‹ Lettres et documents, 1767-1815Chapitre 58 sur 94 · LA RELVE GAR0LI.\"E A AGAR · texte numérisé non relu

LA RELVE GAR0LI.\"E A AGAR

Compiègae le -26 avril 1810.

Monsieur le ministre, j'ai lu avec peine les détails que vous me

254 JOACHIM MUIIAT

donnez sur la mésintelligence qui règne entre la comtesse et M"' de Kercado. Ce qui m'afflige le plus, ce sont les désagréments continuels que cette antipathie vous fait personnellement éprouver, et je regrette que les circonstances m'aient aussi longtemps empêchée de chercher les moyens de vous en délivrer. M"' de Kercado m'annonce qu'un parti se présente pour elle. Je donne hien volontiers mon consentement h son union avec M. Pignatelli, et en faveur de ce mariage je demanderai pour lui au Roi une place d'écuyer. Mais comme on lui a donné des espérances heaucoup trop hrillanles, il faut qu'il soit informé que je n'ai aucune place à donner à M"' de Kercado, que mon intention n'a jamais été de la nommer Dame du Palais, et que la place d'écuyer que je demanderai au Hoi est le seul témoignage de bienveillance que je puisse lui donner. S'il persévère dans son dessein, il n'y a aucun ohstacle à ce mariage, et dès que je serai informée de son intention, j'écrirai au Hoi en sa faveur. Mais si M. Pignatelli s'est particulièrement déterminé à ce mariage par des promesses exagérées que l'on a pu lui faire, et qu'il croie devoir changer de résolution, je ne vois d'autre parti pour M"* de Kercado que de revenir en France, son intention n'étant pas sans doute de demeurer plus longtemps auprès d'une famille à laquelle je porte heaucoup d'attachement, et dont sa présence trouble la tranquillité. Je lui fais écrire dans ce sens, et j'espère que vous ne tarderez pas à recouvrer le bonheur intérieur dont vous jouissiez, et que je serais désespérée d'avoir altéré.

Le s' Pellicia est chargé de la recette des avances des Maisons de Naples et d'Aversa. Je n'ai point de confiance dans la probité de cet agent, et j'ai lieu de soupçonner l'excessive indulgence du Président ' en sa faveur. Vous me ferez plaisir de surveiller autant (|u'il vous sera possible sa conduite, ses comptes et son administration.

J'ai été flattée d'apprendre la grossesse de la comtesse. J'apprendrai avec plaisir que sa santé ne souffre point de cette circonstance, et vous m'obligerez de m'en donner des nouvelles. Croyez, monsieur le ministre, que mon intérêt pour vous et pour votre famille ne peut désormais s'affaiblir et que je serai toujours heureuse de vous eu donner des témoignages.

Sur ce. Monsieur le ministre, je prie Dieu qu'il vous ait eu sa sainte et digne garde.

Caiioline.

.Archives do Prince Murât. Papiers de Mosbourg.

' VI'' Capccelatro, archeièquc de Tarcnte.

ROYAIME DE XAï'LES. — 1810 225

Corapit'ijiie, 27 avril (1810).

Mon cher ami, il est quatre heures du malin et je pars <à six pour aller à Saint-Quentin et je m'arrêterai à Cambrai, et de Kà, je compte revenir à Paris et prendre des eaux de Harèges. Je suis dans ma voiture avec le Grand-Duc de U'urtzbourg, M"" Avellino et M'"" Giuliano et je renvoie ma suite à Paris.

Je t'envoie la lettre de M""' Cassano que j'avais oublié de mettre sous enveloppe, je te recommande l'affaire de cette pauvre femme, sa situation me perce l'àme'.

Adieu, mon cher ami, je vais rester quelques jours sans t'écrire, écris-moi.

Caroline.

-Ircliives dii prince Mural. D. 566. 28.

Naples, 28 avril 1810.

Monsieur le ministre, je désire que vous m'envoyez sur-le-champ l'état de situation de la marine avec la répartition des différentes divisions de la flotille, ainsi qne le nom des différents commandants.

