‹ Lettres et documents, 1767-1815Chapitre 62 sur 94 · V. — MIRAT A .\4P0LK0X · texte numérisé non relu

V. — MIRAT A .\4P0LK0X

Xaples, 5 mai 1810.

Sire,

Depuis mon arrivée, j'avais observé que rennemi cherchait à communiquer avec la capitale; une grosse frégate se tenait à cet effet depuis 4 jours dans le golfe même de Naples. Elle gênait le passage du convoi d'artillerie que je fais venir de Gaeta. Je résolus de la faire enlever. En conséquence le 2, à 4 heures du soir, je ûs donner l'ordre au ministre de la Marine de faire mettre à la voile la frégate, la corvette, un brick, un cutter et six canonnières, ce qui fut exécuté. Le lendemain 3, vers T heures du matin, ma (loltille se trouva à une petite distance du bâtiment ennemi. Il fut aussitôt décidé de courir à l'abordage. Le brouillard empêcha le commandant de bien distinguer le calibre du bâtiment ennen)i qui se trouva être un vaisseau rasé portant 50 canons, dont 30 de 24 et des caronades de 33. La 1" décharge se fit à portée de pistolet et la fusillade et le feu de pistolets ne cessèrent jamais pendant toute l'action. Il fut impossible à ma flottille d'aborder le bâtiment ennemi à cause de son haut-bord; l'ennemi prit chasse; l'action s'engagea à la hauteur du Pausilij)pe et finit, après 3 heures, à la hauteur d'Ischia, c'est-à-dire à 7 ou 8 milles du lieu de l'engagement, tant mes marins étaient résolus d'enlever le bâtiment anglais malgré sa supériorité. Mais ma flottille fut surprise par un calme et resta pendant trois quarts d'heure à demi-portée de pistolet sous le feu ennemi. Le brick et la corvette furent entièrement démâtés et mis hors de combat. On ne répondait plus au feu de l'ennemi que par la fusillade et les coups de pistolet. La corvette seule a eu 18 hommes de tués et 43 blessés. Cependant le commandant de la flottille venait d'être mis hors de combat; son second était tué, deux autres officiers blessés, et la frégate qu'il montait avait été fortement endommagée. Dans cet état de choses, les canots furent mis à la mer et on commença à remorquer la corvette; l'ennemi envoya ses canots pour s'emparer du brick. La frégate s'était éloignée du combat et était hors de ])ortée du canon de l'ennemi. Le feu cessa entièrement et ma flottille rentra le soir vers 4 heures, après avoir perdu le brick. La flottille a eu 30 hommes tués dont deux officiers et 90 blessés dont 5 officiers.

Tel est le résultat de cette malheureuse mais brillante affaire. Tous les équipages conviennent que, sans la blessure du comman-

ROYAL JIK DE VAPLES. — 1810 271

daut, qu'il reçut au commencement de l'action, on serait parvenu à s'emparer du vaisseau ennemi, malgré sa supériorité; cet offlcier eut le bras cassé d'une balle. Il faut toutefois que l'ennemi ait bien souffert, puisqu'il pouvait détruire entièrement la flottille et s'emparer au moins de la corvette qui restait absolument liors de combat et à portée de pistolet.

Cependant l'ennemi a continué la chasse, et le 4 au matin, on le signalait à la plus grande distance, faisant route vers la Sicile. Le soir il n'était déjtà plus en vue. C'e.st le même bâtiment qui enleva, le 26, quatre gros bâtiments marchands à Terracine, et qui, le 2 au matin, en avait enlevé un autre à l'entrée du golfe de X'aples; enfin nous en voilà débarrassés pour quelques mois. Quoi qu'il en soit, il est impossible de se battre avec plus de bravoure, c'est une justice que tout le monde rend aux équipages. Tout le malheur vient de ce que presque tous les officiers furent mis hors de combat dès le commencement de l'action. La frégate et la corvette seront bientôt en état de reprendre la mer, et je suis bien décidé à ne pas permettre que des forces égales restent dans le golfe.

Joachim Xai'oléov.

On me rapporte à l'instant que le brick fut si fort endommagé dans l'action que l'ennemi n'a pu l'emmener el qu'il a coulé bas.

Guei re.

Sire,

4875. — MUR.AT A X.^POLEON

Kaples, 5 mai 1810.

Depuis mon retour je me suis occupé sans relâche de la réunion de tous les moyens nécessaires pour l'expédition de Sicile. Les troupes qui doivent y concourir ou sont déjà en Calabre ou sont en route pour s'y rendre. Toute l'artillerie de siège et de campagne est déjà embarquée, ainsi que les outils, les sacs à terre et tous les effets de campement. Tous ces différents objets vont être dirigés sur Scilla en différents transports, et comme il est présumable que l'ennemi fera tous ses efforts pour les enlever en route, il a été ordonné qu'ils partiraient en différents convois. Tous les lieux de

gîte ou de mouillage ont été désignés pour chaque jour. Là, ils se trouveront sous la protection de batteries armées de gros calibre, défendues par une bonne garnison. Eu outre, tous les bâtiments de transport pourront, au besoin, être tirés <à terre. Toutes les légions provinciales de la côte sont d'ailleurs prévenues de ces mouvements et ont ordre d'être constamment prêtes à se porter au secours des convois. Des détachements de troupes de ligne seront aussi placés de distance en distance tout le long de la côte. Avec ces j)récautions, j'espère que tout arrivera sans accident au lieu de sa destination. Sire, la réunion des moyens de transport de l'artillerie et des munitions est généralement regardée comme le seul obstacle réel pour le succès de l'expédition. J'ose garantir à Voire Majesté qu'il sera surmonté.

