MURAT AU MARECHAL PERIGXOM
Scilla, 13 juin 1810.
A monsieur le maréchal Pén'gnon.
Monsieur le maréchal, j'ai reçu votre lettre et celle du ministre]
delà Guerre de France qui y était jointe; j'approuve la réponse (|ue vous lui avez faite et j'y trouve pour moi une nouvelle preuve de votre attachement. Tout ce que demande le ministre au nom de l'Empereur va être exécuté; je donne en conséquence des ordres à mon ministre de la Guerre. Je pense que Gaeta et les forts de Naples sont suffisamment armés, car je sais que l'approvisionnement de Gaeta avait été fait pour six mois et qu'il suffit de quelques heures pour celui des forts de Xaples. Je suis très content ici de tout ce qui s'y passe, MM. les Anglais paraissent fort embarrassés; ils ont déjà rappelé toutes leurs troupes de S'^-Maure et des Isles Ioniennes, ainsi que leurs croisières; Corfou est libre et ravitaillée. Toutes mes batteries de côtes se trouvent en ce moment armées de manière à protéger sûrement le cabotage dans la Méditerranée; voilà donc déjà un bon résultat obtenu : Dieu et les bayonnettes feront le reste : je me porte bien ; je vous remercie de votre exactitude à me donner des nouvelles de mes enfants.
Archives du prince Murât. R. XV, p. 48.
5001. — MURAT AU GE.VÉRAL .IMATO
Scilla, 13 juin ISIO.
Au (jênénil Ainato, à Coscnza.
Monsieur le général, j'ai reçu votre lettre, je vois avec peine que la tranquillité de la province de Calabre Citra n'est pas rétablie et que le brigandage y exerce encore ses ravages; j'en suis affligé; je ne puis cependant vous donner en ce moment de nouvelles troupes. Il faut suppléer au nombre par l'activité et le zèle et je connais si bien le vôtre que je suis persuade que vous m'apprendrez bientôt le châtiment des misérables qui n'ont pas voulu profiter du pardon qui leur a été offert.
Mettez-vous à la tète d'une colonne mobile, organisez-la de nouvelles compagnies, d'un peu de gendarmerie et de quelques hommes de la ligne; augmentez-la de propriétaires attachés au Gouvernement et intéressés à la destruction des brigands, je ne doute nullement qu'avec ces moyens vous ne veniez facilement à bout de rétablir le bon ordre. J'ai la plus grande confiance en vous; vous allez acquérir dans cette circonstance de nouveaux droits à la
reconnaissance de vos compatriotes; j'approuve le clioix de tous les officiers que vous m'avez proposés pour les compagnies.
Arcliiies du prince Murât. K. W, p. 48.
5002. — Ml]U.'\T A AG\R
Scilla. 13 juin 1810.
Au ministre des Finances.
Monsieur le ministre, j'ai reçu vos différentes lettres, il ne me suffit pas d'apprendre (]uc des con\ois sont en route et que des dispositions sont ordonnées pour faire arriver des fonds, car il me faut réellement de laryent, autrement je serais dans la plus affreuse position. Des escortes existent tout le long de la route et ensuite j'ai la certitude que le maréchal Pérignon n'en a pas refusé, si on en a demandé, et qui empêche que la même escorte et les mêmes moyens de transport ne soient employés de Xaples jusqu'ici? Je ne conçois pas ce qui peut motiver la différence des rapports que je reçois sur l'état des provinces. Comment se fait-il qu'on vous écrit que les provinces de Capitanata, de Bari et de Lecce ne sont pas tranquilles, quand le général qui les commande, me rend compte qu'il n'existe plus de hrigands? Il y a dans la province de Calabre Ultra plus de troupes que vous n'en demandez pour la rentrée des contributions.
Je ne vois pas d'inconvénient à ce que vous veniez faire un tour à mon quartier général, ainsi que mon ministre de l'Intérieur. Vous seriez à même de connaître ici le district de Reggio et de passer ensuite dans celui de Gerace et de Catanzaro.
On m'assure qu'il existe du blé dans les fosses de M. Gagliardi. Vérifiez ce fait et achetez pour mon compte tout ce qu'il possède.
