète encore : l'ennemi n'a pas d'intérêt à la reprendre, il n'a pas assez de forces disponibles pour cela; d'ailleurs ce ne serait que des étrangers qu'on nous prendrait. I/lùnpereur a paru désirer que je dirigeasse sur l'Espagne, pour y former une division napolitaine commandée par mes généraux, encore deux ou trois nouveaux régiments ; empressez-vous donc de faire compléter l'armement, l'habillement et l'équipement de mes 3""" et 4'°"^ régiments d'infanterie de ligne et de mon 2*^™ d'infanterie légère. Préparez un fort détachement pour le 1" régiment d'infanterie légère qui est en route pour l'Espagne; vous devez savoir qu'il est très faible. Faiteslui passer aussi ses effets d'habillement. Faites compléter promptement le 5'" régiment Royal-Calabre et la garde municipale; pressez vigoureusement le restant de la conscription. J'attends avec impatience les projets de décrets que Je vous ai demandés sur la conscription et sur l'organisation de mou armée.

Faites armer celles des canonnières ennemies qui seront jugées susceptibles de pouvoir servir encore. Je vous autorise à rendre aux propriétaires délia Torre del Greco et dell' Annunciata cinquante parenzelles, cela ne pourra que produire un très bon effet. Annoncez toujours aux Calabres mou prochain retour, ma prochaine arrivée à Reggio et la marche de quinze mille Français pour le Royaume; enfin que tout anno ;ce des préparatifs d'invasion.

Je vous ai dit une fois pour toutes que je n'avais pas le projet de porter mes chevau-légers de deux escadrons à cinq. Je vous dirai même que j'ai vu avec peine les moyens que l'on a employés pour se procurer des recrues, parce que cela m'a attiré des reprochef de la part de l'Empereur.

Je n'ai point signé votre travail sur l'artillerie, parce que vous n'y aviez pas joint des états de service, et que j'aurais été obligé de signer en aveugle.

En Espagne, on continue à se plaindre de l'avancement que l'on

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donne à Naples; on l'attribue à l'intrigue et h la faveur, j'en suis peiné. En général ne souffrez à \aples aucun des officiers venant d'Espayne et faites-les repartir sur-le-champ sous peine de destitution. Continuez à faire surveiller scrupuleusement la contrebande en Calabre.

Archiies du priore Miirat. R. XII. p. '20i. et Aff. Étr, Vaples. 134.

4685. — MURAT A S.^LICETI

Paris, -21 décembre 1809.

Au iniin'sfre de la Police générale.

Monsieur le ministre, j'ai reçu vos différents rapports ; je vois avec plaisir que la tranquillité se maintient dans toutes les provinces, et que le brigandage touche à sa Gn. J'attends avec impatience le rapport que je vous ai demandé sur l'arrestation de tous les amnistiés.

Je n'approuve pas les observations de l'intendant de Basilicata, j'entends qu'on poursuive impitoyablement tous les réfractaires. Si j'avais voulu écouter les avis de plusieurs intendants, je n'aurais pas eu un seul homme sur la levée de deux sur mille. Une loi une fois rendue, il faut qu'elle s'exécute.

Je ne puis penser que le général Cavaignac fasse la contrebande, car ce général ne cesse de m'en dénoncer tous les jours les auteurs ', le colonel Goguet prétend lui-même qu'il est dénoncé par ceux-là qui la font. Quelles misérables intrigues ! Le fait est que la contrebande a lieu ; que j'en ai des preuves en mains ; on me la dénonce de tous les cotés et cependant la contrebande continue toujours. Je voudrais bien enfin que vous parvinssiez <à m'en découvrir les véritables auteurs.

Je viens d'ordonner la confiscation et la vente des marchandises du bâtiment américain, L'Orciwi; cette résolution lève toute difficulté, elle est basée sur une décision de 1 Empereur. J'ai été bien aise de cette circonstance qui m'a fait connaître les vrais sentiments de mes conseillers d'Etat.

' Agar à Mural — 5 décembre 1S09. — i ... Plusieurs rapports secrets m'ont l'ait connaître que journellement on introduisait dans les Calabres des denrées et marchandises anglaises de toute espèce. C'est essentiellement sous la protection des militaires que cette contrebande s'opère presque ouvertement. Si les agents des douanes veulent s'y opposer, ils ont à lutter contre de.s commandants qui les menacent de les (aire arrêter et qui souvent mettent à exécution leurs menaces... » (.Archives du prince Alurat. R. XXXIV. lettre W.)