' Par iiD jugement rendu à la majorité d'une voix, le 16 mar» 1810, la (]our l'éodale avait dépouillé le duc de Cassano de 20 000 ducats de rentes, représentant des biens d'une valeur de 500 000 ducats, acquis par ses ancêtres. Ce jugement était sans appel, mois le Roi s'était réservé de statuer lui-même, après avoir entendu son Conseil, sur les recours auxquels de semblables jugements donneraient lieu. Agar écrivait à Murai le 20 mars 1810 : «■ L'affaire du duc de Cassano occupe tous les esprits à Naples, je m'en suis entretenu avec le ministre de l'Intérieur, il trouve juste le jugement de la Comiiiission et cependant il désirerait que ce jugement n'eût pas été rendu. Aujourd'hui même, après la seufencc qui a statué contre le duc de Cassano, il est d'avis (|u'on doit faire un accommodement et il déclare qu'il emploiera toute son influence pour le conclure à des termes qui, sans être préjudiciables aux communes, soient satisfaisants pour le duc. Les vues qu'il manifeste à cet égard me paraissent pleines de sagesse, d (R. XXX !V, lettre 101.)

Je désire savoir en combien de jours la goélette américaine peut être armée en guerre.

Je veux faire mettre un embargo sur tous les bâtiments nationaux qui se trouvent dans les différents ports du Royaume. Présentezmoi un projet de décret à cet égard. Un article devra énoncer qu'il sera donné des permissions de sortie aux différents bâtiments marchands qui ne seront pas jugés propres au service auquel le Gouvernement peut avoir le projet de les destiner. Le secret de cette mesure doit être gardé scrupuleusement, et il est de la dernière importance qu'il puisse recevoir son exécution avant huit jours, à la même iieure et le même jour dans tous les ports du Royaume.

Adressez-moi l'état nominatif de tous les Français qui se trouvent dans ma garde, depuis mon avènement au Trône, avec la date de leur admission et le nom des régiments auxquels ils ont appartenu.

Archiies du priace Miirat. R. XVI. p. 223.

4857. — MLRAT AU (ilvVERAL DOXZICLOT

Xaples, le 2S arril IHIO '.

A monsieur le (jinéra} Donzelot, gouverneur des Iles loiiinines.

Monsieur le général, j ai reçu à Paris votre dépêche du 25 mars, et quoique je me sois empressé de la meltie sous les yeux de l'Kmpereur, celle que vous avez écrite au ministre de la Guerre lui était déjà parvenue. Vous jugerez sans peine de mon étonnement lorsque S. M. me priant de prendre connaissance de son contenu, j'y lus cette phrase : « Si Corfou tombe au pouvoir de l'ennemi, ce sera par suite d'un décret du Roi qui a défendu les exportations des grains pour cette ile, etc., etc. '^ . Comment avez-vous pu porter une plainte si peu fondée et rendre suspect à l'Empereur le zèle et les sentiments qui animent tout mon Gouvernement pour son service? Et quand, menacé dune disette dans mon royaume, et

' AJdi. 28 (aprile 1810). — a ... Il giorno 19 parti da Parigi il Re Gioacchino, vale a dire clie in otto giorni ha fatto il uiaggio correndo a pesta forzata, e si dice abbia crepati undici cavalli. Cio fa supporre che per qualcbe cosa di estraordinario è vemito cosi ail' improviso, e con tanta precipitanza. Appena arrivato cliiese le note uella coscrizione, e si dice che parta nuovamente subito. » [Diario di Xicola, t. II, p. 522.)

ROYAUME DE AfAPLES. — 1810 257

quoique le prix des grains fût doublé en 48 heures de prix, on a continué à permettre les exportations pour Corfou ; quand on les a provoquées par toute espèce de sacriflce, d'encouragement, de primes et de franchises; quand il en avait été exporté depuis le mois d'avril jusqu'au 1" mars environ deux cent mille quintaux, et que, depuis cette époque, toutes les demandes que vous avez faites et qui se montent à quatre-vingt et quelques mille tomolis, ont été accueillies sur-le-champ ! Ensuite, il n'est pas vrai que l'effet de mon décret du 20 février ait pu se faire ressentir à Corfou et compromettre son approvisionnement, quand, avant que vous puissiez en avoir eu connaissance, des exportations continuaient à être permises dans le courant de mars et d'avril et que vos plaintes n'ont été portées que sous la date du 25 mars. Je vous avoue, monsieur le général, que j'étais loin de m'attendre à être si peu récompensé de tous les soins que j'avais mis à l'approvisionnement des Iles Ioniennes et j'étais loin de prévoir que ces grains iraient approvisionner les escadres de nos ennemis, car puis-je autrement expliquer la disette qui se fait sentir à Corfou, quand les fjrains exportés de mon Royaume étaient plus que suffisants pour nourrir pendant deux ans les habitants de Corfou. Au reste, si Corfou est pris, j'ose me flatter qu'il ne le sera pas par le manque de subsistances, d'après les ordres que j'ai donnés pour son approvisionnement, et j'ai trop de confiance dans vos talents militaires pour croire qu'il puisse l'être de toute autre manière.

