‹ Lettres et documents, 1767-1815Chapitre 44 sur 94 · MURAT AU MARÉCHAL PKRIGXOM · texte numérisé non relu

MURAT AU MARÉCHAL PKRIGXOM

Naples, ce 14 fëvrier 1810.

Mon cousin, faites connaître par un ordre du jour, mou retour dans la capitale et à la tète de l'armée. Donnez des ordres au général Pignatelli de porter son quartier général à Altamura où il amènera le plus de troupes qu'il pourra. Donnez l'ordre au général Ottavi de marcher avec toutes les troupes de sa division sur rOfanto, en battant avec le plus grand détail toute la campagne. Cependant le général de Gambs avec les chasseurs du 4' et le général Pignatelli avec ses troupes iraient se poster d'avance sur rOfanto, pour empêcher que les brigands poussés par le général Ottavi et qui sont dans les provinces de Bari et Lecce, ne puissent repasser ce fleuve et soient entièrement détruits.

.Après avoir purgé ainsi ces deux provinces des brigands qui les infestent, le général Manhès, que je charge de diriger en chef ces mouvements, se porterait dans la province de Capitanate et battrait la campagne jusque vers la province de Chieti, où les généraux Caracciolo et Compère seront prévenus de son mouvement et le seconderont de tous leurs moyens, en se portant de leur côté avec toutes leurs forces vers les frontières de leurs provinces, pour y recevoir les brigands qui seraient poussés par ce général. Il est temps enGn de prendre des mesures générales pour purger le Royaume du reste des brigands qui le désolent. Je vais en conséquence donner des instructions au général Manhès et aux généraux Carraciolo et Compère.

.Archives du prince Murât. R XIV, p. 451.

V747. — MURAT A NAPOLEOX

Naples, 14 lévrier 1810.

Sire,

Je suis arrivé avant-hier à Caserta ; hier j'ai passé la revue des troupes dans les plaines de Carditello ; j'ai été on ne peut pas plus satisfait de leur bonne tenue et de leur instruction. Je suis entré aujourd'hui à Naples, je peindrais difficilement à Votre Majesté l'enthousiasme de mes sujets ; il a été à son comble, ce qui m'a

ROYAUME DE iVAPLES. — 1810 179

confirmé le besoin de mon retour, l/administrution s'était relâchée, et le brigandage avait reparu avec plus de force, je vais m'occuper [à rétablir la première et à détruire l'autre; dans huit ou dix jours je partirai pour les provinces où ma présence fera quelque bien. Il y a bien longtemps que je vous ai quitté, Sire, vous m'aviez réaccoutumé à vos bontés et cela rend mon éloignementplus pénible. Conservez-moi vos bontés ainsi qu'à la Reine etj'atlendrai avec plus de patience le mois d'avril. Mes enfants se mettent à vos pieds.

Je suis.

Guerre.

Joacliim Napoléox.

4TW. — LE PlUiVGE CAMILLE BOIIGHESE A MURAT

Turin. 15 février 1810.

Mox CHKR Frère,

J'apprends avec bien du plaisir que vous êtes arrivé eu bonne sauté à Rome et que vous êtes allé descendre à mon palais qui y est le vôtre. Je désire fort que vous vous y soyez bien trouvé. Si quelque chose n'y était point au gré de vos désirs, je vous prie de donner vos ordres pour une autre fois.

Je vous envoie ci-jointe une note du chef de mon état-major sur le départ de 400 chevaux pour votre Royaume, je vous prie de renvoyer sans retard les chasseurs qui les y conduisent.

Je vous renouvelle avec bien du plaisir, mon cher frère, l'assurance de mon sincère et constant attachement.

Votre affectionné frère

Camille.

.Archives du prince Mural. D. 564. 7.

4749. — LA REIME C/^R()LL\E A SON Ml\Rl

Paris, 17 fëirier IHIO.

Ma sœur Elisa m'écrit que tu es passé à Florence et par conséquent tu es arrivé depuis longtemps. Elisa a été bien fâchée de ne pas t'avoir vu, mais il parait que sa santé n'est pas trop bonne et qu'elle souffre beaucoup de sa grossesse.

180 JOACHIil MURAT

Nous sommes toujours ici en courses, hier nous avons chassé au Butard ' et nous sommes revenus ensuite à Trianon. H faisait un temps magnifique. Xous avons chassé et nous nous sommes promenés jusqu à six heures. LEnipereur était fort gai, il se porte à merveille. Après la chasse, nous avons été chez Paulette, il y avait un petit bal et nous avons dansé jusqu'à trois heures du matin, je suis rentrée bien lasse et bien fatiguée.

Écris-moi bien vite, je suis bien impatiente de recevoir de tes lettres, de te savoir arrivé en bonne santé, de savoir que tu as embrassé nos enfants, que tu les as vus. Parle-moi bien en détail de leur santé et dis-leur combien je serai heureuse le jour que je les embrasserai.

L'Empereur est si bon pour moi, si rempli de bonté que je me trouve très heureuse d'être auprès de lui, il me parle souvent de toi.

Embrasse bien nos enfants et écris-moi.

Cauolink.

P. -S. — Je reçois dans l'instant ta lettre en date de Rome, je te remercie de ton exactitude à me donner de tes nouvelles.

Archiïes du prince Murât. D. 566. 9

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