C.\ROU\E
IVaples, le 15 mai 1810.
SiRB,
Je m'empresse d'adresser à Votre Majesté les gazettes que je reçois de Messine et dans lesquelles on annonce la prise de la Guadeloupe.
Sire, je pars demain pour les Calabres où toutes les troupes qui doivent concourir à l'expédition se trouvent à peu près réunies. 11 a été ordonné au chef d'état-major général de l'armée d'adresser au ministre de la Guerre de Votre Majesté un rapport général sur tout ce qui a été fait et ordonné pour l'expédition de la Sicile, aussi j'espère que Votre Majesté est parfaitement au courant de cette expédition qu'elle a ordonnée. Déjà plus de 150 bâtiments chargés d'artillerie et de munitions sont sortis du golfe de \aples, sans avoir été inquiétés par une croisière ennemie qui ne quitte pas les parages du golfe; 150 autres en seront sortis avant huit jours, et avant la fin du mois, 600 barques, nombre jugé suffisant pour le transport de 25 000 hommes, seront réunies, je l'espère, dans le tond de la Calabre, et dès lors toutes les difficultés seront surmontées. L'o|)inion générale s'était montrée contre cette expédition, mais aujourd'hui elle est devenue nationale et une espèce de croisade; tout le monde demande à en faire partie. J'ose garantir d'avance à Votre Majesté la conquête de la Sicile, si je parviens cà réunir sous Scilla les moyens de transport.
Xous faisons tous les efforts imaginables pour ravitailler Corfou, mais j'ai la douleur d'apprendre à Votre Majesté qu'on m'annonce la prise par l'ennemi de six bâtiments chargés de grains, ce qui me fait cependant présumer que tous les autres qui sont partis sont arrivés. D'autres sont chargés dar-s les différents ports de Pouille et n'attendent qu'un vent favorable pour partir. Je prie Votre Majesté d'être bien convaincue que tous les efforts et tous les sacrifices seront faits pour la conservation d'une place à laquelle Votre Majesté porte tant d'intérêt.
Je ne cesserai de prier Votre Majesté de m'envoyer les licences qu'elle m'a promises et de laisser dans ma garde les Français qui s'y trouvent; j'ai été obligé de faire des emprunts tant pour payer les troupes de Votre Majesté que pour subvenir aux frais immeuse^ des préparatifs de l'expédition.
Je suis Joacliim \.apoi.ko\.
Guerre.
jVaples, le 15 mai 1810.
A monsieur le comte Miollis, gouverneur de Rome.
Monsieur le comte, je suis informé que quarante à cinquante paranzelles napolitaines sont employées à la pèche dans les ports des Etats Romains, particulièrement à Porto d'Anso. J'ai un besoin indispensable et pressant de ces bâtiments pour un seivice extraordinaire et j'ai compté sur votre obligeance pour faire fournir à l'officier porteur de ma lettre les escortes et une autorisation pour les faire mettre à sa disposition. Il n'y a pas un instant à perdre et j'espère que vous seconderez de tous vos moyens la remise de ces bâtiments à cet officier.
Archives du prince Murat. R XV, p. 23.
4906. — MURAT A REGXIER
Naples, le 15 mai 1810.
A monsieur le duc de Massa, Grand- Juge, ministre de la Justice en France.
Monsieur le duc, le sieur Malique désirerait être nommé greffier près le tribunal de commerce qui doit être établi à Cahors. Ses principes et les connaissances qu'il a acquises paraissent le rendre propre à cette place, et je verrais avec plaisir l'intérêt que vous voudriez bien lui témoigner dans cette circonstance.
.archives du prince Murat. R. XV, p. "23.
4907. — MURAT AU GE.VERAL GREXIER
IVaples, le 15 mai 1810.
A monsieur le général, chef de l'état-major général.
Monsieur le chef de l'état-major, mettez à la disposition de mon ministre des Finances une compagnie du 101'°" régiment, forte au
moins de cent hommes et commandée par un bon officier. Cette compajjnie doit escorter jusqu'à Coseuza un convoi d'aryent. L'officier .se transportera de suite auprès du ministre des Finances pour connaître le jour et l'instant du départ.