J'espère qu'on n\aiira plus maintenant d'inquiétude. L'Empereur continue à porter le plus «jrand intérêt au bonheur de mes sujets. J'espère que mes ordres sur l'occupation, l'armement et l'approvisionnement de Ponza sont maintenant exécutés.

Je vois avec peine les tracasseries qui existent relativement à l'affaire des jeux, si elles continuent, je les supprimerai.

Le Roi de Bavière doit arriver vendredi.

Ou a remporté en Espagne une grande victoire'; plus de cent mille hommes sont en route pour ce Koyaume; on assure que les Anglais se préparent à quitter le Portugal et à retourner en Angleterre. La nouvelle seule de l'arrivée de l'Empereur les a fait trembler, ainsi bientôt tout le continent sera |)acifié. Paris est toujours tranquille, l'Empereur est adoré de ses peuples, et cette dernière circonstance vient de le rendre encore plus cher à la Xation par le sacrifice qu'il lui a fait de ses plus tendres affections.

.'ircliines du prince Murat. K. \V1, p. 20t).

^686. — MURAT A DAURK

Trianon, le '21 décembre 1809.

Au minisire de la Guerre.

J'apprends qu'il existe des fusils à Vendotena et à Ponza; faitesles prendre sur-le-champ. Faites distribuer ceux qui sont en état de servir et réparer les autres.

-■Irchives du prince Miirat. R. Xl'l, p. -208.

4687. — GAMB.^CERRS A MURAT

Paris, le 23 décembre 1809.

SiRK,

J'ai riioniieur de prévenir Votre Majesté que S. M. l'Empereur m'a ordonné de convoquer le Conseil de la famille Impériale pour donner son avis sur une demande de S. M. le Roi de Hollande-.

' La bataille d'Alia de Tormès gagnée par Kellermann sur le duc del Parque, qui s'était emparé de Salamanque et qui fut rejeté sur le Portugal.

- Le Roi Louis avait le 17 décembre demandé à l'Empereur sa séparation d'avec la Reine Hortense (\ oir Frédéric Masso\, Napoléon et sa famille ^ V, p. 152 et suiv.) Jérôme et Mur.it se montrèrent dans leCon-eil de famille nettement hostiles à la séparation.

ROYAUME DE XAPLES — 1809 189

Votre Majesté étant dans ce moment le plus ancien des Princes Grands Dignitaires, Elle doit faire partie de ce Conseil.

Après avoir reçu la lettre close de S. M., je me suis rendu auprès du Roi de Westphalie pour lui demander le jour et l'heure qui pourraient lui convenir. L'absence de Votre Majesté ne m'a pas permis de remplir le même devoir, dont je m'acquitterai demain à Trianon. Cependant S. .M. le Roi de Wesphalie ayant bien voulu me dire, en sou nom et au vôtre, qu'il était à propos que le Conseil fut assemblé demain dimanche 24 du courant, à quatre heures du soir, je viens de déterminer la convocation. Le Conseil se réunira au Palais des Tuileries, dans la salle du Trône, ainsi que l'Kmpereur l'a ordonné.

J'ai l'honneur de prévenir Votre ALajesté de ces dispositions.

Je suis avec un profond respect

A S. M. le Roi des Deux-Siciles, au Palais, de Trianon.

Archives du prinre Murât. D 4.S7. 3.

4688. — MURAT A XAPOLEOX

Trianou, le 24 dérembre IK09.

La Reine m'a fait connaître le mécontentement de Votre .\L'ijesté de ce que l'arriéré n'était pas payé, je me permets de mettre sous vos yeux le rapport que je reçois à l'instant de mon ministre des Finances'; vous pourrez vous convaincre que j'ai tenu fidèlement mes engagements et que tout est soldé depuis mon avènement au trône et qu'il m'a été impossible de solder un arriéré que la paix ou la permission d'exporter pourront seules faire solder, en nous donnant des ressources extraordinaires. Sire, je suis peiné plus que je ne saurais l'exprimer de linipossibilité où je me trouve de ne

' D'après le rapport d'.Agar, le déficit de l'année 1809 se montait à 3 030 520 ducats, somme égale au déficit de l'année 1808. » Ce résultat, Sire, écrivait le ministre des Finances, prouve que dans la première année de votre règne, après avoir complètement soldé le service courant, après avoir payé 942 536 d. sur l'arriéré, vous n'aurez pas augmenté la dette du Trésor. ... (chaque jour j'ai de nouvelles occasions d'éprouver l'iieureu.x effet du système adopté par \'otre Majesté, vous avez voulu fonde le crédit du (jouvernement et vous l'avez fondé. Je ne crains pas de dire que si Votre Majesté voulait faire aujourd'lmi im emprunt d'un million, elle pourrait compter d'y réussir... »

140 JOACHIM MLHAT

pouvoir faire dans ce moment ce qui serait tant ayréable à Votre Majesté, mais qu'Elle daijjne fixer des époques et je prends d'avance rengagement de faire exécuter vos ordres.