Je reçois à l'instant une dépêche du ministre de la Guerre de Votre Majesté qui m'annonce que vous avez approuvé mon j)lau d'expédition dans toute son étendue, mais seulement que vous désirez que vos troupes ne soient commandées (jue par des généraux français. Dans ce cas, j'aurai quelques changements à. faire dans l'organisation de l'armée, c'est-à-dire que je formerai une division toute composée de ma garde et de mes troupes de ligne. Sire, si les généraux que je vous ai demandés ne sont pas arrivés, je ferai f;iire les fonctions de généraux de brigade à d'excellents colonels; j'espère que cette mesure nécessaire sera approuvée.

Une division française sera commandée par le général Partouneaux, et l'autre par le général Lamarque. Quant au génie et à l'artillerie, ces deux armes seront commandées par les généraux Campredon et Tuguy; ce sont les seuls généraux de ces armes qui soient présents, et d'ailleurs tout le matériel et les deux tiers et demi du personnel a])partiennent au Royaume de \aples.

J'adresse à Votre Majesté les derniers rapports arrivés de Sicile, ils sont de toute exactitude. Il est de fait que le mariage de Votre Majesté avait sonné l'alarme dans le camp des .anglais. Le général Stuart, voyant les préparatifs de l'expédition de la Sicile et une proclamation que je venais d'y faire répandre à cette époque, crut sérieusement que Votre Majesté était d'accord avec la Cour dej Palerme; il crut à une trahison et lui fit demander que toutes les' troupes siciliennes fussent mises sous son commandement. Tel a été! pendant (juinze jours, l'état des choses en Sicile. Aujourd'hui i\\ paraît constant qu'il y a eu un rapprochement qui ne peut être durable, car la reine Caroline a fait dire à ses confidents ici qu'elle était obligée d'user de beaucoup d'adresse avec les .Anglais, parce

ROYAUME DK XAPLKS. — 1810 273

qu'elle craignait qu'ils ne voulussent s'emparer de l'île et renvoyer sa famille en Angleterre. Les Anglais ne sont pas de meilleure foi; ils craignent avec juste raison que toutes les troupes siciliennes et le peuple de l'île ne tournent les armes contre eux à l'apparition de l'expédition.

Sire, le château de Sainte-Maure a capitulé le 16, après dix jours de tranchée ouverte. J'apprends à l'instant que le général Camus et 22 officiers français sont arrivés à Brindisi. Tous les étrangers au service de Votre Majesté dans ces îles ont lâchement abandonné votre drapeau, et le général Donzelot me mande qu'il ne peut plus compter sur tous les étrangers qui lui restent. Il me demande de faire compléter le bataillon d'Isembourg; j'ai déjà fait partir six cents hommes de ce corps pour Otrante où ils s'embarqueront par petits détachements.

Tous les blés qu'on avait demandés sont sortis depuis longtemps de nus ports, et tout porte à croire qu'il en sera arrivé une grande partie. Depuis mon arrivée on a permis des exportations cà tous ceux qui en ont demandé et on les a même provoquées par toute espèce d'encouragement. Je viens en outre d'autoriser, malgré la pénurie qui se fait sentir dans le Royaume, l'exportation pour Raguse de cinq mille quintaux.

Je suis

Joachim N.^poléov.

Sire, daignez m'accorder les licences que je vous ai demandées, j'en ai le plus grand besoin.

Guerre.

4876. — MURAT A DAURIC

Naples, 5 mai 1810.

Au mini s Ire de la Guerre.

Monsieur le ministre, j'ai ordonné par ma lettre du 3 de me faire connaître tous les soirs l'exécution des différentes mesures ordonnées pour l'expédition de la Sicile; cependant je n'ai encore rien reçu pour hier ni pour aujourd'hui. J'ordonne de nouveau que cet état me soit envoyé demain avant 8 heures du matin. Envoyezmoi aussi l'état des fonds des jeux.

Archives du prince Murât R. \VI, p. 229.

TOUK \II. 18

LA REIXE CAROLIXE A S0\ AIARI

l'ari», 6 mai (ISIO).

Mon cher iiini, je profite du départ de M. le Prince

pour l'écrire et te dire coinhicn je suis triste de ton al)sence. II parait (pie celle de rKnipereur se prolonge aussi, je m'ennuie tellement ici que je voudrais lui demander encore de retourner .îX'aples, quoique je sache qu'il n'entend pas raillerie là-dessus. D'un autre côté, je crois que si ton expédition de la Sicile a lieu, que je ne ferais pas mal de rester ici, car si tu avais hesoin de demander (|uelque chose à l'Empereur, il vaudrait mieux que je fusse ici pour plaider tes intérêts.

Je t'avouerai que je crois plus que jamais que je suis grosse, et mes souffrances mêmes me le prouvent, je me ménage et je ne veux m'cxposer à aucune fatigue qui pourrait me faire du mal.

J'ai reçu une lettre charmante de l'Impératrice, dont je t'envoie la copie, rien n'est décidé encore |)our sa grossesse.

L'Empereur ne m'a pas encore fait réponse à la lettre dont je t'ai envoyé la copie, mais il n'y a pas de temps de perdu, car comme il est dans sa tournée, ma lettre peut ne pas lui être parvenue directement.

Ecris-moi bientôt et dis-moi au juste si tu crois que tu feras l'expédition de la Sicile. Cette Sicile m'inquiète beaucoup et je tremble à l'idée de toutes les fatigues que tu vas éprouver.