Je fais partir sur-le-champ pour Otrante environ 700 hommes d'Isembourg, pour aller compléter à Corfou le bataillon de ce corps. Je vais aussi me faire mettre sous les yeux l'état de tous vos besoins, que vous avez adressé au maréchal Pérignon. Il vous sera expédié sur-le-champ tout ce qu'il sera possible de tirer de mou Royaume.

C'est pour la première fois que j'ai entendu parler du mauvais état de<> fortilications et du mauvais armement de la place. Comment se fait-il que vous ayez attendu le moment d'être attaqué pour men donner connaissance? Il peut se faire que vous ayez écrit à ce sujet au ministre de la Guerre de France, mais, comme c'est moi qui commande l'armée de Naples dont les troupes de Corfou font partie, c'est à moi, ce me semble, que vous auriez dû adresser létat de vos besoins, et vous vous êtes borné jusqu'à ce jour à me parler de ceux de vos approvisionnements.

Je vous adresse ma dépêche par un officier d'état-major. Je vous prie de profiter de son retour pour me faire connaître dans le plus

TOAIK IIII. 17

258 JOACHIM MUHAT

grand détail Tétat de situation de la place, de ses forces, de son armement, de celui de sa population, de vos ressources, de vos projets en cas d'attaque de l'ennemi, de vos espérances sur S'^-Maure.

Vous m'avez souvent prié de faire une diversion en Sicile, je vous ai souvent annoncé que des troupes se réunissaient eu Calabrc, et je puis maintenant vous dire que je vais sérieusement tenter l'expédition ; mais je suis loin de partager votre opinion sur les résultats de cette entreprise relativement à Corfon ; car, à vous parler franchement, j'en attends un effet tout contraire. La paix avec l'Autriche, c'est-à-dire du continent, rend toutes les troupes de l'Empereur Xapoléon disponibles ; on peut donc employer dans cette expédition toutes celles que l'on voudra; ainsi les Anglais pourraient-ils concevoir la folle espérance de pouvoir défendre la Sicile avec 10 000 hommes, quand il est démontré qu'ils ne le pourraient pas avec 30 000, et (|ue l'Angleterre ne peut point disposer de cette force ; elle ne peut donc pas songer à garder la Sicile, puisque d'un côté cette expédition est indépendante de ses forces de mer et (piCllo ne peut opjioser qu'environ six mille hommes. Quel parti doit-elle donc prendre dans cette conjoncture ? Elle doit chercher à s'emparer d'un point qui lui assure dans l'Adriatique et dans la Méditerranée le même résultat que l'occupation de la Sicile, qu'elle puisse défendre avec peu de monde, qui lui assure les débouchés pour ses marchandises dans l'Italie, dans la Morée et dans toute l'Allemagne, et ce j)oint-là est Corfou qui lui assurerait tous ces avantages; ainsi on est autorisé à penser que plus les Anglais se verront sérieusement menacés en Sicile, plus ils chercheront des moyens de s'emparer de Corfou.

Au reste, l'expérience nous fera bientôt voir si je me trompe dans mes calculs. Vingt-cinq mille hommes seront réunis dans le nord des Calabres avant le 20 mai prochain, ainsi que tous les moyens de transport nécessaires. J'y serai moi-même avant le 10.

J'attendrai avec impatience le retour de l'ofGcier que je vous expédie.

Tous les efforts imaginables seront faits de mou côté pour vous faire arriver des vivres. Je vous annonce que l'Empereur a fait donner des ordres pour qu'il vous en soit expédié d.^ncône et de toutes les côtes d'Italie.

Archives du prince Mnrat. U. W, p. 1.

V858. — MURAT A GLARKE

Xaples, le 28 avril 1810.

