‹ Lettres et documents, 1767-1815Chapitre 45 sur 94 · MLR.AT A L'AI)JLDA\T-COMMA\DA\T .MILLET · texte numérisé non relu

MLR.AT A L'AI)JLDA\T-COMMA\DA\T .MILLET

\aples, le 1" février 1810.

A monsieur le f/éiicral chef de Vélal-major.

Monsieur le chef de l'élat-major général, je vous préviens que je donne l'ordre aux généraux Destrés et Manhès daller prendre, le premier le commandement de la division de Fouille, et l'autre celui des Abruzzes, et qu'un de mes officiers d ordonnance va partir pour les Calabres ; autorisez le général Caracciolo à se rendre à Naples ; toutes mes troupes qui se trouvent dans les ci-devant États romains doivent rentrer dans mon Royaume. Le 2"°" régiment d'infanterie légère doit arriver à Capoue ; vous lui ferez continuer sa route jusques à Potenza, en passant par Xola ; les deux escadrons de mon 1" régiment de chasseurs à cheval iront s'établir à Nocera ainsi que mon 3"°' d'infanterie de ligne. L'artillerie rentrera à Capoue : vous enverrez à Castellamare tout ce qui appartient à

' Le Butard était un ancien pavillon de chasse de Louis \V. situé près de La Celle-Saint-Cloud.

ROYAUME DE XAl'LES. — 1810 181

Isemboiirg. Vous enverrez à Canipo-Basso le régiment de la Tourd'Auvergne; vous réunirez à Salerne et La Gava le régiment Royal- Corse; un bataillon de la Tour-d'Auvergne pourra être envoyé à Avellino et l'autre à Benevento. Vous préviendrez le prince de Benevent que la présence des brigands et les correspondances qu'ils entretiennent avec les habitants de cette ville ont rendu cette mesure nécessaire. Je vous ferai connaître les dispositions ultérieures que je ferai relativement au 10^™^ régiment. Prévenez lej généraux Compère et Manhès des ordres que vous avez dii donner à ce dernier, quand il devait commander la Pouille, et qui devront être exécutés maintenant par le général Destrès ; faites connaître de ma part à ces généraux que je les charge de purger entièrement leurs provinces de la présence des ennemis, et qu'ils y réussiront facilement en se bien concertant entre eux ; vous préviendrez le général Ottavi qu'il sera sous les ordres du général Destrés que je charge provisoirement du commandement de la Pouille.

L'adjudant-commandant Montigny devra partir avec le général Destrés dont il sera le chef d'état-major; donnez-lui des ordres en conséquence.

Maples, le 17 fëvrier 1810.

A monsieur le général Manhès, aide-de-camp de S. M.

Monsieur le général, je vous conGe le commandement des trois Abruzzes et je vous charge de leur tranquillité. Je compte sur votre zélé pour délivrer ces pays de la présence des brigands qui leur font tant de mal.

Rappelez-vous que je ne veux plus d'amnistie et que c'est une guerre d'extermination que je veux faire <à ces misérables. Mon chef d'état-major vous fera connaître les mouvements que j'ai ordonnés en Capitanata; il s'agira de vous concerter avec le général Compère pour bien recevoir tous les brigands qui seraient poussés dans vos provinces par le général Destrès. N'oubliez pas qu'une fois sur la piste des brigands, vous ne devez plus les quitter qu'ils ne soient atteints, dussiez-vous passer sur les provinces confiées à d'autres I généraux. Surveillez en même temps les côtes et tâchez de les pré-

182 JOACHIAI MURAT

server de la piraterie des Anglais. Je vais incessamment partir moimême pour aller tranquilliser les Calabres. Ecrivez-moi par toutes les occasions.

Archives du prince Murât. R. XIV, p 454.

.\aples, le 17 fcirier 1810.

A monsieur le général Désirés, aide-de-camp de S. M.

