‹ Lettres et documents, 1767-1815Chapitre 70 sur 94 · ML RAT A L'I\TE\I)A\T COLETTA · texte numérisé non relu

ML RAT A L'I\TE\I)A\T COLETTA

Alooteleone, le 28 mai 1810.

A monsieur Colelta, hilcndant de la Calahrc ultra.

Monsieur l'intendant, je vous adresse un ordre du jour pour ma marine, faites-le traduire; je désire qu'il soit imprimé dans les deux langues, à mille exemplaires. Vous aurez soin à ce qu'aucun exemplaire ne reste entre les mains de qui que ce soit. F'aites réimprimer à cinq cents exemplaires les articles des Moniteurs qui regardent les affaires de sir IJurdet et la situation actuelle de Londres, avec la note ci-jointe :

Ordre du jour :

Braves m.arins !

L'expédition de Capri vous donne des droits à la reconnaissance nationale, et les combats des 28 juin et 3 mai attestent votre valeur. Votre Roi est content de vous. .Mais on n'a rien fait tant qu'il reste quelque chose à faire. La Sicile vous ouvre un nouveau champ de gloire; l'entreprise d'affi-anchir du joug ennemi cette belle portion de mes Etats est décidée. Les Anglais seront chassés

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de celte île, et la yloire de la marine napolitaine est désormais impérissable. Braves marins! vous ne tromperez pas mou attente. Le grand Xapolêon va fixer ses regards sur vous. C'est en son nom que je confie à votre intrépidité 20 000 de ses braves et 10 000 de vos compatriotes; vous justifierez aux yeux de l'Europe l'honneur qui vous est réservé de conduire à la victoire un dépôt si honorable et de franchir le détroit de Scilla. Oui, vous les porterez, ces braves, sur la rive opposée : les vents seconderont vos nobles efforts, et vous n'aurez à combattre qu'un ennemi qui se croit invincible parce que la mer nous sépare de lui, un ennemi que vous avez vu lâchement évacuer nos iles, sans oser tenter un débarquement qu'il avait annoncé si insolemment par tant de proclamations, un ennemi enfin, qui ne sait qu'incendier nos villes et porter le pillage et la désolation dans les chaumières des paisibles habitants de nos rivages. Braves marins! Vous combattrez sous les yeux de votre Boi, il sera toujours au milieu de vous ; la gloire et les récompenses vous attendent, les cœurs de vos compatriotes de Sicile vous appellent. Jurez de surmonter tous les obstacles, de braver tous les dangers; jurez de vaincre et vous serez vainqueurs.

Archives du prince Murât. R. XV, p. '21.

4942. — MIRAT AL GEVERAL GREVIER

Monleleone, le 2>S mai 1«10.

A monsieur le c/icj' de ré/a /-major général.

Monsieur le chef de l'état-major général, je désire concentrer l'armée depuis Monteleone jusqu'à Beggio, la 2" division occupant le camp de la Melia et le front de mer depuis Torre di Cavallo jusqu'à Keggio, faisant occuper ce camp par le 10" et le 20' et le front de mer par le 22^ La l""^" division occupera le camp de la Corona et la réserve Monteleone, Mileto. Ces deux endroits seront réservés pour ma garde. Nous désignerons d'ici à ce que l'armée soit arrivée les corps qui devront occuper la gauche de Beggio, donnez de suite les ordres en conséquence. Le 10" continuera son mouvement pour le camp de la Melia. Envoyez aussi à la Corona le lOP. Le colonel général de ma garde a ordre de se concerter avec vous pour arrêter sa marche de manière à ce qu'elle ne gène pas la marche de l'armée.

Archives du priuce Murât, R. XV, p. 30.

Monteleone, le 29 mai 1810.

A monsieur le ministre de l'Inlériei/r.

Monsieur le ministre, je vous adresse ci-joint un rapport que je reçois sur la conduite vraiment abominable de l'intendant de la Capitanata. Envoyez quelqu'un sur les lieux pour vériGer les faits dont il est accusé; il est inouï que les premières autorités de mes provinces soient les premières à les déchirer. Depuis quand cet intendant avait-il le droit de faire fusiller l'homme qu'il a fait jeter par une croisée et que les gendarmes ont tiré tandis qu'il tombait? Cet acte de barbarie deshonore mon règne; celui qui en est l'auteur ne doit plus être compté au nombre de mes sujets. J'attendrai les éclaircissements que je vous charge de recueillir, avant de prendre un parti à cet égard. En un mot, mes provinces sont livrées à l'anarchie, et la vie de mes sujets est sous le poignard de quelques prétendus patriotes, qui abusant de l'influence qu'ils ont usurpée auprès des autorités, commettent toutes sortes d'horreurs et de vengeances.

Archives du prince Murât. R. XVII, p. 10.

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