Donnez l'ordre au «jénéral Partouneau\ de partir sur-le-champ pour Catanzaro. Vous lui donnerez les mêmes instructions que celles qu'a reçues de vous le yénéral Dufour, relativement aux bâtiments (jue je désire réunir dans la mer Ionienne pour le golfe de Squillace. Vous lui observerez que le général Dufour .sera sous ses ordres, mais seulement dans le rapport de cette opération, en attendant l'organisation de sa division.
Archives du prince Mur.it. K. W, p. 24.
4908. — NAPOLEO.X A SA SOEUR CAROLIXE
A Lacken, le 15 mai 1810.
Ma sœur, j'ai reçu votre lettre du 3. Je donnerai au Roi des officiers et sous-officiers tant qu'il voudra, mais je ne veux pas qu'il les prenne sans ma permission et désorganise mes corps en disant qu'il ne le fait pas. Il faut être de bonne foi et marcher droit. Je ne saurais souffrir qu'on fasse rien contre mon service.
Votre affectionné frère.
Napoi.éox.
.archives du prince Murât. I). 5(i(). 3H.
4909. — LA REINE CAROLLVE A SOX MARI
Pari», 15 mai (1810).
J'ai reçu enfin une lettre de toi et j'en avais besoin, car j'étais vraiment inquiète de ton silence, mais ce qui me chagrine, c'est que je te vois de nouveau livré à mille inquiétudes et tu n'as pas un chagrin que je ne le partage doublement. Tu as tort d'ailleurs, car l'Empereur rend bien justice à tous tes sentiments pour lui et il t'aime bien ; s'il ne te répond pas, ce sont ses grandes occupations qui en sont la cause et c'est par la même raison qu'il n'a pas encore répondu à la lettre que je lui avais écrite au sujet des troupes. J'en
ai parlé hier au ministre de la Guerre qui m'a paru peiné de t'envoyer un décret que l'Empereur lui avait ordonné de faire. Tout le monde te conseille de prendre la Sicile, c'est nécessaire et il le faut absolument, parce que l'Empereur sacrifiera bien à la paix la Sicile, ainsi emprunte de l'argent de toutes parts, fais tout ce qu'il faudra pour cela, mais ne perds pas de temps et prends la Sicile, parce qu'il pourrait bientôt t'arriver un contre-ordre, car on fait déjà les négociations.
Je t'envoie cette lettre par D... ; il n'y a rien de nouveau, tout le monde est bien fâché que l'Empereur ne revienne pas à Paris, on craint qu'il n'aille plus loin, et si les fêtes sont retardées, je lui écrirai pour partir, quoique je sache qu'il se fâchera et qu'il est peut-être nécessaire pour nos intérêts que je reste ici.
Je vais passer deux jours cà Morfontaine avec le (Irand-Duc qui me charge de te dire mille choses. Je viens de lire avec peine que tu avais changé le nom de la 'l'our de l'Auiionciodc pour celui de Joachim. 11 me semble, mon ami, ([u'on doit avoir un certain respect pour toutes les anciennes inscriptions et que c'est un avertissement aux générations suivantes à laisser subsister celles que le Hoi régnant fait faire, et qu'il ne faut pas imiter les peuples destructeurs qui ne respectent rien du pays qu'ils ont conquis et qui donnent un nouvel exemple de destruction. Je vois que dans ce moment, on improuve beaucoup l'Enqiereur qui a fait effacer toutes les lettres qui se trouvent sur le Louvre, et partout, pour y faire mettre deux NX'.. Il aurait été plus grand d'y laisser les traces des autres dynasties, afin de donner mi grand exemple du respect qu'on doit aux anciens monuments. C'est l'avis de tout le monde; je te donne aussi le mien par le grand intérêt que je te j)Orte. Tout ce que tu fais de bien, je me l'approprie, c'est pour cela que je ne veux pas que tu fasses quelque chose qui ne puisse avoir l'approbation générale. Du reste, voilà un article plus long que je ne voulais le faire, mais tu sais combien je t'aime et par cette raison aussi combien j'aime à être franche avec toi.