.Archiies «lu prince Murât. R. XVII, p. 1", et R XXXIIl, leUre 07.
Saint-Cloud, 13 juin,
■Mon cher aini, j'ai reçu tes deux lettres, mais tu es si pressé en
ROYAL ME I)K XAPLES- — 1810 363
écrivant que tu oublies de mettre la date et je ne sais plus où j'en suis. Je le prie aussi de donner des ordres afin qu'on t'envoie mes lettres de suite, car je t'écris souvent et tu dis ne pas recevoir de mes lettres. Je ne voudrais pas pour tout au monde que tu eusses les inquiétudes que j'ai quelquefois en ne recevant pas de tes nouvelles, car cela fait trop de mal.
L'Empereur et l'Impératrice se portent très bien, ils me demandent sans cesse de tes nouvelles et l'Empereur s'informe toujours de la Sicile. Jérôme aussi me dit toujours de te dire mille choses aimables ainsi que la Heine. Paulette me parle de toi et s'apprête à donner demain sa fête, qui sera, je crois, très belle, car les préparatifs sont immenses. L'Empereur et l'Impératrice ont été hier à l'Opéra, nous avons vu le ballet nouveau d Andromède qui est fort beau, le spectacle est magnifique.
Dimanche il y aura la fête à l'Ecole militaire et j'espère que lorsque tout sera fini, il me sera permis de rejoindre mes enfants et de me rapprocher de toi. Le Grand-Duc aussi est impatient d'aller au milieu de sa famille. Xous parlons souvent de toi et il me charge sans cesse de te dire mille choses.
Borghèse est toujours gai, fou, s'amuse de tout et t'envoie mille compliments.
Adieu, mon cher ami, ce que tu nie dis de la Sicile me fait grand plaisir, mais je t'exhorte à ne pas trop t'exposer. Je t'aime bien tendrement et t'embrasse de même. .Mes enfants reçoivent souvent de tes nouvelles et ils sont bien heureux.
Arcliives du prince Murât. D. 56(>. 47.
500V. — -MLli.AÏ A DALRE
Scilla, 13 juin 1810.
A/( mi ni Sire de la Guerre.
Monsieur le ministre, j'ai reçu la lettre du ministre de Franco que vous m'avez adressée; j'approuve ce que vous avez fait relativement à son aide-de-camp.
J'ordonne que l'approvisionnement de Gaeta soit fait pour trois mille hommes pendant trois mois; j'ai toujours été persuadé qu'il l'était pour six; je n'ai jamais ordonné qu'il fût touché à cet appro-
visionnement. Vous avez dû recevoir déjà le nouveau crédit de cent mille ducats, ce qui vous mettra à même de faire face à cette nouvelle dépense, s'il y a lieu. Faites approvisionner les forts de Naples pour un mois, pour la force de la garnison qui a été déterminée pour chacun d'eux; je ne pense pas qu'on ait touché à leur armement; donnez des ordres en conséquence au général Tugny. Toutes les autres dispositions contenues dans la lettre du ministre sont remplies. Tenez-moi au courant de toutes les démarches de l'aide-de-camp du ministre de la (îuerre, ainsi que de ses propos.
De|)uis sa dernière tentative sur Hagnara, le général Stuart nous laisse tranquilles, ce qui nous a donné le tenqis d'armer toutes les batteries de Scilla et de Bagnara. Ces armements sont fort longs, parce que les pièces sont très lourdes et que nous n'avons pas de chèvres. Si l'on manquait de canons pour compléter l'armement nécessaire de (îaeta, je vous autorise à en j)rendre sur les soixante pièces de siège destinées à l'expédition.
Nous sommes dans le plus grand embarras pour les vivres. Les barques chargées de blés se trouvent à Tropea et rien n'est encore arrivé à Scilla pour la marine; je suis obligé de toucher aux biscuits, ce qui me contrarie infiniment, je ne puis donc me lasser de vous recommander de m'envoyer du blé, car nous sommes exposés à mourir de faim avec beaucoup d'argent.