Sire, je crois avoir fait beaucoup : malgré l'état de guerre, la stagnation générale du commerce, j'ai fait face à toutes les dépenses courantes, j'ai payé à peu près un million de ducats d'arriéré et j'ai levé 50 mille hommes de troupes et fait des expéditions ruineuses.

Sire, (ionuez-moi du temps et tout ce que je dois à Votre Majesté sera payé.

Je suis

.Aff Éir. Naples. 13i, p 490.

4G8U — MURAT A .VAPOLEOX

Paris, 2" décembre 1809

Sire,

J'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté les derniers rapports qui me parviennent par un auditeur', tant sur la Sicile que sur les différentes provinces de mon Royaume. Il parait évident que le colonel Goguct a fait d'une manière scandaleuse la contrebande avec la Sicile. J'ai déjà dénoncé ces faits à Votre Majesté, il est malheureux que ceux qui devraient l'empêcher soient les premiers à la favoriser.

Sire, les rapports que je reçois sur la marche de mon administration ne sont pas satisfaisantes, elle s'est arrêtée'. Le ministre des Finances me témoigne surtout les plus grandes inquiétudes. « Les contributions, m'écrit-il, ne se perçoivent plus " , et il va jusqu'à me proposer un emprunt à Paris, sous l'autoiisation de Votre Majesté. Je suis certainement bien loin d'accueillir sa demande, cela perdrait le crédit du Gouvernement, et je serais toujours dans un très grand embarras pour le rembourser II me pro-

' Le .service de.s dépêches entre le Hoi de \aples et ses ministres était fait par des auditeurs ; on leur allouait pour chaque voyage à Paris, aller et retour, la somme de 1 2l)0 ducats.

- Aqar à Murât. 14 décembre 1809. — e ... L'espérance que V. M. rentrera bientôt dans ses Ktats soutient seule tous les services. Si votre absence se prolongeait longtemps, tous nos efforts ne sauraient prévenir les effets d'un relâchement qui déjà se fait sentir et qui dégénérerait en une espèce d'abattement général. » (R. XXXIV, lettre 56.)

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pose d'autres affaires qui pourraient à la vérité soulager le Trésor pour le morneut, mais qui le jetteraient dans un bien plus grand embarras encore pour l'avenir, si l'état de guerre maritime devait durer longtemps. Sire, nos dépenses s'accroissent tous les jours, tandis que d'un autre côté les moyens d'y faire face diminuent.

IjC ministre de la Police m'annonce que le brigandage semble relever la tète et il me propose pour la fin du mois de janvier l'exécution d'une mesure que j'ai ordonnée depuis longteuip.s pour l'éteindre tout k fait : c'est l'arrestation de tous les amnistiés au même jour et à la même heure dans toutes les communes du Royaume.

Votre Majesté ne m'a pas fait connaître ses intentions sur la demande que je lui ai faite du régiment suisse, je la prie de me faire savoir si je dois espérer de l'avoir à mon service.

Sire, j'ai mis sous vos yeux le rapport en original de mon ministre sur la situation de mes finances, ainsi que plusieurs autres rapports ; je la supplie de me les renvoyer si elle en a pris connaissance, n'en ayant point conservé de copie. Je n'ai pas non plus reçu l'explication des chiffres qu'elle m'avait permis de lui adresser.

Je suis

Joachim Wapoléox.

.Irehiïcs nationales, AF» 1714" (203), et .Archiïes du prince Murât. D. 5"6, p. 39.

Sire,

4690. — MUR.Vr A NAPOLEON

Paris, le '2 janvier 1810.

Je m'empresse d'adresser à V . M. les nouvelles qui me sont parvenues de Naples sur la mort de mon ministre Saliceti ' .

Archives nationales, AF'v ni 4» ;20-i), et .archives du prince Murai. D. 576. p. 42.