A m 0/1 s / eu r le ministre de la Guerre en France.

Monsieur le duc, ministre, l'Empereur me communiqua la veille de mon départ le contenu de la dépêche du général Donzelot, sous la date du 25 mars. Vous jugerez de ma surprise lorsque j'y lus les plaintes mal fondées de ce général, sur les empêchements qu'aurait pu mettre mon Gouvernement à faciliter l'approvisionnement de Corfou. Je n'entrerai point dans des détails et je me borne <à vous adresser copie de la réponse de mon ministre de l'Intérieur à une des lettres de ce gouverneur, et celle de ma réponse; j'espère qu'il vous sera facile alors de justifier mes ministres auprès de l'Empereur et de faire voir à S. M. combien ont été injustes les plaintes qui lui sont parvenues.

Comme l'Empereur me répéta encore à mon départ, que les troupes de Corfou étaient directement sous mes ordres je vous prie de vouloir bien, à l'avenir, correspondre directement avec moi pour toutes les dispositions que S. M. pourrait prescrire à leur égard ; car comment autrement puis-je faire exécuter des ordres qui ne m'auraient point été communiqués et être responsable de la sûreté d'une place, quand toutes les mesures ordonnées pour sa défense m'auraient été cachées? Certes, ce serait vouloir trop exiger de moi, et je me flatte que, convaincu de cette vérité, vous remplirez, à l'avenir, à cet égard, ma juste attente.

En attendant, je crois pouvoir vous assurer que Corfou ne sera point pris par le manque de subsistances, parce que j'ai la certitude que, par l'arrivée d'un tiers des grains expédiés^ la subsistance de cette île est plus qu'assurée jusqu'à la nouvelle récolte, et que ce tiers y arrivera.

Vingt-cinq mille hommes seront, j'espère, réunis dans le fond des Calabres d'ici au 20 du mois prochain. J'y serai moi-même vers le 10. J'ai remis à l'Empereur l'organisation de l'armée d'expédition, et je l'ai prié de nommer le plus tôt possible les généraux dont j'ai besoin. Je me suis borné k désigner le général Lamarque, parce qu'il connaît parfaitement le pays. Je vous prie de solliciter le plus tôt possible la nomination de ces différents généraux dont à la rigueur je puis me passer. J'espère avoir réuni

dans le fond de la Calabre, vers la fin de mai, tous les moyens propres à assurer l'expédition de la Sicile.

Archives du prince Murât. R. XV, p. 5.

Naple». 30 avril 1810.

Au minisIre de h/ Guerre.

Monsieur le minisire, donnez l'ordre à monsieur le capitaine de vaisseau de Simone, de se rendre en Calabre pour y prendre le commandement supérieur de la Marine. Vous lui donnerez toutes les instructions nécessaires pour l'exécution de toutes les mesures prescrites pour l'expédition de la Sicile. Vous lui donnerez un officier d'état-major, je pense que le lieutenant Coreal est très propre à ce service.

Vous donnerez le commandement de la flottille, composée des douze canonnières de 24 et des six bricks, à M. le capitaine de vaisseau Bausan, et celui du restant de la flottille au capitaine de vaisseau Coreal, qui sera cbargé de prescrire toutes les dispositions ju;{ées nécessaires pour l'organisation des différents transports qui devront se rendre en Calabre et d'assurer leur arrivée à leur destination.

J'ordonne qu'aucun convoi ne puisse pas être composé de plus de trente bâtiments ni escorté par moins de six canonnières.

Aucun convoi ne partira sans avoir reçu au moins cent cinquante hommes d'infanterie k bord. Ces escortes seront prises dans les bataillons du 22™" légère et lOl"""" destinés pour les Calabres.

Les convois d'artillerie recevront en outre à leur bord les compagnies de canonniers destinés à l'expédition ; ceux chargés des outils du génie recevront des sapeurs.

Tous les mouillages ou gitesjusques en Calabre seront désignés pour chaque jour avant le départ des convois de Naples.

Toutes les batteries des mouillages ou gîtes qui sont désignés pour chaque jour doivent être armées sur-le-champ.

Les officiers d'artillerie et de marine doivent être envoyés de suite dans ces différentes batteries ci-dessus indiquées.