Monsieur le général, je vous conOe le commandement de la division de la Pouille et je vous charge de purger entièrement cette province des brigands qui rinl'estent ; déjtà le général Pignatelli a reçu l'ordre de porter son quartier général à Altamura, où il doit amener le plus de troupes qu'il pourra ; de là il pourra être à même de couper la retraite en Basilicata à Scarola qui parait s'être jeté de nouveau dans les provinces de Bari et Lecce; il faudrait faire porter tous les chasseurs du 4*"" sur l'Offanto, pour lui fermer le passage dans les provinces de Capitanata et d'Avellino. Cependant le général Ottavi battrait la campagne depuis Lecce jusqu'à Altamura où vous auriez d'avance ordonné les dispositions que je viens de vous prescrire. S'il arrivait que Scarola ou les brigands qui se trouvent dans les provinces de Bari et de Lecce parvinssent à passer l'Offanto et à se jeter dans les provinces de Capitanata ou de Molise, les généraux Compère et Manhès que j'envoie à Chieti ont ordre de se porter sur leurs frontières pour les y bien recevoir. Stimulez le zèle de tous les habitants, principalement celui des villes les plus considérables ; faites-leur sentir qu'il est honteux que des bandes de 10 à 12 misérables dévastent impunément leurs campagnes ; dites-leur que je m'en prendrai aux plus riches si ces désordres ne cessent pas bientôt et que je les rendrai responsables de tous les événements fsicj. Réveillez l'enthousiasme des gardes-civiques, dites-leur que je compte sur elles. Monsieur le Général, j'espère que vous m'apprendrez bientôt que Scarola, Courci, Barbarelli et leurs infâmes compagnons ont cessé de vivre. Mon chef d'étatmajor vous fera connaître les mouvements ultérieurs des troupes qui doivent se diriger en Basilicata et sur la proviuce de Molise ; vous m'écrirez par toutes les occasions.

Archives du prince Murât. R. XIV, p. 4ô3.

ROYAUME DK XAPLES. — 1810 183

Naples, le 17 féirier 1810.

A monsieur h duc de Feltre, ministre de Ja Guerre en France.

Monsieur le ministre, M. le général Partouneaux est forcé par le mauvais état de sa santé de quitter l'armée et je viens de lui accorder un congé de trois mois qu'il sollicitait depuis très longtemps. J'espère que S. M. approuvera ma détermination, d'autant que ce général sollicitait depuis longtemps auprès de lui ce congé. Le général Partouneaux a rendu des services utiles dans mes Etats^ l'Empereur n'a encore rien fait pour lui. Je vous prie de les faire valoir auprès de S. M.

L'adjudant-commandant Millet n'a pas encore reçu l'ordre de se rendre auprès du général Reynier ; cependant comme vous m'avez prévenu de cette destination, je lui donne l'ordre de s'y rendre. .\P le général Aymé le remplacera dans les fonctions de mon chef d'état-major.

Archives du prince Miirat. R. \IV. p. 4ô5.

Xaples, le 17 fétrier 1810.

Au ministre de la Police générale.

Monsieur le ministre, je vous renvoie le registre de la correspondance du ministre Saliceti, ainsi que ma correspondance avec lui ; elle doit rester dans les archives du ministère de la Police.

Archives du prince .Murât. R. XVI, p 'il^.

4755. — MURAT AU GE.VERAL PARTOUXEAUX

X'aples, le 17 février 1810.

A monsieur le général Partouneaux.

Monsieur le général, je reçois votre lettre; d'après ce que vous me dites du mauvais état de votre santé, je vous autorise à vous

absenter de l'armée pendant trois mois; j'espère que l'Empereur ne le trouvera pas mauvais. J'aurai beaucoup de plaisir à vous voir reprendre votre activité dans mou Royaume, lorsque votre santé vous le permettra. Vous pouvez toujours compter sur tout mon intérêt.

Archives du prince Murât. R. XIV, p. 455.

4756. — MURAT A L'ADJUDANT-COAIMANDANT MILLICT

IVaples, le 17 février ISIO.

A monsieur le chef de Vélat-major général.

Monsieur le chef de l'état-niajor, donnez l'ordre au colonel du 4«™e régiment de chasseurs à cheval d'envoyer à Kome son petit dépôt, qui devra être composé de tout ce qui est hors d'état de servir.

Envoyez-moi mon état de l'emplacement de l'armée.

Archives du prince Murât. R. XIV, p. 456.

(Paris), 10 février 1810.

J'attends avec impatience la seconde lettre de Rome que tu m'as promise dans ta première. Tu m'apprendras bientôtque tu es arrivé àNaples, je désire bien que tu me donnes des nouvelles de mes chers enfants. L'Empereur se porte à merveille et il est toujours bien bon pour moi. Nous allons demain à Grignon et nous y resterons deux jours pour chasser, le temps est très favorable, car il fait beau et froid. A mon retour, je te donnerai le détail de la chasse. En revanche, parle-moi un peu de Naples et surtout si tu as trouvé nos enfants bien portants; enfin parle-moi de tout ce qui peut m'intéresser et n'oublie pas un point important : c'est si tu n'es pas fatigué de ton voyage.