Je ne puis vous autoriser à vous rendre à mon quartier-général, votre présence est trop nécessaire à Naples.
J'attends avec impatience l'arrivée de Bongourd et de Bausan, en un mot la réunion de toute ma flottille, car si sept à huit de mes canonnières ont empêché toute la flottille réunie de l'ennemi de détruire mes premiers convois, que ne dois-je pas espérer d'une force au moins double de celle des Anglais.
La canonnière que j'ai fait prendre à l'abordage, fait perdre la tête au général Stuart qui vient, dit-on, d'ôter le commandement à tous les officiers Napolitains; je sais qu'il n'a pas confiance en eux, je sais aussi qu'il n'a pas tort. Le dernier journal de Messine annonce beaucoup de soupçons sur leur fidélité et on croit généralement que le général Stuart n'est pas rassuré sur les dispositions des Siciliens à l'égard des Anglais. Les communications deviennent maintenant très-difficiles.
Archives du prince Murât. R. \V1, p. 253.
5005. — XIURAT A ZURLO
Scilla. 13 juin 1810.
A monsieur le ministre de V Intérieur.
Monsieur le ministre, je désire que vous vous rendiez à mon quartier-général d'où il vous sera plus facile de visiter les districts. Les Anglais nous laissent tranquilles depuis la dernière tentative contre Bagnara.
Archi\es du prince Miirat. R. XVII, p. IS.
Siilla, 14juin 1810.
Au ministre des Finances.
Monsieur le ministre, j'ai reçu votre dépêche. Je ne sais pas pourquoi vous êtes resté trois jours sans recevoir de mes nouvelles. Tout va à merveille et j'acquiers tous les jours de nouvelles preuves de l'impuissance de l'ennemi à me disputer le passage du détroit. Comme je vous l'ai déjà marqué, deux de ses tentatives contre mes convois ont été infructueuses et il pourrait fort bien être cette nuit la victime de sa troisième, car ayant voulu faire voile ce matin du Faro sur Piètre Mère, contre huit de mes bâtiments chargés de blés, il a été assailli par un coup de vent d'O. qui le ballotte furieusement dans ce moment-ci, et je ne serais pas étonné que quelqu'un de ses bâtiments ne fût jeté cette nuit sur la côte et ne vint nous donner des nouvelles de la Sicile.
Faites tout pour décider Gagliardi à donner sa signature pour la fourniture de l'armée. Je consens à lui faire des avances et à ne pas le rendre responsable, j'ai seulement besoin de son crédit, .l'espère que ma lettre vous trouvera en route ou au moment de partir.
Archives dii prince Murât. R. \\ II, p. 18.
5007. — M un AT A DALRK
S<illa, 14 juin IKIO.
Au ministre de la Guerre.
Monsieur le minisire, je reçois vos dépêches du 9, la flotlille ennemie avait mis à la voile aujourd'hui dès 8 heures du matin, se dirigeant contre un petit convoi de blé qui venait de Tropea et que la Torre del Faro avait sijjnalé par le travers de (îioja. Kn une iieure de temps, ce convoi était arrivé au mouillage de Pietra \ora; alors l'ennemi qui sans doute connaît l'armement de cette batterie a viré de bord pour regagner le Phare, mais il a été assailli par un grand coup de vent de S. 0. qui l'a dispersé : douze ou quinze canonnières ou scoridors sont eu ce moment-ci, neuf heures du soir, ballottés dans le canal par les courants et par le vent. Tout le monde pense que quelqu'un de ces bâtiments viendra demain matin nous donner des nouvelles de la Sicile.
J'attends avec la plus grande impatience le capitaine de vaisseau Bausan et Bongourd, en un mot la réunion de ma flottille; si au moment où j'écris, je l'avais sous ma main, ce serait fait de celle de l'ennemi qui n'a pas quarante canonnières à m'opposer, encore ne sont-elles pas réunies '. J'ai la certitude que tous les négociants .Anglais de Messine l'ont embarquer leurs marchandises et les dirigent en toute hâte sur Malte. Toutes les démonstrations de l'ennemi et les mesures qu'il prend, ont résolu déjà pour moi le problème de la possibilité d'une descente en Sicile sans escadres, plusieurs l'amilles calabraises émigrées et plusieurs négociants de Sicile sollicitent déjà une protection et demandent si les marchandises anglaises seront confisquées.