' Le prince de Luperano, cliambellan et auditeur au Conseil d'Ét.it, avait été envoyé à Paris pour porter cette nouvelle, il apportait une lettre pirticulière d'Agar à Murât. — a. Vaplcs, 23 décembre 1809. — ... J'annonce à V. M. avec une profonde douleur la perte que nous venons de faire de M Salicetti. Hier seulement, j'appris qu'il était malade et déjà on ne pouvait plus le voir Ce matin, à onze heures, j'ai envoyé chez lui, on m'a lait dire bu 'il avait passé une nuit affreuse, mais qu'il était beaucoup mieux. A

Paris, le 5 janvier 1810.

i4 monsieur h duc île Bassano à Paris.

Monsieur le duc, Sa Majesté a désiré que je vous adressasse le procès-verbal de l'ouverture du cadavre de mon ministre Saliceti '

2 heures, le ministre secrétaire d'Etat est venu m'annoncer qu'il n'était plus. Les ministres ont été de suite convoqués pour délibérer sur les mesures qui devaient être la suite de ce funeste événement. Un procès-verbal rédigé par le ministre secrétaire d'Etat fera connaître à V. M. le résultat de cette séance.

AI. Salicetti est mort d'une maladie bien connue qui, déjà deux fois, l'avait mis au bord de la tombe, à Gênes et à l"'lorence Cependant sa mort a été si prompte que, peut-être, elle donnera lieu à de fâcheuses conjectures. On a cru devoir faire constater la cause de sa perte. Le premier médecin et le premier chirurgien de V. AL assisteront à cette opération.

Toutes les mesures ont été prises pour ce qui concerne le ministère de la Police. i\e pouvant introduire un nouveau Ibuctionnaire au Conseil sans l'ordre de V. AL, les minisires ont été unanimement d'avis de remettre le portefeuille à AL Uaure, soit parce qu'il est le dernier admis parmi nous, soit parce qu'il est cliargé du portefeuille de la Guerre qui a tant de points de contact avec la police, dans un moment où la haute police des provinces est conûée aux commandants militaires .. » (R. XXXIV . Lettre 64.)

' Alurat venait de recevoir une seconde lettre d'Agar relative à la mort et à l'autopsie de Saliceti. « Ainsi que j'eus l'honneur de l'annoncer hier à V. AL, on a procédé aujourd'hui, avec la plus grande solennité et presque publiquement, à l'opération qui devait constater la cause de la mort du ministre Salicetti. MAL Andral et Peborde, sur la réquisition du Grand-Juge, ont fait eux-mêmes cette opération, en présence du procureur royal près la Cour de justice criminelle de Xaples, du juge de paix de l'arrondis.seraent et de plusieurs autres officiers de Justice; un grand nombre d'officiers de santé et particulièrement ceux qui avaient soigné AL Salicetti avaient été appelés. La seule inspection du cadavre et le récit des circonstances de la maladie avaient convaincu d'avance tous les médecins qu'auiune cause extraordinaire n'avait accéléré la fin du ministre. On avait jugé, en conséquence, convenable de laisser entrer autant de monde que la salle où était exposé le corps pouvait en contenir. Il a été unanimement reconnu que le sii-ge de la maladie était dans le foie. On a trouvé dans le vésicule du fiel dix-huit petites pierres ou concrétions biliaires à peu près de la grosseur d'une noisette. Tous les autres organes étaient sains et leur état ne laissait aucune incertitude sur le genre de mal qui a terminé la vie de M. Salicetti. Les médecins déclarent qu'il est mort d'une colique hépatique aggravée par l'usage intempestif et immodéré du quinquina. » (Agar à Alurat, 24 décembre 1809. R. X.XXIV, lettre 65 ) Le 29 décembre 1809, Agar rendait compte des funérailles de SaUceti : « Elles ont eu lieu avec la plus grande pompe, c'est la solennité de ce genre

ROYAUME I)l<: IVAPLES. — 1810 lU

et qu'il fut inséré daus \g Moniteur. Il n'est pas peu important qu'on sache que ce ministre a succombé à une maladie naturelle.

Archives du prince Murat. R. XIV, p. 435.

4692. — MURAT AU MARKGHAL PERIGXON

Paris, du 6 janvier 1810.

A monsieur le maréchal Péri gnon .