Embrasse bien tendrement pour moi .Achille, Letitia, Lucien et Louise. Ma santé n'est pas trop bonne. Je prends de nouveau les eaux de Barèges qui me font déjà du bien.

Carolix'k.

Archives du prince Mural. D. 566. 10.

Maples,'20 février 1810.

Au miuislrc de la Guerre.

Monsieur le ministre, je vous préviens que je viens de destiner pour remplir les fonctions de chef de l'état-major général de l'armée, monsieur le général de division Aymé, l'un de mes aides-decamp.

Archives du prince Mural. R. XVI, p. 2r2.

4759. — MURAT \{] GÉNÉRAI. ./\YMÉ

X'aples, le 20 février 1810.

A monsieur le général de division Aymé, aide-de-camp de S. M.

Monsieur le général, j'ai décidé que vous rempliriez les fonctions de chef d'état-major général de l'armée. Les ministres de la Guerre de l'Empire et de Naples sont prévenus de cette disposition, et l'adjudant-commandant Millet doit l'annoncer à l'armée par un ordre du jour. Vous devez commencer dès aujourd'hui à exercer vos nouvelles fonctions et aller habiter la maison oij se trouvent les bureaux de l'état-major général. J'espère que vous trouverez dans cette détermination une nouvelle preuve de ma conGance et que tout le monde applaudira à mon choix.

Arrhives du prince Murât R. XIV, p. 436.

Mapics, le 20 février 1810.

A monsieur le chef de l'état-major général.

Monsieur le chef de l'élat major, je partirai demain matin à 6 heures pour Capoue, donnez l'ordre à M. le général Tugny, commandant l'artillerie du Royaume, de faire trouver pour 8 heures du matin, au polygone, les canonniers destinés à faire l'exercice du

cauon. Prévenez en même temps de cette disposition le général Compère, commandant la division de Capoue.

Archives du prince Mural. R. \1V, p. -456.

4761 — MIRAT A L'ADJLDAXT-GOMMAXDAXT IIILLET

\aples. le 20 février 1810.

A monsieur Vadjudanl-commandanl Millet.

Monsieur l'adjudant-commandant, je vous préviens que je viens de destiner pour remplir les fonctions de chef d 'état-major général de l'armée, M. le général Aymé, l'un de mes aides-de-camp. Vous continuerez jusqu'à nouvel ordre vos fonctions de sous-chef d'étatmajor. Faites connaître à l'armée ces dispositions par un ordre du jour.

Archives du prince Murât. R. \VI, p. 456.

4762. — MLRAT A DAURE

Xaples, -20 février 1810

Ati miuisire de la Police générale.

Monsieur le ministre, je vous ai demandé le projet de décret d'amnistie pour tons les Calabrais émigrés en Sicile depuis mon avènement au Trône, vous ne me l'avez pas encore envoyé; vous deviez aussi me présenter un projet de pamphlet contre Stuart et Moliterno; je ne l'ai pas encore reçu, je désire que vous me remettiez l'un et l'autre vendredi soir.

Quelque temps avant mon départ, je vous avais autorisé à vendre un bâtiment américain au S' U'allini; je désire savoir qui est-ce qui a fait la recette des fonds provenant de cette vente.

J'avais ordonné au ministre de la Police générale de me présenter une liste des émigrés, avec un rapport circonstancié sur l'époque de leur émigration et sur l'opinion de chacun d'eux; faites faire des recherches dans les bureaux de cet ex-ministre et faitesmoi connaître où en est le travail.

Présentez-moi un projet de décret pour un crédit de quatorze mille ducats pour faire solder l'arriéré à la gendarmerie. Ce crédit devra être soldé dans trois mois par portion égale chaque mois.

Je désire mettre sur pied de paix les troupes napolitaines dans

ROVAUAIE DE MAPLES. — ISIO 187

mon Royaume, présentez-moi un projet de décret à cet égard ; présentez-m'en un aussi pour porter la solde de ma garde sur le pied de celle de l' Empereur.