Une dizaine de barques canonnières sont arrivées aujourd'hui à Palerme. Des bâtiments de transport viennent d'arriver à Messine et à la Tour du Phare, on les dit destinés à embarquer les troupes en cas de débarquement.
Je n'ai encore dit mou secret à personne sur mon projet de
' Le général Gre.mer, dans .son Journal historique, partage celte opinion : a L'invasion de la Sicile, écrit-il, aurait pu alors être entreprise avec certitude de succès, si la réunion des moyens de transport, ainsi que du matériel de l'artillerie, du génie et de l'administration militaire avait pu être effectuée aussi rapidement que celle de l'armée, s (R. \L\II.j
ROYAUME DE \APLES. — 1810 367
débarqueineut, et toute l'armée est convaincue que je n'ai pas besoin d'escadre pour débarquer en Sicile.
Je suis fàcbé que vous ayez montré à qui que ce soit la lettre que vous avez reçue du ministre de la Guerre de France ', il faut plus de secret dans les affaires; cela produit un mauvais effet dans la capitale; continuez à m'envoyer à force des vivres et des munitions; je me porte bien et l'armée n'a pas un malade.
•Archives du priucc Murât. K. XVI, p. '25.j.
5008. — MURAT A NAPOLEO.V
Scilla, le 14 juin 1810.
J'ai eu rbonneur de rendre compte à V. M. des deux tentatives lie l'ennemi sur mes convois. La troisième vient encore d'écliouer complètement. Ce matin l'ennemi a signalé, à la pointe du jour, un (le mes convois de vivres à la bauteur de (iioja, et a fait aussitôt le sijjnal à toute sa flottille de faire voile sur lui. Le commandant du convoi, voyant la manœuvre de l'ennemi, a forcé de voiles et est venu au mouillajje de Pietra Xer.i, sous la protection de cette batterie. Toutes les barques avaient été tirées à terre. Cependant la (lottille ennemie était arrivée au milieu du golfe : il était i bcures de l'après-midi. Elle fut alors assaillie par un coup de vent de sudouest qui l'a absolument dispersée. La plupart des canonnières sont, en ce moment, battues par la tempête et maîtrisées par les courants. S'il faisait jour nos batteries forceraient quelques-unes d'entre elles à amener, car on a tiré à mitraille sur trois ou quatre, remorquées par des barques de pécheurs. Le vent continue à être
' Claïkc avait écrit de Paris le 25 mai à Mural : " S. M. l'Empereur et Roi me charye de faire counaître à Votre .Alajesté que l*e.\pédition de Sicile ne doit être tentée qu'avec la certitude de réussir. L'Empereur regarde cette outreprise comme impossible, si l'on n'a pas des moyens pour transporter ensemble 15 000 hommes. . L'Umpereur désire que je rappelle à Votre Majesté que les troupes françaises ne doivent être commandées que par des jjénéraux français... L'Empereur ayant désiré (|ue cette dépêche fût portée par un officier de confiance, c'est le colonel Leclerc, mon aide-de-camp, qui aura l'honneur de la remettre à Votre Majesté. La volonté de l'I'lmpereur est (jue cet officier lui rende personnellement compte à son retour de l'état des forts de Xaplcs, de celui de la place de Gaète et d'une foule de détails que leur prolixité empêche ordinairement de comprendre dans des rapports «crits... i (Archives du prince Murât. I). 578. 5.)
très frais, et tout le monde pense qu'il nous arrivera quelque bâtiment jeté sur la côte.
Tout cela me favorise et donne le temps à mes convois de se réunir. Il est 9 heures et le canon tire sur des canonnières qui sont portées par les courants sous nos batteries del Cavallo.