Je t'avertis que ce pauvre Lorenzani est tout-à-fait ruiné par le jugement du tribunal ' ; je n'ai que des malheureux autour de moi,
' .Agtir se joignait à la Reine pour protester auprès de Murât contre les décisions rendues par la Cour féodale. « J'ai toujours cru, écrivait-il le 17 mars 1810, que conrorniément à son titre et au décret qui la constitua, elle était uniquement chargée de reconnaître et de détruire tout ce qui pouvait rester des abus oppressifs de la féodalité, c'est-à-dire tout ce qui avait le caractère d'une sorte de servitude imposée soit aux personnes, soit aux pro-
on m'enlève même toutes les demoiselles de S' Marcellin parce que tous les nobles sont ruinés. Ne crois-tu pas que ce soit impolitique au moment que tu vas prendre la Sicile, car tous les nobles Siciliens se défendront jusqu'au dernier moment par la crainte de subir les mêmes injustices.
Adieu, mon cher ami, j'attends avec impatience les nouvelles qui m'apprendront que tu es au commencement df ton entreprise.
Caroline.
Archives du prince Murât. D 566. 34.
Xaples, le 16 mai 1810.
Monsieur le ministre, je pars pour les Calabres où je désire que vous vous rendiez de votre personne. Proposez-moi avant voire départ quelqu'un de confiance ' qui puisse être chargé pendant votre absence de la signature pour le service courant; j'oidoune cependant que sous aucun prétexte que ce soit, il ne puisse ordonner la sortie d'aucun fonds extraordinaire des Caisses du Trésor. J'ordonne également qu'.à compter de ce jour, il soit établi une estafette qui se rendra tous les jours à mon quartier-général, d'où il en partira une tous les jours pour Xaples ; faites vos dispositions en conséquence.
Sur ce, je prie Dieu...
Archives du prince Mutât. H. XVII, p. 1.
prit'tés par les seigiiciirs. J'ai toujours pensé qu'elle avait été instituée et conservée pour assurer le complet alTranchissenieDi des anciens vassaux et des terres par eux possédées et qu'elle devait prononcer sur toutes les réclamations qui avaient pour objet un tel affranchissement, mais il n'était jamais entré dans mon esprit qu'elle eût le droit de décider si un champ, une vigne, une forêt appartenaient à tel ou tel autre citoyen, s'ils appartenaient il un seigneur ou à une commime, ces questions ayant pour objet, non pas des droits, non pas des usages, non pas des abus sur la propriété, mais la propriété même. I (R. XXXIV. n-QT.)
' Agar à Murât. — Naples, le 15 mai 1810. — « ... Je crois aller, Sire, au devant de vos intentions en désignant M. le baron \'olli, conseiller d'Etat, président de la Commission des contributions directes. La haute estime dont V. M. l'honore, son amour pour le bien, son dévouement à votre service lui ont concilié toute la faveur de l'opinion publique... u (R. XXXI V, n° 120.)
Naples, 16 mai 1810.
Au ministre de la Guerre.
Monsieur le ministre, je pars pour les Calabres ; j'ordonne que tout ce qui reste ici de l'expédition continue à être expédié avec la plus grande activité, et je désire qu'aucun obstacle ne s'oppose à ce que tout soit parti avant dix jours.
Les batteries de Bagnara et de Scilla étant déjà -oarties, il est indispensable que vous fassiez ramasser toutes les barques propres »à l'expédition sur toute la côte, depuis Salerne jusques au Pizzo, et que vous les fassiez filer sous bonne et sûre escorte jusques à Bagnara ; confiez cette importante opération à des officiers intelli gents, actifs et incorruptibles. Je mettrai cà votre disposition des marins de ma garde; le colonel Lostange recevra vos instructions, il pourrait être cbargé de cette besogne en mettant sous ses ordres les divisions de canonnières et les 18 ou 20 bâtiments de la douane. M. Gentil pourra vous être d'une grande utilité, parce qu'il connaît parfaitement la cote; j'ordonne que le colonel Lostange soit en mesure de partir au premier vent favorable. X'oubliez pas de faire partir avec lui un préposé de la marine pour payer les nolis de ces différentes barques.