Je vous ai plusieurs fois manifesté l'intention où j'étais de rendre toutes les différentes branches de l'administration de mon Royaume à des sujets napolitains et de ne confier à l'avenir le commandement de mes troupes et de mes provinces qu'à des généraux à mon service, toutes les directions de l'artillerie et du génie doivent également être données à des Xapolitains; enfin les généraux français et tous les chels de service et employés français ne devront plus à l'avenir être chargés que du service des troupes françaises. Présentez-moi un travail qui puisse atteindre le but que je me propose.

Faites-moi connaître d'une manière positive le nombre de commissaires des guerres, d'inspecteurs aux revues et d'officiers de santé strictement nécessaires pour le nombre de troupes françaises qui se trouvent dans mon Royaume.

Faites-moi un rapport sur le service des subsistances, pain et fourrages; vous m'y ferez connaître d'abord de quelle manière ces services se font aujourd'hui, ce qu'ils coûtent et s'il ne convient pas mieux de tout confier à l'administration des corps. Faites-moi aussi un rapport sur les hôpitaux, le casernement et les transports ; je voudrais adopter dans mou Royaume, pour ces différents services, la même marche que l'on suit en France; en un mot, je veux faire cesser entièrement ce reste de désordre inséparable de l'état de guerre et qui ne doit plus exister au temps de paix.

Archives du prince Murât. R. XVI, p. 212, et Af . Élr. Xaples, 134.

ÎVaples, le 20 février 1810.

Au ministre des Finances.

Monsieur le ministre, je désire que vous vous occupiez sans relâche du projet que je vous ai demandé sur les Eaux et forêts. Adressez-moi aussi celui du système monétaire.

Prévenez le directeur des Domaines et celui des Douanes que je tiendrai un conseil d'administration dans le courant de la semaine prochaine ; je désire qu'ils me présentent un rapport détaillé de leur administration; celui des Douanes devra présenter ses vues sur la suppression des bureaux intérieurs encore "existants que je désire suppri-

mer. Leur rapport devra faire mention des améliorations qui ont eu lieu et de celles dont leurs administrations sont encore susceptibles. Je désire que vous me soumettiez aussi, le plus promptement qu'il vous sera possible, votre rapport sur les Domaines et les créanciers de l'Etat. Preparez-moi vos rapports sur les postes et sur la loterie', que je désirerais reprendre pour le compte du Gouvernement. Je persiste à penser qu'il serait avantageux de réunir la Banque de Cour à la Caisse d'amortissement. Faites-moi un rapport à cet égard. Faites-moi connaître aussi l'état de situation de la Banque des Deux-Siciles.

Archives du prince Murât. R. XXXIIl, lettre 69.

476V. — MLR.^T A XAPOLEOX

Naples. 22 février 1810.

Sire,

Je m'empresse d'annoncer à Votre Majesté que l'expédition partie de Sicile s'est dirigée, celle qui portait des troupes vers les îles Ioniennes, et l'autre vers Malte. Le général Moliterno inonde les Calabres d'écrits incendiaires, il provoque à la révolte et engage les patriotes à prendre les armes pour la liberté, pour la République napolitaine; dans une autre adressée à l'armée française, en français, il annonce un prochain débarquement sous les ordres d'un prince français, descendant des Bourbons, d'Henri IV, de Louis XIV, etc., il se flatte qu'ils viendront se ranger sous son drapeau qui les a si souvent conduits à la victoire, etc. Cet écrit est très injurieux, je l'adresserai à Votre Majesté.

Il faut ajouter à tout cela que le blé vient d'augmenter considérablement au point d'alarmer le ministère, mais comme j'ai acquis la conviction qu'il s'était formé des magasins et qu'on ne voulait pas vendre parce qu'on espérait par là indisposer la population, je viens de défendre l'exportation et permettre l'importation avec la franchise aux douanes; déjà le blé est diminué.

Le brigandage augmente, chaque jour on tue des brigands qui sont remplacés par d'autres, mais, dans quelques jours, je me rends dans les provinces où j'espère ramener la tranquillité.

' Les bénéflces de la loterie deiaient être partagés entre le Gouvernement et le régisseur intéressé de cet établissement, mais pour l'année 1809, il y avait un déficit de 180 000 ducats et déjà, l'année précédente, le Roi avait dû accorder au régisseur une subvention à la Gn de l'exercice.