Embrasse bien nos chers enfants pour moi et pense quelquefois à une amie qui t'est bien attachée. Je t'embrasse bien.

Cahoi.in'e.

.■\icliiies du prince Murât. U. ."itit'. 30.

4878. — AILR.^T AU GEXERAL DETRES

Naples, le 6 mai ISIO.

A monsieur le ffcncral Désirés, ai de- de-camp de Sa Majesté.

Monsieur le général, des ordres du ministre de la (îuerre el Marine doivent être parvenus dans les trois provinces que vous

ROYAIMK DI'] MAPLKS. — 1810 275

commandez à l'effet d'y faire iioliser fontes les parenzelles ou frabacoli pouvant servir à l'expédition de la Sicile et pouvant être tirés à terre au besoin. J'ignore jusqu'à quel point cet ordre a reçu son exécution, mais mon intention étant de réunir dans le plus bref délai possible trois ou quatre cents de ces bâtiments dans le golfe de Squillace, vous prendrez toutes les mesures de concert avec les intendants pour qu'au reçu de la présente lettre, vous vous occupiez sur-le-champ de cette opération importante. Vous me ferez connaître chaque jour le résultat des mesures que vous aurez prises. Un de mes aides-de-camp est chargé de vous porter une lettre et a ordre de rester près de vous jusqu'à la fin de l'opération, il partira avec le dernier convoi, pour me rejoindre en Calabrc. Vous ferez escorter ces convois par les trois canonnières qui se trouvent dans les ports de Pouille et par des corsaires nationaux, s'il s'y en trouve.

Vous dire que j'attache le plus grand prix à l'exécution du présent ordre, c'est vous prescrire la plus grande activité.

-Irchiies du prince Murât. R. XV, p. II.

4879. — MIRAT AU LIKLTKXAXT-COLO.VEL GOBKRT

Naples, le 6 mai 1810.

A monsieur le liculenant-colonel Gobcrt, aidc-de-camp de S. M.

Monsieur le lieutenant -colonel, partez sur-le-champ en poste pour porter la dépèche ci-jointe au général Destrés. Vous resterez avec lui jusqu'à la fin âv l'opération dont je le charge; après, vous viendrez me rejoindnî eu Calabre ou par terre, ou par mer, à votre choix.

Vous seconderez de toute votre activité le général Destrés. Songez qu'il n'y a pas un instant à perdre et que vous devrez stimuler en mon nom, par toutes sortes de moyens, les trois intendants de la Pouille. Vous me ferez connaître par toutes les occasions le départ des convois et le résultat des mesures prescrites pour la réunion des différentes barques.

."Irchiïes du prince Mural. H. XV, p. 12.

27fi JOACHIM MIRAT

\'a|iles, le (> mai 1810.

A monsieur le duc de Fel/re, minisive de la (îuerre en France.

.Monsieur le duc ministre, j'ai reçu vos deux lettres du 25, par lesquelles vous voulez bien manuoncer que TEtnpereur a approuvé dans toute sou étendue le plan d'opérations que je lui avais présenté pour l'expédition de la Sicile '. Je vous remercie de l'empressement et surtout de la manière (pie vous avez employés pour me les faire parvenir. Le prince d'Hohenzollern, votre aide-de-camp, trouvera chez moi tous les égards qu'il mérite comme votre aide-decamp et comme l'allié de ma famille; je le verrai rester près de moi avec plaisir et j'espère pouvoir lui fournir l(>s occasions de pouvoir se distinguer et mériter les bontés de l'Empereur.

J'ai reçu la nouvelle du départ du général Lamarque pour Naples. Je vous prie de solliciter le plus tôt possible la nomination des autres généraux dont j'ai besoin. Demain, il vous sera fait un rapport détaillé sur tous les préparatifs de l'expédition.

La lettre que vous m'avez adressée pour le général Donzelot lui a été de suite expédiée. Tous les blés qu'il avait fait demander sont sortis de mes ports; il est impossible qu'il ne lui en soit pas arrivé an moins la moitié, ce qui le mettrait plus qu'.î son aise, lui et sa population, jusqu'à la nouvelle récolte. Le fort de Sainte- Maure a capitulé le 16 avril après dix jours de siège. Le général Le Camus '" est arrivé à Brindisi avec 22 ofOciers français.

Malgré la pénurie qui se fait sentir dans mes États, j'ai encore permis une exportation de 5 000 quintaux de blé pour Haguse.

Vous verrez par la lettre ci-jointe confidentielle du général Donzelot qu'il n'y a nullement de la faute de mes ministres si Corfou manque de vivres, puisqu'il convient lui-même- que le blé

' Clarke à Murât. — Paris, 2^ avril 1810. — • «... S. M. l'Empereur et Roi a daigné me transmettre le plan d'opérations qui lui a été proposé par Votre Majesté pour l'expédition de Sicile, Sa Majesté m'ordonne de vous faire connaître qu'elle adopte ce plau dans toute son étendue.. « (Archives du prince .Murât D. 578. 1.)

- Jean Le Camus, baron de Monli;;non, né le 7 avril 1762 à .Aubusson (Creuse), soldat le 7 juillet 1779 dans le régiment de Beauvoisis, capitaine en 1792, adjudant-général le 25 prairial an III, général de brigade le 1" mars 1806, admis à la retraite le 1" janvier 1825.

ROYAUME DE XAPLES. — ISIO 277

expédié n'a pas tout été destiné pour Corfou, et qu'il peut avoir eu toute autre destination.