Ordonnez que pendant ce mauvais temps on continue les cliargements dans la darse et au port; n'oubliez pas l'envoi des vivres, du biscuit, des souliers et des armes, en un mot vous connaissez l'importance de l'exécution des différents ordres que je vous ai déjà donnés, je m'en rapporte entièrement à vos talents et à votre activité : il sera glorieux pour vous d'avoir coopéré à une entreprise aussi importante; je vous ferai parvenir de la Calabre des ordres ultérieurs avant de m'embarquer.
.•\rcliives du prince Murât. R. XVI, p. 233.
4912. — MURAT AU M.^RECHAL PERIGXOiY
Naples, le 1(3 mai 1810.
A ivonsicur h maréchal Péri gnon.
Mon cousin, je pars pour les Calabres où je désire que vous
m'adressiez tous les jours vos rapports. Les ministres de la Justice, de la Guerre et de la Police ont ordre de vous l'aire des rapports particuliers sur tout ce qui pourrait intéresser la tranquillité de ma capitale et des provinces ; et les yénéraux commandant les provinces de Terre de Labour, des trois Abruzzes, d'Avellino et de Salerne vont recevoir l'ordre de recevoir les vôtres, dans le cas où l'apparition de l'ennemi dans le cratère de Xaples ou dans le canal d'iscliia ou de Procida vous mettrait à même de réunir toutes les troupes qui se trouvent sous leurs ordres.
Je vais prendre un décret pour reniettie en activité la ijjarde nationale de la ville de Xaples, ce qui l'acilitera aux troupes de ligne le service de la capitale; je vous ferai parvenir de Calahre des instructions particulières a\ant de m'embarquer poui- la Sicile. Je pais parfaitement rassuré sur ma capitale, et sur le dépôt précieux que j'y laisse, puisque c'est à votre expérience, à votre attachement à ma personne et à votre zèle jjour l'Hmpereur que je les confie.
.Archives du prince Mural. K, .\V, p. '2i.
4913. — LA REI.Vli CARUI,I\fc; A S0\ MARI
Morfonlaine, 16 mai (I8IO1.
Mon cher ami, je suis ici depuis hier et je t'avoue que ces lieux m'ont fait une sensation bien agréable; c'est ici où nous nous sommes unis, c'est ici où j'ai commencé à avoir pour toi tous les sentiments que je conserve encore, plus ceux qu'ajoutent l'estime, l'habitude et une bonne amitié.
Je voudrais te voir ici près de moi et je crois que rien ne manquerait k mon bonheur, si nous pouvions y joindre nos chers enfants. La partie de venir ici s'est formée de suite, le Grand-Duc est enchanté de ce séjour et nous allons voir Ermenonville. Je retourne demain matin à Paris et je te ferai part plus en détail de mon voyage.
J'ai amené tout mon service d'honneur et nous sommes en tout vingt personnes.
L'Empereur est encore absent, l'Impératrice m'a écrit deux lettres charmantes, je regrette bien son absence et je suis fâchée que ma mauvaise santé m'ait empêchée de la suivre. Je me soigne bien et je me promène un peu, parce que je crois que cela me fait du bien, un exercice modéré.
ROYAl'AlE DE XAPLKS. — 1810 299
Adieu, mou ami, je voulais t'écriie que j'étais ici et que je ne reçois pas souvent de tes lettres. J'ai donné ordre qu'on m'envoie de suite celles qui me viendraient de toi. Adieu, je t'embrasse bien, bien tendrement.
Le Grand-Duc me charge de te dire bien des choses. Borghèse €st avec nous et t'envoie ses amitiés.
Carolim:.
Archives du prince Murât. D. 5t)(j. 35.
491V. — MURAT A PIG.VATELLI
Xapjps. le 16 mai ISIO.