ROYAUME DK XAPLES- — 1810 189

Le général Aliollis m'écrit qu'il gardera deux bataillons de La Tour d'Auvergne jusqu'à l'arrivée d'autres troupes, j'espère que Votre Majesté approuvera cette déterruinalion. La rentrée de ce régiment dans le Royaume me lait trembler, d'abord parce que je ne sais comment le payer, ensuite parce qu'il s'est toujours mal comporté; par la rentrée de mes deux régiments de Rome, j'ai plus de troupes qu'il ne m'en faut pour ramener et maintenir la tranquillité.

J'attends avec bien de l'impatience des nouvelles de Votre Majesté.

Je suis de V. M.

Guerre.

4765. - LA RliliXE CAROLLVE A SON MWA

Raraijouillet, 22 février IfSIO.

De Grignon, nous sommes arrivés à Rambouillet où l'Empereur compte rester jusqu'à samedi; le temps est magnifique pour la chasse, mais il fait bien froid.

Je n'ai pas encore reçu ta seconde lettre de Rome, c'est sans doute la faute des mauvais chemins, cependant il est bien désagréable de rester si longtemps sans recevoir de tes nouvelles, sans savoir si tu es arrivé. Je viens d'envoyer encore à Paris pour faire demander s'il y a des lettres de toi, j'espère en lecevoir; en attendant, je t'envoie celle-ci, afin que tu ne sois pas inquiet si tu restes trop longtemps sans recevoir de mes nouvelles.

L'Empereur me parle toujours de toi et il me comble de bontés.

Je n'aurais rien à désirer si je pouvais me trouver réunie tout à la fois à toi et à mes enfants.

Embrasse-les bien pour moi, ces chers enfants, et n'oublie pas de m'en parler bien longuement, de me dire s'ils se portent bien, s'ils sont bien grandis, enfin tu conçois facilement tout ce que mon cœur désire.

.%dieu, porte-toi bien, remets en activité les estafettes, tu vois comme c'est nécessaire, afin que je reçoive plus souvent de tes nouvelles. Je t'écrirai dès mon retour à Paris.

Carolixk.

Archives du prince Mur^l. D. 56G. 11.

190 JOACHIil Ml HAT

476G. — MURAT A DALRE

Xaples, 23 f.nrier ISIO.

Au mi ni sir c de la Guerre '.

Monsieur le ministre, je désire que vous donniez un passeport au ministre des Finances pour un bâtiment que je désire envoyer en Sicile; vous pourrez en proûter pour y envoyer Cassetti, pour porter à Caroline la nouvelle importante du maria<]c de l'Empereur Napoléon avec la Princesse, fille aînée de l'Empereur François II, l'arrivée à Naples de huit mille hommes venant des Etats romains et la marche de quinze mille Français sur Rome, où les premières troupes de ce corps arriveront les premiers jours de mars, le départ du Hoi avec toute sa yarde pour les Calabres où il doit réunir toute l'armée. 11 devra en repartir le plus tôt possible, pour vous faire connaître l'impression de toutes ces nouvelles sur l'esprit de Caroline; il devra aussi chercher à connaître le but de la prétendue expédition de Moliteruo; il devra donner comme certaine mon expédition contre la Sicile avant la fin d'avril; il devra ajouter que l'évacuation de la Sicile par les Anglais est une des principales clauses des conditions du mariage.

Présentez-moi à la signature, dans la journée de demain, le projet de décret que je vous ai demandé pour la levée de dix mille hommes. Ce décret devra être conçu à peu près en ces termes : ^ La conscription pour 1810 sera de dix mille hommes, à prendre sur les jeunes gens de 18 à 25 ans, la moitié devra être rendue sous les drapeaux d'ici avant la fin de mai, l'autre moitié sera désignée mais restera en réserve. »

Arilii>es du prince Murât. R. XVI, p. '1\\.

' Par décret du 21 février 1810, le coaseillcr d'État Daure, directeur général des revues et delà couscription, chargé du portefeuille delà Guerre et de la Marine, était nommé ministre de la Guerre et de la Marine; il prêta serment le 2ô février. Dès le 18 avril 1809, Janvier, le secrétaire de la Reine, prévoyait dans une lettre au chambellan Aymé cet avancement rapide. - Le Roi, écrivait-il, m'a annoncé qu'il allait appeler auprès de lui AL Daure, qui est sur le point d'obtenir l'autorisation. Le seul embarras est de lui donner une place convenable et cet embarras ne durera pas longtemps. Le Roi en a fait un éloge complet et* a promis à la Reine qu'elle le trouverait aimable. La Reine a écouté avec plaisir la proposiiion que le Roi faisiiit de l'appeler ici et a cherché elle-même quelle place on pourrait lui donner. Je voudrais qu'on pût s'en tenir à celle qu'elle a proposée. » (.Arch. Xat. F" 6569 2692 bis. 93 )

ROYAUME DK XAPLES. — 1810 191

IVaples, 23 février 1810.