Des ordres seront donnés à tous les commandants des légions provinciales de faire occuper de suite par des détachements de leurs légions, les batteries de gite ou mouillage et ils devront se

HOVAl'ME DE NAPLES. — iSlO 261

tenir toujours prêts <à pouvoir se porter sur la côte au secours des convois qui viendraient à être inquiétés par l'ennemi pendant leur route.

Indépendamment des escortes qui s'embarqueront à bord et des légions provinciales, il sera donné des ordres pour que des détachements de troupes de ligne soient postés de distance en distance, tout le long de la côte, ayant soin de les placer le plus possible dans des endroits sains.

M. le colonel Dedon partira de suite pour se rendre à Scilla où il prendra la direction de l'artillerie et sera chargé de l'établissement de tout ce qui a rapport à cette arme et de l'armement des différents ouvrages qui vont s'y construire.

Il me sera de suite fourni un état de la quantité des bâtiments jugés nécessaires au transport de vingt-cinq mille hommes; ces bâtiments doivent tous pouvoir être tirés à terre.

Il me sera fait un rapport détaillé sur ce que doivent coûter les nolis de ces bâtiments, les équipages, leurs vivres; les bâtiments étant nolisés pour deux mois et les vivres assurés pour un mois. On n'entend nullement parler des dépenses de ma flottille qui doivent être supportées par le budget mensuel.

Il sera fait un règlement sur la marche et la discipline des équipages des différents convois.

Tous les bâtiments destinés à l'expédition seront numérotés, ils seront répartis en trois divisions et eu autant de subdivisions qu'il y aura de régiments dans l'armée d'expédition. Il en sera désigné pour les généraux commandant les divisions, pour les états-majors et pour les différentes administrations.

Tous les bâtiments destinés à l'expédition se réuniront en plusieurs convois à Scilla et Bagnara où il sera construit de suite des batteries pour les mettre à l'abri de toute insulte de la part de l'ennemi.

Ces batteries seront armées de canons de gros calibre et des mortiers pris dans les équipages de siège. Je pense qu'il sera utile d'y employer quelques obusiers à longue portée.

Toutes les tentes qui se trouvent dans mon Royaume seront envoyées sur-le-champ à Scilla.

Le camp de la Melia sera occupé immédiatement après l'arrivée de ces tentes par deux mille hommes ; douze cents hommes camperont à Bagnara et quinze cents hommes à Pietrauera. Le général Cavaignac est chargé de l'exécution de cet ordre.

La tente du Roi sera dressée au milieu du camp de la Melia. Des tentes seront destinées pour l'état-major général et seront dressées autour de celle du Roi.

Les cinq cent mille rations de biscuit seront de suite dirigées sur Scilla. Il est défendu, sous aucun prétexte, de toucher à cette réserve.

Il sera acheté de suite des bœufs qu'on dirijjera sur les Calabres.

Monsieur le ministre, vous êtes personnellement chargé d'assurer eu Calabre les subsistances pour trente mille hommes pour deux mois. La quantité des blés nécessaires y sera expédiée sur-lechamp ; des fourrages devront y être assurés pour dix-huit cents chevaux pendant le même temps On établira à Scilla des réserves de vinaigre, d'eau-de-vie et de vin, ainsi que quelques milliers de paires de souliers.

On enverra à Scilla deux mille fusils, des sabres et des pistolets.

Des ambulances seront établies pour trois divisions ainsi que leurs administrations. On appellera des officiers de santé par réquisition. L'ordonnateur en chef présentera cette organisation dont il est personnellement responsable. Il recevra l'ordre de se tenir prêt à se rendre en Calabre avec tous les chefs des différents services, le médecin en chef, le chirurgien en chef, etc.

On fera construire des brancards qu'on embarquera, afin] de pouvoir enlever les blessés du champ de bataille; on aura soin de se pourvoir de caisses d'instruments de chirurgie.

Ari'liiveg du prince Murât. R. XVl, p. "224.

4860. — MURAT AU GÉXÉlîAL TUGX'Y '

Naples, le 30 avril 1810.

A monsieur le général Tugny, commandant en chef V artillerie.

Monsieur le général, j'espère que vous aurez fait exécuter de suite les différentes dispositions qui furent arrêtées dans le dernier travail, et que je verrai arriver à \aples dans deux ou trois jours toute l'artillerie que vous devez tirer de Gaëta pour les Calabres.