Archives du prince Muraf. R. XU, p. 12.

4881. — AIURAT AU GEXEtîAL GREXIER

Naples, le 7 mai 1810.

A monsieur le chef de l'élal-major général.

Monsieur le chef de l'état-major, écrivez k I\P le gouverneur général de faire partir de suite pour les lîaguoli un détachement de cinquante hommes du 101 ""^ régiment, à l'effet d'y protéger au besoin le passage d'un convoi qui vient de m'étre signalé dans le canal de Procida; un détachement de ma garde va se rendre à Miniscola et au cap Misène; il n'y a pas un instant à perdre.

Archives du prince Mnrat. R. XV, p. 14.

Au minhlre de la Guerre.

Maples, 7 mai 1810.

Monsieur le ministre, on vient de signaler le convoi d'artillerie venant de Gaëta à douze milles et la frégate ennemie à six milles de Procida. Je viens de faire partir cent hommes de ma garde pour Miniscola et cinquante de la garnison pour les IJagnoli. De votre côté, faites partir les canonnières dont vous pouvez disposer pour croiser près de Xisida, <à l'effet de protéger également ce convoi et de lui porter secours au besoin.

.■Irchives du prince Murât. R. XVI, p. 22r'.

4883. — LA Ria.VE CAROLI.VE A SOX MARI

Paris, 8 mai 1810.

J'ai reçu enfin ta lettre du 27 qui m'annonce ton arrivée à Naples. Je ne puis te dire combien elle m'a fait du bien et du mal.

Mes pauvres enfants! Les voir entre tes bras te redemander Icnr mère est une imaye qui m'a fait verser des larmes. Mon Dieu ! lorsque nous serons une fois réunis, il ne faudra plus nous séparer. Tu les as donc trouvés jjrandis, eliarniants, jujje ce qu'ils me paraîtront après une bien plus lonjjue absence, lùnbrasse-les bien pour moi, répète-leur bien que leur mère ne sera jamais parfaitement heureuse loin d'eux, loin de toi. J'attends avec une vive impatience ta seconde lettre de Xaples, elle me donnera plus de détails sur toi, mes enfants et sur ce (jue tu feras Tu ne me dis rien de ta voiture qui s'est cassée.

Je viens de recevoir une lettre de Jérôme qui me charye de te dire mille choses et de t'assurer qu'il t'aime bien, bien tendrement.

I/Kmpereur se porte très bien ainsi (pie l'Impératrice.

J'ai été hier à Xeuilly chez î'aulette, j'y ai passé la soirée. Ma santé n'est pas bonne et j'ai «jardé le lit ju.squ'à présent. Je t'écris et je vais chez maman.

.'^dieu, mon ami, je t'embrasse bien.

Carolink.

Archives du prince Miirat. D. .560. 31.

488V. — MURAT A DAURK

Xaples, 9 mai 1810.

Au mini si rc de la Gi/crre.

Monsieur le ministre, vous me prévenez que l'ennemi a le projet de brûler mon vaisseau qui se trouve sur les chantiers de Castellamare. M. le commandant anglais peut effectivement avoir ce projet, mais je ne pense pas que l'exécution en soit si facile ! Cependant assurez-vous que la batterie soit parfaitement armée et que ses mortiers surtout soient bien en état de faire feu. Ordonnez en outre que toutes les fois qu'on apercevrait de Castellamare quelque voiles ennemies, on soit surtout en mesure de les repousser en faisant à l'avance rougir des boulets; le dépôt dlsembourjj serad'un autre côté très utile pour la défense de ce vaisseau.

Archises du piince Murat U M'I, p. 220.

hoyalail; de xaples, — isio 279

4885. — MURAT AL GÉ.VÉRAL GREMER

\a|)!es, le 9 mai 1810.

A monsieur le chef de l'E/f/l-major (jénêrol .

Monsieur le chef de T état-major, donnez Tordre à monsieur l'ordonnateur de se rendre à Monteleone, avec les chefs des différents services. Prévenez en même temps messieurs les généraux Campredon et Tugny de partir pour la même destination, aussitôt que tous les différents effets du génie et de l'artillerie auront été embarqués.

Faites connaître, cha(|ue jour, au général Cavaignac le départ des différents convois, leur composition ainsi que les différents mouvements des corps (|ui se rendent en Calahre ; prescrivez-lui les dispositions que vous croirez nécessaires pour l'exécution des mesures que j'ai ordonnées en Calahre pour l'expédition de Sicile.

.•irtliives dii prince Miirat. li. W, p. 15.

4886 — MIRAT AU GENERAL CAVAIGiVAC

iVaples, le 9 mai 1810.

A monsieur le général Cavidynac.

Monsieur le général, ou vous aura sans doute communiqué les différentes mesures que j'ai prescrites pour la réunion sous Scilla de tous les moyens nécessaires pour l'expédition de la Sicile, et j'espère qu on travaille avec la plus grande activité à construire les diverses batteries qui doivent les protéger.

Le conseiller d'Etat, capitaine de vaisseau, de Simone, est parti depuis quelques jours pour se rendre à Scilla; le général .Aymé, le colonel .Vlontemajor et le colonel Dedou sont partis pour la même destination et deux convois portant des vivres, de l'artillerie, des munitions et des tentes pour camper 6 000 hommes, sont en mer depuis deux jours ; tous les autres convois vont les suivre successivement ; enGn, d'ici à huit jours tous les bâtiments de transport, tant pour les hommes de l'expédition que pour l'artillerie, seront en mer, et je serai moi-même rendu avant le 15 à .Monteleone.