Au minisire de la Guerre.

.Monsieur le ininistro, adressez-moi un projet de décret pour la création des compagnies départementales, sur les bases de celles qui ont été formées en France.

Faites sur-le-champ passer une revue du bataillon du train d'artillerie, et faites donner à ma garde tous les cbevaux qui seront jugés propres au service de la cavalerie. Vous laisserez cependant à ce bataillon des chevaux pour le service de six pièces de canon. Vous choisirez de préférence les mulets.

Donnez sur-le-champ l'ordre au général napolitain qui commande mes troupes en Espagne de m'envoyer deux cents grenadiers, voltigeurs ou chasseurs cà cheval des compagnies d'élite, destinés à compléter ma garde et la gendarmerie du Royaume; ces hommes devront être pris sur les cinq régiments qui sont eu Espagne et doivent se mettre en route au reçu du présent ordre.

.'\rchives du prince Mural. R. XVI, p. 216.

Au ministre de la Guerre.

23 février 1810.

S. M. assigne un traitement extraordinaire de mille francs par mois, à chacun des généraux Destrès et Manhès, chargé de missions extraordinaires dans les provinces.

Cette somme de mille francs sera imputée, à compter du 1" mars, sur le budget de la Guerre et aura lieu pendant tout le temps de la mission.

Archiies du prince Murât. U. XVI, p. 216.

4769. — MUR.AT A LOUIS RKViMER

A'aples, le 23 féirier 1810.

A monsieur le direcleur général des Postes. Monsieur le directeur général, à l'époque où les Anglais occu-

paient les iles, des ordres fiireut donnés à la direction des Postes de surveiller la correspondance de plusieurs individus que la police avait signalés comme suspects. J'avais jugé convenable de faire continuer cette même surveillance pendant mon absence; mais aujourd'hui que tout rentre dans l'ordre, que l'ennemi s'est éloigné et n'a vraisemblablement pas le projet de se montrer de nouveau, j'ordonne que cette surveillance cesse et que le secret de toutes les lettres soit inviolablcniont observé. Aucune lettre ne doit, sous aucun prétexte que ce soit, être ouverte, et je vous reuds responsable de l'exécution de cette mesure.

Archives du prince Miirat. R. XIV, p. -457.

4770. — XAPOLEOX A MURAT '

Paris, le 2.3 février 1810.

Monsieur mon frère, le 7 février, un contrat de mariage entre moi et l'archiduchesse Marie-Louise, fllle de l'Empereur d'Autriche, a été signé à Paris. J'apprends au moment même que les ratiflcations ont été échangées le IG à Vienne. Je ne perds pas un moment à en faire part à Votre Majesté.

.■\rchive8 du prince Murât. D. 480. 4.

(Paris), 24 février 1810.

J'ai enfin reçu hier de tes nouvelles, ta seconde lettre de Rome, qui m'apprenait ton départ pour Naples, mais non pas ton arrivée. J'espère aujourd'hui recevoir la lettre que tu m'annonces et qui sera probablement de Xaples; tu me parleras de nos enfants. Je conçois la joie de ces pauvres petits et leur regret de ne pas me savoir avec toi. Embrasse-les bien pour moi, leur souvenir m'arrache des larmes et mon attachement pour l'Empereur peut seul me faire supporter une si longue absence.

Nous sommes arrivés hier au soir de Rambouillet. Le mauvais temps qui est survenu, a interrompu la chasse.

' Lettre inédite.