A monsieur le ministre, secrétaire d'Etal.
Monsieur le ministre, prévenez de suite les ministres de mon départ pour les Calabres où je désire que vous alliez me rejoindre ; vous leur ferez connaître, en même temps, qu'à compter d'aujourd'hui, il partira régulièrement tous les jours une estafette pour mon quartier-général et qu'ils devront en profiter pour m'envoyer directement leurs rapports et leur travail; il n'y aura plus de Conseil de ministres, et chacun devra m'adresser pour son compte ce qui concernera sou ministère ; cependant les ministres de la Guerre, de la Police Générale et le Grand-Juge devront faire connaître à monsieur le maréchal Pérignou, gouverneur de \aples, les rapports particuliers qui pourraient intéresser la tranquillité de la capitale et des provinces.
Le Conseil d'Etat continuera h tenirses séances aux jours accouiumés et son travail me sera expédié comme il me l'était à Paris ; faites connaître aux présidents des différentes sections que je verrais avec peine que les différents projets qui leur ont été soumis restassent pour longtemps oubliés dans leurs cartons.
Guerre et Archives du prince Murât. R. XVII, p. I.
4915. — \m\\\ï A XAPOLEOiY
Persano, IT mai 1810.
SlRE,
Je m'empresse d'adresser à V. M. le rapport que je reçois par
300 JOACHIM MLHAT
estafette du jjénéral Cavaiguac et d'après lequel il paraît que les troupes de V. M. ont repris Saiute-Maure. En tout cas est-il bien vrai que les préparatifs que je dirijje contre la Sicile ont forcé le général Stuart à rappeler des troupes des Iles Ioniennes? Je serai donc quelques jours à Scilla d'où je vous adresserai des rapports exacts tant sur les projets des Anglais sur Corfou que sur leur position en Sicile et sur mes cs|)érances contre cette île. Le pays redevient tranquille et le brigandage s'éteint insensiblement.
Archives du prince Murât. R. XVIII, n" 1.
4916. — LA RLIXI;: CAROLLXE A SOX MARI
A Paris, le 19 mai 1810.
Mon très cher ami, j'ai reçu tes deux lettres qui m'ont fait bien du plaisir. Je t'assure que lorsque je passe un jour sans recevoir de tes nouvelles, cette journée me paraît bien longue et j'attends le lendemain avec une vive impatience.
Je t'envoie la copie de la réponse de l'Empereur, tu vois qu'il est bien bon pour toi, ainsi écris-lui directement et je suis sûre que tu n'auras pas à te plaindre.
Je suis de retour de Morfontaine, le (îiand-Duc en est enchanté ainsi que d'Ermenonville et il trouve que les campagnes aux environs de Paris sont très belles. 11 est toujours très gai et il me charge de te dire mille choses.
Je suis bien sensible à tous les soins que tu te donnes pour mes appartements; l'idée que tu t'en occupes me rend ces soins encore plus agréables. Tu es si bon pour moi depuis quelque temps que je ne puis t'exprimer combien j'y suis sensible.
Il m'est bien doux de tenir tous les agréments de ma vie et mon bonheur de toi que j'aime bien tendrement. Tu as raison, nous serons bien heureux, lorsque nous serons réunis, ménage bien ta santé. Adieu, mon ami, tous les souhaits de mes enfants ont retenti dans mon cœur et ma petite Louise aussi me désire! Embrasse-les bien pour moi, mais j'oublie que probablement tu n'es plus près d'eux.
Adieu, mon ami, je t'embrasse bien du fond de mon cœur.
G.4R0M\E. .Archires du prince Murât. D. 560. 36.
ROYAUME DE XAPLES — 1810 301
Caslroïill.iri, 10 mai 1810.
Au minislre de la Guerre.
Monsieur le ministre, j'ai reçu votre rapport du 16, il est malheureux que le mauvais temps vous ait empêché de faire partir uu convoi, j'ai des nouvelles de Monteleone du 16, où MM. de Simone et Aymé étaient déjà arrivés et d'où ils partaient pour se rendre au Pizzo : aucun des convois partis de Xaples n'était encore arrivé ni signalé sur la côte. J'espère qu'il sera parti des convois le 17 et le 18, parce que j'ai la certitude que le temps vous l'aura permis.