Mon Cousin, j'ai reçu vos difiereuts rapports et les bulletins de la santé des Princes ; j'espère pouvoir vous envoyer un de ces jours le contrat du mariage de votre fils, revêtu de l'approbation de l'Empereur, ou peut-être l'apporterai-jc moi-même. J'ai fait connaître au ministre de la Guerre mon étonnemeut qu'il eût envoyé un détachement dans la province d'Avellino et qu'il l'eût rendu indépendant de l'autorité militaire. Je vous adresse ci-jointe une lettre du ministre de la Guerre dont vous ferez exécuter les dispositions.

Faites poursuivre à outrance les brigands de la Capitanata ; si le bataillon d'iufanterie et l'escadron de cavalerie ne suffisent pas, envoyez-en un second : en général faites poursuivre le brigandage à toute outrance dans toutes les provinces. Je donne des ordres à mon ministre des Finances pour que la solde de l'armée soit payée plus exactement.

Ne perdez pas de vue le recrutement et l'instruction des troupes.

Je compte bientôt me mettre en route pour Naples.

Archives du prince Murat. R. XIV, p. 436.

4693. — MURAT AU GENERAL U-iNUSSE

Paris, le 6 janvier 1810.

A monsieur le Grand- Maréchal du Palais. Monsieur le grand-maréchal, j'ai reçu vos différents rapports.

la plus imposante que X'aples ait vue jamais... j'ai le cœur encore rempli de tous les sentiments que devait exciter cette lugubre et longue cérémonie, je n'en perdrai Jamais le souvenir. i (R. XXXIV, n° 73 ) Voir aussi le Diario di Nicola, t. II, p. 511, et le Monitore Napolitaiio, n"' 401» et 401, 27 et 29 décembre 1809.

U4 JOACHI.M MIRAT

Les besoins d'économie me forcent à ajourner toute espèce de nouvelle organisation de ma garde ; ainsi qu il n'en soit plus question ' .

Vous devez garder jusqu îi mon arrivée le dépôt de papiers qui vous a été fait par ordre du ministre Saliceti ; je serais trop fàcbé que qui que ce fût en prit connaissance. Si, au reçu de ma lettre vous n'avez pas commencé l'ameublement de mon salon jaune, vous le ferez suspendre ; il m'est indispensable de ne pas faire cette année la moindre dépense extraordinaire.

Vous ferez connaître à M. Leconte - que je suis étonné de sa hardiesse. De quel droit a-t-il été demander le changement du plan que j'avais arrêté pour rembellissement à faire au théâtre S'-Charles"? Dites-lui que cette conduite m'a déplu, et que j'espère que ce sera la dernière fois qu'il se permettra de semblables démarches.

.■\rchiies du prince Murât R. XIV, p. 436

469i MLR.AT A DAURK

Paris, le 6 janiier 1810.

Au ministre de la Guerre.

Monsieur le ministre, j'ai reçu vos différents rapports. La mort de Saliceti me prive d'un excellent ministre et d'un serviteur dévoué, et mes peuples ont perdu en lui un homme qui a rendu les plus grands services à l'Etat; je serai longtemps sensible à la perte d'un homme que j'estimais et que j'aimais. Les papiers envoyés par son ordre en dépôt chez le Grand-Maréchal, doivent y rester jusqu'<à mon retour, et je ne verrais pas avec plaisir que quelqu'un en prit connaissance, car pour ce qui concerne la correspondance secrète, les chefs de division et le secrétaire particulier sont parfaitement au courant de ce qu'il importe de savoir.

' Ahirat écoutait sur ce point les sages remontrances du ministre des Finances, Agar, qui lui avait écrit : « V . M. a accordé par des décrets particuliers un crédit extraordinaire de 30 000 ducats pour sa garde et un de 20 000 pour les dépenses de première mise II est de mon devoir de la prévenir que si elle ordonne encore d'autres payements, il sera totalement impossible de les effectuer... Je ne puis assez fortement supplier V . M. de ne pas céder aux demandes ([ui pourraient lui être faites. » [Agar à Mural. 27 novembre 1809. R. XWIV, n» 40.)

^Architecte du Roi depuis 1803.

ROYAUME DE XAPLES. — 1810 145

Je vous ai renvoyé, revêtu de ma signature, le décret sur la conscription. Je désire qu'il soit levé 10 000 hommes d'ici au 1" mai; vous en ferez une répartition égale sur les huit classes sujettes <à la conscription.

Je vais payer ici ce qui reste dû sur l'envoi des 10 000 fusils et je prendrai l'engagement de faire payer les autres envois à mesure de leur arrivée à Naples.