ROYAUMIC DE \APLES. — 1810 193

Avant-hier au soir, il m'est survenu un accident qui aurait pu devenir nu malheur, mais j'en ai été quitte pour la peur

Nous jouions au colin-maillard dans les appartements de TEmperour, lorsque le front pointu et dur de M""" Duchatel est venu si malheureusement donner contre mon oeil que le coup m'a fait trébucher. L'Empereur m'a soutenue dans ses bras et m'a empêchée de tomber. La douleur a été si forte que j'avais poussé un cri aigu et que j'ai cru que mon œil était sorti de son orbite. L'Empereui, rempli de bonté, effrayé de ma situation, a fait appeler sur-lechamp Ivan qui m'a bassiné l'œil, mis un cataplasme et un bandeau noir et j'ai eu bientôt l'air d'un invalide au milieu du salon. L'Empereur m'a comblée d'attentions, il est venu me voir, il a été bien inquiet. Aujourd'hui, j'ai une forte contusion, mon œil est très noir du sang extravasé, mais je n'ai que de la douleur. Je suis ffichée de te le dire, puisque tu aimes M'"" Duchatel, que tu la trouves de ton goût, mais elle a les os terriblement pointus et qui font bien mal. Du reste la pauvre femme a été désolée de me voir dans cet état et par sa faute.

Ne sois pas trop inquiet de mon accident. Lorsque tu recevras cette lettre, il n'y paraîtra plus.

Je partage bien sincèrement le désir que tu as de me revoir et j'espère que cela sera bientôt. L'Empereur me parle toujours de toi avec bonté et me demande souvent si tu fais toujours des vers, il compte bien te voir ici k l'époque du mariage. Je ne puis assez répéter combien il me comble de bontés.

Embrasse bien tendrement nos enfants, que tu es heureux de les voir soir et matin !

Caroline.

Archives du prince Murât. D. 566. 12.

Naples, le 24 février 1810.

A monsieur le chef île l'étal-rnajor général.

Monsieur le chef de l'état-major général, faites relever des lies d'Ischia et de Procida les détachements suisses par tout ce qui se trouve sur le continent du régiment d'Isembourg, non compris le bataillon qui est en Calabre.

TOMK VIII. 13

Faites partir pour Capoue, pour y rester en garnison, le dépôt du S"™" régiment de ligne.

Donnez l'ordre au général Lenchantin d'envoyer pour jeudi à la revue tout ce qu'il y a de disponible et en état de paraître sous les armes, du 4"'"'' régiment de ligne.

Je désire que le régiment Royal-Corse soit réuni et assiste aussi à cette revue.

Le bataillon du 10'"""' régiment qui se trouve dans les Abruzzes devra être réuni à son régiment sur Lagonegro, et relevé par le 1" bataillon de la Tour-d'Auvergne qui entrera dans le royaume, les autres deux bataillons seront envoyés, l'un à Benevento pour surveiller la province de Molise, et l'autre à Avelliuo pour y relever le bataillon du 10'^'"* régiment qui devra être dirigé sur les autres trois bataillons.

Ordonnez au général Partouneaux de faire donner la chasse, par le bataillon du 10"""' qui est à Salerne, aux brigands qui se montrent sur les conGns de la province de Basilicata et de faire exterminer enfin la petite bande de voleurs qui désole les côtes d'Amalfî.

Archives du prince Mural. R. XIV, p. 4.57.

Xaples, le -25 février 1810.

A monsieur le général, chef de l'état-major général.

Monsieur le chef de l'état-major, les 94 hommes du régiment qui sont à Gaeta doivent être envoyés à Ischia ou Procida, au choix du colonel.

Envoyez sur-le-champ l'ordre au général Miollis de diriger sur Aquila le \" bataillon de la Tour-d'Auvergne destiné à remplacer le bataillon du 10''°"' régiment de ligne qui s'y trouve; il devra envoyer aussi le 2°"^ à Capoue pour être envoyé de là à Benevento. L'envoi de ces deux bataillons est de rigueur. Vous ferez observer au général Miollis qu'avec le 3"°"' bataillon de la Tour-d'Auvergne et le bataillon du 14*""", il aura assez de troupes jusqu'à l'arrivée de celles qui lui sont annoncées.

Tous les chasseurs de mon 1" régiment de chasseurs à cheval, doivent rentrer dans mon Royaume, l'Empereur l'ordonne, cet ordre doit être exécuté littéralement.

Vous ferez veuir à Naples, pour la revue, ainsi que je vous l'ai ordonné, le 2'"""' régiment d'infanterie légère, les 3°""® et 4^""^ de ligne, Royal-Corse, les bataillons de canonniers, de sapeurs et du train d'artillerie ; il faut faire venir le 3" régiment à Casoria et environs. Vous ferez venir seulement à la parade 13 pièces de canon attelées.