Je visite un peuple bien intéressant ; je suis extrêmement content de son bon esprit. Les réclamations des communes sur le service des subsistances sont générales : les fournisseurs ne paient pas ou le peu de ce qu'ils ont payé ont forcé les communes à capituler et ils leur ont donné ce qu'ils ont voulu; cependant nous avons payé à Naples des fournisseurs et je. vous déclare que je vais prendre un décret pour mettre leurs propriétés sous le séquestre qui ne sera levé que lorsque leur comptabilité aura été définitivement liquidée et les créances des communes soldées. La commune de la Polla est aux abois et le service va y manquer. Tâchez de trouver là et sur tous les lieux de passage à conclure un traité avec un fournisseur du pays, au compte du Gouvernement, cette mesure est aussi indispensable qu'urgente.
Envoyez à Eboli faire enlever le biscuit qui s'y trouve : il est étonnant que ce dépôt fût ignoré de tout le monde, faites mettre dans les gazettes les articles qui vous seront adressés par d .^zzia.
J'espère que les brigands se présenteront ; ils m'ont tous fait demander leur pardon.
.archives du prince Murât. R. XVI. p •240.
Cosenza. 10 mai 1810.
Au ministre de la Guerre.
Monsieur le ministre. M, le général Destrés me rend compte
du 15 que les deux cents barques que doit fournir la Fouille seront réunies sous peu de jours à Tarente et je dois présumer qu'elles y sont au moment où j'écris, cependant malgré les ordres que j'avais donnés d'envoyer des fonds pour payer les uolis de ces barques, je suis prévenu qu'il n'y a pas un sol pour les payer! Comment après cela pouvoir compter sur la réunion fies moyens de transport, sans lesquels je ne puis faire l'expédition? J'ordonne que vous fassiez partir sur-le-champ pour Tarcntc trente mille francs, somme nécessaire pour le paiement des iu)lis et des marins pour un mois.
Archiies du prince Murât. R. Ml, p. '2i[.
4919 — LA IIKIXE CAROLIXE A SON MARI
(Paris) 20 mai 1810.
Je reçois dans l'instant tes deux lettres, mon cher ami, et je vois que tu es toujours inquiet, ce qui me fait bien de la peine, car je partage toutes tes affections. J'ai été surpris comme toi des deux articles du Journal et j'ai vu avec plaisir le lendemain qu'on les avait rectifiés. Je ne sais plus ce que j'ai à désirer : si tu dois rester ou partir. Tout ce que je sais, c'est que je suis inquiète et malheureuse de te savoir exposé <i mille désagréments.
J'attends toujours avec la plus \ive impatience de tes lettres et aujourd'hui cela était uu jour de bonheur d'en recevoir deux à la fois. Je fais des vœux pour que tous les jours se ressemblent.
Ce que tu me dis de nos enfants me fait le plus grand plaisir. Pauvres petits! Combien je désire les embrasser. Je ne sais pas si l'Empereur reviendra bientôt, je viens de recevoir une lettre de l'Impératrice qui me demande de tes nouvelles, sa lettre est charmante.
.^dieu, mon ami, le Grand-Duc me charge de te dire bien des choses.
.Archives du piince Murât. D. ô6tj. 3".
Cosenza, 20 miii 1810.
Au ministre de la Guerre.
Monsieur le ministre, je reçois vos différents rapports du 17,
ROVAIME DE XAPLICS. — 1810 303
celui qui concerne Corfou ne s'accorde guère avec celui du général Cavaignac qui annonce que les Français occupent de nouveau S"-Maure. J'espère que vous vous serez empressé d'apprendre au ministre de la Guerre de France l'arrivée des transports de grains ainsi que ceux des fonds à Corfou.