Vous avez ordonné dans la province d'.^vellino un détachement de troupes que vous avez rendu indépendant de l'autorité militaire, cela n'est pas convenable. Il est étonnant qu'après la réunion à Foggia d'un bataillon d'infanterie et de deux escadrons du 2" régiment de chasseurs h cheval, les brigands se montrent avec autant d'audace dans la province de Capitanata. Au reste, je vais bientôt partir, et ces misérables recevront le prix de leurs crimes.

Vous me dites que vous êtes arrêté pour le recrutement de la gendarmerie et du régiment municipal par le manque de fonds, mais j'ai décidé, avant mon départ, que les fonds de première mise seraient fournis à ce régiment comme à tous les autres, et je vous ai ouvert un crédit à cet égard. Préparez-moi un aperçu des besoins de la gendarmerie.

Comment pouvez-vous me proposer de nouveaux cadres quand vous ne pouvez pas remplir ceux qui existent? Complétez la gendarmerie de terre avant de songer à créer celle de marine.

J'ai reçu vos observations sur l'occupation de Ponza, faites exécuter les ordres que j'ai donnés.

Je vous avais demandé depuis longtemps un travail sur les hôpitaux et sur la réduction de l'état-major général de l'armée; il ne m'arrive pas, cependant ce serait une grande économie, et j'ai presque la certitude que l'P-mpereur ne serait pas éloigné de consentir <à la suppression de l'état-major général dans mes p]tats.

J'ordonne que vous portiez à l'avenir sur le budget mensuel la solde pour toutes les troupes napolitaines qui sont hors de mon Royaume, et que les fonds soient régulièrement faits et versés au Trésor de France pendant 1810, de manière à être toujours au courant avec ce Trésor pour les avances qu'il est obligé de leur faire.

.archives du prince Mural. R. XVI, p. 208.

4695. — AILRAT A MAXZI

Paris, le 1 janvier 1810.

A monsieur Manzi, secrétaire du Conseil d'Élal.

Monsieur le secrétaire du Conseil d'Etat, j'ai reçu votre lettre ; j'ai été vivement affligé de la perte de mon ministre Saliceti ; il avait rendu des services essentiels à mes peuples; il s'était acquis, pendant sa vie, des droits à leur estime, comme, par sa mort, il en a acquis à leurs regrets. Je regretterai moi-même longtemps un homme qui m'était personnellement attaché, et ses amis le retrou- \eront constamment dans mes hontes et dans ma justice. Je compte toujours sur leur dévouement, (ju'ils comptent toujours sur ma bienveillance.

Je ne nommerai point rà la Police générale avant mon retour; tous les chefs de division de ce ministère doivent continuer à fournir à celui qui en a le portefeuille tous les renseignements dont il a hesoin pour le bien de mon service et le maintien de l'ordre.

Dites à Montozon d'être sans inquiétude sur son sort.

Archives du prince Murât. R. XIV, p. 438.

4696. — MLR.^T AU GE.VERAL CAVAIGXAC

Paci.o, le 7 ianvier 1810

A monsieur h rjéncral Cavaignac.

Monsieur le général, j'ai reçu vos différents rapports. J'ai appris avec plaisir que la conscription des Calahres touchait à son terme, ainsi que le brigandage. J'approuve les mesures rigoureuses que vous avez prises pour la répression de la contrebande ; je ne saurais trop vous recommander la plus grande surveillance sur les mouvements des Anglais eu Sicile. Vous allez avoir des calmes, rien ne saurait empêcher les Anglais et Caroline de profiter de mon absence et de la mort de Saliceti pour tenter un coup de main contre mes États. D'ailleurs tout annonce qu'ils en ont le projet. Alors vous devriez exécuter les dispositions primitives laissées au général Partouneaux. Vous devriez réunir toutes vos forces et ne jamais vous laisser couper la retraite sur Lagonegro. Vous laisse-

ROYAUME DE \APLES. — 1810 147

riez une bonne garnison à Scilla après lavoir fait approvisionner. Faites toujours croire à ma prochaine arrivée dans les Calabres, car à peine arrivé <à Xaplcs, je compte me rendre près de vous.

Continuez à poursuivre à outrance les contrebandiers. Vous ne sauriez rien faire qui fut plus agréable à l'Empereur et à moi.

J'ordonne que vous soyez le seul qui puisse avoir une correspondance secrète avec la Sicile ; entendez-vous à cet égard avec 1 intendant Coletta.

Archires du prince \Iurat. R. XII', p. 438.