Archives du prince Murât. R. XIV, p. 458.

Naples, le 26 février 1810.

A monsieur le général, chef de V état-major général.

Monsieur le chef de l'état-major général, écrivez au général Compère qu'il ne pouvait pas suspendre de ses fonctions l'adjudant-commandant Marchand et qu'il doit les continuer jusqu'à ce que j'aie obtenu de l'Empereur une autre destination pour cet officier. Donnez l'ordre au général Sénécal de se rendre à Rome où il remplacera dans le commandement de cette ville le général Pignatelli, auquel vous donnerez l'ordre de se rendre en Espagne, pour y prendre le commandement de la brigade d'infanterie napolitaine. L'adjudant-commandant Crivelli et les officiers d'étatmajor napolitains suivront sa destination. Il sera désigné un général de division pour commander la division napolitaine en Espagne.

Archives du prince Mural. K. XIV, p. 439.

Naples. 26 février 1810.

Au ministre de la Guerre.

Monsieur le ministre, appelez chez vous l'avocat Pigliacelli, vous lui demanderez compte de l'emploi des huit cents ducats qui lui ont été remis par la veuve Rachi de Castelli, pour faire racheter son fils qui sert dans mes troupes ; cette mère lui a fait dire qu'en outre de huit cents ducats, elle donnerait tout ce que l'on voudrait

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pour avoir le congé de son fils ; je veux que cette affaire soit poussée à bout.

Faites appeler Nicolas Bellino qui doit avoir des rapports avec Paolo Bellino, de Campo Basso ; il a recommandé à ce dernier de transporter ses grains à Campo Basso, en lui faisant espérer une augmentation considérable dans le prix ; il s'agit surtout de savoir quel est l'ami qui lui a dit que dans peu de temps le prix des blés serait extrêmement augmenté dans les provinces.

Justiuo NoUi a reçu de l'intendant de VIonteleone des proclamations, il le remercie de cet envoi et lui dit qu'il en a de meilleures à lui envoyer, mais qu'il pense bien qu'il est de sa prudence de ne point le faire ; enfin il paraîtrait que ce Justino \olli reçoit de Coletta les nouvelles de Sicile ; je désire savoir si ce \olli est le conseiller d'Etat.

Je désire aussi que vous tâchiez de connaître les relations qui ont existé entre Bourguignon et Torlonia de Rome relativement à une affaire de blés.

Vous aurez sans doute reçu les dépositions faites par un des complices de Scarola qui indique des dépôts d'armes et d'autres complices ; donnez des ordres pour qu'on reconnaisse sur-lechamp les uns et les autres.

Archives du prince Murât. R. XVI, p. 21", et .^If Etr. Xaples, 134

4776 — LA REIXE CAROLIXE A SA FILLE LETITIA

■26 février 1810.

Ma chère Letitia, vous avez eu à présent le bonheur d'embrasser votre papa et je sais que vous avez regretté de ne pas revoir aussi votre maman. Croyez, ma chère Letitia, que j'ai bien partagé votre peine et qu'un jour bien heureux pour moi sera celui où je vous tiendrai dans mes bras avec vos frères et votre sœur. J'ai été bien contente de la lettre que vous m'avez écrite. Continuez, ma chère Letitia, k travailler; c'est la seule manière de me prouver votre tendresse. De mon côté, j'aime à vous prouver la mienne et à vous donner ce qui peut vous faire plaisir. Je vous envoie trois jolies pèlerines, d'une forme agréable ; j'en envoie aussi trois à Louise, si elle est bien sage et si Madame de Rocquemont en est bien contente. Je vous enverrai bientôt votre sœur de lait, elle sera élevée dans la maison d'Aversa et vous lui payerez sa pension ; c'est un

ROYAUMlil l)K XAPLFCS. — 1810 197

plaisir que je veux vous procurer, car ou en éprouve un bien grand à faire le bien. Je vous réserve cette jouissance comme récompense et pour vous prouver combien je suis contente de vous.

Kmbrassez bien tendrement pour moi Lucien et Louise, ditesleur que je les aime bien tendrement, je suis sûre que vous contentez bien votre bon papa et que vous ne le tourmentez pas.

Adieu, ma cbère Letitia, pensez à votre maman qui vous aime bien tendrement. Bien des cboses à \Lidame de Rocqucmont, continuez h la contenter.

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