‹ Lettres et documents, 1767-1815Chapitre 63 sur 94 · MURAT AUX IXTEXDAXTS BRIOT ET COLETTA · texte numérisé non relu

MURAT AUX IXTEXDAXTS BRIOT ET COLETTA

.\a|)les, le l'i mai 1810.

A messieurs les inleiulanls liriol cl Coletla.

Monsieur l'intendant, l'expédition de Sicile est irrévocablement décidée, et toutes les mesures sont prises pour en assurer le succès: toutes les difficultés seront surmontées lorsque j'aurai réuni dans le fond des Calabres les bitiments de transport qui doivent porter l'armée sur la rive opposée. Déjà toutes les barques du golfe de Xaples, de Caeta, d'ischia, de Procida, etc., sont à ma disposition; tous les marins vont briguer, à l'envi, l'honneur de faire partie de cette expédition, j'espère donc que mes braves marins calabrais ne montreront pas moins de zèle et d'empressement, et que tous les bâtiments de cette province, qui peuvent être tirés à terre, seront mis dans les deux mers, à la disposition de la marine. C'est à vous à stimuler leur émulation et à leur faire entendre que ce sont les Calabres qui sont plus particulièrement appelées à jouir des avantages de cette conquête qui doit assurer à jamais la tranquillité de leur province et le repos de leurs familles. Je compte, en cette circonstance, sur votre zèle et votre activité accoutumés, et je ne doute pas qu'à mon arrivée à Cosenza, toutes les barques de votre province ne soient réunies sous Scilla et dans le golfe de Squillace. Je compte partir dans peu de jours. Monsieur Poerio, procureur royal de la Cour de cassation, se rend dans les Calabres pour activer la réunion des transports ; je n'ai pas besoin de vous recommander de le seconder de tous vos moyens.

Archives du prince Murat. H. XV, p 22.

4903. — LA REIXE GAROLLVE A SOM MARI

A Paris, 13 mai (1810).

J'ai reçu de tes nouvelles enfin et j'en avais besoin, car j'étais vraiment inquiète de ton silenee. Tu as été enrhumé, tu as eu un peu de fièvre. Mais .M. Haudus m'assure que tu es parfaitement rétabli, que tu as assisté à la leçon d'équitation d'Achille et que tu es parfaitement content de lui sur tous les points. Ce que tu me dis de lui et de nos autres enfants me transporte de joie, tu verras que nous serons un jour les êtres du monde les plus heureux et que nous le devrons à nos enfants ; ils nous rendront tout l'amour que nous leur portons et notre vieillesse sera embellie par leurs vertus. Vois comme je vois loin dans l'avenir. Je crois que c'est le propre des mères de vivre dans l'avenir de leurs enfants.

Je reviens à présent cà ta lettre qui m'a fait bien de la peine, car je ne puis te savoir une inquiétude que je ne l'éprouve au centuple. Il faut, mon cher ami, faire tous tes efforts pour prendre la Sicile et surtout ne pas perdre un moment de temps, je t'y engage fortement. Je suis bien sûre que l'Empereur rend bien justice à tous tes sentiments pour lui et qu'il t'aime bien; il est vif, mais il est si bon pour nous que nous ne devons jamais douter de ses sentiments. Je désire bien qu'il soit de retour, ainsi que l'Impératrice. Paris est bien triste sans eux et sans toi.

Je suis ennuyée, souffrante, je ne puis l'exprimer tout ce que je souffre de tristesse, j'ai besoin de me trouver réunie à toi, cà nos chers enfants; ménajje bien ta santé, je crains que le travail excessif dont tu me parles, avec les grandes chaleurs, ne te fasse mal ; je crains aussi le climat de la Calabrc. Sans doute tu es déjà parti pour t'y rendre et je ne recevrai pas aussi souvent de tes nouvelles, ce qui m'inquièterabeaucoup. Jeté prie donc de mettreà m'écrire le plus d'exactitude possible et songe qu'un seul jour de retard peut me donner beaucoup, mais beaucoup, d'inquiétude.

Adieu, mon cher ami, crois à ma tendre affection. Je t'embrasse bien tendrement.

Page 1