Le général Cavaignac me mande sous la date du 18, qu'il n'a encore eu connaissance de l'arrivée d'aucun convoi; je n'en ai moi-même encore aucun, malgré les différents exprès envoyés sur les côtes d'Amantea et San Lucido.
Je trouve les Calabrais très bien disposés', et j'espère que je n'éprouverai point de difûcultés pour avoir à ma disposition les barques et les marins qui se trouvent sur les côtes. Les vivres seulement m'inquiètent et vous ne devez négliger aucun moyen pour en faire expédier, soit de la Fouille soit de Maples, cette précaution est absolument indispensable. Je recueille des plaintes sur la manière dont se font en général les services dans les deux Calabres, les communes sont hors d'état de pouvoir fournir davantage parce ■qu'elles ne sont pas remboursées de leurs avances; j'ai ordonné de promptes liquidations, d'après lesquelles je ferai admettre en paie-' ment des contributions leurs différentes créances. Le service des transports n'excite pas moins de plaintes, les communes sont écrasées, et depuis l'entrée des Français en Calabre, il ne leur a pas été payé un sol pour ce service. Que faites-vous donc des six ou huit mille ducats que je mets tous les mois à votre disposition pour ce paiement? Je désire que vous me fassiez connaître l'emploi et les motifs qui se sont opposés h ce que les Calabi*es fussent payées jusqu'à présent. Je compte partir demain au soir pour Monteleone, où j'arriverai en deux jours. J'espère que vous continuez à expédier les convois ta mesure de leur chargement. Me perdez pas une minute. Je n'ai encore aucun rapport sur la Sicile; rappelez-vous que l'armée va se trouver maintenant réunie en Calabre et que les fonds des budgets doivent y être expédiés, non pas en délégations mais en espèces, cette précaution est de rigueur. J'espère qu'on pourra se procurer avec de l'argent assez de bœufs dans les
' Quelques jours plus tard, Agar écrivait à llurat : « Depuis que V. M. a quitté Coscnza, j'ai eu occasion de reconnaître à chaque instant combien était juste l'opiuion qu'elle s'était formée des liabitants de cette province : ardents, ingénieux, irritables, vindicatifs, ils savent apprécier la justice et la bonté, on peut en obtenir tout par de bons traitements, mais en leur inspirant en même temps un peu de crainte et beaucoup de respect, s (U. XX.YIV, n" 121.)
Calabres. Je donne l'ordre à deux bataillons du 3'"°'' régiment de lijjne de se porter sur Castro; illari et un 3'™" à Potenza. Le bataillon d'iseniboury va s'établii- dans la subdivision de Lagonegro et sera chargé de la sûreté des communications avec Naples. Le 9' régiment des chasseurs à cheval a la même destination. Une division française va s'organiser sur Catanzaro, une autre sur Monteleone, Scilla et Reggio et la réserve à Cozenza. Le chef de l'état-major général vous fera connaître ces mouvements et l'emplacement respectif de chaque corps. Faites en sorte qu'ils ne manquent de rien.
Archives du prince Murât. R. XVI, p. 242.
4921. — MLR.^T A SA FILLE L.ÏTITIA
Cosenza, le 21 mai 1810.
Ma chère Laetitia, je veux tenir ma parole, je veux vous imiter en répondant de suite à votre jolie petite lettre. C'est bien aimable à vous de m'avoir donné de vos nouvelles et de celles de vos frères. Oui, je vous écrirai souvent et j'espère que notre séparation ne sera pas aussi longue que je l'avais d'abord cru, et que je pourrai bientôt presser contre mon cœur mes tendres et chers enfants. Continuez à bien vous appliquer, vous ne sauriez mieux me ])rouver votre tendresse. Dites à Louise et à Lucien que je suis sensible à leur souvenir et que je les aime bien.
.l'ai reçu ce matin une lettre de maman, elle m'annonce qu'elle espère revenir bientôt auprès de vous.
Adieu, ma belle Laetitia, donnez-moi souvent de vos nouvelles et croyez à ma tendre amitié.
Je vous embrasse bien affectueusement.
Joachim \'.ipoléo\.
Aichives du prince Murât. 0. iO). 1.