J'ai plus que jamais la certitude que rien ne peut m'empêcher de passer en Sicile; ma tlottille sera double de celle de l'ennemi, et les négociants anglais de Messine doutent si peu du succès de l'expédition qu'ils font embarquer en toute hâte leurs marchandises pour Malte, et que les familles étnigrécs demandent à rentrer, tandis que des Siciliens sollicitent ma protection; entin, je suis sur que je n'ai pas besoin d'escadre et que même elle ne pourrait pas servir.
Tous les transports sont tout prêts pour embarquer les troupes anglaises. Tout, chez rennoini, est ordre et contre-ordre, il change tous les jours ses projets : il ne peut me cacher ses mouvements; il est obligé de les faire sous mes yeux. Je vois maintenant que mes batteries sont parfaitement armées; je fais arriver tous mes moyen^, je verrai ensuite ce qu'il sera possible de faire. Ah! Sire, que n'êtes-vous ici! Dans 48 heures, vous seriez de l'autre côté. Sire, rendez-moi votre amitié, vos bontés, et je suis encore sur le point d'être heureux. Sans elles, je serai toute ma vie le plus malheureux des hommes.
P. -S. — Le canon tire toujours.
Archives du prince .Murât. R. XVIII, p. 10.
5009. — MLR.^T AU MAKQIIS DR GALLO
Scilla, le 15 juin 1810.
A monsieur le ministre des Relations Extérieures.
Monsieur le ministre, j'ai reçu vos dilférents rapports; je vous renvoie le décret qui nomme le sieur Fescare, notre chargé d'affaires près la Cour de Hollande, ainsi que le projet de lettre pour le Prince S. Ange. Je vous ferai connaître incessamment le choix que j'aurai fait de son successeur. Je vous prie de dire à M. le chargé d'affaires de France de motiver ses plaintes journalières ; en les généralisant trop, il me met dans l'impossibilité de faire droit à celles qui me paraîtraient fondées et il pourrait rendre suspect mon attachement envers l'Empereur et la France.
Dites-lui que ce n'est pas servir dignement son Gouvernement que de chercher par de faux rapports à exaspérer le cœur de l'Empereur contre son plus fidèle allié et ami, et que s'il continue sur ce ton, je demanderai formellement son rappel à l'Empereur.
Je sais que mon expédition continue à rencontrer de l'opposition dans une certaine classe de mes sujets et surtout parmi les Français : ils ont heau dire, ils ont beau faire : à moins d'un ordre positif de l'Empereur, la descente en Sicile sera exécutée et je prouverai jx l'Europe que cette expédition peut se faire sans le secours d'une escadre. L'ennemi a déjà échoué trois fois dans ses tentatives contre mes convois, et s'il n'a pas obtenu le résultat qu'il devait se promettre en attaquant mes premiers convois dans des mouillages qui n'étaient pas encore armés, et seulement protégés par cinq ou six de mes canonnières, quels succès peut-il se flatter d'obtenir lorsque j'aurai ma flottille toute réunie?
Que veulent dire ces hommes pusillanimes qui, pour pallier la haine qu'ils portent au Gouvernement, ne cessent de répandre dans la ville que les Anglais viendront attaquer ma capitale? Les Anglais sont bien autrement occupés en Sicile et en Portugal; il fimt véritablement avoir perdu la tète pour oser débiter de semblables balivernes. Je vous le répète : à moins d'un ordre de l'Empereur, la Sicile sera conquise et les Anglais ne tenteront rien contre ma capitale. Tenez hardiment ce langage.
Je me porte très bien. Nous armons à force la côte. Nos convois et nos provisions nous arrivent, malgré que quelques malveillants, et notamment M. de Grosbois, nous les fassent prendre dans l'Adriatique.
Archives du prince Murât. R. WII, p. 19.
5010. — MIIHAT A MAGHELLA
Scilla, 13 juin 1810.
A monsieur le préfet de police.
Monsieur le préfet, j'ai reçu vos deux lettres. Je connais vos sentiments pour moi et je rends justice à l'esprit qui les a dictées, mais, si je m'en rappelle bien, je vous avais défendu de me parler encore des obstacles de l'expédition; je suis ftàché (jue vous l'ayez oublié. C'est bien au moment où je suis plus que jamais