' Nicolas-François-Thérèse Gondallier de Tugny, né le 26 janvier 1770 à Bouffiguereux (Aisne), élève des écoles d'artillerie de Chàlons et de la Fère, lieutenant d'artillerie le 1" avril 1791, capitaine le 26 juillet 1792, colonel du 10 juillet 1806, autorisé à passer au service de Xaplcs avec le grade de général de brigade le 31 décembre 1809, nommé par Alurat général de division le 27 juin 1813, rentré en France eo 1814, mort le 30 octobre 1819 à Bourguignon-sous-Montbarin (Aisne). Il avait été réadmis au service de France avec le grade de maréchal de camp et mis à la retraite le 25 novembre 1816.

HOYAlMi: DE NAPLKS. — 1810 263

Faites armer sur-le-champ les batteries de Palinuro, de St-Lucido, du Dino, d'Amantea et de Tropea. Envoyez sur les lieux des ofGriers d'artillerie pour commander ces différentes batteries. Je vous préviens que les commandants des légions provinciales des pays avoisinant les côtes reçoivent l'ordre de fournir des garnisons et de se tenir prêts à protéger le passage des différents convois qui se rendent en Calabre. Je vous préviens que le colonel Dedon va recevoir l'ordre de se rendre de suite à Scilla pour y prendre la direction du parc d'artillerie et de l'artillerie qui doit s'y réunir. Il préparera tous les établissements et magasins propres à recevoir l'artillerie et les munitions.

Je désire que vous me fassiez connaître combien de millions de cartouches vous avez en ce moment, combien il vous en manque pour compléter à 200 cartouches par homme pour vingt-cinq mille hommes? Quelles sont vos ressources en poudre, en projectiles, etc ?

Vous ferez embarquer tous les canonniers destinés pour les Calabres sur les bâtiments de transport de l'artillerie.

Adressez-moi un état nominatif de tous les officiers qui doivent composer votre état-major, avec l'indication des différentes fonctions qu'ils doivent remplir.

Vous m'adresserez aussi un état général des équipages d'artillerie de siège et de campagne, tant pour le personnel que pour le matériel.

Monsieur le général, l'exécution de ces mesures exige la plus grande célérité. Je suis persuadé que vous doublerez dans cette circonstance toute l'activité et tout le zèle que je vous connais pour mou service.

J'ai donné l'ordre au ministre de la Guerre de vous faire compter 15 000 ducats.

Archives du prince Murât. R. XV, p. 7.

4861. — MURAT AU GEXER.^L C.AMPREDO.X

Naples, le 30 arril 1810.

A monsieur h. général Campredon, commandant en chef le génie.

Monsieur le général, je désire que vous fassiez partir de suite tous les outils que vous devez envoyer en Calabre. Vous ferez

embarquer à bord des bâtiments de lrans|)()rl tous les sapeurs qui doivent se rendre à la même destination ; ils serviront d'escorte.

Je vous préviens que le {[énéral Aymé se rend eu Calabre ainsi que mes deux otficiors du fjénie de ma jjarde. Le «jénéral Aymé passera chez vous pour y recevoir vos instructions. Je désire que vous le chargiez de diriger en chef tous les travaux qui doivent être établis en Calabre. Le général Tuyny va faire partir de l'artillerie pour l'armement des batteries de l'alinuro, de St-Lucido, du Dino, d'Amantea et de Tropca ; j'espère ([ue vous y aurez envoyé des officiers et que ces batteries sont déjà prêtes à recevoir l'armement. Je n'ai pas besoin de vous recommander de mettre dans l'exécution des différentes mesures qui furent arrêtées dans le dernier travail, la plus grande célérité, et j'espère que tout ce qui est nécessaire pour le service de l'arme du génie sera totalement à votre disposition pour le 30 mai. J'ai donné l'ordre au ministre de la (îuerre de vous faire compter quinze mille ducats.

.Archives du priuce Murât. K. XV, p. 8.

4862. — L'IMPERATRICE IIARIE-LOLTSE A LA REI\E CAROLIXE

-iuvers, 1"^ mai ISIO.