Faites connaître tous les jours les forces et les mouvements de l'ounemi ; ayez tous les jours des nouvelles de la Sicile, faifes-y courir le bruit que je n'ai nullement l'intention de faire l'expédilion, et que tous ces préparatifs ne sont que pour faire une diversion en faveur de Corfou ; ayez bien soin surtout (pTon ne puisse pas pénétrer que l'escadre de Toulon doit y concourir. Choisissez d'avance des cantonnements sains pour 25 000 hommes, depuis les points de Nicastro et de Catanzaro jusqu'.à Reygio; surveillez en même temps les établissements des différents majjasins. Faites enlever toutes les barques (jui peuvent èlre tirées à terre, de[)uis (^olrone jus(|u'à Heg- «jio. Assurez-vous d'un point oià il sera le plus facile de les réunir et de les protéger contre les tentatives de l'ennemi.

Le télégraphe m'a signalé hier et avant-hier, d'abord que vingthuit felouques armées et six canonnières étaient sorties de Messine, se dirigeant sur Heggio, et ensuite que ces bâtiments avaient été suivis de onze chebeks; il me tarde de savoir leur destination, quoique tout me porte à croire (|u'elle est contre Corfou. Toutes les troupes qui doivent faire partie de l'expédition sont dans ce moment-ci en mouvement pour se rendre en Calabre.

.archives dn prince Murât. R. XV, p. 15.

4887. — MURAT AU (JEXERAL CLARKK

.\aples, le 9 mai ISIO

A M. le duc fie Felfre, miiiislre de la Guerre en France.

Monsieur le duc, ministre de la Guerre, mon ministre de la Guerre vient de prendre mes ordres relativement à une lettre que vous lui avez écrite au sujet de l'approvisionnement de Corfou. J'ai ordonné de la communiquer au général Tugny, commandant mon artillerie, et de se faire faire un rapport sur la situation de nos moyens. On ne saurait mieux répondre qu'en vous adressant ce rapport, d'après lequel il sera facile à S. M. de se convaincre de l'impossibilité oij je suis d'envoyer à Corfou ni artillerie, ni munitions, d'abord parce que nous manquons des objets que vous nous demandez et en second lieu parce que je suis obligé d'acheter moimême ceux qui me manquent pour l'expédition, qui nécessite un équipage de siège de GO bouches à feu, un de campagne de 30 et un de réserve de 12 avec tous leurs approvisionnements, ce qui est

immense. Vous me direz peut-être que je pourrais tirer de ces équipa;]es de quoi envoyer à Corfou, mais tout est tiré de Naples et de Gaëta, et comment concevoir l'espoir de pouvoir leur faire passer le Phare et les faire arriver <à leur destination quand, dans ce moment, toutes les côtes de mou Royaume sont couvertes de croiseurs ennemis, ce qui rendra extrêmement difficile la réunion à Scilla de tout ce dont j'ai besoin pour l'expédition de Sicile, et que, d'un autre côté, aucun des objets demandés n'existe dans les différents ports de l'Adriatique. Cependant je viens d'ordonner de tirer de la .Monjjiana,en Calabre, tous les fers et projectiles dont on peut disposer et de tenter de leur faire passer le détroit; le moyen le plus sûr de ravitailler Corfou serait de diriger ces approvisionnements d'Ancône, de Venise, de Trieste et de Raguse. L'ennemi qui observe si scrupuleusement les ports de mon Royaume n'a pas encore porté son attention sur ces différents points, ce qui rendrait nécessairement les communications plus faciles. Au reste, je vous prie de dire à S. M. d'être bien convaincue qu'il n'y aura pas d'etforts que je ne fasse pour que Corfou ne tombe pas au pouvoir de l'ennemi, mais en même temps, je ne dois pas dissimuler que les communications avec cette place deviennent chaque jour extrêmement difficiles parce que, je le répèle, l'ennemi couvre nos mers de ses bâtiments ; il n'y a donc qu'un de ces coups hardis et heureux qui puisse efficacement dé;[ager cette île, un détachement de l'escadre de Toulon ne pourrait-il pas remplir ce but ?

Je vous adresse l'état nominatif des Français et des soldats des régiments de la Tour-d'Auvergne et d'Isembourg existant dans ma garde ; je vous prie de le mettre sous les yeux de l'Empereur et d'obteuir qu'ils soient définitivement rayés des corps auxquels ils ont appartenu.

Arctiives du prince Murât. R. XV, p. 17.

4888. — MUR.AT AU GÉVÉR.^L GRliXIER

X'ap'es, le 9 mai 1810.

A monsieur le chef de rétat-major (jénéral.

Monsieur le chef de l'état-major général, donnez l'ordre au général Destrès, commandant la divi.sion de Pouillc, de faire partir sur-le-champ pour Cosenza les six compagnies d'élite de mon

S'"" réjjiment d'infanterie légère ; dirigez sur le même point celles de la Tour-d'Auveryne et des 3"" et 4'"" régiments de ligne napolitains; les compagnies d'élite de ces différents corps devront être commandées par des chefs de bataillon. Vous me ferez connaître l'itinéraire de ces différents détachements.

Archives du prince Murât. K. XV, p. 18.

4889. — ML'It.AT .AL PIUXCK ELGKXl-:

Wiples, le 0 mai 1810.

AS. .-}. /. h; Prince vice-roi d'Ildlie.