Paris, le 7 janvier 1810.

A monsieur l'intcinlanl Colella.

Monsieur l'intendant, je suis très satisfait de la conduite que vous tenez dans votre province. J'ai appris avec plaisir la mesure que vous avez prise pour la saisie des marchandises anglaises introduites frauduleusement dans les Calabres'. La levée de la conscription vous fait honneur ainsi qu'aux autorités militaires, car j'ai appris qu'elle touchait k son terme, malgré les provocations à la révolte de la part des Anglais, les insinuations de Caroline et le brigandage qui organisait la guerre dans vos provinces. Continuez à me servir avec le même zèle, et vous devez compter toujours sur tout mon intérêt.

Je pense que vous devez beaucoup regretter le ministre Saliceti, et que ses amis doivent pleurer sa perte, mais dites-leur d'être sans inquiétude. Vous le retrouverez tous dans ma bienveillance et dans ma justice.

Archives du prince Murât. K. XIV, p. 437.

' Acjar n'était pas aussi satisfait que le Roi de la conduite de Coletta; il écrivait à Alurat le 21 décembre 18 i9 : » J'ai l'honneur de mettre sous les yeux de V. \l une lettre de M. l'intendant Coletta, en réponse à celle oar laquelle je l'avais chargé de faire séquestrer les marchandises anglaises irauduleusemcnt introduites en Calabre. Je la trouve un peu froide et un peu vague. Je regrette que \l. l'intendant ait cru suffisant d'exécuter dans la semaine un ordre qui ne pouvait avoir tout son effet que par les dispositions les plus promptes et les plus énergiques. » (R. XXXIV, lettre 63.)

Paris, le 7 janvier ISIO.

A M' le (lue (le Filtre, ministre de la Guerre en France.

Monsieur le duc, sur les 10 000 fusils que Sa Majesté m'a permis d'acheter à Turin, deux mille ont été envoyés à Naples, et mille sont entièrement soldés; comme on refuse à Turin d'en expédier d'autres avant que le premier envoi n'ait été payé, je vous prie de me faire connaître ce que je dois à cet égard ; je ferai prendre des mesures ici pour faire payer sur-le-champ cette dépense.

Archives du prince Murât. R. XIV, jj 430.

4699. — MURAT A .\APOLEO.\"

Paris, 7 janvier 1810.

SlRE,

Je demande à Votre Majesté la préfecture de la .Manche pour .M' Lafon, auditeur, et mon neveu. Votre Majesté fixerait par cette bonté le sort de cette famille et Elle n'aurait pas de serviteur plus fidèle et plus dévoué. Votre .Majesté m'obligerait particulièrement.

Je saisis encore ici l'occasion de regretter des licences sans lesquelles je suis dans l'impossibilité i d'acquitter aucun payement de la dette de mon Trésor à celui de Votre .Majesté.

Je suis, etc

Joachim X.^poléon.

Archives nationales, AF'^' 1714".

4700. — ML'R.AT A CLARKR

Paris, le 8 janvier 1810.

A M. le duc de Feltre, ministre de la Guerre en France.

Monsieur le duc, je vous prie de demander à l'Empereur le grade de général de brigade pour .M' de Soulier, colonel du jQcme régiment d'infanterie de ligne; cet officier, qui a fait toutes

les campagnes d'Italie, d'Egypte et de IVaples, est depuis 10 ans colonel, et a beaucoup d'instruction. II réunit un dévouement sans bornes pour son Empereur. J'ose vous assurer que cet officier mérite, sous tous les rapports, les bontés de l'Empereur.

Je demande la même faveur pour M. le colonel Dery, mon aidede-camp qui est passé à mon service d'après l'autorisation verbale de l'Empereur ; il allait obtenir le grade de général de brigade lorsqu'il partit de Vienne pour Xaples. Je vous prie, seulement, de faire valoir les promesses qu'il en a eues '.

Archives du prince Murât. R. XIV, p. 440.

Paris, le 8 janvier 1810.

A monsieur le dite de Feltre, ministre de la Guerre en France.