Très Chère Soklh,

Je m'empresse d'exécuter la promesse que je vous (is lors de notre séparation, de vous écrire aussi souvent qu'il m'était possible pour vous assurer de tout mon tendre et sincère attachement. Tout le monde et particulièrement moi regrette votre départ, et mes pensées sont bien souvent auprès de vous. J'attends avec bien de l'impatience, des nouvelles de votre heureuse arrivée. L'Empereur quoique un peu fatigué jouit de la meilleure santé, la mienne est dans le même état où vous m'avez laissée, cependant mes coliques diminuent, et je n'ai pas du fout souffert en remontant l'Escaut. J'accompagne l'Empereur à Fie.'-singue, je l'ai obtenu à force de ])rières, car il me coûterait trop de me séparer un jour de lui. J'ai joui d'un spectacle qui m'a paru être le plus beau que j'aie jamais vu, celui de 7 vaisseaux de guerre, nous sommes montés à bord du (jh(irlemaf//ic, je suis encore toute sourde de tous les coups de canon qu'on a tirés. .Aujourd hui nous avons été à bord de l'Anversois à qui l'Empereur a fait taire toutes les manœuvres. Il fut aussi à bord de la frégate hollandaise et du Dalmate, mais je ne l'accom-

ROYALMt; l)K XAPLtlS. — 1810 265

paynai pas, m'ayant donné une entorse qui nie rend toute boiteuse. Demain ou lancera un vaisseau de 64 canons. Toutes les autres fêtes sont remises jusqu'à notre retour de Flessingue.

L'Empereur me charge de mille amitiés pour vous. Mes compliments au Grand-Duc de VVuitzhourg. En vous embrassant tendre ment, je suis pour la vie

Votre très attachée sœur et amie,

Marie-Loiiisk.

.archives du prince Murut. D. 51)6. 30 Ois.

Naples. le 1" mai 1810.

.-} monsieur le gé/iéral Aymé, anle-de-camp de Sa Majesté.

Monsieur le généi-al, je désire que vous partiez sur-le-champ pour vous rendre en Calabre et poifr prendre le commandement supérieur du génie; vous surveillerez l'exécution des différents travaux que j'y ai ordonnés.

Vous passerez avant de partir chez le général Campredon pour y prendre connaissance de tous les ordres qu'il a dû donner à cet égard, et prendre toutes les instructions sur tous les ouvrages que j'ai ordonnés en Calabre. Je vous verrai moi-même avant votre départ.

Archives du prince Murât. U, XV, p. 10.

4864. — MIWM A D'ARGAAIBAL

Naples, le 2 mai 1810.

A monsieur le co/isci/ler d'Etal d' Arcambal, inlendant de la Maison royale.

Monsieur le conseiller d'Etat, intendant de notre Maison, je vous préviens que j'ai arrêté que la comptabilité de ma garde serait définitivement arrêtée. Je vous charge de ce travail auquel j'attache la plus grande importance; je préviens les colonels-généraux de cette ^ disposition ; vous voudrez bien, en conséquence, vous concerter

avec eux et commencer cette opératioa aussitôt que le conseil d'ad ministration sera en état de présenter ses comptes.

Arcllives du prince Miirat. R. W, p. 0.

4865. — MLR.'\T AU COLOXKL-GEXERAI. DKRV

Naples, le 2 mai 1810.

A motist'eur le colonel-général de la (farde.

Monsieur le colonel-général, j'ai arrêté qu'un de mes conseillers d'Etat serait chargé de vériOer et d'arrêter la comptabilité de ma garde, et j'ai chargé de cette opération importante M. le conseiller d'Etat d'.Arcambal, notre intendant général; vous voudrez bien en conséquence faire préparer toutes les dispositions et le prévenir du jour où le conseil d'administration pourra lui présenter son travail.

Archives du prince Murât R. XV, p. 9.

4866. — MURAT AU GEVERAL C.AMPRCDOV

X'aples, le 2 mai 1810.

A monsieur le général Campredon, commandant le génie.

Monsieur le général, dans votre rapport vous me dites que vous faites préparer des caisses pour transporter à dos de mulet les outils ; je ne pense pas que vous ayez eu l'intention d'en faire faire pour tous ceux que vous avez cru nécessaires à l'expédition. Je désire que vous donniez une explication à cet égard, car cette mesure me paraîtrait impraticable.

.Archives du prince Murât. R. XV, p. 10.

Page 1