Mon cher neveu, je viens de recevoir la lettre de Votre .Altes.>;t' Impériale du 30 avril. Sur votre première demande, les ordres avaient été donnés pour faire relever la compagnie du 3''" régiment italien qui se trouve stationnée aux îles de Tremiti : il m'a été rendu compte que ce mouvement avait été exécuté et (jue cette compagnie était en route pour .Ancone.

Je renouvelle, etc.

Votre affectionné oncle.

Arrhires du prince Mural. 11. .W, p. 19.

4890. — MIRAT A\] GEXERAL TLGW

xXapIes, le 10 mai 1810.

A monsieur le général TufpMj, comman(}<inl en chef l'arlillerie.

Monsieur le général, faites-moi connaître l'état de situation de l'armement de Gaëta, et si rartillerie que j'en ai fait enlever peut compromettre la sûreté de cette place. Je dois présumer que toute l'artillerie destinée à l'expédition de Sicile a été prise généralement sur les réserves et qu'elle ne peut point compromettre la sûreté d'aucune de mes places.

Continuez à employer la plus grande activité pour l'embarquement de tout ce que vous avez à expédier pour les Calabres.

Archives du prince .Murât. R. XV, p. 10.

Al/ ministre de la Guerre.

IVaples, 10 mai 1810.

Je ne vois encore aucun résultat, monsieur le ministre, des mesures que j'ai prescrites pour la réunion des bâtiments destinés à l'expédition. Vous avez envoyé des commissaires pour les recueillir, mais rien ne m'annonce encore le succès des démarches que vous avez ordonnées; cependant comme celui de l'expédition dépend entièrement do la célérité et qu'elle doit pour ainsi dire être brusquée, afin de donner le moins de temps possible à l'ennemi de s'opposer à la réunion de tous nos moyens, j'ordonne que toutes les barques du golfe et celles d'Ischia et Procida soient parties d'ici à lundi; l'exécution de cet ordre est de rigueur. Je vous autorise à prendre à cet effet toutes les mesures que vous croirez nécessaires, tant pour la réunion des barques que pour celle des marins. Je ne sais pas encore s'il est parti un second convoi ; je n'ai pas reçu votre rapport d'hier, cependant j'en ai demandé un pour chaque jour; réveillez tout le monde, communiquez à tous les officiers et à tous les employés de la marine votre activité et ditesleur que je ne serai convaincu qu'ils ont fait tous leurs efforts pour remplir mes vues, que par des résultats.

Archive» du prince Alural. R. XVI, p. 230.

4892. — MUR.Vr A DAURE

Kaples, 10 mai 1810.

Au minisire de la Guerre.

Monsieur le ministre, je suis informé qu'il existe beaucoup de barques napolitaines depuis Terracine jusqu'à Gaeta; envoyez surle-champ l'ordre au commandant de la marine de Gaeta de les faire arrêter et de les faire conduire en toute diligence à Naples.

Envoyez cet ordre par le télégraphe et par l'estafette de ce soir.

Il est malheureux que le convoi parti ce matin ait été forcé de rentrer dans le port.

Ne perdez pas un instant pour la réunion des bâtiments de trans-

port. Sur votre demande je mettrai à votre disposition tous les hommes dont vous pourrez avoir besoin, en un mot tous les marins de ma garde, ainsi que des soldats d'infanterie. Je viens de visiter le port, je n'y ai pas rencontré cette activité qu'il est si important de déployer dans cette circonstance.

.-Irchires du prince Murât. R. XVI, p. ■2.31.

4893 — MUR.Vr A DAUIIE

\aples, 10 mai 1810.

Au niiiilslre de la Guerre.

Monsieur le ministre, je vous préviens que je mets k votre disposition les dix-huit ou vingt bâtiments armés des douanes, ils nous seront d'une grande utilité pour l'escorte des différents convois.

.'irchiies du prince Murât, il. X\"l, |). -232.

.Vaples, 10 mai 1810.

Au mi ni aire des Finances.

Monsieur le ministre, mon intention est qu'à compter de ce jour, il ne soit fait aucune exportation d'huile sans un permis spécial qui devra être délivré par le ministre de l'Intérieur, et je prescris à ce ministre de ne délivrer de tels permis qu'autant qu'il sera justiBé devant lui du payement de quatre ducats par salme au Trésor, indépendamment des droits ordinaires dus à la Douane suivant le tarif. Il y aura seulement exception à cette règle en faveur du S. Broadvent qui ne payera extraordinairemeut au Trésor pour les huiles qu'il fera sortir du Royaume que trois ducats par salme, conformément à sa soumission en date du 6 mai courant, et approuvée par moi, hier 9 du même mois. Donnez les ordres nécessaires pour que ces dispositions soient exécutées.

Sur ce

.Ircliiies du priuce Murât. Pap'ers de Mosbourg,

ROYAUME DE IVAPLES. — 1810 285

Maples, 10 mai 1810.

Al/ minislrc des Finances.

Monsieur le ministre, faites mettre à la disposition du ministre de la Guerre et Marine les 18 ou 20 barques armées des douanes. Envoyez prendre le caisson et faites-le charger des trois cent mille ducats que vous ferez partir demain pour Cosenza sous bonne et sûre escorte. Un agent du Trésor public devra partir avec et être chargé de cette comptabilité.

J'attends le projet de lettre que je vous ai demandé relativement h l'exportation des huiles.

Sur ce, je prie Dieu

Archives du prince Murât. Papiers de Mosboiirg.

\aples, 11 mai 1810.