Monsieur le duc, vous avez vu par l'état de situation de l'armée napolitaine que son état-major n'est plus en proportion avec la force des troupes qui la composent, puisqu'il est le même pour 13 000 bommes, qu'il était lorsque l'armée était composée de 50 000 hommes. A quoi bon conserver pour les troupes qui sont dans le Royaume de Naples un ordonnateur eu chef, un inspecteur en chef aux revues, un payeur-général, un commandant en chef de l'artillerie et du génie, un médecin, un chirurgien en chef et tant d'autres qui me coûtent autant que les troupes, car je donne 3 000 francs par mois pour frais de bureau à tous ces chefs de service, sans compter les frais d'impression qui sont payés à part. Le payeur général, par exemple, est absolument inutile. Qui empêche que les quartiers-maîtres ne touchent directement à mon Trésor? Alors les régiments n'éprouveraient plus dans les paiements les retards dont ils se plaignent, et ces retards sont inévitables par l'intervalle qui doit exister nécessairement entre le versement fait par mon Trésor dans les caisses du payeur-général et celui qu'opère la caisse de ce dernier dans les caisses des régiments ; aussi, quoique les fonds soient faits régulièrement par mon Trésor, il y a cependant des régiments qui, deux mois après, ne sont pas encore payés. J'ai fait connaître à l'Empereur cet état des choses, et S. M.

' Pierre-César Oery fut créé général de brigade seulement le 6 août 1811.

m'a paru disposée à supprimer Tétat-major général de l'Armée de Naples, et à ordonner que le service des troupes stationnées dans mon Royaume serait fait à l'avenir par l'administration napolitaine, sous la surveillance d'a<]ents français, dont le nombre serait déterminé par le ministre de la Guerre. Cette mesure d'économie, en diminuant les dépenses de mon Trésor, me donnerait les moyens de payer l'arriéré, ce que vous sollicitez si instamment.

L'Empereur vient de mettre sur le pied de paix les troupes de ses provinces d'Illyrie et de son Royaume d'Italie. Ce serait un bienfait pour moi si S. M. se décidait à y mettre aussi celles qui sont dans mon Royaume. Celte mesure peut s'exécuter dans mes Etats plus facilement que partout ailleurs, puisque le soldat y vit presque pour rien, tant les denrées y sont à bon marché, à cause de la difficulté des exportations. Le résultat de cette économie m'aiderait encore à payer l'arriéré que je dois à ces troupes. 11 en résulterait un second avantage pour mon Trésor : celui de pouvoir mettre aussi sur pied de paix mes troupes, car n'est-il pas ridicule de voir ma garde qui fait le service dans mon palais être payée sur le pied de guerre? Et cependant je n'oserais les mettre sur pied de paix à côté de troupes qui, faisant le même service, seraient sur le pied de guerre.

Je vous prie de mettre ma lettre sous les yeux de l'Empereur et j'ose en espérer des décisions favorables. J'aimerais beaucoup à vous avoir obligation de ce nouveau bienfait de l'Empereur.

Je vous prie, en même temps, d'avoir la bonté de reparler à l'Empereur de la promesse qu'il m'a faite de laisser passer à mon service le 1" régiment suisse et celui d'isembourg, dont le recrutement coûte infiniment à S. M.

.■\rchives du prince Murât. R. XIV, p 440.

Paris, le 8 janiier 1810.

A monsieur le duc de Fcl/re, minisire de la Guerre en France.

Monsieur le duc, je vous prie de mettre sous les yeux de l'Empereur la demande de mes aides-de-camp et de solliciter de S. M. l'autorisation pour ces officiers de passer définitivement à mon service. Je vous en aurai une obligation toute particulière.

.■archives du prince Mural. R. XIV, p 440.

ROYAUME DE XAPLES. — 1810 151

V703. — ilLRAT A GLARKE

Paris, le 0 Janvier ISIO.

.-î monsieur le duc de Fellre, ministre de la Guerre en France.

Monsieur le ininistie, je vous adresse l'état des services du chef de bataillon Cochet ; ceux qu'il a particulièrement rendus dan^ mon l^iyaume, lors de la prise de Capri, me font désiier qu'il obtienne l'avancement qu'il sollicite depuis loni^temps, et je vous prie de vouloir bien appuyer sa demande à cet égard auprès de S. -M. l'Empereur.

Arcliites du prinre Murât. B. XIV, p. 443.

Paris, le 9 janvier 1810.

A monsieur le Grand-Maréchal du Palais.

Monsieur le grand-maréchal, mon départ est décidé; avant 8 jours j'aurai quitté Paris. Faites placer de suite des escortes de ma garde jusqu'à Rome. Annoncez cette nouvelle à mes enfants et dites-leur qu'il me tarde beaucoup de les embrasser.

.Archires du prince l\Iuraf. R. XIV, p. 443.

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