Sire,

En vertu des licences que Votre Majesté me fit donner, et comptant sur les nouvelles qu'elle me promit <à Compiègneet qui doivent être les mêmes que celles qui sont accordées pour l'Empire, je viens d'autoriser mon ministre des Finances ' cà conclure un arrangement d'exportation des huiles de mon royaume avec un Américain nommé Broadvent, consul général des Etats-Unis d'Amérique en Sicile. Je m'empresse d'en donner connaissance à Votre Majesté pour la prévenir contre les rapports qui pourraient lui parvenir à cet égard. Je la supplie donc bien instamment d'avoir la bonté de me faire expédier ces licences dont j'ai le plus pressant besoin, ayant de grandes dépenses à faire tant pour l'expédition de la

' Celui-ci vouait d'cuvoyer an Roi un rapport établissant qu'il allait avoir à payer la solde de 70 000 hommes : à savoir 25 000 hommes de troupes françaises, 26 436 hommes de troupes napolitaines et 5 000 hommes pour la yarde, sans compter la marine t Si S. M l'Empereur, ajoutait Agar, ue consent pas à se ciiarger d'entretenir la majeure partie de ses troupes, tous les services vont in(^vitablenient s'arriérer et tous les soins que V. AI. s'est donnés pour rétablir l'ordre dans ses finances, vont être |)erdus. Il n'est plus possible que le Trésor assure les dépenses de la nombreuse armée qui remplit votre Royaume. » (.Archives du prince Murât. R. XX.VIV, lettre 117.)

Sicile que pour le paiement des troupes. Sire, je pars lundi 14 du courant |)our les Calabres, j'ai déj<à fait partir la plus «jrande partie de l'artillerie et tout ce qui est nécessaire au jjénie; et cependant les places du Uoyaume restent suffisamment armées. J'éprouve beaucoup d'opposition d'opinion pour cette expédition, les Français sont d'accord avec les partisans des Bourbons, mais par des sentiments bien opposés, les uns parce qu'ils redoutent les cbances et les autres par amour pour Caroline. Je ne veux pas parler des Français militaires, je parle de ceux qui ne devraient pas parler de ces affaires, parce qu'ils ne sont pas en état d'en raisonner. Au reste, je garantis cà Votre Majesté que l'expédition aura lieu et j'espère pouvoir bientôt annoncer à Votre .Majesté qu'elle a réussi.

J'ni l'Iionneur d'être

Joacbim X.^I'OLKov.

.^rfhites nalioriules .W'' 1~14".

4897. — LA RKIXE CAROLIM': A SO.V MARI

Paris, Il mai 1810.

Mon clier ami, je suis toujours dans l'impatience de recevoir de tes lettres et tant que je ne saurai pas au juste ce que tu comptes faire, je serai inquiète. 11 est bien triste d'être dans une aussi grande distance des personnes qu'on aime. Je t'assure que tous les souvenirs sont mélangés de peine. Que fait-on? Comme se porte-t-on? Voilà la pensée babiluelle. Je te vois te promenant sur ta longue terrasse ', écrivant avec tes ministres ou faisant venir nos chers enfants près de toi et parlant à chaque instant de leur maman. Ecri.>;-moi si je devine juste et si vous me rendez tous mes souvenirs.

.Mon cher ami, cette séparation dernière me paraît encore plus insupportable que les aulies. Tu as été si bon, si parfait pour moi dais tes derniers instants, que ces procédés m'ont touchée aux larmes et me pénètrent encore de tendresse. Je t'avoue que lorsque tu rends justice à tous mes sentiments pour toi, je suis la plus heureuse des femmes. Crois que je ne fais consister mon bonheur, le bonheur de toute ma vie, que dans la félicité du père de mes enfants, de celui que je regarde comme mon meilleur ami.

' Lamartine écrit dans ses Mémoires, au moment de son voynge à .Vaples vers 1810 a Le palais royal et sa terrasse où l'on me montra le Roi Murât lisant dans ce cabinet aérien une lettre de Bonaparte. » ^Mémoires iiiéflits de Lamartine. Paris. Hachette, 1870. In. -8", p. 177.)

Tn vois que l'Empereur est toujours en voyage, ce qui nous rend bien tristes cà Paris. Hier au soii, j'ai encore été passer la soirée chez Paulette, il faisait un temps superbe; cette belle soirée, ce Neuilly, cette rivière m'ont encore fortement rappelé mes pauvres enfants; je croyais les voir accourir dans cette grande allée qui les conduisait à Villiers. Comme la pensée est rapide et combien elle vous rapproche de l'objet de vos affections, malgré la distance, malgré tout.

Je demande à chaque instant si l'estafette est arrivée, car vraiment je suis bien inquiète de ne pas recevoir de tes nouvelles; heureusement que je sais par M' Haudus que tu te portes bien et que tu es bien content de nos enfants, mais cela ne me suffit pas et c'est de toi seul et par toi que je veux être rassurée sur ta santé.

Adieu, mon cher ami, ma santé est toujours dans le même état. Embrasse bien mes enfants pour moi et dis-leur de te rendre de ma part ton embrassade. Adieu encore, je t'embrasse

Caromne.

.Ircliiies du prince Murât. D. ôG6. 32.

.\aples, 12 mai 1810.

Au ministre de la Guerre.

Monsieur le ministre, j'ai été prévenu qu'il était possible que les trois convois déjà partis pour les Calabres se trouvassent encore réunis à Salerne, ce que je ne puis croire, d'après les ordres réitérés qui ont été donnés de ne pas permettre qu'ils s'arrêtassent nulle part. Ecrivez, sur-le-champ, par estafette à l'intendant de Salerne et au général Pignatelli, qui y commande, pour leur ordonner, en mon nom, de ne souffrir le séjour d'aucun transport a Salerne et d'empêcher surtout que les équipages communiquent avec la terre, car alors on s'exposerait à être obligé de renouveler tous les jours ces équipages, ce qui occasionnerait des retards et compromettrait conséquemment l'expédition.

Je viens d'être informé que le départ des convois est suspendu faute de bâtiments. Je ne conçois pas en vérité comment il peut se faire que tous les bâtiments du golfe ne soient pas encore réunis,

d'après toutes les mesures qui auraient dû être prises en conséquence des différents ordres que j'ai donnés. Veuillez bien me faire connaître sur-le-champ les obstacles que vous rencontrez ; il faut qu'ils soient tous surmontés: envoyez de nouveaux officiers, des tiou|)es même, s'il le faut,;! Torre del (Ireco, ta l'Aunnuoiata et à la Keyina. J'ai la douleur de vous dire que si la réunion des moyens continue à se faire avec la même lenteur, je me verrai forcé de renoncer à l'expédition ; je vous ai déjà dit une fois |)our toutes que lorsque vous rencontrerez des obstacles vous devez venir auprès de moi.

Ar(liite.s du prince Mural. R. XVI, p. 2.3'2.

4899. — MURAT A D.ALRE

\aples, 12 mai 1810.

Al/ ministre de la Guerre.

Monsieur le ministre, tâchez de découvrir la veuve d'un pilotin tué au combat du 28 juin et qu'on dit ne pas avoir encore reçu de pension.

Avez-vous eu la précaution d'envoyer des fonds à (laeta, Frocida, Ischia, Torre del Greco, etc., afin de payer le noiis des bâtiments ainsi que cela se pratique à \aples? dette mesure est indispensable, car autrement comment les femmes de ces marins pourraient-elles vivre? D'ailleurs les marins partiront bien plus volontiers quand ils sauront qu'on a .«oin de les payer au moment de leur départ. Prenez d'avance toutes les mesures pour assurer le paiement des barques que vous ferez enlever le long de la cote.

Arcliiies du priiire Murât. R. \VI, p. 233.

4900. — MIRAT AU GEVERAL GRKMER

Xaples, le 12 mai 1810.

A monsieur le chef de Vèlal-major général.

Monsieur le général, chef de l'état-major général, donnez l'ordre à messieurs les généraux de brigade Dufour, Piguatelli, etdeGambs

ROYAUME DE XAPLES. — 1810 289

de se rendre : le premier à Cotrone, le second à Capri et le troisième à Amantea, à l'effet d'y protéger le passage des différents convois. Le général Dufour doit être particulièrement chargé d'activer la réunion de toutes les barques que j'ai ordonné de recueillir dans le golfe de Squillace et de favoriser l'arrivée de celles que le général Destrés a ordre d'y envoyer de !a Fouille.

Les généraux Pignatelli et de Gambs devront surtout ne pas permettre aux différents convois de s'arrêter en route et de les faire lilcr promptement à leur destination; donnez-leur des instructions (11 conséquence. Ces généraux devront être partis dans la journée de demain.

Archives du prince Miirat, R. XV, p 20.

4901 — MURAT M] GÉXÉR.U C.AVAIGXAG

tapies, le 12 raai 1810.

A monsiexir le général Cavairjnac.

Monsieur le général, voilà quatre jours que je suis sans nouvelles de vous, j'en attends avec impatience. J'ai donné l'ordre à mon chef d'état-major de vous tenir tous les jours au courant des différents convois d'artillerie et de munitions qui se rendent à Scilla, et vous avez du recevoir des instructions pour protéger leur arrivage et préparer les batteries qui doivent recevoir l'artillerie. Le cinquième convoi est parti ce soir, portant l'armement entier de Bagnara; demain, le convoi qui doit porter celle qui doit armer Scilla mettra à la voile ; je pense que vous avez pris toutes les mesures nécessaires pour la réunion de toutes les barques qui doivent servir au transport des troupes, tant dans la Méditerranée que dans la mer Ionienne, enOn tous les moyens de transport pour -2.T 000 hommes seront entièrement réunis à Scilla et dans le golfe (le Squillace du 20 au 25, et dans les dix jours suivants, le drapeau liicolore ilottera sur les tours de Messine. Les généraux de Gambs, Pignatelli et Dufour se rendent : le dernier à Cotrone pour la réunion des bar(|ues sur la mer Ionienne, et les deux autres à Capri et au Pizzo, pour protéger les différents convois et les empêcher qu'ils ne s'arrêtent dans les différents ports ; j'espère que de votre côté, vous aurez pris toutes les précautions convenables. Les troupes sont toutes en mouvement, et, comme je vous 1 ai déjcà marqué, elles TOME vin. 19

290 JOACHIil MURAT

doivent être toutes concentrées depuis Catanzaro et \icastro jusqu'à Reggio, c'est-à-dire dans la Calabre ultérieure. Choisissez-leur des cantonnements sains ; je suis sur le point de mon départ. Poerio part cette nuit, pour aller, de sou côté, électriser les marins des Calabres et faire connaître à ses compatriotes que les Calabres sont destinées plus particulièrement à recueillir les avantages de la conquête de la Sicile. Vous devez, de votre côté, tenir le mémo langage. Je compte sur votre activité accoutumée.

Archiçes du prince Murât. R. XV, p. 20.

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